Décidément, je ne vous lâche plus, mais ce n’est pas de ma faute. S’il y a bien un cliffhanger qui me hante et une annulation de série que je ne pardonne pas ces dernières années, c’est celle de The Watchful Eye. Et pour cause, la dernière réplique est tellement transcendante que je l’ai citée plus d’une fois depuis : we’re gonna need a shovel.
The Watchful Eye, sobrement renommée en France « The Nanny » (c’est incomprehensible), racontait l’histoire d’Elena Santos, une jeune femme engagée comme nounou dans un immeuble ultra-huppé de Manhattan. Sauf que très vite, on comprend que ce job n’a rien d’anodin : Elena n’est pas là par hasard. Elle infiltre le cercle très fermé des résidents, tous riches, puissants et visiblement porteurs de secrets bien crades, pour se rapprocher d’un passé qui la hante et d’une organisation mystérieuse qui semble tirer les ficelles depuis des décennies. C’était grandiose, un vrai coup de cœur, et ça se termine sur une annulation sauvage, juste après un meurtre commis par Tory, une des boss d’Elena, interprétée par Amy Acker.
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Vous savez à quel point je suis fan d’Amy Acker si vous me connaissez un peu ou si vous lisez le blog (combien de fois en ai-je parlé ?). En début d’année, j’ai eu la chance (merci Aurélien) de la rencontrer (pour la deuxième fois) lors d’une convention Buffy et de lui parler de cette fin de série en queue de poisson. Elle m’a dit que je n’étais pas le seul à y penser encore et être frustré.
J’étais loin de me douter que ça signifiait qu’elle y pensait encore assez pour écrire elle-même un court-métrage concluant cette branche de l’intrigue. Et soyons honnêtes, c’est bien la seule branche dont je me souvenais encore, alors ce qu’elle a écrit, c’est LA conclusion que j’attendais à défaut d’avoir une suite.
Ce court-métrage, il a été posté sur YouTube dans la nuit. Merci infiniment à Pauline de l’avoir débusqué avant moi et de me l’avoir aussitôt envoyé, on a les amis qu’on mérite. Je relaie à mon tour parce qu’Amy Acker a eu la bonne idée d’écrire, mais aussi de jouer dans ce court-métrage, avec Mariel Molino, qui jouait Elena. Onze minutes de film durant lesquelles les actrices s’en donnent à cœur joie pour imaginer avec nous la fin de cette intrigue, mais sans jamais donner le nom de leur personnage ou des éléments qui pourraient confirmer que c’est bien la série. On évite les procès par ici… Mais bon, il n’y a aucun doute que cette histoire d’employée et patronne qui ont tué le mari de cette dernière et vont acheter une pelle fait référence directe à The Watchful Eye :
Si vous comprenez l’anglais, vous n’avez plus besoin de moi et pouvez savourer. Si vous avez besoin d’un bon gros résumé, sachez donc qu’on y voit les deux personnages sortir d’un immeuble pour aller acheter une pelle (!) et une scie, au milieu d’autres achats pour noyer le poisson.
De retour auprès du cadavre, il faut encore décider quoi en faire. C’est l’occasion d’un débat pour retrouver les deux personnages qu’on adore, et notamment les répliques cinglantes de Tory. Amy Acker est brillante dans sa manière de jouer cette riche qui paie pour qu’on lui fasse tout, même découper le cadavre de son mari.
Finalement, elles s’amusent bien à le découper et le foutre au frigo, avant d’aller l’éparpiller aux quatre coins de New-York, toujours en s’amusant bien apparemment. C’est un peu gros, mais plus c’est gros, plus ça passe et franchement, c’est kiffant. Bien sûr, ça minimise un peu l’utilité de la pelle, mais elles finissent par enterrer la tête de monsieur dans un sous-bois.
La scène finale les voit s’offrir des vacances méritées. Elena ne travaille plus pour Tory, et Tory lui prépare même un sandwich, enveloppé dans un papier Kraft, comme le cadavre. Et comme la conclusion est que tuer est plus simple qu’on ne le pense, Elena n’est pas tout à fait rassurée…
Bien évidemment, cette fin est ouverte mais elle est tellement plus satisfaisante que celle de la série que je me devais de la partager ici, surtout qu’elle est au niveau du côté de l’écriture et de l’acting. Je continue d’espérer un jour une reprise improbable de la série, dispo sur Disney + si elle vous tente, mais en attendant, merci Amy Acker pour ce joli cadeau de Noël inattendu !
Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, je suppose, alors parlons peu, parlons Heated Rivalry, la série qui se transforme depuis quelques semaines en phénomène et dont tout le monde parle. Bon, d’accord, j’exagère : mes réseaux sociaux sont submergés par la série, mais c’est mon algorithme qui doit jouer, surtout que je regarde la série et donc que je like certains posts. M’enfin, tout de même, elle rencontre un succès certain.
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Commençons donc par la base : il s’agit d’une série canadienne qui, sous la direction de Jacob Tierney, raconte le coup de foutre (pardon, foudre) entre Shane et Ilya, deux joueurs de hockey internationaux qui se trouvent être des rivaux. Si je me permets ce jeu de mots cru, c’est pour vous mettre tout de suite dans l’ambiance : on m’a vendu une romance et ce n’est pas le cas au début de la série. Du tout.
Il s’agit aussi d’une adaptation des romans de Rachel Reid. Les romans ? Eh oui, il y a toute une série de six livres sur des joueurs de hockey tous plus gays les uns que les autres, apparemment. Anecdote intéressante à mon sens : Heated Rivalry n’est pas le tome 1 de cette saga, qui commence en 2018 avec la sortie de Game Changer. Bref, autant s’y faire : on en a pour un moment avec la série, qui pourrait devenir un phénomène à plus long terme si tout est bien géré (mais c’est à mon sens déjà mal parti : la saison 2 n’est pas écrite et ne sera pas diffusée avant 2027… Voilà qui me laisse le temps de lire et découvrir les romans).
De la romance gay, on vous dit
Pourquoi ça fonctionne ?
C’est toujours difficile d’apporter une seule réponse à ce genre de question très large, mais l’un des éléments à prendre évidemment en compte, c’est déjà qu’il s’agit d’une adaptation de romans à succès. La romance est un sous-genre littéraire qui rencontre elle-même un succès phénoménal, alors bien sûr que ça attire les lecteurs et lecteurs vers la série. Oui, on ne va pas se mentir, la romance a un lectorat principalement féminin (même si ça bouge beaucoup), y compris quand il s’agit de MM (comprendre male/male, comprendre relation homosexuelle entre deux hommes).
Heated Rivalry suit également un trope extrêmement populaire dans la romance (et à vrai dire, un peu partout, parce qu’il y a de la romance dans toutes les bonnes histoires) : celui du enemies to lovers qui consiste, comme son nom l’indique, à suivre la relation de deux ennemis qui vont tomber amoureux l’un de l’autre. Il y a toujours une part de fascination et de curiosité dans ces histoires.
Bim, le blog passe moins de 18 ans
Enfin, la série cartonne aussi et surtout grâce à l’alchimie phénoménal de ses deux acteurs principaux, Connor Storrie et Hudson Williams. L’ensemble du casting est extrêmement bon. Ajoutez à cela que personne n’a froid aux yeux, que la réalisation est très léchée et que les corps des acteurs le sont aussi dans les scènes de sexe nombreuses et hyper-détaillée, et vous obtenez un cocktail explosif… surtout dans un contexte où les séries américaines mettent de moins en moins de personnages LGBT+ en avant (on est sur un recul terrifiant depuis deux ans, merci Trump).
Pourquoi ça fonctionne sur moi ?
N’est-il pas amoureux avec son cordon dans la bouche ?
Clairement pas pour les mêmes raisons. Oh, je ne crache pas dans la soupe et je dois bien reconnaître que depuis 2024, je tombe progressivement dans la romance. J’imagine qu’avoir un ami qui écrit des romans dans le genre aide bien (allez tous lire Comment survivre à Noël avec son ex de Ludo de Boer et/ou son tome 2, ça prolongera votre Noël), mais même, l’angle de la romantasy m’a un peu happé par accident. Maintenant que c’est dit, il y a quand même deux énormes problèmes avec Heated Rivalry.
Le premier, c’est qu’à mes yeux, les deux premiers épisodes ne sont pas une romance, mais alors pas du tout. Je l’ai dit plus haut : c’est un plan cul entre deux types qui ne s’apprécient pas des masses, et le plan cul va s’étendre sur plusieurs années avant de devenir quelque chose.
C’est tendu, c’est explicite, c’est hot.
Par conséquent, ça m’a plutôt déplu à la base cette série : trop de cul, certes très bien mis en scène et avec des détails qu’on ne voit jamais à la télévision (dans les positions, dans les gestes, dans les questions et les regards), ça n’a jamais été ma came. Pourtant, là encore, l’alchimie entre les deux acteurs m’a fait rester et je ne le regrette pas.
Le second, c’est justement le passage du temps et la chronologie de manière globale dans la série qui sont extrêmement frustrants. Six épisodes, ce n’est pas suffisant pour représenter toute l’histoire. Le choix est fait de se concentrer sur la relation amoureuse d’Ilya et Shane, soit, mais c’est au détriment de leur rivalité qui est pourtant dans le titre. On ne voit pas de match de hockey, on ne comprend pas, sans lire le livre, comment évolue cette rivalité sur le terrain, à quelles équipes ils appartiennent, comment fonctionne le hockey, etc. Et pour une série qui porte le nom Heated Rivalry, c’est con.
Ouais, mes deux problèmes sont donc qu’elle est trop Heated et pas assez Rivalry.
Bonheur aussi de retrouver à l’écran François Arnaud dans un rôle où il est plus à l’aise et plus crédible que ce dans quoi j’ai pu le voir avant, j’avoue.
Seulement voilà, l’épisode 3 se concentre sur le roman Game Changer dans un énorme détour qui s’éloigne de Shane et Ilya pour se concentrer sur Scott et Kip. Et là, ça m’a énormément plu : on a droit à une romance, pour de vrai, qui est hyper bien menée et très intéressante à découvrir pour son réalisme.
Et c’est là le plus gros succès de la série : elle est très réaliste dans les relations, que ce soit le sexe ou la relation amoureuse en elle-même. Les personnages sont crédibles et vivent des problèmes que beaucoup de gays connaissent. Il est bien évidemment question de coming out, il est question de plein de choses, parfois en y mettant les mots, parfois juste grâce à des gestes ou regards des acteurs. La série cartonne aussi et surtout grâce à ça : elle offre une représentation qui manque cruellement encore en 2025. C’est un peu frustrant de se dire que les scènes les plus importantes à ce sujet arrivent dans les épisodes 4 à 6, quand on arrête enfin les scènes de sexe à tout va, car on a inévitablement perdu une partie de l’audience… Mais c’est aussi grandiose. La fin de l’épisode 5 ? J’ai dû la revoir 150 fois en une semaine. Vraiment. Chaque fois que j’ouvre Twitter ou Insta, j’y ai droit.
Je refuse de la spoiler plus que ça.
Voilà, si je dois expliquer pourquoi la série fonctionne autant, c’est vraiment pour cette dernière scène de l’épisode 5 qui montre à quel point la représentation change tout dans une vie. Maintenant, j’ai moi aussi de vacances au cottage. Huh.
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Il est plus que temps que je reprenne la parole ici dans un article hors critique pour vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d’année (comprenez bien que la formule est idéale pour cacher le fait que je suis en retard pour souhaiter « joyeux Noël »).
Je vole aussi vite que possible, comme vous le voyez…
Franchement, je comptais publier un petit quelque chose ici le jour de Noël, mais les festivités ont connu des prolongations que je n’avais pas vu venir – et je ne suis rentré qu’à 20h chez moi le 25, alors ça cassait un peu la dynamique pour me mettre à écrire. Oh, bien sûr, j’aurais pu programmer la veille un article et c’est d’ailleurs ce que j’avais prévu. Oui, mais voilà, entre l’emballage (particulièrement désastreux en ce qui me concerne) des cadeaux, les courses de dernière minute (quelle idée d’oublier les citrons pour le jus) et surtout la journée à passer en cuisine pour que tout soit prêt le 24 au soir, le blog est passé à la trappe.
Mon 23 décembre a ressemblé à ça, pour de vrai.
Une fois de plus, oui. Cela fait quasiment un mois que je pense régulièrement, pour ne pas dire quotidiennement, à vous qui me lisiez beaucoup il y a quelques années et au blog qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été. C’est que la période des fêtes s’y prête bien : il fait froid, on reste au chaud chez soi et on se rend compte qu’on oublie vite les bonnes habitudes qu’on avait par le passé. Bon, il y a aussi qu’avec mon arrêt maladie, puis les vacances, je commence à sortir la tête de la montagne de choses que j’ai envie de faire !
Enfin… Même ça, c’est faux : j’ai encore tout mon agenda 2026 à préparer. Je procrastine donc en publiant sur Instagram une centaine de vidéos en story (au moins) histoire d’aller vider ensuite mon portable sur mon disque dur. C’est ça la dure vie que j’ai choisi de mener : travailler pour me payer des sorties toutes les semaines (et pas qu’à Disneyland, promis), tout filmer pour en conserver le souvenir, tout revivre en partageant sur Insta. À deux doigts de devenir influenceur avec mes « A la Une », mais non, mon compte est privé (ajoutez-moi, je ne refuse que les élèves, je crois) et je ne montre pas tant que ça mon visage (mais encore trop).
J’ai vraiment vieilli en devenant une caricature de Disney-Adulte et je le vis super bien.
Je m’égare si je me mets à faire ici la pub de mon insta et, si vous voulez tout savoir, j’approche déjà des 500 mots habituels en écrivant ces quelques lignes (le temps que mon portable arrête de surchauffer et que je puisse continuer de partager mes vidéos du concert Disney Autour du monde qui était tout bonnement incroyable… Caricature, je vous dis).
Bien sûr, sachez qu’écrire me manque toujours autant. Je me dis parfois que les articles quotidiens étaient vraiment chouettes, j’ai plein d’idées d’articles que je pourrais publier, mais je ne vais pas faire de promesses en l’air, je sais bien que je ne vais pas être éternellement en vacances (n’en déplaise à bien des détracteurs). En attendant, je continue de critiquer les épisodes que je regarde, même si j’en regarde beaucoup moins qu’avant pour les raisons citées plus haut. Pas grave : le succès récent d’Heated Rivalry ramène à peu près autant de monde sur le blog que tous les articles du jour sur deux mois. Et du coup, bienvenue à vous, nouveaux lecteurs, j’espère que ce petit coin cosy dont les menus ne sont plus vraiment à jour vous plaira quand même.
Je suis encore complètement stupéfait de voir que la série est passé en six épisodes d’un plan cul digne d’un porno à deux romances hyper réalistes et une représentation plus que nécessaire.
De mon côté, je continue de réfléchir à comment faire évoluer ma vie en ligne pour qu’elle reflète au mieux ce que je suis devenu et qu’elle s’adapte à mon quotidien mouvementé. J’ai bien envie que ça continue d’être ici que tout se passe, les sirènes d’Insta m’appellent sans que je ne sache bien quoi en faire, les vieilles habitudes de Twitter vieillissent de plus en plus mal. Bref, joyeuses fêtes et à très vite pour la suite des aventures : promis, j’essaie de passer un peu plus souvent quand j’ai quinze minutes devant moi pour préparer un article. La promesse d’essayer ne vaut pas la promesse de réussir, vous ne pourrez pas m’en vouloir si j’échoue, n’est-ce pas ?
Aaah. J’ai l’impression que la série vient juste de commencer et la saison est déjà terminée. J’en ai marre des mini-saisons, rendez-moi les networks ! L’histoire commence à peine pour Shane et Ilya aussi, et c’est aussi parce que cet épisode prend ENFIN le temps de se poser et de développer une vraie relation. Je sais bien que enemies to lovers et tout, mais je n’ai jamais autant senti que dans cet épisode leur rivalité alors même qu’elle n’est plus un élément de tension. Et sinon, que cet épisode développe autant de choses, prenne autant son temps, c’est un vrai point positif. Juste, l’attente pour la saison 2 va être longue à présent, alors qu’il y a plein de choses que je souhaite voir désormais.
Spoilers
Comme une envie de passer des vacances au cottage.
For the next two weeks, let’s just be honest with each other.
Joyeux Noël ! Oui, j’ai encore mis de côté le blog pendant la période des fêtes, oui, je n’arrive pas à être aussi régulier ici que ce que j’ai pu l’être pendant des années et oui, j’ai toujours envie de l’être mais je me laisse emporter par d’autres choses – comme la vie. Malgré tout, toute la semaine, mes réseaux sociaux ont été envahis de Heated Rivalry et de blagues sur le cottage. Malgré tout, j’ai revu plein de fois cette semaine la dernière scène de l’épisode précédent. Aussi, avant d’être trop spoilé et malgré les nombreux cadeaux qui m’attendent, je me dis qu’il vaut mieux voir cet épisode au plus vite… Quitte à être frustré par l’attente interminable de la saison 2 (parce que ça va être quelque chose, encore, elle n’est pas écrite pour l’instant).
Et la dernière scène de l’épisode précédent ? Désolé, mais sans la chanson et sans le « huh ? » final de Shane comme dans le récap au début de ce dernier épisode, c’est quand même vachement moins cool. La première scène de cet épisode voit Scott monter sur scène pour raconter qu’il a accompli son plus grand rêve en remportant la coupe un mois plus tôt.
Pourtant, son discours finit par tourner autour de sa vie privée, inévitablement. Son coming out est extrêmement vu et commenté par tous – et il est heureux de recevoir des messages de fans, y compris de très jeunes fans gays, pour que ce ne soit pas qu’une insulte qu’on balance dans les vestiaires quand il est question de hockey. Scott parle de sa solitude, de la difficulté d’avoir été gay et insulté, indirectement, pendant des années. Le discours est réussi. Il est prenant. Il est aussi grandement hors sujet – parce qu’il a beau dédier son trophée à son équipe et son coach, il ne parle finalement que de sa relation. Mais en même temps, peut-on lui en vouloir ?
Des années de silence, ça vaut bien qu’on parle un peu de la peur paralysante du coming-out dans les médias. Et pas que dans le monde fictif d’Heated Rivalry, du coup. La scène est sympa, se termine par Kip qui voit tout ça depuis son bar gay préféré avec tous ses amis et… oh, c’est mignon. Sans plus, cette fois.
On s’attarde ensuite sur la rivalité chaude qui donne son nom à la série : Shane se rend à l’aéroport pour récupérer Ilya qui vient d’arriver. Ce dernier est tellement terrifié d’être là et de passer l’été avec Shane. Pour autant, il est vraiment venu et c’est très bien comme ça. Ils ont deux heures de route à faire ensemble. Shane est soulagé de savoir qu’Ilya n’a croisé personne et lui dit qu’il a tout prévu : le cottage est plutôt discret et retiré de tout, et il a dit à ses parents qu’il partait dans une retraite silencieuse. Un sacré silence, si vous voulez mon avis.
A l’arrivée, Shane reproche à Ilya d’avoir joué malgré sa blessure aux côtes, et il refuse donc de laisser Ilya porter ses sacs. Quel homme galant. Il a déjà fait les courses, il a un chalet de malade mental tellement il est beau et il s’inquiète de savoir si Ilya a soif. Aha. Soif de lui, très clairement. Le cottage est mignon tout plein, hein, et ils le baptisent vite. Tant pis s’il y a des vitres absolument partout.
Au moment de coucher ensemble sur le canapé, Shane explique qu’il n’a couché avec personne depuis un moment et que ça ne durera peut-être pas bien longtemps. La réponse d’Ilya est incroyable pour lui : lui aussi n’a couché avec personne depuis la dernière fois qu’ils se sont vus, il y a des mois. Oh. Les voilà enfin et pour de vrai en couple, même s’ils ne le disent pas explicitement. Que c’est bien.
S’ils ont très envie de faire l’amour (sans même prendre une douche avant malgré le voyage, eh), Shane propose ensuite d’emmener Ilya dans la chambre qu’il occupera. Pardon, mais ? Est-ce qu’il a prévu de ne pas rester dans la même chambre que lui ? Ils sont certes en train de s’amuser et entrent dans un jeu de rôle un peu con, mais… c’était étrange comme développement. Tout ça pour coucher ensemble sur un lit, en plus.
D’ailleurs, alléluia, Shane veut fermer les putains de volet. C’est la base quand tu es une célébrité, non ? Ilya lui dit de ne pas le faire et jette la télécommande. Ils veulent vraiment vivre dans le danger. Je suis surpris que la série coupe la scène de cul qui suit, par contre. On passe de Shane qui va tailler une pipe à Shane qui gère le barbecue pour faire des hamburgers. What the fuck ?
En tout cas, ils sont mignons dans leur petite vie de couple. Ils paraissent si rangés et simples, si peu affamé de sexe (oui, oui, même dans la scène précédente). C’est donc ça de vieillir ? Ils se promettent d’être honnêtes pour deux semaines et finissent par parler bien rapidement de leur relation. Ilya cherche à savoir qui est au courant de leur couple, mais souhaite aussi savoir si les parents de Shane savent qu’il est gay.
Celui-ci n’est clairement pas prêt à en parler – ni à en parler avec Ilya, ni à l’avouer à ses parents. Il me fait tellement de la peine à avoir peur comme ça de son coming-out. Il a beau dire que ça a un peu à voir avec Ilya, on sent bien que c’est lui qui n’est pas à l’aise. Et je comprends bien pourquoi, mais il faut aussi qu’il se fasse à l’idée que c’est sa vie.
Cet épisode est si bien : on a enfin affaire au couple et à la romance que la série vendait. Certes, ça traîne en longueur et il ne se passe pas grand-chose à première vue, mais dans les détails, c’est ouf. Les deux personnages creusent vraiment dans le passé de l’autre, ils apprennent à se connaître comme un couple le ferait : il y a les moments ridicules, comme quand Ilya a peur d’un oiseau, et les moments terribles, comme quand il raconte la mort de sa mère, confortablement installé sur les genoux de Shane. Enfin. Cela n’a pas l’air si confortable, en vrai.
J’ai eu plus de mal avec la scène suivante, quand Ilya est tellement excité à l’idée d’être avec Shane qu’il le force un peu : Shane est au téléphone avec Hayden, ça ennuie Ilya qui ne peut plus jouer au jeu vidéo avec lui (j’ai ri du côté « ma tête est sur la couverture ») et qui décide donc pour se venger de l’exciter, le masturber, lui faire une pipe. Pardon, mais Shane a clairement dit non tellement de fois que je ne trouve ça ni excitant, ni mignon. Je vois bien que, dans le fond, on nous dit ensuite que Shane était consentant et a trouvé ça sexy… mais en vrai, non, ça ne l’est pas. Non, c’est non. On en est encore à dire ça en 2025 – et à paraître chiant et emmerdeur de tourner en rond quand on le dit, en plus. Eh, ça me sort un peu de l’épisode.
Je me suis rapidement calmé ensuite, pas quand on les a vus faire un foot, mais quand il a commencé à être question du futur. Ce n’est pas évident pour eux : Ilya n’en peut plus de la Russie et veut se simplifier la vie. Il envisage ainsi de jouer pour Boston. Certes, il serait un sacré rival pour Shane, encore et toujours, mais au moins, ils se rapprocheraient. Par contre, ça suppose aussi de se marier avec Svetlana pour Ilya.
On sent assez vite que ce scénario dérange Shane. Ils essaient d’en parler, tout en se touchant les pieds dans une scène d’intimité de couple qui passe bien – on n’est pas sur du sexe, juste sur deux amants qui commencent à parler d’avenir.
C’est au beau milieu de la nuit que Shane, incapable de dormir, réveille Ilya avec un plan pour leur futur. Et il voit très loin : une action caritative menée ensemble pour se rapprocher publiquement sans que ne soit bizarre, une carrière pour Ilya qui ne serait plus à Boston, mais à Ottawa pour se rapprocher de Montreal et donc de Shane, un futur très lointain où, une fois à la retraite, ils pourront se mettre ensemble. En vrai, je dis « très lointain », mais la retraite en hockey ne doit pas être si loin.
Ce qui est sûr, c’est que c’est surprenant de les voir envisager un avenir ensemble à ce point. Ilya lui balance donc qu’il l’aime. La réponse de Shane ? Holy shit. Suivi d’un « I love you too ». Ils sont si mignons. Si perdus. Si amoureux. Je me laisse complètement balader par cet épisode, alors que j’étais énervé quelques minutes avant. Ils sont passés de plan cul à relation de couple de manière bien peu crédible et trop peu développé, je trouve, mais c’est très bien pour eux. Et c’est une belle représentation, en vrai.
Ils sont amoureux comme tout, voient des jolis couchers de soleil et couchent ensemble, avec Shane et Ilya qui prennent encore le temps de poser de grandes questions sur « comment on a pu laisser tout ça se passer ? » au moment où Ilya s’apprête à pénétrer Shane. C’est du grand n’importe quoi, mais c’était un peu drôle.
Et au milieu de tout ça, Shane continue de penser au futur : il propose à Ilya d’ouvrir une école de hockey et de donner des financements pour la santé mentale, pour lutter contre les pensées suicidaires (comme celles qui habitaient la mère d’Ilya).
Le temps semble passer vite et lentement à la fois au cottage, et c’est un peu pareil pour cet épisode qui n’en finit pas mais avance si vite à la fois. On retrouve ensuite le couple en train de se baigner tranquillement, avec un peu d’humour et un téléphone laissé de côté. C’est ce genre de journée d’été où rien ne compte que la paresse et l’oisiveté et ça a l’air si bien.
Leur plus gros problème ? Savoir s’ils mangent les pates de la veille ou s’ils se font des hotdogs. Ils remontent donc vers le chalet et ne peuvent apparemment pas rester éloigné l’un de l’autre bien longtemps. Comme d’hab, donc, sauf que cette fois, il y a le père de Shane dans la cuisine et il les voit à travers la fenêtre.
Ca aurait pu passer l’air de rien, mais bon, Ilya était en train de l’embrasser. Au moins, pour une fois ils ne sont pas en train de coucher, c’est déjà ça. Il n’empêche que c’est la fin du paradis pour les deux stars. Le père de Shane a donc vu son fils embrasser son pire rival. C’est un peu violent comme coming out. C’est pour cela qu’il vaut mieux dire les choses tant qu’on le peut, je suppose – mais c’est vrai que ce n’est pas toujours évident d’aborder le sujet, et encore moins de tout avouer comme ça.
Le père de Shane n’est pas excellent dans sa réaction en plus, parce qu’il choisit de se barrer, tout simplement. Shane essaie bien de le rattraper, une fois remis de son choc, mais non. Ilya est drôlement incroyable dans cette scène : je ne reconnais pas tellement le personnage. Il insiste sur le courage de Shane, il le soutient sans s’énerver, sans rien dire, finalement. Shane vit son pire cauchemar, mais Ilya souhaite être là pour lui. Il lui propose même de l’accompagner chez ses parents. Et quand Shane se met à genou devant Ilya, cette fois, c’est juste pour pleurer.
En vrai, Shane est tellement stressé que je ne comprends pas pourquoi c’est lui qui conduit ensuite pour aller chez ses parents. Ilya porte le t-shirt de l’équipe adverse, ce qui est hilarant quand on sait qu’il va rencontrer officiellement ses beaux-parents. À l’arrivée, Shane ne sait plus où se mettre ou quoi penser.
Son père avait juste oublié son chargeur chez Shane et il a été servi. C’est un peu gros cette histoire après autant de temps, mais soit, on fera avec. Shane présente donc Ilya à ses parents, après avoir annoncé qu’il était gay. Sa manière d’enfin le dire, après tant de temps, c’est presque trop simple. J’ai de la peine pour lui quand même, parce que ce n’est pas évident comme coming-out, d’être pris par surprise dans l’intimité et tout.
L’avantage, c’est que les parents prennent tout ça plutôt bien : ils ne s’énervent pas, ne l’insultent pas, ne semblent même pas si affectés que ça par les mensonges de Shane. Eh, la mère reconnaît qu’ils se doutaient – ou en tout cas qu’ils s’étaient posés la question de savoir s’il pouvait être gay. De là à imaginer que leur fils couchait avec son pire ennemi, en revanche, ça, ils n’étaient pas prêts.
Les parents se posent quand même la question de savoir quand leur relation a commencé, et c’est si drôle. Il y a des questions qu’il vaut mieux ne pas poser, je crois, parce qu’ils découvrent que leur fils leur cache une décennie de mensonge et de baise avec Ilya – même si le mot baise n’est pas exactement plaqué comme ça sur leur relation.
Shane m’a tellement fait rire à détester le mot « lovers », mais ce qui m’a achevé, c’est la mère qui passe à l’alcool. Elle sort de la vodka, pour Ilya, ce qui est une pure blague en vrai, et une prise de risque. Les parents posent aussi de bonnes questions sur le futur. Ils gèrent la carrière de Shane depuis si longtemps que c’est logique. Cela dit, rien ne vaut le moment où la mère se demande si son fils a pu laisser gagner Ilya, parce que bon, y a des priorités dans la vie et la sienne, c’est le hockey.
De son côté, Ilya s’en sort bien de son coming-out bi auprès des beaux-parents, en annonçant qu’il n’a jamais été amoureux que de Shane, même s’il a couché avec plein de femmes. Ils commencent à se faire du pied sous la table, ce que je trouve quelque peu osé, mais allez, pourquoi pas. Ils aiment vivre dangereusement.
En vrai, Shane vit son cauchemar, mais ça se passe plutôt bien : les parents de Shane prennent tout ça si positivement. La mère a un peu de mal à digérer tout ça, mais ce qu’elle ne digère pas, c’est que son fils se soit senti si mal : elle aurait aimé qu’il puisse le dire sans que ce ne soit si difficile. Et là, une fois de plus, bordel ce jeu d’acteurs. Je suppose que ça peut paraître lent, long et pas crédible, tout ça, mais le jeu des deux acteurs dans cette scène est très réussi. C’est une très belle scène de coming-out, finalement.
La mère a l’occasion de s’excuser, à dire à Shane de ne pas avoir honte, de ne pas s’excuser et… à lui dire qu’elle est fière. C’est si beau. C’est la réaction que tout le monde devrait avoir, c’est celle qu’on voit de plus en plus souvent à la télévision, mais soyons francs, ce n’est pas toujours celle qui se déroule dans la réalité.
Sinon, de retour à table avec Ilya, la mère est surprise de découvrir que son gendre est prêt à trahir Boston pour aller jouer à Ottawa – eh, la fidélité en hockey, c’est important aussi – mais elle comprend ce que ça signifie pour le sérieux de la relation de son fils. Le père s’intéresse aussi au cas de Scott, pour savoir s’ils ont pu communiquer. Il est intéressant et surprenant de voir qu’Ilya l’a contacté – j’aurais attendu ça de Shane, à la rigueur, même s’il est vrai que c’est Ilya qui a été le plus chamboulé.
En tout cas, il est clairement question d’avenir et de coming-out à faire à plus grande échelle, Shane entame alors une jolie crise d’angoisse. Je crois que tout ça est un peu trop concret pour lui – avoir sa mère qui vante le courage de Scott, c’est quelque chose. Et ce qui calme son angoisse ? Shane qui lui dit que sa famille est là et que son petit-ami est là. Tout est bien, tout est si bien.
Quelle tristesse que ce soit déjà la fin d’épisode. Le générique de fin se déroule alors que Shane et Ilya rentrent au cottage. C’est frustrant, j’ai l’impression que ça ne fait que commencer vraiment. Il y a tellement encore à raconter. Les acteurs ont signé pour trois saisons, la deuxième est validée par la chaîne. Vivement la suite. Ce générique de fin où ils rentrent en voiture, comme un couple, est si mignon. Si long aussi. Si banal, en fait.
En bref
Mon avis sur la série fait un peu un grand écart entre le début et la fin, parce que ça partait vraiment mal : je pensais avoir une romance, j’ai eu un plan cul qui ne pensait qu’au sexe. Pourtant, sur la fin, j’ai une série mature qui me parle représentation – et qui le fait bien – tout en développant un couple très sain dans un contexte toxique ; j’ai une vraie romance, des personnages qui grandissent ensemble. En chemin, il y a Kip/Scott, un couple qui était bien plus ce que j’attendais de cette série que ce que la série a proposé.
Et mon avis au milieu de tout ça ? En perpétuelle évolution. Je ne sais pas quoi penser : la saison est trop courte, les épisodes trop différents, le rythme incroyablement expéditif au début et si lent ensuite… C’est un petit OVNI, mais c’est ce qui rend la série si bien, peut-être ? Je n’ai pas su à quoi m’attendre d’un bout à l’autre.
Enfin, si, il y a une constante dont j’ai peu parlé dans mes critiques tant elle est évidente et saute aux yeux : les deux acteurs principaux sont incroyables. Ils ont une alchimie qui crève l’écran et qui les rend immédiatement beaux et attachants. On a envie de les voir ensemble, envie de les voir s’embrasser et wow, chapeau pour le casting et les performances.
L’histoire ? Ce n’est pas terrible du tout, parce que la série semble survoler plein de détails et tout le contexte. Et maintenant ? Maintenant, j’ai envie de savoir la suite, j’ai envie de connaître les autres personnages et les autres couples. Il faut attendre la saison 2 et il est bien possible que ça se fasse en lisant toute la saga. Foutu pour foutu… Allez savoir.