La diffusion avortée de Salvation

Salut les sériephiles,

Je suis un peu à l’ouest avec la publication de cet article presqu’une semaine trop tard, mais les autres articles écrits cette semaine attendaient depuis trop longtemps dans ma liste d’articles à publier. L’un de mes tous premiers articles « 500 mots » consistait à critiquer la programmation séries à la télévision en France. Aujourd’hui, je considère normal de recommencer après la belle arnaque d’M6 samedi dernier. Article sans spoiler.

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Moi. M6. Boom.

En effet, la chaîne a eu la bonne idée il y a un mois de diffuser Salvation en prime-time le samedi. Cela fait toujours plaisir de voir une série inédite qui n’est pas un simple procédural en prime-time (même si ce n’est pas ma série préférée, loin de là). Le problème de cette diffusion ? Elle a débuté le 30 décembre, avec quatre épisodes. De l’avis de beaucoup (et c’est le mien aussi), ce n’est pas idéal comme programme de commencer une série une veille de réveillon et de la faire finir si tard (côté audience, c’est passé de 2,28 millions à 1,56 millions de téléspectateurs entre le premier et le quatrième épisode…).

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Image exclusive des téléspectateurs du 30 décembre découvrant le commencement d’un quatrième épisode.

Sans trop de surprise, la série a trouvé son public en France : on est désormais tellement anesthésié avec des séries toutes formatées dans le cadre de l’enquête policière en 40 minutes qu’une série de ce genre est toujours un mini-événement. Cela m’a bien servi, en plus, puisque mes articles sur la série ont rapidement décollé.

Toutefois, ce public était restreint, avec une moyenne d’1,5 million de téléspectateurs grosso modo. C’est bien mieux que ses audiences aux États-Unis sur la tranche décisive des 18-49 ans, mais apparemment tout de même trop peu pour une chaîne de l’envergure d’M6 qui a tout bonnement décidé… d’annuler la diffusion des trois derniers épisodes. À la rigueur, pourquoi pas, mais cette annulation s’est faite dans la précipitation. C’est bien simple, elle a été communiquée, par mail, le vendredi à 19h21 (en ce qui me concerne). Et comme je n’ai pas regardé mes mails, je ne m’en suis rendu compte que bien après, mais ça peu importe.

Désireuse de faire les choses à peu près bien quand même, la chaîne a mis en ligne les trois derniers épisodes sur 6Play (ex M6 Replay). Si en soi, c’est une bonne initiative, ce n’est toujours pas ça. J’ai joué les aventuriers pour vous, histoire de me faire une idée du service.

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J’étais déterminé à écrire un article de qualité, attends.

Le replay exige de s’inscrire (une procédure clairement énervante et invasive – à quoi sert la date de naissance pour un simple visionnage d’une série ratée à la télé, franchement ?) et offre un confort de visionnage bien moindre.

Ce replay offre certes la bonne surprise d’une qualité HD qui fonctionne bien (en tout cas, avec la fibre), ce qui change de celui de TF1 qui est une catastrophe monumentale et honteuse, mais il est impossible, par exemple, de la passer en VO, contrairement à une diffusion TV. C’est frustrant pour ceux qui ont commencé comme ça. Bon, et je passe là les nombreuses critiques de ceux qui n’ont pas accès au replay parce que pas en France ou du retard constaté par certains de mise en ligne des épisodes (j’y laisse le bénéfice du doute, je n’étais pas connecté samedi soir).

Et les rediffusions d’NCIS remplaçant Salvation ? Elles ont réuni… 1,5 millions de téléspectateurs. Tout ça pour ça, donc (elles ont fait très légèrement mieux si on regarde à la loupe).

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Bref, une fois de plus, une chaîne française a l’excellente idée de massacrer la diffusion d’une série alors qu’elle aurait pu s’en sortir bien mieux (en diffusant les épisodes deux par deux, par exemple, et en la commençant en janvier plutôt qu’en décembre ; simples suggestions, hein). J’ai tenté de contacter M6 dès dimanche dernier pour avoir leur avis ou savoir si la saison 2 (confirmée pour cet été aux USA) serait diffusée sur une chaîne du groupe, mais bien évidemment, je n’ai pas obtenu de réponse. Et après cinq jours d’attente, je me dis que je peux bien sortir cet article, quoi, telle Amanda face aux refus constants du gouvernement de lui filer la moindre info.

Bon, dans tout ça, il reste la mauvaise nouvelle que cet échec n’est pas prêt de nous laisser envisager la possibilité d’un retour d’une Trilogie du Samedi.

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PS : je ne suis pas autant renseigné, mais M6 a aussi déprogrammé Frankenstein Code et Code Black samedi dernier…

This is us – S02E11-13

Cette fois, c’est la bonne, je me mets à jour dans la série pour découvrir qu’il me faudra attendre une bonne dizaine de jours pour la suite. Ce n’est pas juste du tout cette affaire. J’ai donc visionné les trois épisodes diffusés ce mois-ci et autant le dire tout de suite, cette fois, il fallait peut-être prévoir la boîte de mouchoirs. Retrouvez donc mes critiques les épisodes 11 à 13 de la saison 2 de This is us.

Spoilers

11.jpgÉpisode 11 – The Fifth Wheel – 18/20
Because we’re a family of addicts.

Dans le passé, Rebecca joue au monopoly avec sa fille alors que Randall a le droit à ses premières lunettes – et s’il adore pouvoir lire, il craint déjà les moqueries à l’école. Jack débarque et annonce la bonne nouvelle : il s’est débrouillé pour pouvoir partir en vacances, sans même prévenir Rebecca et sans attendre que Kevin ne rentre d’un stage de foot. Sympa la famille qui part en vacances sans lui alors qu’il se sentait déjà trop délaissé en saison 1.

En vacances, Rebecca continue de s’inquiéter pour le poids de sa fille et embarque Jack dans cette inquiétude, ce qui force cette pauvre Kate à faire du sport, alors que Randall est plongé dans ses bouquins. Jack s’occupe beaucoup de Kate, Rebecca de Randall et Kevin nous développe un complexe généralement destiné à l’enfant du milieu.

Pendant que Jack et Kate parlent bouffe dans un coin, Randall perd ses lunettes et Rebecca accuse immédiatement Kevin. Les deux s’énervent l’un contre l’autre et Rebecca se rend compte qu’elle est le méchant du couple. Elle s’en plaint à Jack, mais elle sait que c’est sa place dans la famille. Qu’est-ce que j’adore le couple Jack/Rebecca. Ils s’engueulent rapidement, mais les choses sont vite oubliées.

Quant à la conclusion de cette partie de l’épisode, Kevin retrouve les lunettes de Randall pendant un orage et va les rendre à sa mère, pour découvrir son frère et sa sœur dans le lit des parents. Du coup, il dort par terre le pauvre. Cinquième roue du carrosse, bonsoir.

Dans le présent, Kate s’en veut de ne pas avoir parlé à Kevin depuis un mois, mais ce n’est pas comme si elle avait le choix : celui-ci est en désintox et ne peut parler à personne en dehors du programme. La série avance donc d’un mois d’un coup, ce qui n’est pas gênant, au contraire. Le traumatisme de la fausse couche est passé, même si Tobby découvre une possible rechute de Kate dans la bouffe.

Un mois plus tard, Beth et Randall s’inquiètent toujours beaucoup pour Tess après sa fugue dans la voiture de Kevin, surtout quand ils doivent la laisser dans la maison pour aller rendre visite à Kevin lui-même, ce qui ne plaît pas spécialement à Beth, mais bon, c’est ça la famille. Pfiou, cette phrase était trop longue désolé. Je suis bien content qu’un mois soit passé, car ça permet de digérer le traumatisme du départ de Deja et de la fugue de Tess.

Tout le monde vient donc voir Kevin pour le soutenir et pour la première séance où il est censé s’excuser d’après toutes les séries américaines que j’ai vu dans ma vie. Et j’en ai vu un paquet. Bizarrement, ce n’est pas par là qu’il commence : au contraire, même, tout semble aller à merveille dans sa vie et même Kate ne le laisse pas s’exprimer. Sinon, il a pour psychologue la maman de Meredith Grey, c’est un peu la classe.

Finalement, cette dernière (Barbara) décide de laisser de côté Beth, Tobby et son beau-père, pour se concentrer sur Kate, Randall et son beau-père. Comme prévu, Kevin commence par des excuses qui, si elles sont touchantes, ne sont pas la performance de l’année. Sa psy s’en rend compte et ne se laisse pas berner par l’acteur. Histoire de bien enfoncer le clou et de lancer le drama de l’épisode, elle balance que Jack n’était pas si parfait comme père. Bam, ça c’est fait : le regard de Rebecca en dit long.

Pendant ce temps, Beth, Tobby et le beau-père partagent une bière dans un bar, parce que ça semble approprié pendant que le reste de la famille est en session dans un centre de désintoxication. Il était très sympa d’avoir une scène entre eux, surtout avec Beth si énervée après Kevin (et elle ne peut même pas l’engueuler en plus, c’est frustrant). Bien sûr, le sujet Jack est abordé aussi de ce côté, avec une Beth et un Tobby frustré du piédestal sur lequel il est posé depuis toujours.

Les trois se bourrent peu à peu et en révèlent chacun plus sur eux progressivement : Beth et sa rage sur Tess, Tobby et sa rage d’être en permanence à part des Pearson, Miguel et le fait qu’il n’est pas le Chewbacca des Pearsons, mais le pilote qui n’a même pas de nom. Je confirme, j’avais un vieux doute et les scénaristes sous-exploitent l’acteur depuis trop longtemps.

En thérapie, Kevin raconte enfin ce qu’il ressent : il s’est toujours considéré comme la cinquième roue du carrosse, parce que Randall et Rebecca avaient leur relation parfaite, Kate et Jack avaient leur relation parfaite et lui était là aussi. C’est vrai que ça fait un moment que la série développe cette idée dans les flashbacks, et ça marche bien.

Pour ne rien arranger, Kevin remarque aussi qu’ils sont dans une famille d’addicts depuis toujours, avec son grand-père et son père accro à l’alcool, alors que lui l’est aux médicaments et Kate… à la bouffe. Et là, rebam, on entre dans le vif de la thérapie, avec Kate qui vit mal que son père soit porté responsable de tout ce qui va mal dans leur vie (logique en même temps). Logique, oui, mais elle blâme tout sur sa mort, ce qui n’est pas mieux.

Grosse performance d’actrice ensuite de la part de Rebecca qui gère comme elle peut les accusations sous lesquelles elle est, parce qu’on lui dit clairement qu’elle est mauvaise mère et qu’elle aurait dû prévenir ses enfants qu’ils avaient un gêne qui déconne. Comme la psy s’en prend à Rebecca, c’est Randall qui attaque ensuite, accusant Kevin de ne pas être accro à autre chose que l’attention qu’on lui porte. C’était joliment formulé et le point de départ d’une dispute de famille énorme qui va bien redéfinir toutes les relations de la série d’un coup.

Kevin force sa mère à dire qu’elle a toujours préféré Randall, ce qu’elle nie longtemps avant de craquer (littéralement) et de reconnaître qu’il était juste plus simple à élever que les deux autres et qu’il ne l’a pas abandonné à la mort de leur père. Voilà qui est fait.

Les thérapies de ce genre fonctionnent toujours beaucoup trop bien dans les séries, mais This is us nous fait une véritable démonstration d’écriture avec cet épisode, et c’est tant mieux car c’est très réussi. Malheureusement, c’est trop rapidement terminé.

Cela permet tout de même une conclusion entre Kevin et Kate, parlant de leur père avec beaucoup de peine et de la manière dont il est mort comme un facteur essentiel des adultes qu’ils sont devenus. Avec autant de teasing, la série ne peut vraiment pas se planter sur cette intrigue : il faudra nous faire pleurer.

Randall débarque et fait un joli discours sur les visions du monde, permettant aux frères et sœur de se réconcilier rapidement : il culpabilise même du mauvais travail qu’il a fait pour soutenir Kevin alors que ce dernier était là pour lui durant la saison 1. N’exagérons pas, tout de même. Qu’est-ce que j’aime le personnage de Randall !

Reste à conclure avec les nouveaux Big Three : Kate avoue enfin à Tobby qu’elle cache de la bouffe, parce qu’elle se sent mal de ne lui avoir jamais dit. Il n’y a malheureusement aucune scène avec Beth ou Miguel, ça manque, mais une dernière bien plus importante… Rebecca s’excuse auprès de Kevin car elle se rend compte que son enfance n’était pas aussi parfaite qu’elle ne la voyait, mais elle lui assure qu’ils ont malgré tout partagé de bons moments ensemble… Les scénaristes nous le confirment en nous montrant Rebecca, en flashback, décider de dormir au sol à côté de son fils. C’est mignon.

J’aurais envie de qualifier une fois de plus la série de feel good, mais elle le fait toujours en mode feel bad, c’est assez fou. C’est parce que tout va mal que tout va bien et l’écriture de cette série me bluffe beaucoup trop souvent : même si elle est prévisible, elle est aidée par des performances franchement géniale de la part des acteurs.

12.jpgÉpisode 12 – Clooney – 16/20
After your father left, I had to let go of a lot of things, and happiness was one of the very first thing to go…

Oh, un épisode qui porte le nom du chat de William. On sait tous à quoi s’attendre. Il ne manquait plus que ça dans la série : un chat. Je veux dire la mignonnerie de la série et le buzz qu’elle génère sur les réseaux sociaux peuvent difficilement être boostés, mais avec un chat… forcément, ça le fait !

En flashback, nous voyons Kate demander à sa mère de se rendre au centre commercial. Si elle semble vouloir compter sur un temps privilégié avec sa mère pour allons savoir quelle raison, Jack s’incruste, puis incruste Kevin qui a besoin de sortir de la maison malgré son plâtre et Randall s’incruste à son tour. Bref, les Pearson vont au centre commercial aujourd’hui.

Le vrai problème pour Kate est de s’acheter une robe alors que sa taille commence à poser problème. Comme la robe qu’elle veut ne lui va pas (et on galère en tant que français sur le sujet, les tailles n’étant pas les mêmes), elle s’enfuit du magasin sans prévenir sa mère. Quand Rebecca la retrouve, ça se passe mal entre elles, une fois de plus…

Kevin et son père tombent sur Miguel, un peu déprimé par le fait que son ex-femme est sur le point de se remarier. Evidemment. Randall souhaite se rendre au supermarché pour… draguer, bien sûr. Il n’arrive pas à le faire et rejoint finalement Kevin, Miguel et son père au fast-food du coin. Là, il entend un discours de son père qui le motive à finalement demander à Allison de sortir avec lui. Kevin et Jack, eux, essayent des costards, et ça se passe à merveille.

Cependant, la conversation entre hommes a donné envie à Jack de se lancer dans sa propre entreprise, la fameuse Big Three, entreprise immobilière. Il annonce à Rebecca son intention de démissionner, donc, et celle-ci le prend plutôt bien. Après tout ça, elle a l’impression d’avoir oublié quelque chose au supermarché, et c’est atroce parce que c’est le cas : elle avait dit vouloir acheter des piles et ne l’a pas fait. Les piles ? Celle de l’alarme anti-incendie de la maison. Oh…kay. C’était un beau cliffhanger, et une scène absolument horrible à voir.

Dans le présent, Randall semble passer beaucoup de bon temps à s’occuper de ses filles (ça a pourtant l’air horrible ce travail maison qu’il fait pour l’une d’elle) alors que Beth essuie un échec au travail. Si elle souhaiterait voir son mari se remettre à travailler, elle se rend vite compte que ce ne sera pas le cas.

Randall doit également se rendre chez William pour récupérer de vieilles affaires à lui trouvées par son voisin. Il est enfin question de Clooney, mais le chat a disparu depuis quelques semaines. Randall trouve quelques chansons et croquis de son père qui le renseigne un peu plus sur lui, et sur une femme dont il aurait été amoureux.

Randall se met alors à faire le tour du voisinage à la recherche de celle-ci, offrant quelques bonnes scènes comiques et prouvant une fois de plus que William était à peu près aussi parfait que Jack. Si Randall s’éclate dans sa recherche, Beth lui remet les pieds sur Terre et lui demande de trouver un job, parce qu’il en a besoin – et leur couple en a besoin.

Il se rend donc à un entretien qui se passe très bien jusqu’à ce qu’il décroche le téléphone au beau milieu de celui-ci. Tout ça pour apprendre que la concierge a peut-être les réponses qu’il cherche. Si elle n’est pas l’amante de William, elle le mène dans sa chambre d’où il voyait par la fenêtre des photos de Lady Day, à qui il a écrit son poème.

Il fait donc une déclaration d’amour à Beth qui lui permet de l’introduire à sa dernière idée complétement folle : racheter l’immeuble de William, immeuble dans lequel Clooney vit encore. Finalement, ce titre d’épisode ne correspondait pas trop à ce qu’il s’y passe, mais bon, admettons.

Pendant ce temps, Kate est à une réunion de soutien des accros à la bouffe, où elle parle de sa fausse couche et de son futur mariage. Comme elle dit ne pas pouvoir essayer de robe à cause de son poids, Madison décide de lui prouver le contraire et de l’emmener en essayage.

Madison a tout pour être détestable, vraiment, mais elle a aussi un beaucoup trop grand cœur qui la rend très appréciable. Elle s’arrange pour organiser un moment parfait à Kate, mais craque sur un macaron et passe le reste de son temps à culpabiliser dessus. Le vrai problème de Madison devient alors évident : elle se fait vomir.

Kate la confronte sur le sujet, et ça se passe bien mal ; Madison s’enfuyant et laissant Kate toute seule derrière elle. Malgré tout, le soir, elle rappelle Kate parce qu’elle est en train de vomir… et elle s’évanouit dans sa salle de bain. Kate débarque et s’occupe d’elle, lui racontant qu’elle n’est pas complétement cinglée de se faire vomir. De son côté, plus jeune, Kate avait réussi à maigrir ; mais elle n’a jamais réussi pour autant à arrêter de vouloir maigrir. Une fois son but atteint, elle s’est mise à essayer des robes trop petites pour elle, volontairement, car elle aimait se dire qu’il fallait maigrir et qu’elle était trop grosse.

Si cela ne sort de nulle part, c’est bien amené et ça révèle que Kate est encore un peu plus complexe que prévu. Franchement, ce personnage me surprend parfois et c’est tant mieux. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit mon personnage préféré de l’épisode, et pourtant !

Enfin, Kevin est heureux d’apprendre de Barbara qu’il va bien mieux, mais celle-ci n’est pas prête à le laisser partir comme ça. Il se rend chez sa mère pour rattraper le temps perdu, même s’il n’a pas trop envie de bavarder avec Miguel. Malgré tout, il s’y rend donc et très vite, Miguel dérange de nouveau Kevin à s’imposer dans leur routine ; y compris pour le lundi au supermarché

Là-bas, Kevin avoue qu’il a perdu le collier de Jack et Rebecca lui dit qu’elle comprend, que ce n’est pas si grave et qu’elle a envie de retirer le sien. Ce moment de possible complicité est interrompu par Miguel, forcément. Kevin le confronte donc et continue d’être un véritable connard avec son nouveau beau-père, ce qui est ironique alors qu’il l’aimait bien ado.

Bien sûr, Kevin s’en veut aussitôt de ses réflexions et le soir, il pose la question qui le torture depuis des années : il veut savoir si Miguel était amoureux de sa mère avant la mort de son père. Ce n’est bien sûr pas le cas et la réponse de Miguel est parfaite. Le lendemain, Kevin parle à sa mère et découvre qu’elle est vraiment heureuse. Comment encore en vouloir à Miguel après cet épisode ? Il était temps, franchement.

13.jpgÉpisode 13 – That’ll Be The Day – 18/20
I was supposed to end up in the Superbowl, not watch it like you guys.

Ce sera le jour… Oui, ce sera le jour où je serai à jour dans cette série ! Enfin. Et juste avant une pause comme la série revient le 4 février. Bon ok, le titre de l’épisode est le titre d’une chanson, ça va, je sais.

Dans le présent, Kevin regarde sa liste d’excuses à faire, et il a déjà présenté les siennes à Tess. J’aurais aimé voir ça à l’écran, mais bon. Il veut s’occuper et essaye donc de squatter son frère, mais celui-ci refuse. En effet, Randall est excité à l’idée d’avoir acheté l’immeuble, et Beth le soutien dans ce projet. Elle veut toutefois en faire quelque chose de bien et prendre le temps de faire les travaux nécessaires, quand Randall fait n’importe quoi et écoute les problèmes de tous les locataires à qui il promet de déplacer des montagnes.

Quand il s’en rend compte, il panique un peu, mais Kevin est là pour l’aider. Pour l’aider à réparer une porte, mais aussi à détruire un mur. Normal. Kevin fait fantasmer tout l’immeuble alors que Randall a le droit à toutes les tâches moins sexy, des toilettes aux cafards.

Oui, oui, aux cafards. Du coup, tout le monde est évacué, même Kevin qui veut s’occuper l’esprit pour ne pas penser aux dernières excuses qu’il lui reste… à savoir Sophie. Celle-ci culpabilise de ne pas avoir vu son nom, le pardonne avant même qu’il ne s’excuse (alors qu’on sait tous qu’il va le faire parce que c’est au programme) et lui dit au revoir, définitivement cette fois. C’est triste pour le couple, mais c’est vrai qu’ils ne pouvaient pas continuer comme ça.

En rentrant chez sa mère (partie se promener avec Miguel pendant tout l’épisode), il trouve une enveloppe contenant le collier de son père et un message de Charlotte, auprès de qui il s’était excusé aussi. Heureux, Kevin peut donc rayer le nom de Sophie de sa liste, avant de révéler qu’elle n’était pas LE nom : au dos de la liste, il y avait son père. Aaaah.

C’est moins intéressant et émotif du côté de Randall et Beth qui ont juste droit à une rapide conclusion sur l’immeuble et les résidents forcés de dormir à l’hôtel.

Kate surprend Tobby à regarder ce qu’elle pense être du porno, mais ce sont finalement des chiens, car oui, il en veut un ; mais c’est un sujet sensible pour Kate. On ne sait pas bien pourquoi, mais c’est forcément une pièce du puzzle de la mort de Jack. Elle a pu perdre le chien au passage, j’imagine.

Elle décide de faire plaisir à Tobby et d’aller adopter un chien. Son choix se porte sur Audio, mais au dernier moment, elle panique et craque, comprenant qu’elle ne peut pas le garder. Elle s’enfuit sans prévenir personne – mais j’imagine qu’elle aura laissé son numéro malgré tout.

Ou pas. Elle fait d’elle-même demi-tour pour aller chercher Audio, sachant parfaitement à quel point Tobby sera heureux de le voir. C’est mignon comme tout.

Toutes ces intrigues sont bonnes, mais ce sont surtout celles qui ont empêché l’épisode d’atteindre le 20, parce que le reste… pfiou. L’épisode commence en fait par deux vieux dont on ne sait rien : Georges et Sally. Ils font le tri de leurs affaires, et on n’est pas bien sûr de l’époque, ni de ce qu’ils ont à voir avec le schmilblick.

En flashback, c’est le dimanche du Superbowl, Bingo (et plutôt deux fois qu’une) !, et la série se plante quelque peu dans sa diffusion, à moins que ce ne soit un épisode en deux parties. Je veux dire, ils seront diffusés le soir du Superbowl… et là, je me dis qu’ils vont nous ruiner la nuit du Superbowl avec la mort de Jack.

Bon, Kevin est toujours aussi insupportable comme ado à la jambe cassé, Randall passe du temps avec Alison, qui a accepté de sortir avec lui, et Kate apprend qu’elle doit renvoyer une K7 à l’université de son choix. Son père veut la filmer en train de le faire, mais elle refuse. Il en faut plus pour arrêter Jack.

Il se débrouille pour se mettre Kate à dos le jour du Superbowl, alors même que c’est son grand jour préféré dans l’année, comme n’importe quel américain typique dans les séries. Elle finit par lui dire qu’elle veut qu’il arrête de lui dire qu’elle est belle… mais accepte malgré tout de regarder la cassette.

Le vrai problème de Kevin est de découvrir que Sophie a été prise dans l’université new-yorkaise de son choix, alors que lui ne pourra jamais aller dans une grande université avec son genou pété. Oups. Il se rend chez Sophie pour fuir ses parents.

Randall, lui, prévient son père qu’il ne sera pas là pour aller au cinéma revoir Titanic avec Alison. Et Kate, elle, décide d’aller chez Molly. Cela laisse les parents ensemble pour le match, et Kate a une bonne surprise pour Jack : elle lui a trouvé une maison à rénover pour commencer sa société, probablement celle de Georges et Sally. Quelle angoisse de les voir si heureux quand on sait bien vers où se dirige la série. Et quelle angoisse de voir Jack en mauvais termes avec Kevin, qui refuse de lui parler au téléphone après s’être excusé auprès de Rebecca. Il pourra toujours lui parler demain. Ah, demain… Humph.

Dans la nuit, Kate écoute en boucle sa K7 et Randall rentre, ayant droit à une conversation avec son père dans la cuisine. Il lui avoue qu’il a embrassé Alison et que c’était un super rencard avec elle. Jake fait ensuite le ménage, parce qu’il est parfait comme ça et la musique suffit à nous faire comprendre que, oui, c’est sa dernière scène (enfin, il y aura toujours les flashbacks avec les enfants). Je m’emballe, je sais, ils nous ont fait le coup l’an dernier et la fin de saison est très, très loin, mais on sait déjà qu’il est mort et pour les audiences, ça me paraît une évidence de le faire en même temps que le Superbowl.

Dans cette scène, Jake laisse un message à Kevin, pour lui dire qu’il l’aime et qu’il lui doit des excuses. Il a tellement une vie parfaite.

Finalement, Georges et Sally étaient des voisins des Pearson quand Rebecca était encore enceinte. Georges a eu la belle idée de leur faire un cadeau d’adieu avant de déménager et pendant qu’il vidait la maison : un autocuiseur électrique. Des années plus tard, Jack l’éteint… mais celui-ci se rallume et prend feu. Pouvaient-ils faire plus horrible que cette scène ?

Oui. Evidemment. Et ils le font en nous montrant en flashback les moments d’acquisition des objets qui brûlent et les bons moments de la famille dans le salon et le mot pour Kevin avec les derniers mots de son père qui brûle. Tuer Jack n’était pas suffisant, brûler la maison – et même en nous prévenant avant – en revanche, c’était l’idée la plus sadique d’une série depuis un moment.

Les flammes gagnent du terrain et s’engouffrent dans l’escalier. La suite le 5 février, donc (et c’est dans ce genre de moment que tu te rappelles que tu ne seras pas chez toi le matin du 5 février et que t’as une grosse journée et que tu ne sais pas quand tu verras l’épisode). Le Superbowl se fera dans les larmes ou ne se fera pas… moi, je crois que j’ai déjà de grosses poussières dans l’œil.

The Good Place – S02E10

Spoilers

Ci-dessous, la critique complète de l’épisode 10 de la saison 2 de The Good Place.

10.jpgÉpisode 10 – Rhonda, Diana, Jake, and Trent – 17/20
This plan is starting to feel slightly… completely insane.

L’épisode reprend dans le train qui emmène nos personnages principaux directement dans la Bad Place et on nous plonge directement dans l’action, avec des explications sur le juge qui se trouve dans une zone neutre entre les Bad et Good Places. Le plan est donc de faire passer chacun pour un personnage qu’il n’est pas (Rhonda, Diana, Jake et Trent, donc) et qui travaille en Enfer, en attendant de pouvoir aller voir le juge grâce à un portail. Quand à Janet, elle est un simple bagage. Et le portail ? C’est Michael qui a le bouton like qui permet de l’ouvrir.

Tout cela paraît presque trop simple, d’autant que toutes les personnes travaillant dans le quartier sont maintenant retournés à leur poste. Oh, et ça y est ils peuvent recommencer à dire des gros mots parce qu’ils ne sont plus au Bon Endroit. Et ça, c’est cool.

Ils doivent donc inventer de nouveaux personnages, mais Chidi ne veut pas mentir ; ce qui n’a aucun sens à ce stade de la série, mais bon, il faut bien ajouter de l’humour à cet épisode.

L’arrivée à la gare est excellente, avec une torture par une Bad Janet qui semble tout droit sortie d’une gare SNCF. Je veux dire, c’est forcément à ça que ressemble l’Enfer. Une fois là-bas, Michael a tout programmé : alors qu’il va chercher d’autres boutons pour permettre aux humains de traverser le portail, il les laisse l’attendre dans un musée au sein duquel personne ne se rend jamais : celui des exemples de personnes qui sont torturés pour des petits crimes.

Ces petits crimes étaient tous absolument excellents avec un bon humour, mais ce que Michael n’avait pas prévu, c’est que le musée allait être l’objet d’une grande fête pour… célébrer Eleanor, Tahani, Jason et Chidi, qui ont permis de développer une nouvelle forme de torture. C’est excellent car tout l’épisode est ainsi renversé sur lui-même, avec le plan parfait qui ne l’est pas et des statues en référence au pilot de la série.

En plus, les quatre humains se retrouvent forcés de mentir et d’utiliser leur couverture. Oui, oui, même Chidi qui en a désormais une quand quelqu’un le reconnaît en tant que Trent. Tout ce cocktail est l’occasion de bonnes blagues sur les Enfers et sur différents types de torture, rendant la Bad Place plutôt cool. Il y a quand même le problème que tous les démons présents ont une forme humaine alors que c’est censé les embêter, mais bon, hormis ça, il y a de quoi se marrer.

Pendant ce temps, Michael découvre un autre problème dans son plan parfait : son boss a déjà envoyé une équipe récupérer les humains auprès de Mindy. Celle-ci est évidemment en train de s’amuser avec Derek et Michael s’enfuit dès qu’il en a la possibilité. Récupérant des badges pour le portail, il retrouve les humains au moment même où ils sont reconnus par certains démons.

Coincés, toute notre troupe s’en sort grâce à Jason qui a enfin l’occasion de créer un cocktail Molotov – plan qu’il voulait suivre dès le départ. Tout le groupe suit Michael vers le portail, Chidi prenant soin de remercier Eleanor pour tous les précieux conseils qu’elle lui a donné afin qu’il passe pour un démon. Il faut dire que l’épisode a pris le temps de nous montrer comment chacun pouvait se comporter en démon, et sans surprise Tahani et Jason ont excellé naturellement dans cet exercice, contrairement à Chidi qui avait bien besoin d’un cours de philosophie par Eleanor. C’est une situation tellement improbable qu’elle constituait un bon gag en elle-même.

La fin de l’épisode voit Michael comprendre que dans le dilemme du train, décidément beaucoup trop utilisé dans cette saison 2, la meilleure solution est de se sacrifier. Alors, ça fait une jolie scène et une jolie réponse, mais dans les faits, ce n’est pas une option envisageable de ce dilemme, hein. Bref, il faut en retenir que Michael décide de se sacrifier et d’offrir son badge à Eleanor afin qu’elle puisse rencontrer le juge.

Le problème, c’est que nos quatre humains se retrouvent désormais de l’autre côté du portail, sans Michael, ni Janet, mystérieusement disparue en cours de route. J’ai comme un doute sur leur capacité à s’en sortir sans eux, mais bon.

En définitive, c’était un bon épisode, avec toujours de l’humour et du suspense. Comme d’habitude, la série avance vite et ne perd pas de temps, avançant d’un chapitre à l’autre avec toujours autant de fluidité. C’est à se demander s’ils auront le matériel pour leur saison 3 (oui, la série est renouvelée), mais j’ai bon espoir avec eux, ils trouvent toujours le moyen de me surprendre.

This is us – S02E08-10

Cette semaine, je ne fais pas semblant d’espérer tout rattraper. Je me contente de trois épisodes qui fonctionnent assez clairement ensemble si j’en crois leur titre. Du coup, c’est parfait de pouvoir les voir d’une traite et je pourrais enchaîner la semaine prochaine avec les trois suivants ; ce qui me permettra d’être enfin à jour. J’ai tout calculé et, certes, ce n’est pas encore fait, mais l’espoir est permis. Bref, voici enfin mes critiques sur les épisodes 8 à 10 de la saison 2 de This is us.

Spoilers

08.jpgÉpisode 8 – Number One – 20/20
Don’t… don’t… don’t love me.

C’est reparti pour un épisode qui annonce par son titre et la première scène que l’on va se concentrer sur Kevin. Et il y a de quoi faire vu l’état misérable dans lequel il est dans sa vie. En effet, cela fait une semaine qu’il n’est pas sorti de sa chambre. Ah, si son père avait su quand il a vu son fils faire les premiers pas qu’il finirait dans cet état.

Tout commence bien avec son ancien lycée qui le force à rentrer dans sa ville natale pour une cérémonie de récompenses où il reçoit un prix d’honneur pour sa réussite. C’est tout bonnement excellent comme idée, parce que forcément, ça passe par un moment d’émotion où il passe voir son ancienne maison – détruite et reconstruite donc différemment. Et puis, c’est une belle manière d’approfondir le personnage.

La série a également la bonne idée de se concentrer également sur Kevin dans les flashbacks avec le choix des études supérieures. Très clairement, Kevin est en conflit avec ses parents, et c’est bien vu. Il n’est pas spécialement motivé par les études supérieures, préférant passer du temps avec les affaires de Sophie. Du coup, on suit la vie de Kevin au lycée alors même qu’on le suit à l’âge adulte en train d’y revenir.

Le truc, c’est que le lycéen est un adolescent en crise qui ne sait plus très bien se comporter, même quand un coach d’une université importante vient lui rendre visite. Et même particulièrement quand un coach lui rend visite. Forcément, ça ne fait pas plaisir à son père et c’est rare que l’on ait l’occasion de voir Jack en colère.

Comme ce dernier est déjà un ancien alcoolique à cette époque, Kevin en profite pour balancer quelques attaques en coup bas à son père et l’engueulade sonne drôlement crédible. C’est fou comme cette série parvient à toujours sonner juste.

Dans le présent, Kevin a surtout affaire à Kelly, une jeune volontaire de son lycée qui fait tout ce qu’elle peut pour contenir sa fan attitude.  Sur place, il rencontre aussi Charlotte, une ancienne élève du lycée avec laquelle il était en cours, même s’il ne s’en souvient absolument pas. Il est complétement à l’ouest et fait de la peine à voir, à transpirer et boire tout ce qu’il peut dans une ville où tout le monde le reconnaît et le célèbre. C’est un épisode extrêmement prenant, avec de très belles idées.

Kevin a ainsi des flashbacks de son père lorsque son coach fait un discours pour le présenter et surtout un besoin de faire comprendre à tous qu’il ne mérite pas leurs applaudissements. Il ne répond pas aux appels de Kate et Toby pendant tout l’épisode – ce qui me fait pressentir une catastrophe pour l’épisode suivant et fait de la peine à voir. Je sais, je l’ai déjà dit, mais l’épisode réussit parfaitement son coup et nous plonge dans un état tout aussi piteux que celui de Kevin. Sans trop de surprise, il se retrouve à rejeter les avances de Charlotte dans une scène bien fichue.

Mais tout ça, c’était encore pourri par rapport à la scène qui suit. Soyons clair, j’aimais bien Kevin avant cet épisode, mais forcément, après celui-ci, ça va être autre chose. Kevin se retrouve sur le terrain de son adolescence où il s’est cassé le genou lors d’un match auquel son père n’assistait pas parce qu’il emmenait Randall visiter une université. Et l’on nous suggère que son père, il ne le reverra pas (alors qu’en flashback Kate part l’appeler. Ah, la culpabilité donc.

La scène est génialissime avec Kevin racontant toute sa vie, tout seul sur le terrain, avec des très hauts et des très bas. La vie d’une star, quoi. Le personnage est magnifiquement écrit et sa spirale infernale est encore plus douloureuse avec les flashbacks de l’ensemble de sa vie.

En flashback justement, on découvre que finalement le coup de fil de Kate est encore une fausse piste sur la mort de Jake – bon, ou juste moi qui ai mal écouté/compris la phrase de Kevin sur le sujet tellement j’étais dépité de le voir comme ça. En fait, Jack retrouve son fils à l’hôpital et lui apprend que, non, il ne pourra pas rejouer avec son genou. Tout ça, on le savait déjà, mais le voir joué est excellent. Pour le consoler et suite à des réconciliations, son père lui offre son collier.

Dans le présent, Kevin couche finalement avec Charlotte, cherche des médicaments dans sa salle de bain et finit par trouver mieux : son ordonnancier. Il se barre avec une ordonnance et sans dire au revoir à Charlotte, même s’il est obligé d’y retourner par la suite car il a oublié le collier de son père chez elle.

Vexée et possiblement traumatisée de découvrir que Kevin n’est pas le mec bien sur lequel elle avait fantasmé pendant 20 ans, Charlotte lui affirme, sans même ouvrir la porte, qu’elle n’a pas son collier et retourne se coucher. Elle laisse ainsi Kevin au fond du gouffre, à genou sur sa pelouse.

Ne sachant plus quoi faire, Kevin, sans son collier, se rend chez Randall à qui il souhaite tout confier. Oui, mais non, parce que Randall pense déjà tout savoir alors que non. Il apprend ainsi à Kevin que Kate a perdu son bébé, persuadée que c’est ce qui met son frère dans cet état.

Putain, la violence de cette fin d’épisode. Je m’attendais à une mauvaise nouvelle du type dans le prochain épisode, mais pas en fin d’épisode. Pas comme ça. Les scénaristes marquent un énorme coup avec cet épisode – et ça devrait être interdit de faire un truc pareil.

09.jpgÉpisode 9 – Number Two – 17/20
Toby, it happened to me. It didn’t happen to you.

Enchaîner les trois épisodes va peut-être être plus violent que prévu puisque le résumé de celui-ci est une véritable torture avec les images de Kate et Toby heureux de la savoir enceinte. Comme pour l’épisode précédent, on repart sur les premiers pas des triplés – mais seul Kevin semble y parvenir (je voyais d’ici le montage final avec Kate se relevant de la perte de son bébé en parallèle de ses premiers pas).

En flashback, nous voyons de la perspective de Kate l’arrivée du coach pour Kevin. Sans trop de surprise, si Kevin a du mal avec son père, Kate a des problèmes d’orientation et ça stresse Rebecca. Elle a aussi des problèmes avec son chien, mais bon. Autant j’aime l’idée d’avoir des épisodes aussi bien écrits, autant j’ai trouvé dommage qu’ils reprennent autant de scènes en commun.

Toujours est-il que le lendemain on retrouve Kate dans sa chambre décorée avec beaucoup de bon goût. Rebecca fait tout ce qu’elle peut pour l’inspirer dans une grande carrière et la rassurer sur le fait de ne pas encore savoir quoi faire.

Kate le prend mal car une fois de plus sa mère n’a définitivement rien compris : elle veut aller intégrer une fac de chant, Berklee. Une fois de plus, on sait parfaitement les problèmes qu’elles rencontrent et du coup, l’épisode a bien du mal à m’accrocher – surtout après celui sur Kevin. Sans trop de surprise, Kate et Rebecca sont occupées à partager une conversation sur l’avenir de la première quand Kevin a son accident ; elles ne le voient donc même pas.

À l’hôpital, Kate prend le temps d’expliquer à sa mère pourquoi elle ne l’a pas prévenue pour Berklee : elle ne veut pas la décevoir. Rebecca le prend mal et lui raconte sa propre enfance, de même que son envie de faire mieux que sa propre mère. Le discours qu’elle lui fait sur l’amour d’une mère est beau en lui-même, mais il est encore plus touchant quand elle le conclue par « un jour, tu comprendras ce que c’est d’être une mère ». Ben oui, forcément.

Dans le présent, Kate est enceinte et heureuse de l’être. C’est toujours Thanksgiving et l’épisode reprend sur le même écran télévisuel que celui que Kevin regardait dans l’épisode précédent. Bon, Kate est toute stressée par les préparatifs et quand on la voit aller aux toilettes, j’ai tout de suite compris que c’en était fini de leurs rêves. On entend un grand fracas et c’est hors écran que Kate perd le bébé, entretenant le mystère sur ce qu’il s’est passé ; il semblerait qu’elle est tombée.

À l’hôpital, la sanction est définitive et fait du mal au couple, plus qu’ils ne veulent probablement l’avouer. Kate se prépare à vivre sa journée de travail de la manière la plus normale possible, même si elle est évidemment hantée par sa fausse couche, que nous découvrons en silence au cours de l’épisode. Un simple mal de ventre qui vire en douleur atroce. L’horreur des fausses couches, donc. Toby ne s’en tire pas mieux dans les flashbacks de cette fausse couche et tous les deux passent une horrible journée.

Kate se rend donc chanter, mais elle est perturbée par une maman et sa petite fille. Elle se barre en plein milieu de son concert et n’appelle pas Toby, préférant marcher, éviter les appels et messages inquiets de sa mère et manger dans un fast-food. Finalement, elle ne mange pas et rentre chez elle où Toby n’est pas là. Elle finit par annoncer à sa mère la terrible nouvelle pour mieux lui raccrocher au nez et ne parvient pas à contacter Kevin, forcément.

Toby s’occupe d’aller intercepter un colis, une baignoire pour le bébé. J’accroche de plus en plus à ce personnage qui déplace des montagnes pour Kate, à chaque épisode. Malheureusement pour lui, il découvre après tout ce qu’il a fait pour elle (et c’était magnifique), elle ne l’a pas attendu à la fin de son concert – et même qu’elle ne l’a pas fait car elle était malade.

Le voilà qui se met à stresser… pour rien, puisque Kate est tranquillement posée sur son canapé. Il n’en faut pas plus pour qu’ils s’engueulent, surtout quand elle lui dit qu’il n’a pas vécu la fausse couche et que c’est lui qui lui a donné envie d’y croire. La scène est horrible, les arguments de Toby rationnels et beaucoup trop posés.

La meilleure surprise de l’épisode reste l’arrivée surprise de Rebecca pour réconforter sa fille. C’était une opération risquée de sa part quand même, mais ça fait le plus grand bien à Kate qui peut enfin lâcher toutes les émotions qu’elle a sur le cœur et parler de la perte de son bébé avec sa mère qui a les mots justes pour lui parler de Kyle et du moment où elle a compris qu’il lui fallait faire son deuil. Là encore, on est sur une très belle scène entre la mère et la fille qui remonte largement le niveau de l’épisode (et c’est sans parler du dernier flashback a priori inutile qui nous montre Rebecca et Jack enlacés sur le parking à pleurer ce qu’il vient d’arriver à Kevin).

L’épisode se conclue sur des réconciliations entre Toby et Kate, qui décident de réessayer d’avoir un enfant et réparent leur salle de bain. Forcément, cette fin d’épisode est forte, mais ça n’a quand même rien à voir avec l’épisode 8. C’était un très bel épisode, sur un sujet triste, mais qui a réussi à ne pas virer au pathos pour autant. La réconciliation du couple est la bienvenue, surtout qu’on la doit à Rebecca qui explique à sa fille qu’elle ne doit pas culpabiliser et raconter ses sentiments à Toby. Dans la réalité, ce genre d’événement a séparé plus d’un couple, mais c’est un beau message de les montrer assez forts pour le surmonter. En plus, je trouve qu’il est rare de voir une fausse couche si bien traitée à la télévision – mais évidemment que This is us sait le faire.

10.jpgÉpisode 10 – Number Three – 19/20
Life feels like Pac-man. Sometimes. I guess.

Et nous voilà enfin à l’épisode sur Randall, même si là aussi, j’ai du mal à imaginer comment un roadtrip avec Jack pourra être aussi émotionnel que la crise de Kevin ou la fausse couche de Kate. Nous assistons au premier pas de Randall et il suffit de deux scènes pour que je comprenne combien j’avais tort. Alors que tout se passe enfin à merveille avec Deja, Shauna débarque chez les Pearson et annonce qu’elle veut récupérer sa fille.

Heureusement, Deja parvient à la calmer et la convaincre d’attendre l’appel de Linda pour la récupérer. Il n’empêche que Shauna a pété un câble sur les Pearson juste avant, attiré les voisins et fait peur à tout le monde. Oui, mais elle a aussi rempli son frigo et ça suffit à indiquer à Linda que le mieux est peut-être de rendre Deja à sa mère. Outch. Cela terrifie les Pearson qui ont déjà prévu de mettre leurs avocats sur le coup. Ce n’est que le début d’une bien mauvaise journée pour toute leur famille et comme en plus on approche de Thanksgiving, on nous remet dans la tronche celui de la saison 1 où Randall a appris que Rebecca connaissait William.

C’est l’heure pour les scénaristes de nous ramener une fois de plus ce dernier pour nous torturer encore un peu plus : il raconte à Randall qu’il avait suivi Rebecca après sa fuite et qu’il a finalement décidé de ne pas frapper à la porte des Pearson pour apprendre à connaître son fils. Pourtant, il avait déjà imaginé une vie parfaite avec lui, mais il s’est rendu compte qu’il ne savait rien de lui.

Ses mots résonnent en Randall qui décide d’aller voir le quartier de Shauna et découvre que, oui, elle a une jolie vie. Cela suffit à décider Randall qu’il faut rendre à Deja à sa mère. Il en parle à Beth, juste avant l’exposé scolaire de leur fille adoptive. Celui-ci se déroule à merveille, mais bien sûr que Deja veut retourner vivre avec sa mère malgré tout.

Après la fausse couche de Kate, nous voyons donc Beth et Randall gérer le départ de celle qu’ils voyaient déjà élever jusqu’à l’âge adulte, juste parce que les charges contre Shauna ont été abandonnées pour qu’elle aide à résoudre une autre enquête. C’est terrifiant, mais c’est le système le plus logique pour confier des enfants. La série nous tease toutefois l’arrivée d’un petit garçon dans la famille ; et ça promet, depuis le temps que Randall veut un fils.

En flashback, nous voyons Randall choisir son université et demander à son père de s’y rendre. Pas de roadtrip pour autant : une fois là-bas, il découvre une toute nouvelle vie, où tout le campus est composé d’étudiants noirs et où tout se déroule à merveille dans sa journée… Jusqu’à ce que son père vienne le chercher pour le ramener et qu’il hésite sur la manière de le présenter.

S’il jure plus tard à son père que ce n’est pas parce qu’il est blanc, mais vieux, cela permet au père et au fils d’avoir une vraie conversation sur le racisme – parce que Jack préférerait que son fils parte à Harvard. C’est toujours aussi bien écrit et ça les amène à Washington sur des traces de l’Histoire américaine et sur le passé de Jack en tant que soldat. Bref, une fois de plus, Jack a la solution et les mots les plus parfaits pour rassurer son fils sur son futur et ses décisions.

Toute la famille est finalement réunie dans le confort de la maison et nous n’en saurons pas plus sur la mort de Jack cette fois, alors que Randall se met à jouer à Pac-man. Parce que oui, il y a joué toute sa vie et y joue aussi avec ses filles désormais ; et la vie est un jeu de Pac-man où les fantômes finissent par nous manger. C’est idiot comme tout, mais c’est le genre de métaphores qui font rire et réussissent parfaitement à toucher juste dans ce genre de séries.

Dans le présent, il reste encore à voir Kevin arriver chez son frère et apprendre la fausse couche de sa sœur, à qui il décide de ne pas parler avant d’avoir la tête claire. S’il fait un câlin à ses nièces, il décide de ne pas rester chez son frère – qui lui non plus n’a pas remarqué l’état de santé de son frère. Certes, Randall lui dit qu’il paraît bien misérable et qu’il est tôt pour la vodka, mais il ne s’en préoccupe pas plus que ça après la journée qu’il a passé et c’est là une très belle force d’écriture de la série.

Finalement, nombreux sont ceux à avoir vu Kevin sombrer au cours des quatre (voire cinq, voire six) derniers épisodes, mais personne n’a songé à prendre le temps de vraiment s’inquiéter de lui, pas même Sophie.

Et comme si la série ne pouvait être plus horrible, Kevin décide de conduire beaucoup trop vite, ignorant totalement que Tess se trouve à l’arrière de sa voiture. Mon dieu, je me suis senti obligé de faire pause. J’ai l’habitude de deviner ce genre de rebondissements habituellement, mais là je ne l’ai pas vu venir – et Kevin non plus. Je ne vois même pas comment il est possible que Tess soit montée dans la voiture sans qu’il ne la voie. C’est terrible, car il n’est pas compliqué de deviner la suite.

Kevin a un accident de voiture alors que Tess est là, pendant que Randall s’inquiète de son absence. C’était la seule pensée possible face à ce scénario, mais heureusement la série prend une autre route (je ne vous explique pas le soupir de soulagement) : Kevin se fait arrêter par la police pour conduite en état d’ivresse alors que Beth et Randall apprennent ce qu’il s’est passé. S’ils ont bien envie de tuer Kevin, j’espère surtout que cela ne jouera pas sur de futures adoptions de leur part (même si de toute évidence, ce ne devrait pas être le cas puisqu’on nous a montré le petit garçon).

Avec une fin d’épisode pareil, autant dire que l’épisode a gagné un point de plus, ce qui l’approche de la perfection. J’adore Randall et Beth, j’adorais Deja, évidemment que cet épisode avait tout pour me plaire.