Épisode 7 – A Clean, Well-Lighted Place – 18/20
Malgré un changement radical de ton et de forme pour ce nouvel épisode, la série continue d’être bien trop passionnante. Cet épisode fait avancer l’intrigue de certains personnages d’un bond de géant tout en stoppant ce qui servait de fil rouge jusqu’ici. En somme, un excellent épisode qui fait presque office de reboot au beau milieu de la saison. Je m’attendais à totalement autre chose pour cet épisode, mais une fois de plus, je suis conquis, surtout que la série sait parfaitement où réside sa force.
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Spoilers

This place may have cars and phones, and a Community Patrol instead of Redhats, but it’s still a Colony.
Comme je me suis limité à un épisode par jour et que j’ai plutôt regardé hier Reverie dont la saison 1 me plaît énormément malgré ses défauts, c’est avec 24h de retard que je lance cet épisode, qui sera aussi, je pense, le dernier que je verrai avant lundi soir. Pour un addict comme moi, ça va être dur, mais j’ai aussi largement de quoi m’occuper.
Cette semaine, j’ai adoré l’introduction qui revient sur l’inventeur de l’algorithme qui a jeté le monde dans le chaos. C’est le genre de personnage que j’adore parce qu’il sait exactement ce qu’il veut et manipule son monde pour l’avoir, tout en élargissant de manière dingue la mythologie de la série. On le retrouve ainsi au téléphone avec Camille, la chancelière, donc l’autorité la plus haute du pays. Elle est paniquée de voir Seattle être progressivement rasée de la surface de la Terre par les drones – comme le sera San Francisco plus tard.
Si on connaît encore peu le personnage de l’inventeur, il était amusant de le voir tout zen à boire son whisky en contemplant le spectacle de destruction, avec une petite référence aux Misérables au passage. Il négocie auprès de Camille, qu’il appelle donc par son nom et qui est au fond du gouffre face à la situation, le contrôle total de Seattle : il ne veut pas d’armée, pas de drones, pas d’hôtes. Il propose de mettre en place une colonie utopique, laissant planer le doute sur les rumeurs existant depuis quelques temps dans la série : Seattle est-elle vraiment la ville parfaite ?
Post-générique, on renchaîne sur un verre de whisky tenu par Will, qui rencontre Lillian Crane dans un bar et dit s’appeler James Dalton. James Dalton ? Il drague Lillian Crane et dit chercher Terry Lennox, un ancien ami. Ses habitudes de détective reprennent donc le dessus dans ce qui semble être sa nouvelle vie, alors que Lillian Crane est terrifiée lorsqu’elle entend le nom de Terry.
Il faut dire que Will est détective privé, pour la femme de Lennox, donc ce dernier ne doit pas être bien vu dans une société qui met l’ordre au-dessus de tout. Disparaître de la vie de sa femme, ce n’est pas très ordonné. Quant à James Dalton, il joue aussi les Uber (même si ça s’appelle différemment et qu’être chauffeur de taxi semble être son boulot officiel au sein de la colonie, là où détective privé est plutôt un passe-temps). Il est rapidement révélé que nous sommes bien après l’invasion, parce qu’il y avait encore un doute sur la chronologie de tout ça…
Nous sommes en fait longtemps après la cavale des Bowman de l’épisode précédent. Grace a grandi, Bram s’occupe d’elle, les Bowman ont chacun leur job et de nouveau en froid. Ils ont tous un portable et la famille Dalton m’intrigue franchement au plus haut point. C’est osé de faire ça en plein milieu de saison, et c’est un bon plan pour eux parce que ça permet d’oublier quelque peu la mort de Charlie.
Oh, bien sûr, pas complétement, ce sera toujours là et c’est mis en scène quand Katie aperçoit un petit garçon. C’est discret, insidieux et toujours là. Son job ? Appeler les rescapés qui ont la chance d’être transporté à l’intérieur de Seattle, qui est effectivement la colonie parfaite qu’on nous vendait. Toutefois, elle est rapidement interrompue par Bethany.
Bethany ? Apparemment, la fille d’un couple dont elle s’occupe et qui attend depuis longtemps de pouvoir rentrer à l’intérieur de Seattle. Si elle les connaît si bien, il est cette fois suggéré que plusieurs mois se sont écoulés depuis la dernière fois que nous avons vu les Bowman puisqu’ils sont là depuis quatre mois. Progressivement, on va finir par savoir !
Les parents de Bethany ont entendu des rumeurs affirmant que Los Angeles allait être repeuplée sans la moindre liste d’attente, ce qui choque Katie autant que ça l’intéresse, même si son job est de faire en sorte que le couple reste patient, car c’est plus salvateur pour tout le monde. Evidemment, Katie fait tout ce qu’elle peut pour sauver le couple – les Winslow – parce qu’ils ont eux aussi perdu un enfant en route, un enfant qui n’avait que cinq ans. Elle finit par trouver une faille dans le système pour les faire intégrer la liste plus vite, et ça fonctionne, notamment grâce à l’aide d’une collègue.
Daisy Lennox réveille James Dalton car elle veut le revoir. Loin de la maison bien ordonnée des « Dalton » (ou des Bowman à l’époque, d’ailleurs), Daisy est une mère célibataire complétement débordée par ses deux garçons. Elle recherche son mari que l’un d’eux a aperçu, mais elle n’a aucune preuve qu’il est bien dans la colonie, surtout que James ne le trouve nulle part. Il lui parle donc des Crane, puis de nouvelles rumeurs peu rassurantes : certains ingénieurs, docteurs, etc. sont enlevés pour… on ne sait pas bien exactement, forcément.
La scène suivant voit James Dalton interrogé le mari de Lillian Crane pour avoir plus d’infos sur Terry. Cette fois, les Crane ont une villa de dingue avec une sacrée vue. N’empêche, ce côté enquête dans une société futuriste n’est pas sans me rappeler Altered Carbon. Je trouve toutefois que Will en dit trop.
Il finit par avoir une piste sérieuse et comprend que le mari de Lillian est en fait Terry. Ouep, on peut changer de nom et il est bien placé pour le savoir. Terry n’apprécie pas trop de voir sa couverture grillée et Will s’amuse bien… à le tabasser ? Il s’arrête quand il aperçoit son reflet, cela dit.
De son côté, Bram aussi a trouvé un job à Emerald City : il livre les légumes et la nourriture aux gens. Le système de paiement est désormais automatisé sur portable et il a aussi un collègue qui envisage de quitter ce job pour en avoir un lui permettant d’être qualifié pour une meilleure maison. Bref, plus tu te rends utile à la société, mieux tu vis quoi. C’est mal barré pour Bram qui passe son temps à s’occuper de sa sœur comme es parents sont trop occupés. D’ailleurs, la vie à l’école pour Grace n’est pas des plus simples : elle a des matières beaucoup plus complexe qu’avant, genre de la physique, parce que ouep, les colonies, ça change tout.
Will finit par rentrer chez lui pour nettoyer le sang qu’il a littéralement sur les mains et pour… aider Katie (qui s’appelle Laura dans cette colonie) à organiser une fête de voisinage chargée d’accueillir Roger Erikson à la tête de l’équipe de surveillance. J’essaye de tout noter, ne sachant pas trop ce qui sera utile pour la suite… Notons que Laura a aussi une collègue, Michelle, qui l’a aidée à tricher pour faire entrer les Wilson dans Seattle. Les gens naturellement gentils dans ce genre de séries, je ne les sens pas trop.
De la même manière, je ne sens pas du tout Will dans cet épisode. Il boit son whisky, est malpoli, disparaît de la fête en cours de route… Katie mérite mieux que ça quand même, et c’est aussi ce que semble penser Michelle. On a donc une Katie qui fait tout pour s’intégrer au mieux dans cette colonie et un Will qui ne le supporte pas, et ça mène enfin à une scène parfaite pour le couple qui s’engueule et est toujours aussi parfait jusque dans les engueulades.
Katie cerne bien la culpabilité de Will vis-à-vis de Charlie, même si le nom de Charlie n’est pas prononcé. Bref, les scénaristes intègrent le deuil du fils Bowman de manière cohérente et réaliste au milieu de cette situation désespérée – les couples qui ne parviennent plus à se comprendre après la perte d’un enfant, Katie qui change beaucoup de caractère pour « s’en sortir » et Will qui sombre dans une dépression alcoolique, tout ça, c’est souvent ce qui arrive aux couples perdant un enfant.
Et le pire, c’est qu’ils ne peuvent pas se le permettre dans une société encore plus fondée sur les apparences que la nôtre : il est parfaitement établi que tout le monde surveille tout le monde. Par conséquent, ce serait pas mal que Bram arrête de faire de la merde de son côté. Oui, il s’occupe de Gracie et a un job, mais il est toujours l’ado insupportable des débuts dès qu’il en a l’occasion : il sort en cachette dans des soirées probablement illégales où il ramène l’alcool de ses parents et a une petite amie. Le lendemain, il réclame aussi un job lui permettant d’avoir son propre appartement pour s’occuper de Gracie, en cas de problème avec ses parents.
Will a quant à lui décidé de passer la nuit dans sa voiture… et se fait réveiller par un officier de la patrouille. Il n’est vraiment pas malin quand il s’y met. Rassurez-vous, Katie non plus n’est pas maline quand elle s’y met : elle s’est attachée aux Winslow et part à leur recherche dans Seattle alors qu’elle ne devrait pas car ce n’est pas son job. Et ça aurait été mieux qu’elle ne le fasse pas : arrivée dans la sorte de HLM qui devait supposément les accueillir, elle se rend compte qu’il n’y a personne dans leur appartement… et personne dans l’immeuble. Ah ben c’était bien la peine de les aider !
Enfin, Will décide de mentir à la femme de Terry : il lui annonce que son mari est mort, parce que mieux vaut aider sa couverture après tout. La toute fin d’épisode est bien sûr un cliffhanger, mais un cliffhanger vraiment bienvenue pour une fois : Will est toujours taxi, et son nouveau client n’est autre que Broussard ! Enfin ! Je suis impatient d’être la semaine prochaine pour voir ce qu’il est devenu et surtout comment il a retrouvé les Bowman.
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