Widow’s Bay – S01E01 – Welcome to Widow’s Bay – 15/20

Je ne suis pas aussi hypé que je l’espérais quand j’entendais parler de la série, mais je vois tout le potentiel qu’elle a rien qu’avec ce pilot. L’épisode m’a paru un peu long par moment, parce qu’il introduit plein de pistes et de choses différentes. Il est plutôt inattendu dans ses twists et je ne vois pas du tout vers où ils se dirigent. Si vous en doutiez, si, c’est une bonne chose : la surprise est la bienvenue, l’ambiance est intéressante. J’attends juste d’accrocher davantage aux personnages, maintenant, je crois que c’est ce qu’il va me manquer malgré le casting excellent.

Spoilers 

Widow’s Bay est frappée par un phénomène étrange en pleine nuit : coupure de courant et tremblement de terre.

Why are you mayor of this town if you hate everyone this much ?

Etonnant début pour une série qui s’est attirée les faveurs de plein de sériephiles : j’ai l’impression d’être devant Les Dents de la Mer. On voit un vieil homme dans un bateau en train de papoter à la radio avec un autre type tout aussi âgé, probablement dans un phare. Toutefois, l’ambiance change radicalement très rapidement : l’homme aperçoit ainsi plein d’oiseaux qui s’affolent dans le ciel, une bonne brume arrive, le radar s’affole et tout est d’un coup super sombre. OK. On va dire que ça pose une ambiance.

Tout est sombre, oui, et ce n’est que le début. A quelques miles de là se trouve une petite île qui, à 2h06, perd toute l’électricité subitement. On enchaîne sur un tremblement de terre qui réveille le maire en pleine nuit. Tom, c’est son nom, se précipite dans la chambre de son fils, qui n’est pas là – trop occupé à se droguer dans sa voiture.

J’aime bien l’introduction qui nous montre directement une situation de crise pour le maire, mais j’ai un peu de mal à repérer les personnages à ce stade. À la mairie, il y a donc une certaine Rosemary et une Ruth, Rosemary a parlé à Mitch à propos des pannes de courant. Le courant met du temps à revenir jusqu’à la mairie, mais ça finit par être le cas. Soit.

Un tremblement de terre sur une petite île qui n’est pas habituée à ça, c’est étonnant. C’est une catastrophe pour Tom, surtout qu’il sait qu’un journaliste doit arriver bientôt pour faire un article sur son île – et c’est un article déterminant pour la survie de l’île, qui a besoin de son tourisme estival, apparemment.

J’avoue que j’ai eu du mal à accrocher à ce début (Ruth, l’assistante âgée, a l’air amusante), mais soit : le journaliste, Arthur, finit par arriver et Tom lui fait la pub comme il peut. Il n’est pas aidé : le ferry arrive en avance et est conduit par un homme qui assure au journaliste qu’il se passe d’horribles choses sur l’île, Tom essaie de faire un cours d’histoire positif sur l’île, mais le musée le contredit : celle qui le tient lui rappelle qu’il y avait 43 colons à la base et un article de journal encadré rappelle que dans l’histoire de l’île il y a du cannibalisme.

Voilà une île qui ne donne pas forcément envie de passer de bonnes vacances. En fait, je serais le journaliste, je crois que je prendrais la décision de me barrer au plus vite. Ce serait encore plus vrai si je savais que le maire tenait une réunion avec ses conseillers pour leur demander de me surveiller 24h/24. Et si en plus pendant cette réunion, il était question d’un brouillard qui fait disparaître des gens… Ouais, je me barre.

Heureusement pour nous, il ne s’agit que d’une série alors j’aime bien l’idée : Wyck, l’homme du phare si je ne me trompe pas, vient voir le maire pendant la réunion pour expliquer que l’île est maudite et que ça a commencé. Selon lui, le brouillard de la nuit précédente a fait disparaître Shep, l’homme sur le bateau, et ce n’est que le début avant que la malédiction ne s’abatte sur tous les habitants de l’île.

Bien sûr, le maire est hyper rationnel et ne croit pas à cette théorie. Il n’en faut pas plus pour que j’y adhère… sauf que le shérif appelle au même moment pour annoncer que Shep a été retrouvé. C’est du moins ce que dit le maire à ses conseillers et à Wyck. Malheureusement, ce n’est pas le cas : il ne fait que mentir à tous ses collaborateurs pour gagner du temps.

Il y en a une qui commence à s’inquiéter tout de même, surtout qu’elle a elle-même vécu un événement traumatisant par le passé quand le Croquemitaine est venue chez elle pour la tuer. Voilà autre chose. Elle semble vraiment convaincue, contrairement à Tom.

OK, il y a énormément de pistes ouvertes pour une saison de dix épisodes là, mais l’introduction n’est toujours pas terminée : Tom rentre chez lui et trouve son fils en train de se faire un bon joint dans le jardin. Décidément, c’est un gamin insupportable, ça promet. Bon, il s’agit d’un ado défoncé, mais Tom essaie quand même de le raisonner et de lui parler sérieusement. En vain.

Je commençais à décrocher, mais la sirène d’alarme de l’île se met à sonner pour réveiller mon attention. C’est Wyck qui lance l’alarme, et tant pis pour le journaliste du New-York Times qui est venu écrire sur l’île. Tom le prend mal – et le prend personnellement – mais il décide tout de même d’aller parler avec Wyck.

Il semblerait qu’il soit l’ancien maire vu la tournure de leur conversation, mais bon, je ne le garantis pas. Ce qui est sûr, c’est que Wyck n’aime pas Tom, qu’il voit comme un énorme couard, et qu’il a plein d’infos sur le passé de l’île. Il promet donc une malédiction qui se réveille avec le tremblement de terre. C’est déjà arrivé en 1846, avec une brume mangeant les âmes et une terrible maladie s’emparant de tous les habitants de l’île, puis en 1873, avec un bateau crashé volontairement par le maire de l’époque qui convoitait la jeune épouse du capitaine.

Oddly specific, right ? Patricia a les meilleures questions, et ça me tue de la voir s’embarquer dans des explications délirantes sur la différence d’âge. La série avance toutefois rapidement vers autre chose, avec l’arrivée de Shep dans le bar où sont réunis nos personnages.

Il a passé la journée à être recherché par tous, mais il redébarque dans le bar. Tout va bien, donc. Il est emmené à l’hôpital où il reste dans le coma et où Tom vient le veiller. Pendant qu’il lit son dossier médical, Tom ne voit pas que Shep a les yeux blancs – un des premiers symptômes de la maladie en 1846. Oups.

Shep se réveille finalement pour tenter d’étrangler le maire, puis il fait un arrêt cardiaque avant d’y arriver. Cette fois, quelque chose me dit que Tom va commencer à croire à la malédiction. L’acteur est toujours aussi incroyable, en tout cas, et c’est un rôle qui va lui permettre de révéler tout son talent. Il essaie encore de rester dans son déni, pourtant : il fait la morale à Patricia qui laisse les gens l’influencer, mais on comprend bien que c’est une morale qu’il pourrait se faire à lui-même. J’aime la tournure que ça prend, à vrai dire.

Pendant son repas avec le journaliste, il oublie un temps la brume qui s’approche de l’île très clairement sur le radar, parce qu’Arthur préfère lui parler d’une autre légende urbaine : les habitants nés sur l’île seraient incapables de la quitter – et ceux qui le feraient, couic, morts. Le journaliste a vérifié le témoignage improbable de sa source, en plus, et même si c’est inconcevable, ça plante suffisamment de doute en nous pour que la série tienne la route.

J’aime bien l’idée en tout cas. Pour la suite, on repart sur du plus classique : Tom voit le brouillard s’installer en ville et flippe que son fils soit dehors. Quand les plombs sautent à nouveau, il essaie d’empêcher les clients du bar de sortir, hurle qu’il y a quelque chose dans le brouillard et… La lumière revient. Plus de brouillard. Aha. Le journaliste comprend que le maire lui joue un tour pour être le nouveau Salem. Le gag fonctionne bien.

Au-delà du gag, le doute s’installe plutôt bien, parce que le personnage de Tom est rationnel et critique les doutes qu’on veut lui imposer, mais aussi parce qu’il y a quelques fausses pistes et d’autres mystères inexpliqués, comme cette chaise de torture dans le sous-sol du bar. C’est un cliffhanger inattendu, ma foi.

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Widow’s Bay (S01)

De quoi ça parle ?

Je ne sais pas bien : c’est l’histoire du maire d’une ville sur une petite île paumée et confrontée à d’étranges mystères lorsqu’une brume s’en approche d’un peu trop près.

Ce que j’en attends

J’aime l’acteur principal, mais j’avoue que depuis Brothers & Sisters, j’ai eu du mal avec la plupart de ses rôles. Il est passé à des séries trop sérieuses – ou se prenant trop au sérieux, je ne sais pas – et je n’ai jamais accroché. Pour autant, je ne perds pas espoir de le retrouver et j’ai vu arriver cette série avec un œil curieux. Je n’ai pas eu le temps de la voir lors de sa diffusion.

Depuis, je n’en entends que du bien. Série Apple, c’est toujours bon signe, Widow’s Bay fait forte impression chez tous ceux qui la regardent. J’ai donc bien trop d’attentes au moment de la commencer et ce n’est jamais très bon. Je ne sais pas à quoi m’attendre exactement pour autant : je sais qu’il y aura des mystères et un peu de science-fiction, et ça me suffit. Je crois. On verra bien.

Je la commence histoire d’avoir une série de plus à mentionner dans le podcast bilan de l’année, en vrai, et aussi parce que je sais que Morgane et Aurélien ont bien accroché. Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

Note moyenne de la saison : 17/20 

Widow’s Bay – S01E02 – Lodging – 17/20

J’ai l’impression que la série n’arrive pas à décider dans quelle direction elle veut aller à multiplier les pistes et les indices, mais je suis aussi à peu près sûr qu’elle sait parfaitement où elle va. Elle exige beaucoup d’attention…

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Malcolm : Life’s still unfair (S01)

Salut les sériephiles,

Il y a six mois, j’étais hyper hypé par le retour de Malcolm et je vous en faisais un article. Et puis, la série est sortie et je n’ai pas regardé ces quatre mini-épisodes. Pourquoi ? J’ai eu peur d’être déçu, j’ai voulu trouver un moyen pour les voir les quatre d’un coup et puis les retours n’ont pas duré bien longtemps. J’ai réussi à ne pas être spoilé et il n’y avait plus d’urgence.

Quelle idée de ne faire que quatre épisodes et quelle idée de tous les diffuser d’un coup ! Bon, et donc, ça fait quelques mois maintenant. Est-ce qu’il ne serait pas temps de les voir ? Si, probablement. C’est pourquoi, j’ai décidé de m’y mettre.

Le résultat, c’est que je suis plutôt très déçu par le résultat et que j’aurais peut-être mieux fait de passer mon chemin. La folie est toujours là, mais contrairement à Scrubs, ce retour n’a pas réussi à me faire rire. Je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais ça m’a paru forcé. Bref, je ne vais pas en faire un retour complet épisode par épisode comme d’habitude pour cette raison. Histoire d’en garder une trace sur le blog tout de même, voilà donc ce que j’ai pensé au fur et à mesure, mais pour résumer, sachez que j’ai trouvé le trailer du retour meilleur et plus efficace – que ce soit pour l’humour ou le rythme. Quelle déception.

Episode 1 – 12/20

La série commence bizarrement par un montage « Previously on » qui nous rappelle toute l’ambiance de dingue de cette série. Est-ce qu’elle passerait encore comme ça en 2026 ? Je ne suis pas sûr. C’est peut-être une grande partie du problème, d’ailleurs : la série me faisait rire par son rythme de dingue et sa folie, mais elle peine à y revenir.

Dans cet épisode, la folie, c’est Hal qui fait un happening dans un magasin ? Vraiment ? La solution de Malcolm pour être normal est de rester loin de sa famille ? Mais toutes les saisons ont montré qu’on ne les quittait jamais vraiment et qu’ils étaient codépendants… Le nouveau Dewey ? je trouve que ça le fait. Je suis triste, évidemment, mais je suis surpris que l’acteur choisi arrive si bien à l’interpréter de manière cohérente – qu’il soit devenu un coureur de jupons, par contre, mouais. Ironiquement, je l’ai plus reconnu que Reese – je ne sais pas, Reese ne paraissait pas aussi à l’aise qu’avant dans son rôle de neuneu. C’est peut-être parce qu’il est adulte, en fait.

Malcolm ? Le voir adulte, ça fonctionne à peu près. Qu’il reprenne la narration, ça marche, surtout quand il décrit ses stratégies pour éviter sa famille (c’est ce que font tous les adultes, non ?) ou les crises qu’il piquait en leur présence. Qu’il assure être sain d’esprit et bien mieux loin d’eux, mais que la révélation finale soit que sa fille pense ses grands-parents morts et que les grands-parents ne soient même pas au courant de l’existence de leur petite fille ? Eh, c’est bon, je suis blasé.

Que sa fille reprenne la narration ? C’est un non. La série aurait dû rester 100% du point de vue de Malcolm OU 100% du point de vue de sa fille, mais proposer un épisode qui fait les deux… Je ne sais pas, pas convaincu par le pont entre les générations et par l’écriture des scènes au lycée. Il n’y a que quatre épisodes, a-t-on vraiment envie de suivre Leah au lycée ? Je ne pense pas. C’est un entre-deux étonnant. Au moins That ‘90s show avait fait un choix efficace sur le sujet.

Sinon, j’adore l’actrice qui joue Tristan… mais je la trouve mille fois trop jeune pour être la petite-amie de Malcolm parce que je l’ai vue jouer une ado dans l’excellente Trinkets près de dix ans après la fin de Malcolm. En vrai, ils n’ont que sept ans d’écart, mais quand même.

Episode 2 – 10/20

Il y avait beaucoup de taf pour me convaincre après ce premier épisode et ce cliffhanger pas convaincant. J’y ai cru dans les premières scènes en famille, mais quand il est révélé que Reese continue d’être un parfait idiot après un premier épisode où il était plus sérieux, c’est… déceptif ? Je le reconnais beaucoup plus dans cet épisode, mais du coup, ça me fait bizarre qu’il soit dans un entre deux. Ceci dit, la manipulation d’Hal, c’était un grand classique, ça ne devrait pas me surprendre.

Francis vit dans le garage de ses parents ? Je suis triste pour lui. Il s’apprête à devenir papa et c’est très bien, mais j’espérais tellement mieux pour le personnage. Je ne sais pas, on dirait que les scénaristes forcent les personnages à redevenir ce qu’ils étaient – ce n’est pas la trajectoire que j’imaginais pour eux.

Du côté de Malcolm… Bon, il rappelle Stevie, ça se tient vu la cata qu’est sa vie, mais apparemment ils ne se parlent plus vraiment ? Tristan veut le forcer à se réconcilier avec sa famille ? Cela ne colle pas. On sent aussi que les dramas sont expédiés rapidement ou écrits pour pouvoir l’être en quatre épisodes, quoi. Il en va de même pour les retours (Ritchie ?) : on sent la commande qui impose aux scénaristes de rusher et de vouloir faire un maximum de fan service.

Si j’ai préféré Leah dans cet épisode, je continue de trouver bizarre l’équilibre que la série ne trouve pas entre la vie de famille et sa vie au lycée. Je ne sais pas, ça ne me posait pas de problème dans la série d’origine. La scène où elle se plante dans le placard pour apprendre à connaître sa famille est bonne, mais pas aussi drôle qu’elle devrait l’être. Finalement, ma seule vraie bonne surprise de ces deux épisodes, c’est Kelly. J’avais lu tout et son contraire sur Twitter, mais je trouve que c’est efficace.

Episode 3 – 08/20

Tout le monde surjoue et force trop, je crois que c’est ce qui me pose problème avec ce revival. Cela fonctionnait dans la série d’origine, mais ça n’arrive pas à me convaincre parce que j’ai l’impression que le scénario force lui aussi pour qu’on retrouve les personnages d’avant… sans parvenir à nous les rendre vraiment. Il y a peut-être une exception pour Lois.

Que dire d’Hal ? L’acteur est devenu complètement exhibitionniste pour qu’on nous le foute à poil deux fois en trois épisodes ? Je suis à ça de le trouver plus exhib qu’Archie. La scène de l’autothérapie est toutefois bonne – mais là aussi, ça me perturbe. J’ai l’impression que ce revival a été écrit pour démontrer toutes ses capacités d’acteur (qui ne sont plus à prouver). Et c’était lourd, tout de même.

Je devrais en avoir quelque chose à faire de la rupture entre Malcolm et Tristan ? De Reese qui fait chier Kelly ? Cela ne prend pas du tout sur moi. J’ai préféré l’intrigue de Francis qui ressemblait un peu plus à ce qu’on avait à l’époque, mais cette compétition qui n’importe qu’à lui pour remonter dans l’estime de Lois était ridicule comme Malcolm sait le faire – et devrait le faire.

Le cliffhanger ?? Ne me lancez pas dessus, je suis énervé qu’ils osent faire un tel accident pour du suspense là. Comme si ! Et Malcolm qui se retrouve encore avec une nana qui a des casseroles improbables ? C’est trop ! Ils nous ont vendu un Malcolm qui restait loin de sa famille afin d’être stable. Pourquoi continuerait-il d’avoir tant de chaos dans sa vie ?

Episode 4 – 07/20

L’accident n’a aucune conséquence majeure et ne servait qu’à faire un cliffhanger, comme je m’y attendais. Tout le monde est réuni de manière artificielle pour l’anniversaire de mariage de Lois et Hal. Le but est clairmenet d’avoir une excuse pour réunir tout le monde, y compris ceux que nous n’avions pas encore revus. Je ne ssuis pas scénariste, mais quelque chose me dit que ça aurait mieux fonctionné si la mini-saison avait commencé par-là et par des retrouvailles à partir de là. Genre, la copine de Malcolm le traine avec sa fille sans le prévenir et hop, tout part de là, avec uniquement le point de Leah. Ouais, je ne sais pas, je n’aime pas du tout l’intrigue qu’on lui donne, mais je me dis que ça aurait pu donner quelque chose quand même.

Là… Non. On sent que les acteurs sont heureux d’être de retour dans leur rôle, mais je ne vois pas ce que cherche à raconter ces quatre épisodes. Le problème créé est artificiel et la résolution l’est tout autant, forcément. Allez, je leur reconnais tout de même que c’est cool d’avoir Malcolm qui arrive par lui-même à comprendre qu’il est un homme bien ou d’avoir Hal/Reese pour remettre les choses au point.

En fait, ces scènes m’ont fait croire que j’allais accrocher. Malheureusement, toute la fin est un énorme ramassis de bullshit. Le coup des paillettes aurait pu me faire rire, mais le fait que Lois consacre toute une vidéo à dire à quel point Hal est génial ou que Malcolm fasse une demande en mariage qui n’a rien de logique… Tss. Non, ça ne passe pas. En plus, sérieux, Hal a fait de jolis cadeaux à Lois avant, je sais, mais ça envoie quoi comme message encore ? C’est Lois qui est incroyable dans cette famille, pas Hal !

En bref

J’ai eu du mal à accrocher à ces quatre épisodes principalement parce qu’ils n’ont pas réussi à trouver leur ton et à rappeler le chaos qu’était la série d’origine. Pire encore, j’ai trouvé qu’ils ne savaient pas ce qu’ils voulaient raconter et qu’ils se perdaient souvent en route. Alors oui, ça fait plaisir de retrouver les personnages et de les revoir se crier dessus, mais ça n’a pas fonctionné sur moi car ça n’avait pas autant de sens qu’à l’époque – ça n’arrivait pas à être drôle, on forçait trop tout le monde à redevenir ce qu’il était et il n’y avait pas assez de temps pour que tout le monde retrouve ses marques ou soit développé de manière cohérente.

Finalement, ce revival nous montre exactement pourquoi parfois c’est une bonne idée de laisser mourir les séries dans un coin plutôt que de les forcer à revenir. Oui, c’est ironique de poster cette critique juste après mon article sur le retour à venir de The Guild dont je suis super content, je sais…

Ben si, on peut spoiler l’Odyssée, la preuve :

Salut les sériephiles,

J’ai vu cette semaine passer des tweets qui se moquaient de personnes craignant de se faire spoiler L’Odyssée, parce que ahahah c’est une histoire que le monde entier connaît. OK, une fois de plus, je vais faire une remise au point : un spoil, ce n’est pas que ça : ce sont aussi les choix de réalisation, le casting (bon, ça, difficile d’être passé à côté, d’accord), les coupes inévitables de l’adaptation, tout ça, tout ça. J’en étais déjà convaincu avant de voir le film, je le suis encore plus après visionnage. Bref, il y aura des spoilers dans l’article, c’est sûr et certain. Je préviendrai avant d’en donner, vous pouvez lire le début pour avoir mon avis…

Un casting au top pour un excellent film, MAIS…

Là aussi, ce n’est pas aussi évident qu’il y paraît. Si je simplifie au maximum, en sortant de la séance, j’ai écrit ce message qui dit tout : c’est un excellent film au casting parfait et on ne s’ennuie pas des 3h, mais putain, c’est un exploit de foutre en l’air à ce point des épisodes-clés connus du monde entier et d’éclater encore plus la chronologie du bordel.

Voilà. Le film est génial, mais c’est précisément pour cette raison que ses choix d’adaptation ratés me frustrent autant. Bon, après, c’est le problème des adaptations, je suppose. D’un côté, je me plains du live-action de Vaiana qui reprend presque trop plan par plan (hum, pas You’re welcome) le film d’animation, de l’autre, je me plains de L’Odyssée qui prend trop de libertés, donc.

Certes, Christopher Nolan tient près de trois heures sans provoquer le moindre ennui, ce qui n’était pourtant pas gagné avec une histoire dont on connaît déjà les principales étapes. Il aligne surtout un casting si parfait qu’il paraît impossible : Matt Damon, Anne Hathaway, Tom Holland, Robert Pattinson, Lupita Nyong’o, Charlize Theron… Aucun ne semble simplement présent pour ajouter un nom sur l’affiche (pour ça, il y a Zendaya, déception !), et chacun trouve naturellement sa place dans cette gigantesque fresque.

Spoilers

Personne ne comprendra ce choix

La rencontre avec le Cyclope constitue ma plus grosse déception. Nolan garde la grotte, le monstre qui dévore les compagnons d’Ulysse et l’œil crevé, mais il retire pratiquement tout le reste. Plus de « Personne m’a crevé l’œil », plus de Cyclopes trompés par la réponse de Polyphème et, surtout, plus d’Ulysse incapable de résister à l’envie de révéler son véritable nom une fois qu’il pense avoir gagné. C’est franchement du grand n’importe quoi. Je vois bien que le but est de nous surprendre (l’esthétique du Cyclope à la tête de bite suffisait, non ?), mais on ne vient pas voir l’adaptation d’un texte aussi mythique pour être surpris.

Franchement, le choix me laisse plus que perplexe. Oh, oui, j’ai aimé la réplique d’Ulysse sur les fourmis, ça passe très bien, mais ça ne justifie pas piétiner à ce point cet épisode de l’Odyssée. C’est l’un des plus célèbres pour une bonne raison, quoi. Toute la scène repose sur la contradiction fondamentale du personnage : son intelligence lui permet de survivre, mais son orgueil transforme immédiatement sa victoire en catastrophe. Ulysse échappe au Cyclope grâce à sa ruse, puis provoque lui-même la colère de Poséidon parce qu’il veut que son exploit lui soit attribué. En supprimant cela, Nolan ne raccourcit pas seulement l’épisode, il le vide de son sens et de son intérêt. Malheureusement, il y a d’autres épisodes qui semblent bâclés (Les Lestrygons ?) ou mal compris (Les Enfers ?!!) par Nolan. C’est étonnant de reprendre une histoire connue et analysée dans le monde entier pour y coller ses intentions à ce point et cracher sur le matériau qu’il a pourtant voulu adapter ? Au moins, il y a une vision. Juste, je n’ai pas sa vision.

L’Odyssée ou L’Iliade ?

Les choix portant sur la chronologie m’interrogent encore davantage. L’Odyssée n’est pas un récit parfaitement linéaire, loin s’en faut. Le voyage d’Ulysse est en grande partie raconté après coup aux Phéaciens, alors que le poème commence à Ithaque auprès de Télémaque. Le problème n’est donc pas que Nolan bouleverse la linéarité de l’action. Le problème est que cette nouvelle construction finit par être un étonnant mélange difficile à suivre. On a des récits enchâssés à n’en plus finir, en fait. J’ai adoré les transitions qui se font simplement et paraissent naturelles, fluides : à chaque fois, on a une réplique qui nous introduit la partie suivante.

Malheureusement, ça ne permet pas de se faire une idée du temps qui passe, du coup. Pire, on revient sans cesse à des événements de la guerre de Troie, quitte à empiéter un peu sur L’Iliade. Je me suis demandé à un moment s’il n’avait pas envie d’adapter L’Iliade et si on allait avoir certains passages qui n’avaient rien à faire là. Le film décide de montrer la chute de Troie et tout ce qui concerne Ulysse – ce n’est pas la première adaptation à le faire évidemment et c’est dans L’Odyssée, mais ici, ça semble être un vrai refrain. Il faut dire que c’est aussi le message que l’adaptation veut faire passer. Mais à vouloir tout raconter, Nolan consacre énormément de place à Troie tout en réduisant (ou supprimant) certains épisodes emblématiques du voyage à leur version la plus élémentaire. Et Athéna sert tellement à rien ? Choqué, déçu.

Les réussites

Là où cette transformation devient vraiment intéressante, c’est dans le regret qu’elle ajoute au personnage. Le film ne présente pas simplement Ulysse comme un héros impatient de retrouver son royaume, sa femme et son fils. Nous sommes loin de cette caricature, avec plutôt un homme profondément marqué par ce qu’il a imaginé et provoqué à Troie, incapable de considérer le massacre comme une simple victoire militaire. Au fond, c’est là que se trouve la véritable modernité de cette adaptation. Nolan ne veut pas seulement célébrer l’homme rusé qui triomphe de tous les obstacles, il s’intéresse à celui qui doit vivre avec les conséquences de ses décisions et se demander s’il mérite encore de rentrer chez lui.

Cette culpabilité donne au film une cohérence. Les morts de Troie, les compagnons qu’Ulysse perd les uns après les autres et les reproches qui lui sont adressés sont modifiés en cours de route pour coller à ce message, et tant pis pour les moments cultes (Personne, sa mère aux Enfers, etc.)…

Pardon, j’ai dit que je me concentrais sur les réussites. Il y en a d’autres, heureusement ! J’ai adoré la vision proposée de Circé. Ce n’est pas du tout ce que j’en aurais fait, mais la scène de la transformation est efficace et tout ce segment était une vraie bonne découverte. De manière plus générale, personne ne sera surpris de découvrir que j’ai adoré le choix qui est fait de se concentrer davantage sur Télémaque.

Déjà, Télémaque est un personnage que j’aime beaucoup dans le mythe, mais en plus, il est interprété par Tom Holland. Et à l’exception de sa scène de retour, j’ai adoré l’interprétation de Tom Holland, forcément. Je suis amoureux, ça ne change pas d’un film à l’autre : quel acteur ! Je sais, c’est paradoxal : ça ne fait pas exactement partie du mythe tout ça, mais écoutez, ça a marché sur moi.

Quelle actrice, aussi, qu’Anne Hathaway ! Je ne misais vraiment pas sur elle, pourtant son interprétation de Pénélope était impressionnante de justesse. Oh, et cette petite touche de féminisme qui fait dérailler l’Odyssée ? Il est temps de lui rendre sa voix, merde, c’est donc bien joué, même si un peu forcé.

Ce ne sont pas les seuls à vraiment gérer, hein. Je trouve que Matt Damon fait bien le taf, mais tous les rôles secondaires ont tendance à lui voler la vedette (Hélène ! Calypso ! Tous !). Il y a tellement de monde que je n’ai pas pris le temps encore de faire une petite place à Robert Pattinson, mais il s’en sort très bien aussi, malgré un scénario pas évident sur la fin (franchement, le coup des armes, le pauvre, c’est en trop !).

Dernière réussite dont j’ai envie de parler, encore et toujours : la musique de Ludwig Göransson. C’est un génie de la musique depuis des années à mes yeux (et mes oreilles surtout), mais il le confirme une fois de plus. Ce ne fut pas une surprise de voir son nom au générique final (pas de scène post-générique, évidemment, hein). Ce qui est le plus efficace est à mon sens les scènes de bataille lors desquelles la musique arrive à être étouffante. Nolan gère bien le son, et ça ne lui était pas arrivé depuis fort longtemps. J’ai pu entendre toutes les répliques du film sans avoir à galérer et les bruitages des combats avec la musique étaient top ! Et ça, ça fait plaisir.

Une adaptation frustrante, un film réussi

Avant de conclure l’article, il faut quand même que j’évacue tout de suite un dernier point : JE SAIS, je n’ai pas vu le film dans le format voulu par le réalisateur, blablabla. Soyons honnêtes : avec quarante cinémas dans le monde, c’est une forme d’élitisme ridicule et inutile à mon sens de persister à faire des films dans ce format. Certains se sont obstinés avec la 3D, lui c’est ce format, OK cool. Cela ne se sent pas tellement quand on le voit recadré différemment.

Bref, une fois de plus : j’ai adoré le film tout en étant profondément déçu par ce qu’il fait de plusieurs moments essentiels de L’Odyssée. Il faudrait être de mauvaise foi pour nier l’ampleur du spectacle, l’efficacité du film (putain, Nolan sait ENFIN gérer le son) ou la perfection du casting. Il faut néanmoins une autre forme de mauvaise foi pour prétendre que l’on peut retirer « Personne » de la scène de Polyphème sans lui enlever une bonne partie de son intérêt.