Et si j’étais coincé dans une boucle temporelle ?

Salut les sériephiles,

Oups, il me faudra deux articles du jour aujourd’hui pour compenser l’absence d’article hier ! Je commence par un mea culpa avant de vous copier coller l’article qui aurait dû se publier hier soir… si je ne m’étais pas laissé embarquer par la vie et dans la soirée d’anniversaire d’une amie pas vue depuis quelques années. Pourquoi pas, hein ? C’est un bon week-end et un mois d’octobre bien meilleur que septembre pour le moment, j’en profite avant que ça ne dérape à nouveau. Eh, ça va vite.

Top 30 Russian Doll GIFs | Find the best GIF on Gfycat

Et si ça dérapait de manière inattendue ? Et si je me retrouvais coincé dans une boucle temporelle qui me faisait recommencer la même journée à l’infini ? C’est la question qu’on voulait se poser à la fin du dernier 42 minutes, mais eh, le temps était limité alors on a fait le choix de se garder ça pour plus tard. Et puisque le prochain épisode sera ce lundi soir, il est temps pour moi de révéler mon plan ultime dans l’éventualité très improbable où je me retrouverais coincé dans une boucle temporelle.

Alors, pour commencer, mon premier point d’inquiétude serait de trouver les règles exactes de ma boucle temporelle. Le plan n’est pas tout à fait le même selon les configurations : si je suis dans une boucle avec la fin du monde qui se produit à chaque fois, eh, je profite de ma vie pépère, who cares ? Par contre, si je suis dans une boucle où à chacun de mes réveils, je suis un peu plus affaibli à chaque fois, ça change tout. Pareil, je vais pas me descendre une bouteille de rhum chaque jour si je me réveille le « lendemain » avec une gueule de bois, alors que si vraiment il n’y a aucune conséquence à ce que je fais dans ma journée, je peux tout à fait envisager une journée pas du tout recommandable de temps en temps.

Oui, parce que soyons honnêtes : contrairement à tous les personnages qui semblent toujours vouloir sortir de leur boucle temporelle, je ne suis pas sûr du tout de me lancer dans cette quête. Franchement, c’est quand même un avantage assez incroyable de savoir qu’on va revivre la même journée le lendemain, non ? Déjà, on n’est sûr de ne pas mourir, c’est plutôt pas mal (notons d’ailleurs que ce ne serait pas une certitude immédiate a priori ; et je n’irais pas faire quoique ce soit de dangereux tant que je n’en suis pas sûr) et ça permet de nous laisser champ libre pour faire tout ce qu’on veut. andy trudeau gifs | WiffleGifEt tellement de câlins aux gens que j’aime, aussi.

Tout ce qu’on veut ? Eh, d’accord, j’entends, on revit la même journée, ça nous limite pour les voyages et pour certains trucs, comme la construction de relations saines. J’entends. Maintenant, on peut arrêter de faire les hypocrites aussi : je suis à un stade de ma vie où je suis plutôt content de ce que j’ai construit et de ce que je vis. J’ai assez d’argent (hum, au pire, une banque ça se braque s’il n’y a pas de conséquence le lendemain au réveil) pour me permettre un énorme caprice du genre je me lève, je vais à l’aéroport et je claque tout mon fric dans un aller simple pour n’importe où dans le monde. Bien sûr, t’en profites pas tout à fait autant si t’as genre que 3h sur place… mais tu peux recommencer autant de fois que tu veux comme t’es dans une boucle temporelle.Pointy Ears; Et aussi, tu peux bouffer absolument tout ce que tu veux, parce qu’il y a tellement de bons trucs à se préparer ou à s’acheter !

Concrètement, on vit à une époque où il n’y a plus vraiment de limites géographiques à la boucle temporelle. Et ça, ça change pas mal de perspectives. Du coup, si j’étais sur le point de mourir un peu plus chaque jour qui recommence, je profiterais du temps qu’il me reste pour voir quelques destinations de dingue – en regardant des séries dans l’avion, pas fou le type – et pour revoir ma famille ou mes amis – les plus proches comme ceux que je n’ai plus vu depuis des années et avec qui reprendre contact serait fun. J’essaierais aussi de laisser un semblant de testament et d’adieu à tout le monde à chaque fois. On ne sait jamais.

En revanche, si je suis au paradis, à savoir une boucle temporelle qui recommence sans que rien ne me mette en danger, comptez sur moi pour m’éclater aussi à regarder toutes les séries possibles. Eh, quoi, là encore, on vit à une époque où tout est accessible ! 2019 | Smells like Chick SpiritCertes, il me faudrait faire une croix sur la fin de séries que je ne verrai jamais, comme Evil, si cette journée recommençait en boucle, mais il y a un énorme paquet de séries qui ont un début et une fin. Et des films. Et des livres ! Je peux m’envisager des journées lecture complètes… quitte à squatter une bibliothèque ou me faire des aller-retours en librairie chaque jour ! Ou me faire un bon gros rewatch de Buffy avec mes DVDs ! Je peux même envisager d’essayer d’aller rencontrer des acteurs américains comme je ne suis pas si loin de l’aéroport, hein.

andy samberg GIFs - Primo GIF - Latest Animated GIFs
OK, j’avoue, clairement, j’essaie de reproduire la scène de danse de Palm Springs en cas de boucle temporelle aussi !

Les trucs illégaux ? Franchement, ce n’est pas spécialement ma came. Je me connais, j’aurais quand même peur de me faire choper même s’il n’y avait pas tellement de conséquence puisque la journée recommencerait. Alors oui, voler un peu d’argent et vivre inconsidérément pour atteindre certains buts, je ne dis pas ; mais genre zéro intérêt à tuer par exemple. Je ne pense pas non plus que je m’embêterais à aller au travail les premiers temps. Un jour, ça finirait par me manquer, et hop, j’y retournerais ni vu ni connu.

En vrai, la boucle temporelle, c’est un truc de dingue : il suffirait de me faire un petit planning à l’avance et je vivrais ma meilleure vie. Le premier jour : la bonne journée romantique ou la FIESTA ou les deux, le deuxième jour : série, le troisième jour : voyage, le quatrième jour : lecture, le cinquième jour : série, etc. Et puis, de temps en temps, passer par le travail, parce que ça me manquerait quand même.

DAISY JOHNSON GIFS — DAISY JOHNSON | Agents of SHIELD - 7x09 “As I Have...Le blog ? Promis, je continue de vous faire un article par jour, et tant pis si vous ne comprenez pas pourquoi d’un coup il y a en ligne la critique du 11e épisode de la saison 10 d’Urgences ou si je vous raconte ma folle soirée de la veille à Los Angeles. Purée, ça rendrait le blog beaucoup plus fun, ça !

Allez, on recommence cette journée, ça vous dit ?

PS : j’ai écrit ça hier matin et bordel OUI, je veux bien revivre ma journée d’hier moi, c’était trop cool !

Y a des jours comme ça sur le RER A

Salut les sériephiles

Il est 22h50 et je suis encore dans le RER. Je suis monté dans celui-ci à 20h30, franchement. Il est 23h15 à la relecture, mais je précise que j’ai parlé en même temps aussi, forcément… Ça fait littéralement deux heures que le RER n’a pas bougé et les gens commencent un peu à s’impatienter. Ceci est un euphémisme parce que l’Enfer, c’est les autres. Je suis coincé avec une collègue, ça a le mérite de me rendre un brin plus littéraire ce soir. Ou pas, je sais.

Du côté de l’ambiance… C’est amusant hein, on parle à ses voisins, dans la langue qu’on peut, il y en a qui dorment et sur Twitter on se fait des amis d’un soir. J’ai faim par contre. Et je fais une croix sur ma soirée. Voire sur ma nuit ?

En vrai, ça devient franchement absurde : nous ne savons même pas dans quel sens le train repartira, ni s’il repartira d’ailleurs. Bon. Si on voit le côté positif, on les a entendus travailler à l’extérieur, il y en a qui passent une encore plus mauvaise soirée que moi. J’écris un article pour le principe, parce que j’aime mes 500 mots quotidiens, mais je doute que ce soit bien passionnant. Je ne pense pas aller jusqu’à 500 pour autant.

Je vous souhaite une meilleure soirée et une meilleure semaine que la mienne. Oui, la semaine a débuté sur une suite de mauvaises nouvelles, ce n’est que l’apothéose. Je vais aller économiser ma batterie pour trouver un endroit où dormir ce soir. Et oublier les gens autour de moi qui font pipi dans des gobelets et bouteilles parce que la SNCF nous a oubliés, un peu.
Allez, on parie sur un remboursement en date de… jamais?

Ps : rassurez-vous, on nous escorte vers la queue du train. Retour à la case départ, mais à pied, probablement. C’est un concept comme un autre et comme ils nous exfiltrent de là un par un, je ne suis pas rentré chez moi, je pense.

Ps2 : rien n’a été prévu pour assurer un retour chez nous. J’ai été interrompu dans la rédaction de l’article par le périple à pied pour rentrer à la gare de départ, périple au cours duquel mon écran d’ordinateur s’est cassé à nouveau. Je suis dépité, tout simplement. Oui, je termine cet article le lendemain de ce 21 septembre catastrophique, mais ce n’est pas bien grave, je n’étais pas en état de grand-chose hier de toute manière.

En tout cas, sans ordinateur les articles des prochains jours vont être conceptuels. Si l’assurance prend en charge les dégâts, ce dont je doute fortement, j’aurais à nouveau un ordinateur pleinement fonctionnel dans trois semaines. Sinon, ce sera légèrement plus rapide, mais aussi beaucoup plus cher. À ce stade, je ne sais pas trop quoi espérer franchement. Le futur nous le dira, hein.

Le futur me dira aussi s’il sera possible d’aller à nouveau au boulot en RER vendredi. Je ne suis vraiment pas surpris de l’interruption totale du trafic aujourd’hui vu l’état des voies cette nuit. Bon courage à tous les usagers impactés, franchement… et aux équipes de maintenance, parce que c’est un chantier très sympa ces bouts de train qui pendouillent aux câbles !

Evil est quand même à ça de nous faire une Riverdale

Salut les sériephiles,

2019 | Smells like Chick Spirit

C’est un titre étonnant, n’est-ce pas ? J’exagère un tout petit peu avec ce jeu de mots qui vise à comparer les deux séries, mais très franchement, je viens de terminer un nouvel épisode de la série Evil, le dixième de la saison 2, et cette fois encore, je me suis retrouvé face à des intrigues qui n’avaient pas de conclusion, alors que celles de la semaine dernière étaient oubliées à nouveau. De plus en plus, je regarde les épisodes en ayant l’impression que les scénaristes oublient des trucs ou ne les reprennent que quelques épisodes plus tard. C’est peut-être pour ça que j’ai oublié la série dans mon article d’hier !

Voir aussi : Mon planning de la rentrée des networks

EVIL GIFs - Find & Share on GIPHY

Je commence à en avoir vraiment marre de finir les épisodes sur de bons gros « wtf » sans savoir quoi en faire… Quand ce n’est pas dès le début de l’épisode. La qualité est toujours là, la série est incroyable pour un tas de raisons, dont les moments wtf parfois sacrément bien dosés, et les acteurs sont tous bluffants à tour de rôle. M’enfin, côté écriture, je perds de plus en plus le sentiment que tout est maîtrisé parce qu’ils vont dans tous les sens sans chercher à donner une direction claire. Et vous savez de quelle autre série je dis ça ? Si vous avez lu le titre de cet article, oui.

Riverdale Cheryl GIF - Riverdale Cheryl Scream - Discover & Share GIFs

La différence avec Riverdale ? Cinq lettres seulement si on compare les deux titres. Elles ont même des personnages avec le même prénom !

Et plus sérieusement, cette dernière entame des trucs qu’elle ne conclue jamais parce qu’elle oublie vraiment en avoir parlé et qu’elle ne sait pas du tout où elle veut aller avec. Ca et le fait que les scénaristes ne lisent pas le travail de leurs collègues, aussi.

Voir aussi : Les critiques de la saison 5 de Riverdale

Don't Put That Evil On Me GIFs | TenorEvil a le mérite de savoir très clairement où elle souhaite aller et de nous le rappeler de temps à autres, tout en faisant toujours des références précises aux épisodes précédents… Parfois même, la référence est trop précise, avec des retours inattendus de personnages. Mais voilà, ils oublient juste de nous expliquer où ils vont ces scénaristes. C’est bien qu’ils le sachent, ce serait mieux de nous emmener avec nous.

La plupart du temps, ça ne me dérange pas, car ça permet de théoriser des tas de choses et de penser longtemps à la série entre chaque épisode. Avec cette saison 2, en revanche, ça donne juste un énorme sentiment de brouillon : il y a tellement d’épisodes qui se terminent sans qu’on ne sache de quoi il en retourne – autant d’un point de vue rationnel que d’un point de vue surnaturel… Et puis, surtout, il n’y a aucun indice qui permette de vraiment savoir ce qu’il en est. Rien que le principe du livre qui tombe à chaque épisode pour nous indiquer le titre ??

Voir aussi : Les critiques de la saison 2 d’Evil

Could You Explain David Acosta GIF - Could You Explain David Acosta Evil N Is For Night Terrors - Descubre & Comparte GIFs
Moi à la fin de chaque épisode d’une série qui était justement géniale dans ses explications en saison 1

Au départ, c’était sympa. Ensuite, ils ont commencé à l’inclure dans les scènes de la série et du coup, ça prend un côté méta totalement incompréhensible aujourd’hui, avec un livre qui tombe sur une table et une main qui vient l’ouvrir sans que personne ne soit là pour le lire, en théorie. Au-delà du fait que la série casse de plus en plus le principe de base concernant le doute fantastique (c’était une grosse part de sa réussite en saison 1 !), je trouve qu’on reste sur notre faim et que chacune des trois intrigues de cet épisode 10 mériterait d’avoir tout un épisode pour elle. Histoire d’avoir aussi une conclusion qui ne soit pas dans une saison… Je veux dire, RSM Fertility était annoncé comme le fil rouge de la saison 2 en fin de saison 1 et a été totalement zappé jusqu’à l’épisode 10.

GIFs on the Run — Evil | Sneak peek
Et à chaque épisode, on nous zappe des choses et des morceaux d’intrigues.

Je n’ai pas envie qu’ils recommencent à faire ça pour la saison 3. En fait, il y a tellement de pistes qui sont restées sans réponse que je me dis qu’il faudrait que je fasse une fiche pour suivre correctement la série. Ce n’est pas normal, hein. Ça peut l’être quand c’est bien mené et qu’on est assez fourni en indices pour se faire une idée de la direction prise ou pour avoir des pistes claires sur la suite.

Im The Comic Relief Ben GIF - Im The Comic Relief Ben Comic - Discover & Share GIFs

Là, chaque épisode me laisse juste perplexe et me fait pousser d’énormes WTF. Alors oui, la série a encore mon amour pour son casting, son ambiance, son côté loufoque, ses intrigues géniales et ses moments capables de faire peur l’air de rien. En revanche, elle commence à me perdre et j’espère qu’ils rectifieront le tir. Ça n’en prend pas du tout le chemin par contre.

Après, vous allez me dire à raison : de quoi est-ce que je me plains ? Les scénaristes nous avaient prévenu il y a un bon moment et je n’ai pas meilleure conclusion pour cet article que cette réplique : the world is weird. Indeed.

2019 | Smells like Chick Spirit

11 septembre 2001

Salut les sériephiles,

Nous sommes le 11 septembre, et comme d’habitude, il est difficile de ne pas avoir une pensée pour le 11 septembre 2001 aujourd’hui. Vingt ans après l’attentat meurtrier qui a touché les États-Unis, nous sommes encore tous hantés par les images des tours jumelles percutées par les avions, puis s’effondrant. Que le complot sur le gouvernement ayant eu son rôle à jouer sur l’effondrement soit vrai ou non ne change pas grand-chose à la responsabilité des terroristes, ni au traumatisme que nous avons tous subi ce jour-là.

Et c’est de ce jour-là que je vais parler dans cet article, en commémoration de cette vingtième année post-attentat, parce que je fais partie des plus jeunes à m’en souvenir, je pense – pour en avoir parlé à des gens qui avait un ou deux ans de moins que moi et qu’on avait éloigné de la télévision. Pour tout vous dire, cela dit, moi aussi on m’a éloigné de la télévision… mais je suis celui qui a apporté la nouvelle à la famille.

Si on revient vingt ans en arrière, j’avais huit ans ce jour-là et je m’en souviens parfaitement : on avait fini l’école plus tôt, à 14h au lieu de 16h30 – ce que je trouve complètement aberrant maintenant que je suis prof. C’était une histoire de maîtresse malade, mais moi, ce dont je me souviens surtout, c’est que j’étais bien heureux de pouvoir rentrer plus tôt à la maison, et sans devoir en plus, pour pouvoir regarder mes dessins-animés.

C’est con un enfant, hein ? Tout heureux d’avoir une maman pour venir me chercher, me voilà qui une fois à la maison allume la télévision pour mieux tomber sur les images d’une tour que je ne connais pas spécialement, en fumée. Bon, il n’y a pas de dessins-animés sur France 3 ? Pas grave, je zappe sur M6. Puis sur TF1. Partout, les mêmes images. Et sans mentir, j’étais encore devant la télévision au moment de l’impact du deuxième avion – c’est le moment où j’ai compris qu’il se passait un truc vraiment grave. Jusque-là, je regardais sans trop comprendre les images, une part de moi imaginant plutôt un film, du coup. Par contre, la réaction des journalistes sans voix au moment du deuxième avion – le moment où ils comprennent que c’est la merde pour de vrai, c’est inoubliable.

Je ne sais pas trop s’ils découvraient vraiment les images ou s’ils les avaient gardées de côté pendant le flash spécial. Je trouve ça super violent de découvrir un événement pareil en direct à la télévision – et on se souvient tous du « Génial » de Pujadas qui a défrayé la chronique en plus (sinon, ça a recommencé à tourner sur Twitter aujourd’hui). Terrible, le métier de journaliste. Bref, me voilà devant la télévision pour le deuxième avion… Je suis donc allé chercher ma mère pour qu’elle m’explique ce qu’il se passait – et c’est fou de se dire qu’à l’époque, la télévision était encore le seul moyen d’être informé « en direct » de ce qu’il se passait. Aujourd’hui, les attentats, je les apprends sur Twitter, pas à la télévision.

Le reste de la journée est évidemment moins marqué dans mon esprit, même si j’ai quelques images qui me sont restées tout de même, comme le retour du lycée de ma plus grande sœur. Elle, elle savait très bien ce qu’étaient les tours jumelles, et elle l’avait appris au lycée (la radio, je crois ?). Ensuite, le monde a été suspendu pendant une semaine à la télévision – dont on m’a écarté, donc. J’ai tout de même vu les images des tours s’effondrant, j’ai su pour les autres endroits visés. Je me souviens des conversations d’adultes entre eux – les murmures angoissés vis-à-vis d’une guerre possible (eh, merci Chirac) – et les explications « comme on peut » faites en classe.

À huit ans, j’étais de ceux qui ont eu l’occasion de comprendre ce qu’il se passait sans en prendre pour autant toute la mesure. Les chiffres faisaient froid dans le dos, mais ça ne reflétait aucune réalité. C’est en grandissant que je me suis rendu compte que les tours jumelles étaient partout, tout le temps. J’ai vu le tabou autour des tours disparaître dans les séries – dans Brothers & Sisters ou Fringe notamment ; j’ai vu des films où elles étaient encore là et symbolisaient New-York. J’ai compris qu’elles étaient l’équivalent de notre Tour Eiffel, et qu’en plus, il y avait des gens dedans.

Et vingt ans plus tard, j’ai encore les images en tête, j’ai encore le souvenir de la peur quand j’ai compris et que j’ai appris le mot attentat au même moment. Aujourd’hui, je donne cours à des élèves qui n’ont pas connu ce que je considère comme un point de bascule total dans ma vie – ils n’ont même pas souvenir de 2015 de toute manière. Et surtout, je me dis que si ça a tellement marqué mon existence comme un moment où je quittais l’enfance – un peu comme quand on apprend que le père Noël n’existait pas – alors que je ne suis même pas américain, être américain ce jour-là devait être horrible. Il n’y a pas de mot pour décrire l’indescriptible.

Ne l’oublions pas.