The Rain (S02)

Synopsis : En fin de saison 1, le groupe de héros que l’on a suivi pendant huit épisodes se retrouvait à fuir les hommes d’Apollon qui voulaient capturer Rasmus de manière à en faire un rat de laboratoire, puisque celui-ci était le patient zéro du virus. Quant à Martin, il s’était fait tirer dessus, quand même. Ne pouvant quitter la quarantaine, nos héros se retrouvent donc coincés en pleine course poursuite au sein d’une zone quadrillée par les Étrangers, qui bossent par Apollon.

Saison 1Saison 2 | Saison 3

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Pour commencer, je viens juste de finir la saison 1 et je suis bien content d’avoir la 2 à portée de main si rapidement. Je me suis laissé un peu de temps entre les deux saisons quand même, par envie de savourer la série, et je suis déçu de constater qu’il n’y a que six épisodes dans celle-ci. Cela ne va pas m’empêcher de la suivre avec plaisir, cependant, je vous rassure.

La saison 1 mettait en place beaucoup d’éléments et était assez sympathique à suivre, alors je suis curieux de voir ce qu’ils vont faire d’une deuxième fournée d’épisodes. C’est bien simple, la première avait fait le tour de son intrigue et on entre maintenant dans un virage où ils vont être forcés d’amener des réponses sur le virus si on ne veut pas trop s’ennuyer à suivre une simple cavale.

On m’a dit que la saison 2 était différente, j’espère que ce sera en bien. Comme d’habitude, sur cette page, vous retrouverez mes avis sans spoiler. Cliquez sur les titres pour les critiques détaillées.

Note moyenne : 16,5/20

S02E01 – Evitez tout contact – 19/20
Wow. C’est un épisode hyper violent, parce que le rythme est saccadé comme jamais et que l’intrigue avance à grands pas, la série effectuant même un virage qui semble en changer l’ADN tant les rebondissements fournissent de nouvelles explications changeant la donne. C’est violent, c’est un rush d’adrénaline et je ne m’y attendais pas. Voilà, ça m’a remotivé en plein creux de fatigue !
S02E02 – La Vérité Blesse – 18/20
Avec seulement six épisodes, il faut croire que toute la saison suivra le même rythme intensif. Il se passe encore énormément de choses dans cet épisode, mais l’ensemble reste globalement cohérent et surtout vraiment prenant. Je pense qu’ils sont capables de nous surprendre de plein de manières avec les twists choisis pour ce début de seconde saison. C’est une bonne chose car je trouve ça de moins en moins prévisible, avec plein de détails que je ne vois pas venir avant.
S02E03 – Gardez le contrôle – 15/20
Cet épisode est moins rapide que les précédents finalement, et aussi moins malin dans la manière de faire avancer son intrigue. Je m’attendais à mieux, même si les quelques révélations de l’épisode sont plutôt chouettes pour la série à long terme. Les personnages continuent d’évoluer dans un monde de plus en plus complexe.
S02E04 – Sauvez-vous vous-mêmes – 13/20
Bon, le début de cet épisode n’a pas trop de sens du côté de l’évolution des personnages : c’est en train de devenir un problème pour la cohérence globale, et c’est dommage. Bon après, ce n’est pas la première fois que je fais la réflexion non plus au cours des deux saisons, mais là, j’ai trouvé qu’on enchaînait les longueurs et les passages auxquels je n’accrochais pas. Ca m’embête bien, surtout après le début de saison réussi !
S02E05 – Ne craquez pas – 17/20
La qualité revient un peu plus avec cet épisode qui prépare déjà la fin de saison. Cela se sent : le rythme accélère de nouveau et la progression des personnages y est meilleure. Quelques rebondissements sont inattendus et l’ensemble m’a fait me poser pas mal de questions. Bref, c’est plus réussi que les deux précédents et ça me rassure.
S02E06 – La loi du plus fort – 18/20
Plus réussi que le final de la saison 1, cet épisode alterne assez bien les moments de tension et les moments de révélations. Sa fin m’a paru bien plus prenante que tous les épisodes précédents et j’espère désormais que nous aurons bien une saison 3 pour continuer cette histoire qui le mérite, malgré les moments où la qualité et cohérence manquaient parfois, faute de temps notamment.

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The Rain – S02E01

Épisode 1 – Evitez tout contact – 19/20
Wow. C’est un épisode hyper violent, parce que le rythme est saccadé comme jamais et que l’intrigue avance à grands pas, la série effectuant même un virage qui semble en changer l’ADN tant les rebondissements fournissent de nouvelles explications changeant la donne. C’est violent, c’est un rush d’adrénaline et je ne m’y attendais pas. Voilà, ça m’a remotivé en plein creux de fatigue !

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Spoilers

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J’ai lancé l’épisode sans vraiment être motivé et la longue scène d’introduction résumant ce qu’il s’est passé en saison 1 ne m’a pas été très utile, puisque je viens juste de finir la saison. Fort heureusement, une fois ce résumé avec flashback a priori inutile terminé, on en revient très vite là une course poursuite hyper mouvementée.

Petit rush d’adrénaline, donc, avec les hommes d’Apollon qui parviennent très rapidement à bloquer notre groupe de héros fugitifs. Cela laisse l’occasion à Simone de revoir son père qui s’approche d’elle pour lui donner des coordonnées : elles mènent à des scientifiques qui seraient les seuls à pouvoir aider Rasmus sans le tuer. Suspicieux, les hommes d’Apollon demandent alors à Frédérick de s’éloigner de sa fille.

Comme il ne le fait pas et comme il a filé un objectif à cette saison, c’est sans surprise qu’il se fait donc tuer par une militaire qu’on ne connaissait pas encore. C’est chaud comme début de saison dis donc. Le père se fait tuer devant ses deux gamins et Rasmus est choqué, ce qui semble être en mesure d’activer le virus en lui. Il rend donc aussitôt malade l’homme qui le tenait, et le virus se transfère vite à plusieurs hommes d’Apollon. Dans la panique que ça provoque, nos héros peuvent s’enfuir, mais pas sans prendre leur précaution pour ne pas être suivi (team Patrick all the way !).

En toute logique, ils laissent Martin conduire malgré sa blessure par balle, et c’est lui qui saute de la voiture en dernier, alors qu’elle est en marche sur une ligne droite. Le but est de faire en sorte que leurs opposants les perdent de vue.

Et ça fonctionne : ils parviennent à tous s’échapper sans problème, ce qui mène directement à de bonnes scènes entre Rasmus et Simone, puis Simone et Martin. Le début de saison est extrêmement rapide : le groupe prend un bateau pour fuir les hommes d’Apollon et pour rejoindre les nouvelles coordonnées. En chemin, Jean tombe sur un drôle d’arbre qui paraît contaminé et qui fascine Rasmus. Il faut dire que l’arbre est comme attiré par lui. Oula, on change de ton.

Ils arrivent rapidement dans une nouvelle grande ville déserte où ils se séparent, histoire que Lea prie à l’église sous la surveillance pas très discrète de Jean, et que le groupe avance vers autre chose rapidement. Mais alors vraiment RAPIDEMENT. Ils rencontrent Fie et Anders, des scientifiques qui traitent un arbre tout aussi contaminé que le premier qui vient d’être aperçu.

Les scientifiques refusent d’abord de venir en aide au groupe, foutant le feu au passage à l’arbre. Cela provoque une horrible réaction chez Rasmus qui se sent mourir lui aussi, et du coup, il est éloigné de l’arbre. Cela permet aux scientifiques de découvrir l’identité de Simone et Rasmus et de changer de discours. Le patient zéro les intéresse beaucoup, inévitablement.

Fie et Anders les emmènent donc dans un nouveau bâtiment (dans lequel ils sont surexposés, YES, Bingo) où ils ont établi tout un QG avec d’autres scientifiques (80 au départ, 12 désormais) dont, notamment Jakob, un médecin qui commence aussitôt à prélever du sang à Rasmus. Ce dernier confie à Jakob qu’il sent que le virus a envie de sortir de lui, comme pour contaminer les autres. Changement d’ambiance donc, avec une série qui bascule un peu plus dans la SF si on a un virus « humain » à force de mutation. Ce n’est pas sans rappeler Helix.

Les prélèvements et tests sur ce patient zéro permettent à Simone de raconter rapidement sa vie à Fie, et je trouve qu’ils sont tous étranges à ne pas se méfier plus de Rasmus… ou des scientifiques, parce que Jakob compte bien prélever tout ce qu’il peut de Rasmus, et tant pis si ça le tue au passage. C’est lassant ces scientifiques non-humains à force, heureusement que Fie est là.

Bien sûr, elle couche aussi avec lui, ce que l’on apprend de la bouche de la sœur de Jakob. Il se comporte avec elle, Sarah, comme Simone se comporte avec Rasmus. C’est donc le grand frère et il est content que Rasmus soit là car ça pourra l’aider à sauver sa sœur, apparemment. Loin de tout ça, Simone apprend que le virus est donc en symbiose avec les personnes qu’il infecte et que les infectés – humains ou végétaux – sont liés.

En parallèle, le reste du groupe découvre le QG qui est plutôt grand et contient pour eux de nouveaux vêtements (alléluia). C’est plus léger : on se concentre sur le couple qui n’en est pas encore un Lea/Jean et on s’amuse à tester des vêtements une fois qu’il est établi qu’Apollon ne peut pas les retrouver. Le truc, c’est que Simone débarque en pleine séance d’éclats de rire et qu’elle se prend donc la tête avec Martin… qui va drôlement bien pour un type qui s’est pris une balle franchement. Cette blessure par balle est totalement ignorée par les scénaristes, c’est dommage.

Bon, au moins sa relation avec Simone est plutôt sympathique dans la manière dont c’est traité, c’est un couple à peu près crédible, qui prend enfin le temps de s’embrasser et de coucher ensemble, parce que oui, les deux vont ensemble. En revanche, la relation Jean/Lea va quant à elle rapidement me souler s’ils se contentent de se tourner autour comme ça comme des gamins.

Du côté d’Apollo, tout le monde comprend qu’ils ne maîtrisent plus le virus… et il en va de même dans le QG des nouveaux alliés de Simone et compagnie. Alors que Jakob abuse à effectuer les tests médicaux contre l’avis de Rasmus qui préférerait arrêter, ne se sentant pas bien, on découvre à quel point le virus est drôlement différent cette saison. En effet, Jakob essaye de prélever quelque chose de la moelle épinière de Rasmus, mais il se rend compte qu’il n’y a pas de sang, juste le virus, pur. Et le virus cherche à sortir, bien sûr.

Il y parvient, sortant par les pores de la peau de Rasmus qui se tord de douleur et semble comme « exploser » ; libérant le virus sur l’ensemble des scientifiques autour de lui. C’est ainsi qu’il tue Jakob et tous les nouveaux, à l’exception de Sarah qui venait de mettre son masque respiratoire (dont elle a besoin en-dehors d’une antichambre apparemment) et assiste à ce charmant massacre.

Simone, elle, arrive après la bataille quand il n’y a plus que des cadavres autour d’un Rasmus inconscient. Violent.

Saison 2

Comment NBC produit les hits de l’été

Salut les sériephiles !

Même si on reste sur le sujet de la télévision américaine, il ne sera pas question de séries aujourd’hui, mais d’une émission qui a su attiser ma curiosité. C’est assez rare pour être souligné et je me suis dit que ça valait donc bien un article. C’est sur NBC que je l’ai dénichée, et elle s’appelle Songland. Comme je me suis rendu compte en l’écrivant que ça pouvait prêter à confusion pour un français, il s’agit bien sûr des mots « song » et « land », hein !

Bon, et donc, qu’est-ce que c’est ? C’est le nouveau télé-crochet pondu par les producteurs de The Voice. Autant dire que ça partait plutôt mal pour m’attirer, et pourtant, j’aime beaucoup le concept qui consiste à inviter des compositeurs/paroliers et les mettre en compétition face à un artiste à la recherche de son prochain tube.

Chaque émission (seulement 45 minutes, comme une série) voit donc quatre artistes différents proposer une chanson à un artiste célèbre, qui en choisit alors trois. Parmi les trois restantes, une seule chanson gagnera et deviendra le prochain single de l’artiste, mais avant ça, chaque compositeur retravaille avec un producteur célèbre (si tant est que ça existe, je sais) qui l’aide à transformer sa chanson pour qu’elle corresponde mieux à l’artiste. En gros, plutôt que de chercher un artiste, on cherche donc une chanson qui sera le tube de demain, et je trouve le concept plutôt sympathique.

Est-ce que c’est bien ? Si je vous en parle, vous devez bien vous douter que c’est parce que j’aime bien. L’émission vient tout juste de commencer, alors il n’y a eu que deux épisodes pour le moment donc j’ai peu de recul, mais franchement, ça complète déjà pas mal mes playlists (elles sont plus ou moins fameuses, mais si vous ne me connaissez pas, je fonctionne sur le système d’une playlist/mois) : outre la chanson gagnante qui est enregistrée par l’artiste, on retrouve aussi assez facilement sur internet les propositions qui n’ont pas été retenues ; interprétées par le candidat qui les a proposées.

Du côté des grosses limites de l’émission, et il y en a, je trouve vraiment dommage qu’on nous propose une interprétation des chansons sans en afficher les paroles. Le but étant d’aller à la découverte d’une chanson, ça casse tout quand on ne comprend pas certains mots ou phrases… Un autre problème est que cette « compétition » n’en est pas vraiment une : on nous vend ça comme ça, mais c’est tellement plein de bienveillance que c’en est parfois crispant. Peu importe les critiques faites à leur travail, les candidats sont toujours d’accord et souriants ; ils minimisent (ou attisent !) la critique, n’ont jamais un avis propre auquel ils tiennent et ce, même quand on leur demande de changer progressivement les paroles, le titre et la musique de leur chanson (mais du coup… hein ?).

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Les producteurs qui conseillent et changent les chansons pour les adapter à l’artiste de la semaine : Shane McAnally, Ester Dean & Ryan Tedder.

Cela reflète plutôt bien l’industrie musicale où l’artiste est roi ; mais je trouve étonnant tant de positivité. Même quand ils sont éliminés, les candidats sont (pour l’instant en tout cas) heureux d’avoir perdus… Faudrait voir à ne pas trop en faire ! Un autre problème est d’ailleurs que les candidats, justement, en font trop : ce sont eux-mêmes souvent des talents qui auraient probablement pu être pris à The Voice. Du coup, on a des petits artistes qui se mettent au service de grands artistes, en se laissant totalement bouffer, mais le tout avec le sourire. Bizarre !

Je sais, je critique beaucoup et vous allez me dire que je le vends mal. Rassurez-vous, si j’en parle c’est parce qu’à défaut d’aimer toute la production de l’émission, j’aime le concept ; ça me renvoie de bons souvenirs de Coyote Girl ! Et puis, j’aime aussi le résultat… En fait, si je me suis attardé sur ces défauts au visionnage, c’est parce que je connaissais le vainqueur des deux premières émissions avant même de les voir : j’avais déjà entendu leur chanson interprétée par l’artiste.

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Ne jamais perdre une occasion de caser un gif de Coyote Girl !

En effet, le gros point positif de l’émission, c’est quand même que ce ne sont pas n’importe qui qui viennent chercher le hit de demain. Pour la première, c’était John Legend, et pour la seconde Will.I.Am, en quête du single de l’été des Black Eyed Peas… Et c’est d’ailleurs parce que j’écoutais cette nouvelle chanson des BEP que je suis tombé sur l’émission. Je ne vous les mets pas dans l’article pour ne pas spoiler si jamais vous avez envie de regarder l’émission, mais il y a de fortes chances que vous entendiez des chansons issues de l’émission cet été ; même si vous ne le savez pas ! Dans les prochaines semaines (pour l’instant, il y n’y a que six épisodes commandés), on trouve encore de gros noms comme Meghan Trainor ou les Jonas Brothers.

Et ce qui est assez fascinant à découvrir, c’est la manière dont une chanson pop qui pourrait déjà fonctionner est totalement transformée par un artiste. C’était déjà un peu audible avec John Legend sans être évident car je ne connais que peu l’artiste, mais voir Will.I.Am modifier les chansons et en faire des titres des Black Eyed Peas, c’était assez fou. En deux minutes, une chanson lambda devenait une chanson que l’on pouvait facilement identifier comme un titre des BEP. Rien que pour ça, j’ai adoré la deuxième émission et j’ai hâte de découvrir leur prochain album.

Alors Songland vaut-elle le détour ? En définitive, oui. C’est un moment sympa à passer, plein de bons sentiments et surtout plein de découvertes. Parce que comme les candidats sont déjà eux-mêmes des artistes, ils ont aussi leur propre compte en général ; et ça m’a permis de faire de bonnes découvertes (Max Embers ci-dessous, par exemple). Bref, c’est tout bon pour les oreilles et les playlists !

Et la prochaine émission est cette nuit aux États-Unis. J’ai hâte de découvrir la prochaine chanson qui va me rester en tête !

Chernobyl – S01E05

Épisode 5 – Vichnaya Pamyat – 20/20
Cet épisode est extrêmement satisfaisant comme conclusion de la série : on y voit toutes les pièces d’un puzzle se mettre en place alors qu’on ne savait même pas qu’il y avait puzzle. Du côté de l’Histoire, c’est assez respectueux malgré une dramatisation évidente pour le bien de la fiction. Du côté de la série, c’est une production bien huilée et impeccable qui apporte une bonne fin à l’ensemble de ces cinq épisodes. Si vous ne l’aviez pas encore compris à ce stade, cette série est un must-see.

> Saison 1


Spoilers

05

I apologized for this unsatisfactory result.

Suis-je vraiment à une heure quinze près ? Il ne me reste qu’un épisode, autant en profiter pour terminer cette saison. Une soirée et puis s’en va, alors que j’avais prévu de n’en voir que deux épisodes max, et alors que j’ai hésité à lancer le second !

Cet épisode revient en arrière à ses débuts, nous plongeant dans la vie avant l’explosion. Je trouve que cette scène d’introduction aurait pu avoir sa place dans le premier épisode, pour que l’impact émotionnel des pertes soit encore plus grand. Douze heures plus tôt, nous assistons donc à la réunion des trois idiots dans le déni du début de saison et ils prennent la décision d’ignorer des ordres… C’est parce qu’ils veulent respecter les quotas intenables imposés par leur hiérarchie qu’ils font un test qu’ils n’auraient pas dû faire et qui va foirer ; espérant ainsi obtenir une promotion.

Bon, OK, je comprends un peu mieux l’idée des russes de faire une série pour accuser les américains, parce que les américains ne se gênent pas pour rappeler les torts de l’URSS. La série fonctionnant bien en Russie et dans le monde, j’imagine que leur réaction s’explique… Après, la théorie américaine qui fait de l’URSS le responsable de la catastrophe est cohérente, les rapports internationaux parlant bien de personnels inexpérimentés – sans compter les cassettes audios de Legasov, qui avaient soulevé une large part de vérité dans les défaillances ayant eu lieu à Tchernobyl.

Quelques mois après la catastrophe, Legasov s’est donc rendu à Vienne pour « dire la vérité »… et il ne l’a pas fait. Il a expliqué que la catastrophe était due à une erreur humaine, contentant tout le monde par son mensonge : les pays de l’Ouest, qui ont une réponse, et l’URSS qui en fait un héros soviétique. Oui, évidemment qu’il est promu et reçoit des honneurs, comme l’espéraient les trois idiots du début qui sont encore en vie.

Ulana débarque chez lui et est déçue, évidemment, mais elle ne lui reproche rien. Elle veut surtout lui montrer qu’elle est persistante et qu’elle veut qu’il dise la vérité sur le réacteur défectueux lors du procès qui aura lieu prochainement et auquel il est évidemment invité. Ouep, elle est sûre que la vérité peut éclater s’il y met du sien.

Le procès ? Il s’agit d’attaquer en justice les trois idiots, comme je les appelle car ils ont des noms trop compliqués pour que je les retienne, même s’il s’agit de vrais personnages historiques. La théorie mise en avant par la série, et quelque peu confirmé par les vraies cassettes de Legasov, est donc qu’une suite d’erreurs humaines a provoqué la catastrophe. Boris propose ainsi un discours bien fichu pour les accuser devant tout le monde.

Par tout le monde, j’entends donc les juges, les jurés, la presse, mais aussi un parterre de scientifiques invités. Ce sont ces derniers qu’Ulana espère convaincre. Pourtant, en passant après Boris – qui tousse beaucoup dans cet épisode (inévitablement), il est dur de faire un choix. Les scénaristes avaient un choix à faire aussi ici, puisque le personnage d’Ulana est un personnage fictif… Et elle fait un très bon récit des événements qui se sont produits, flashback à l’appui en plus.

J’aime beaucoup ce choix de la série de tout révéler, et finalement, je comprends la construction qui apporte les réponses à la fin, pour faire un tout cohérent. On découvre donc dans le discours d’Ulana qu’il y a bien eu des erreurs humaines conduisant à un test précipité qui n’aurait pas dû avoir lieu si le management avait été meilleur. Effectivement, donné un travail impossible à un jeune de 25 ans qui n’a pas été informé précisément de ce qu’il doit faire, ça ne paraît pas une idée merveilleuse.

Ulana se concentre toutefois sur les erreurs humaines – les vraies, les confirmées par l’Histoire. Elle laisse alors le soin à Legasov de révéler (ou non) la vérité de la série sur le problème du réacteur 4. Une fois de plus (la dernière ?), le personnage nous fait un petit cours sur le fonctionnement d’un réacteur nucléaire, et c’est une simplification et vulgarisation vraiment bienvenue. Je trouve ça clair et facile à comprendre, quand c’est loin d’être un sujet facile – et c’est d’autant plus impressionnant que ce n’est pas dans ma langue, mince, ça devrait être complexe mais ils rendent ça simple. Qu’est-ce que c’est que cette magie ?

On repart en flashback de la nuit de la catastrophe pour voir ce qu’il s’est passé au moment de l’explosion et c’est effectivement une suite d’erreurs humaines qui apparaît être la vraie coupable ici. C’est un peu facile de charger les trois chefs, néanmoins, et il y en a tout de même un qui prend très cher car son égo est mis en avant : c’est Dyatlov, particulièrement lorsqu’il force Leonid et son supérieur direct à faire monter la température.

De retour au procès, Dyatlov clame son innocence et assure qu’il était aux toilettes au moment des forces, malgré les témoignages disant le contraire. Les juges en profitent pour faire une pause après avoir réaffirmé leur accusation, ce qui permet à Boris de révéler à Legasov que sa santé est en mauvais état, puisqu’il tousse du sang. De son côté, Legasov perd ses cheveux de toute manière.

Lorsque le procès reprend, c’est le cours de Legasov qui redémarre, et c’est tellement bien expliqué dans la série que je ne sais pas trop comment en faire une critique qui expliquerait mieux les choses. J’ai trouvé ça superbement bien écrit, et c’était bien interprété bien sûr. La reconstitution des faits est passionnante, c’est de la révélation d’éléments d’une enquête qu’on n’a pas eu à suivre dans ses moindres détails, mais qui nous fournit les moindres détails de ce qui est arrivé. C’est quand même complétement fou.

Oui, complétement fou, c’est aussi comme ça que je peux caractériser Legasov dans cet épisode : il révèle toute la vérité, et notamment que le bouton AZ-5 qui devait arrêter la réaction nucléaire ne pouvait le faire dans les conditions créées par Dyatlov, parce que le bouton d’arrêt est aussi un détonateur, à cause du graphite. Ainsi, Legasov accuse directement les économies que son gouvernement faisait dans la construction des réacteurs. Il se grille totalement au passage, accusant le gouvernement de mentir et d’avoir des secrets ; et expliquant tranquillement qu’il a aussi menti à Vienne.

Bon, j’imagine que là, on s’éloigne de la vérité historique ; mais en même temps, il me semble qu’on ne connaît pas celle-ci puisque l’URSS s’est bien gardée de tout révéler. Une chose est sûre, Legasov n’a jamais eu les honneurs accordés aux héros de la patrie, alors qu’il était bien censé les recevoir. La vérité a un prix. Il est aussitôt mis en cellule, parce qu’on n’accuse pas le gouvernement sans conséquence, mais il n’est pas tué pour autant. Son témoignage n’est pas reçu par le gouvernement, et il n’est pas diffusé dans la presse non plus.

La punition choisie est simplement d’en faire un homme banal : il reste scientifique, mais il n’a plus le droit de travailler, ni d’avoir des collègues. Bien qu’il couvre Ulana et Boris (qui a insisté pour qu’il finisse son témoignage), il est évident que Legasov ment pour la première fois de la journée. La punition est assez horrible, tout de même : c’est tout son héritage qui est bafoué et distribué à d’autres, bienvenue en URSS.

La conclusion de cette scène est brillante, avec un homme déchu qui repère encore l’ironie de la question qu’on lui pose : « pourquoi se préoccuper de quelque chose qui n’arrivera pas ? ». Ben oui, pourquoi, hein ?

Et la série se termine de la meilleure des manières, et comme toutes les adaptations d’ailleurs, par un retour à la réalité assez tragique avec le sort de chacun des personnages, fait de décès tragiques pour la plupart. C’est un bon check-up historique pour conclure, et ça m’a là aussi collé à mon écran. Comme le reste de la série finalement.

05-2

Why worry about something that isn’t going to happen?

> Saison 1


EN BREF – Je n’avais entendu que du bien de cette série avant de me lancer, et je dois dire que je ne vais pas avoir une voix discordante. Je n’aime pas les séries historiques habituellement, mais là, le travail de reconstitution est impressionnant, dans l’ensemble largement véridique (même si j’ai eu peur sur les deux derniers épisodes) et cinq épisodes permettent bien de faire le tour de l’ensemble des grosses questions éthiques à poser.

C’est impressionnant, d’ailleurs : la série parvient à révéler une page de l’Histoire avec beaucoup de détails tout en ayant un message à porter sur l’humanité en général et sur l’actualité, avec les dangers que représentent les fausses informations quand elles sont trop répétées. C’est par là que s’ouvre la série et le message me paraît assez clair.

En termes de construction, la saison se tient bien, même si son épisode 4 est un peu moins prenant par les détours qu’il prend et l’éloignement inévitable qui s’opère avec la catastrophe. Cependant, même là, il y a encore du travail pour maintenir l’intérêt, et ça fonctionne. C’est donc une série marquante par son intrigue, par la qualité de ses images et par la réflexion qu’elle propose.

Définitivement, c’était hyper prenant, parce qu’il était quand même plus de quatre heures du matin quand j’ai terminé cet épisode. Oui, bon, vous l’aurez compris, je suis en « vacances » cette semaine et, de toute manière, il pleuvait des cordes, alors je n’aurais pas dormi, hein. Pfiou. Cela faisait vraiment longtemps que je n’avais pas terminé une série si tard ; je me suis laissé complétement embarquer et j’en ai perdu toute raison. Et c’est très bien comme ça, ça prouve à quel point elle était passionnante : je n’ai pas décroché de mon écran pendant les cinq épisodes – quasiment six heures. C’est… mal ?

> Saison 1

05-3
C’est une photo du monument devant le sarcophage de Tchernobyl.