The Orville – S03E05

Épisode 5 – A Tale of Two Topas – 18/20
Plus qu’un épisode, c’est un mini-film à ce stade, mais un film qui nécessite tout de même d’avoir vu le reste de la série pour bien le comprendre. Il y a quelques longueurs, surtout au début de l’épisode, et ça me fait demander si cette intrigue n’aurait pas été plus pertinente et intéressante si elle avait été étendue à plusieurs épisodes tout au long de la saison. En tout cas, c’est une intrigue bien importante qui est proposée par cet épisode. Concrètement, malgré des choix souvent simplistes, c’est une belle manière d’aborder le sujet compliqué de la transexualité et des relations diplomatiques.

Spoilers

Kelly découvre que Topa connaît un mal-être profond à l’adolescence.

Topa may never be happy but unhapiness is better than despair

Comment ça 1h15 d’épisode ? Les scénaristes abusent quelque peu, mais ce ne sont pas les seuls : la série prend tout son temps, rien qu’avec son premier plan introductif du décor de cet épisode. L’Orville a accosté sur une planète avec des tombeaux bien similaires à ceux de l’Egypte antique. Avant d’en parler, notons d’abord que l’épisode prend aussi le temps de reparler de ce qu’il s’est passé la semaine d’avant, forcément.

Ed y a découvert l’existence de sa fille, Anaya, alors il est évidemment perturbé par cette information. Il lui écrit désormais des lettres, qu’il conserve à défaut de pouvoir lui envoyer. L’information est très sympathique, elle permet d’en apprendre plus sur le personnage d’Ed, mais elle n’est pas le centre de l’épisode pour l’instant.

Le centre de l’épisode se trouve peut-être dans le tombeau de l’empire Hembilicite. Plein de pièges cherchant à détruire les êtres qui s’aventureraient là pourraient poser problème, mais c’est sans compter sur le fait qu’un robot métallique ne craint pas vraiment les flèches cachés dans les murs. Bref, l’équipage de l’Orville récupère très rapidement le trésor caché sur la planète grâce à Isaac. Cela fascine de toute évidence Charlie de retrouver le trésor datant de 70 000 années avant. Tu m’étonnes.

C’est inestimable une telle richesse après tout… mais ça ne fascine pas plus que ça Kelly. Elle préfère mettre fin à sa journée de 12h pour plutôt aller faire du sport. Arf, on n’a pas tous les mêmes hobbies après douze heures de boulot apparemment. En tout cas, elle fait du sport dans la salle de simulation et y retrouve Topa, l’enfant de Bortus.

J’avais quelque peu oublié son existence, on ne va pas se mentir, mais Topa a continué de grandir pendant tout ce temps et souhaite désormais passer l’examen pour entrer dans l’Union et peut-être devenir un jour Commandant d’un vaisseau. Pourquoi pas ? Topa est fan de Kelly et tout le monde est content de savoir les projets de vie de Topa désormais, ce qui fait que Kelly décide de l’emmener partout avec elle durant sa journée.

Cela permet d’en découvrir davantage sur la routine de Kelly. On comprend soudainement pourquoi l’épisode dure 1h15 : le but est de nous faire découvrir une journée plutôt banale dans la vie d’un premier commandant d’un vaisseau de l’Union, mais forcément, c’est plein de moments plus chiants. Oh, les scénaristes en ont conscience et Kelly le reconnaît elle-même, mais Topa la rassure en disant que c’est passionnant. Ma foi, ça peut être marrant de savoir qu’il y a une espèce qui refuse de porter des vêtements le premier lundi de chaque mois, mais tout de même, ce n’est pas passionnant comme épisode.

Cela devient bien plus intéressant quand Kelly se met à parler de manière tout à fait banal à Topa et que Topa révèle qu’il se sent très mal dans son corps. Il veut rejoindre l’Union pour trouver sa place dans le monde et devenir heureux, mais il est rapidement évident que le problème vient plutôt du changement de sexe subit en saison 1.

Kelly se sent bien mal de devoir lui mentir à chaque conversation, et elle en parle nécessairement à Claire et Ed. Si Claire veut aussitôt jouer les psys, puisque c’est son travail, Kelly trouve tout de même que c’est à elle de jouer ce rôle puisque Topa s’est confiée à elle. Par principe, elle veut cependant en parler à Bortus et Klyden. Bortus est plutôt à l’écoute de ce qu’il se passe dans la tête de son fils, mais Klyden s’oppose assez violemment à l’intrusion de Kelly dans leur vie.

Et c’est compréhensible : au départ, la scène est surtout portée sur l’incompréhension de Kelly et la haine qui se joue entre Kelly et Klyden… mais très rapidement, Kelly est congédiée et Klyden se confie à Bortus. On comprend ainsi que le vrai problème vient du désespoir de Klyden d’avoir su la vérité sur « ses origines », comme il le dit. L’ignorance est selon lui la meilleure des options.

C’est loin d’être certain, car la meilleure des options continue de heurter énormément Topa. Klyden lui interdit désormais de travailler avec Kelly, et ça le mène à se poser des questions principalement sur la mort. Topa en profite ainsi pour aller parler avec Isaac de ses envies de suicide. C’est un peu moins précis que ça, évidemment, les questions parlent surtout de la mort et du moment où Isaac avait décidé de se désactiver.

Ce n’est pas rien et Isaac connaît le protocole : il prévient donc Kelly. Bon, l’épisode prend vraiment son temps pour développer son histoire, mais ce n’est pas plus mal car c’est une histoire assez importante tout de même. Il est question de Topa, de la difficulté de se sentir soi-même et de s’interroger sur son genre. Et dans tout ça, Kelly est vraiment torturée de savoir la vérité sans pouvoir faire quoi que ce soit.

Malheureusement, elle finit par le faire malgré tout. Après une conversation rapide avec Topa, elle prend la décision de lui dire de manger du Kimbok – et de bien chercher la bonne recette. La bonne recette ? Le dossier de mission Kimbok33 intéresse rapidement Topa et il reçoit le mot de passe permettant de l’ouvrir de manière anonyme. « Anonyme », quoi. Kelly s’en confie même à Claire, c’est dire à quel point c’est anonyme.

Toujours est-il que la scène où Topa découvre la vérité et confronte ses pères est assez violente. Klyden soupçonne aussitôt Kelly d’avoir dit la vérité, tandis que Bortus s’emmure dans le silence un bon moment. Cela ne dure pas évidemment, parce que la vérité éclate au grand-jour et qu’il faut bien accompagner Topa dans les ressentiments qu’il a. C’est super violent pour tout le monde, donc, et la scène est très bien écrite – et interprétée.

Franchement, Topa fait un excellent personnage et je trouve ça bien de revenir sur cette intrigue de cette manière. J’avais encore en tête un arrière-goût de dégoût concernant l’épisode où Topa avait été forcé de changer de sexe par ses parents. En tout cas, Bortus finit par tout révéler à Topa et avoir les bons mots, forçant Klyden à se taire.

Sans trop de surprise, Klyden se rend aussitôt dans le bureau de Kelly pour l’agresser, aussi bien verbalement que physiquement quand les mots lui ont fait défaut pour exprimer toute sa haine de Kelly et de son énervement. Kelly assure qu’elle n’a pas donné le mot de passe, mais elle est tout de même heureuse d’avoir mené Topa dans la bonne direction, parce que c’est sacrément important pour lui de savoir ses origines et de comprendre le mal-être qui l’habite. Après tout, Klyden a le même.

Plus tard, on apprend que Topa ne parle plus à ses parents. Bortus vient donc voir Kelly pour lui demander son aide, mais elle lui apprend qu’il parle désormais à Claire, ce qui est une bonne chose. Reste encore à Kelly l’importance de s’excuser pour ce qu’elle a fait. Je ne suis pas tout à fait sûr que ça puisse suffire, franchement. Heureusement, elle reconnaît vraiment ses erreurs… et Bortus reconnaît la vérité également.

Contre toute attente, c’est Bortus qui a envoyé à Topa le mot de passe. Bien sûr, tout le monde continue de penser que c’est Kelly qui a fait ça. Je dois bien avouer qu’une part de moi espérait que ça vienne de Bortus, et je suis content que le personnage grandisse de cette manière. C’est une belle évolution de le voir aller à l’encontre de sa religion et de sa culture arriérée.

Il n’empêche que Topa est tout de même affecté par la décision qui a été prise pour lui. Il en parle certes à Claire, mais aussi à Kelly, affirmant qu’il espérait ne pas savoir la vérité… avant de revenir aussitôt sur ses paroles. Cela convainc Kelly d’aller encore plus loin pour cet épisode et de prendre la pire décision du monde, bien plus encore que de lui faire chercher la vérité. Elle mène ainsi Topa en salle de simulation pour lui faire revivre la partie du procès où Heveena a pris la parole.

Les effets spéciaux de la série sont bons, franchement, avec deux personnages qui se retrouvent vraiment en plein milieu du passé. J’ai beaucoup aimé la scène, mais c’est sans trop de surprise que de voir une femme qui lui ressemble motive Topa à demander un changement de sexe. Et ce changement de sexe, il fait inévitablement débat quand il s’agit de Topa.

Bien sûr, Klyden s’oppose formellement à l’idée quand il l’apprend, mais il est rapidement révélé que son avis ne compte que partiellement. Après tout, Bortus est d’accord pour que la procédure se fasse, ce qui pourrait être suffisant pour faire l’opération… si jamais il n’y avait pas eu un procès.

La scène est en tout cas excellente, ou violente, ou douloureuse, c’est selon. Le débat où Kelly et Claire s’obstinent à utiliser les bons pronoms pour Topa quand Klyden continue de dire « il ». C’était une bonne scène, et je n’ai pas grand-chose à critiquer à vrai dire. C’est efficace et agréable de suivre une série suffisamment ouverte d’esprit pour ce genre d’épisode, même si c’est aussi douloureux quand ça peut rappeler des situations vécues par d’autres. Je n’ai pas été directement impacté par ce sujet, alors c’est plus simple pour moi ; mais tout de même, j’ai été témoin une fois de ce genre de scène, et le malaise est vraiment palpable.

Bref, la décision est que l’opération devrait pouvoir avoir lieu… sauf qu’il y a eu un tribunal Moclan qui pose un jugement difficile à contredire : Topa est un garçon. Aller à l’encontre de ce jugement poserait des problèmes politiques énormes pour l’Union, surtout si c’est Claire, un médecin de l’Union, qui effectue la transition. La transition en elle-même est très simple d’après Claire. Pour une autre espèce, il faudrait attendre que Topa soit adulte. Dans ce cas très précis, en revanche, l’exception serait facile à faire.

Pas de bol pour Topa, l’Union s’oppose formellement à ce que Claire fasse l’opération. Kelly et Bortus lui annoncent comme ils peuvent cette difficile nouvelle, qu’il prend plutôt bien étant donné la nature de ce qui lui est dit. Cependant, à force d’y réfléchir et de voir toute l’équipe, y compris Talla ou, de manière plus surprenante, Charlie soutenir Topa, Claire propose de démissionner pour être un docteur civil.

J’ai eu peur que les scénaristes nous trouvent une excellente porte de sortie pour l’actrice qui aurait pu en faire la demande, mais ce n’est finalement pas le cas. Au contraire, Isaac entend le problème et se propose pour devenir le chirurgien de Topa. C’est une solution simple et efficace : bien sûr que ce Kaylon est capable de suivre des instructions déjà enregistrées sur les ordinateurs de l’Orville.

Le reste de l’équipage ne doit toutefois pas être au courant de ce qu’il se passe pour que ça puisse passer aux yeux de l’Union : Isaac n’en fait pas partie, il n’est qu’un émissaire à bord de l’Orville. L’équipage organise donc un concert surprise de Bortus auquel tout le vaisseau assiste pour que Topa puisse changer de sexe tranquillement avec l’aide d’Isaac.

Bon, tranquillement, j’y vais un peu fort : Klyden tente une dernière fois de s’y opposer, et ça se fait de manière plutôt violente. Isaac est obligé d’employer la force pour forcer Klyden à quitter la pièce, alors que Topa avait déjà peur de l’opération avant. C’est d’autant plus courageux d’accepter de la faire, mais ça valait vraiment le coup quand on la voit sourire en fin d’épisode.

Enfin, pas tout à fait en fin d’épisode. Il reste deux choses à régler : Kelly et Ed se font sermonner en bonne et due forme par l’amiral qui leur avait interdit de faire la procédure. Elle est toutefois forcée de reconnaître que c’était une bonne décision et une bonne chose : comme c’est un Kaylon qui a fait la procédure, les Moclan ont plutôt tendance à être remonté contre les Kaylon et à vouloir les détruire.

Tout est bien qui finit bien. Il reste la deuxième chose à régler : Klyden. Il profite du passage d’un vaisseau scientifique devant récupérer les artefacts du tombeau du début d’épisode pour se barrer, mais pas sans une dernière insulte à sa fille – il lui dit carrément qu’il aurait préféré qu’elle ne vienne jamais au monde. Heureusement que Bortus est là pour l’aider à se reconnaître parfaite et que Kelly est évidemment heureuse de reprendre son rôle de tutrice auprès d’elle.

C’est une très belle conclusion pour l’épisode qui est fait de tout un tas de bonnes scènes de toute manière, de Bortus chantant avec un des fils de Claire au piano à Isaac qui explique à Claire qu’il espère qu’avoir aidé Topa aidera l’équipage à interagir de meilleure manière avec lui.

Westworld – S04E03

Épisode 3 – Années Folles – 19/20
Cette fois, la série est vraiment en train de renouer avec l’excellence. C’est un véritable plaisir de découvrir cet épisode : il n’a pas besoin d’apporter des réponses, juste de développer son intrigue et ses rebondissements. Chargé de clin d’œil à un passé qu’on ne connaît que trop bien, l’épisode passe à une vitesse dingue. Un vrai plaisir.

Spoilers

Maeve et Caleb découvrent le nouveau Westworld, alors que Bernard revient de Sublime.

Even dumb down, we can still take care of ourselves

J’hésitais franchement sur la série à regarder car j’ai une liste longue comme le bras de choses à voir, y compris dans mes hebdos du moment quand je me suis souvenu que si on était lundi, cela signifiait qu’un nouvel épisode de Westworld était disponible. Dès lors, je me suis jeté sur mon ordinateur pour voir ce qui allait être proposé cette semaine, et ça en dit long sur le fait que je suis encore plus fan que ce que je pensais de la série. Tant mieux.

Cet épisode reprend de manière intrigante avec Bernard se réveillant lorsqu’un enfant lui demande de se réveiller. Il suit l’enfant en-dehors de la maison dans laquelle il est, et c’est super étrange parce que ça ressemble assez vite à une espèce de vision mystique, avec un animal au loin, des flammes, une ville futuriste détruite, le saloon du parc plein de cadavres… C’est assez dingue.

Bernard se fait clairement une visite dans ses souvenirs, et c’est un passé qui ne semble pas le ravir, mais qu’il s’obstine à revivre. En effet, on apprend assez vite de la part d’un personnage que j’adore mais dont je suis incapable de me souvenir le nom bien trop compliqué à écrire que Bernard est dans le Sublime. Il atteint donc le fameux paradis convoité par les robots, et l’on en découvre en effet que les robots s’y plaisent.

Là-bas, ils peuvent créer les mondes qu’ils souhaitent et explorer ce qu’ils veulent, créer des simulations infinies, avec un millénaire à vivre quand une simple année passe dans le monde. Le problème, par contre, c’est que le temps reste limité dans le vrai monde, avec tous les chemins menant à la destruction.

Bon, concrètement, il s’agit là du Bernard de la saison 3, celui qui la terminait au moment du chaos provoqué par Dolores. Après avoir visité tout un tas de possibilités et simulations, Bernard s’est rendu compte qu’il finissait toujours par mourir, quoiqu’il fasse… à moins de rester à Sublime. Il ne reste toutefois pas à Sublime comme on le sait : il fait le choix de se réveiller, recouvert de poussière et non nettoyé par Leslie.

Oui, parce que Leslie est là au moment de son réveil : il le veille depuis tout ce temps. Plusieurs années se sont déroulées pendant que Bernard était dans le sublime, mais rien n’a changé en-dehors de celui-ci : Leslie a fait en sorte que rien ne bouge, comme Bernard le lui avait demandé. En fait, rien n’a tellement bougé que Bernard a déjà une bonne idée de ce que Leslie va lui dire ou sait qu’il y a une pelle à portée de main devant la maison où il était.

C’est un début étonnant pour cet épisode : je suis content de retrouver Bernard, mais on sent qu’il se réactive pile au moment où la guerre repart en vrille à côté, ça tombe quand même bien. Surtout, je trouve que cette affaire de simulation, même pour un robot hyper intelligent, est difficile à avaler : en sept ans, a priori, la pelle aurait eu le temps de bouger quoi. Un orage, et hop ? Allez, je chipote, de toute manière, on sait très bien que je suis à fond dans l’intrigue proposée, et c’est le cas à chaque saison.

Dans celle-ci, Bernard est donc capable de prédire l’avenir grâce à un sacré nombre de simulations, et c’est assez dingue que le Sublime puisse être si précis sur les détails. Le nouveau but de Bernard est clair : il veut provoquer certains événements pour éviter que la fin du monde n’arrive. Le tout sur la chanson Call me, ce qui est un excellent choix, ma foi. Leslie a bon goût, alors que Bernard s’acharne à tabasser des types, allez savoir pourquoi.

En tout cas, ça lui permet ensuite de montrer une carte avec un dessin du labyrinthe Westworld à une résistante qui passe par-là. Oui, il s’avère que ce diner était un point de rendez-vous pour une résistante et de potentiels alliés, sauf que les alliés en question étaient en fait des robots envoyés pour infiltrer le groupe. Cependant, Bernard en sait tellement qu’il a déjà la tête du robot dans un sac et des demandes très précises à la résistante, souhaitant se rendre dans un désert.

Pas n’importe lequel par contre, un désert protégé par des faisceaux laser qui ne disent rien qui vaille. Rapidement, Bernard et Leslie rencontrent toutefois le reste des résistants, à qui Bernard explique qu’il est là pour les aider. Il sait qu’il y a une arme cachée dans le désert, et il est persuadé de pouvoir aider les résistants à la trouver plus vite qu’au rythme où ils cherchent actuellement.

 

Pendant ce temps, dans les années 20, Maeve et Caleb découvrent le nouveau Westworld. J’adore l’idée, et franchement, les années 20, ça me vend beaucoup plus du rêve que l’époque Western. Vous pouvez être sûr que vous me trouveriez dans un speakeasy du parc, hein. En tout cas, le réalisme de cette rue est incroyable : il y a des enfants, des SDF, des passants, une nouvelle Dolores qui fait tomber sa boîte de conserve et un nouveau saloon.

Les scénaristes s’éclatent bien. Maeve se rend bien sûr compte que tout est absolument pareil et elle n’hésite pas à le souligner à Caleb pour que ce soit bien clair aussi pour nous. C’était difficile de passer à côté, cela dit, et ça nous rappelle à quel point le parc avait tout prévu pour que les invités soient pris en charge par les hosts et rencontrent des scénarios intéressants. Maeve, en revanche, est blasée, parce qu’elle rencontre sa remplaçante qu’elle trouve moins efficace qu’elle.

Les répliques sont en effet les mêmes, parce qu’elles sont suffisamment intemporelles pour ça. En tout cas, Maeve reste sacrément patiente malgré tout ce qu’il se passe et elle est capable d’attendre le bon moment pour tuer quelques hosts, y compris sa remplaçante. Son but est en effet d’atteindre les laboratoires, car c’est là le cœur de Westworld.

C’est assez facile apparemment : il suffit de se faire passer pour un cadavre en montant à l’arrière du camion qui emmène tous les hosts se faire réparer. On se retrouve très rapidement au cœur des laboratoires derrière le parc, et c’est une bonne chose : la nostalgie est excellente et prend immédiatement quand on est remmené dans les couloirs de Westworld comme en saison 1.

Les costumes sont certes différents, mais les pratiques (sexuelles) restent les mêmes, apparemment. Et pour cause : Maeve comprend assez rapidement qu’ils ne sont pas du tout dans les laboratoires comme elle le pensait. Non, ils sont en fait dans un nouveau niveau du jeu, un niveau qui s’amuse à reproduire le massacre du parc en fin de saison 1, avec Dolores/Wyatt. Et avec des joueurs qui se retrouvent à pouvoir tuer les gardes qui ne sont que des hosts.

Bref, il fallait un peu plus de temps pour que Maeve et Caleb arrivent enfin au cœur des laboratoires, et la vérité y est surprenante. Cette fois-ci, le parc n’est pas géré par des humains, mais par des hosts sans visages. J’adore l’idée : Dolores a dû lancer tout ça pour corrompre les humains ensuite, et le parasite que Caleb et Maeve observent semble en dire assez long sur le sujet.

Rapidement, il découvre aussi les mouches déjà vus dans les épisodes précédents, mais aussi des vers. Les insectes sont en fait infectés par le parasite et semblent adorer les humains : tout ce qu’il faut pour les tuer, ou les manipuler, ou rentrer en eux afin d’en prendre le contrôle.

En parallèle de tout ça, Frankie, la fille de Caleb, cherche désespérément à contacter son père grâce à une radio. Ce n’est pas tout à fait efficace, puisque son père est coincé à Westworld. La mère est un peu dépassée par la situation, mais je trouve qu’elle s’en tire plutôt bien avec une gamine si obstinée. Par chance pour elle, la gamine est assez maligne aussi pour se rendre compte des pièges dans lesquels elle risque de tomber.

Ainsi, elle comprend plus vite que sa mère que le garde du corps que Caleb avait placé pour les protéger a été remplacé bien rapidement par un robot. C’était assez évident au moment où le robot n’a pas su répondre à la petite sur le tour qu’il était censé apprendre à son ours en peluche, mais ça l’est encore plus quand Frankie trouve le cadavre du garde du corps. Le pauvre ! Il n’a pas été très efficace, de toute évidence.

Le robot qui le remplace ne l’est pas beaucoup plus à se laisser berner par la mère de Frankie, rapidement mise au courant par sa fille de ce qu’il se passe. Alors que la petite part se planquer, la mère trouve rapidement une des armes de secours de Caleb et compte bien s’en servir. Je ne sais pas si c’est la meilleure option de commencer tout de suite à s’attaquer à l’host, par contre.

Jouer le jeu le temps de trouver un autre véhicule aurait probablement été plus utile. En attendant, là, l’host retrouve rapidement Frankie, pourtant bien cachée dans la maison. La fin d’épisode mène à un cliffhanger bien inattendu : Frankie est emmenée à Westworld, elle aussi.

Sur place, Maeve entend une fréquence que les humains ne captent pas – ce que l’on sait car Caleb ne l’entend pas. Par contre, les humains sont bien impactés par cette fréquence mystérieuse puisqu’elle les pousse à se suicider sans que Maeve ne parvienne à arrêter l’ordinateur qui diffuse la fréquence.

La scène est assez lourde à regarder, psychologiquement j’entends, car on assiste au suicide de plusieurs personnages qui sembleraient plutôt vouloir continuer de vivre. Et ce n’est que le début : dans d’autres pièces, il y a en effet Frankie… Caleb se précipite pour tenter de lui venir en aide, mais c’est en vain. Heureusement, Maeve finit par réussir à pirater la fréquence juste à temps pour empêcher le suicide de Frankie. La scène était très prenante, mais assez vite, on comprend que quelque chose ne va pas.

Cela me paraissait étonnant que Frankie soit arrivée si vite à Westworld, et pour cause : elle ne l’est pas. L’épisode révèle alors que Frankie est toujours chez elle, bien à l’abri. Elle s’est défendue avec un jouet contre son garde du corps robotisé, mais sa mère a eu raison de l’host bien vite. Du coup, à Westworld, Caleb se retrouve face à un robot ayant l’apparence de sa fille.

Maeve s’en rend bien compte, mais trop tard : elle est rapidement confrontée à William-Dolores qui attendait sa revanche depuis un moment. Et si Maeve parvient à s’en débarrasser bien vite au premier abord, elle est rapidement rattrapée par l’host au chapeau noir. Du coup, personne ne peut venir en aide à Caleb quand la tête de sa fille s’ouvre pour laisser s’échapper plein de mouches. L’épisode se termine sur ce cliffhanger inattendu : Caleb est infecté par les mouches.

Déjà que c’était un insecte que je n’aimais pas, cette fin d’épisode flirte franchement avec l’horreur cette fois.

Westworld – S04E02

Épisode 2 – Well Enough Alone – 18/20
Eh, j’ai tout compris (ou presque) ! Ce doit être le signe que la série a fait le tour de ce qu’elle avait à dire et j’avoue que j’ai envie de croire que cette saison 4 puisse être la dernière, surtout avec les twists de cet épisode. Quoiqu’il en soit, la qualité est toujours là : c’est un excellent épisode qui est tout simplement un plaisir à découvrir, tant pour son intrigue que pour ses effets spéciaux. Une belle réussite. Ah vivement lundi prochain !

Spoilers

William à leur recherche, Maeve et Caleb se rendent auprès d’un sénateur alors que Christina enquête sur Peter.

Well, it’s actually worse than I thought.

Il n’y a quand même pas à dire, c’est une série magnifique à regarder, et ce dès le premier plan. Et oui, vous ne rêvez pas, on est lundi, et je suis déjà devant le nouvel épisode. C’est que la série m’a vraiment manqué pendant longtemps, alors il était temps. Et puis, en contrepartie, je garde mon retard dans The Orville. On fait ce qu’on peut.

L’épisode reprend dans une ville du sud, même si je n’ai pas réussi à identifier si c’était censé être plutôt la France ou l’Espagne. En tout cas, une chose était sûre très rapidement, il s’agissait du dos de Clémentine, et ça, c’était inattendu. Cela faisait un bon moment qu’on ne la voyait plus dans la série, et c’est toujours une actrice aussi géniale.

Par contre, dans sa petite robe jaune d’été, elle nous leurrait bien : elle passait pour la jeune damoiselle en détresse, mais elle était encore capable de bons lancers de couteau. Malheureusement, ce ne fut pas suffisant pour arrêter William : celui-ci lui rend visite, toujours dans le but de retrouver Maeve.

Yep, il est fait une petite obsession le William, mais ça ne surprend absolument personne. De son côté, Maeve a quant à elle repris la route avec Caleb, toujours à la recherche d’un Sénateur qui risque fort d’être ciblé par William. En même temps, quand ils arrivent devant la demeure, je n’ai pu m’empêcher d’avoir l’impression qu’il s’agissait d’une maison vue en flashback dans la tête du robot décapité.

J’ai apparemment bonne mémoire : c’est bien le cas. Cela est révélé très rapidement par Maeve. Heureusement qu’elle semblait sous-entendre qu’ils étaient à la recherche d’un allié parce que Maeve et Caleb se rendent bien vite compte que ce n’est pas le cas. Le sénateur et sa femme sont remplacés par des robots. Ils ne semblent pas le savoir immédiatement, mais dès que Maeve l’indique, après avoir tiré sur le sénateur tout de même, les robots se relèvent et passent à l’attaque.

La femme manque de très peu de tuer Caleb, mais il est sauvé heureusement par Maeve qui a réussi à se débarrasser également du sénateur. Il est toutefois à souligner que Maeve a perdu une bonne partie du contrôle qu’elle avait avant sur les hosts.

Si elle est capable d’éteindre à distance les caméras, elle a beaucoup de mal à arrêter les robots quand ils l’attaquent. Elle nous tue la femme du sénateur sans trop de mal et conserve le sénateur lui-même pour pouvoir l’interroger.

L’interrogatoire est vite mené et permet à Caleb et Maeve d’apprendre qu’il y a 249 hosts infiltrés en tant qu’émissaire du Nouveau Monde. Bon, les humains sont clairement en train de perdre la guerre et comme Maeve le souligne bien vite, c’est pire que prévu : un flashback permet de révéler que William remplace donc des figures influentes par des émissaires hosts. Et il n’agit pas seul : ce n’est pas une surprise pour nous, il travaille avec Charlotte. On le savait déjà puisque le vrai William est mort lui aussi. Reste à savoir si tout ce beau monde est Dolores ou non. Et reste à avoir des nouvelles de Christina aussi, parce qu’il n’y a pas assez d’épisodes dans la saison pour ne pas la voir à chaque fois, non ?

Une chose est sûre, l’intrigue s’intéresse beaucoup à Maeve et Caleb cette semaine. Les deux enchaînent donc l’interrogatoire par la découverte des écuries du sénateur. Tous les chevaux y sont tués par… Anastasia, la femme du sénateur. Après tout, on l’a juste vu se prendre un coup de couteau dans le dos. Certes, le sénateur s’est pris une balle dans le crâne, mais elle non. Maeve nous apprend bien vite que malgré sa folie, elle n’est pas un host, mais bien la vraie Anastasia.

Pourtant, elle se comporte comme un robot, c’est bizarre. Elle transmet à Caleb et Maeve le message qu’un certain Don Giovanni les attend avant de les attaquer. Ouep, si elle est humaine, il y a quand même quelque chose de bizarre, comme si un disque dur avait remplacé un bout de son cerveau.

Maeve nous la tue rapidement, et face à tout ce qu’il se passe, Caleb décide de demander à son pote, Carver, de faire en sorte que sa femme et sa fille quittent la ville. Il veut les mettre à l’abri à tout prix, et ça sent rapidement l’intrigue qui finira en prise d’otage.

Le duo Maeve/Caleb se rend ensuite à l’opéra pour assister à une représentation bien particulière de Don Giovanni : il n’y a pas de public, pas d’host et pas non plus de chanteurs sur scène. Non, il y a en revanche un tourne-disque qui, une fois éteint, actionne un système de levier au niveau de la scène. Assez rapidement, Caleb et Maeve se retrouvent donc dans un étrange souterrain qui ne rassure pas Caleb. Il a bien vu que Maeve avait eu du mal à se débarrasser du sénateur-host plus tôt.

Pourtant, le souterrain mène à une sorte de speakeasy secret où tout semble aller pour le mieux avec une petite musique jazzy. En plein après-midi, plein de gens sont là à boire des verres quand même. Le duo me fait bien rire en tout cas, ils ont l’air assez efficace quand ils travaillent ensemble et ça fait regretter de ne pas avoir vu leur travail d’équipe se mettre en place.

La scène est toutefois intéressante malgré tout, parce qu’elle permet aux deux personnages de parler du passé qu’ils fuient, avant de se rendre compte qu’ils foncent tout droit vers le passé : le speak-easy n’est jamais qu’un wagon de train se rendant probablement à Westworld. Sauf que Westworld est interdit dans le monde désormais.

Pourtant, alors qu’aucun signal ne peut sortir du train, Maeve et Caleb sont bien approchés par un host au visage bien connu. Elle leur demande leur nom, sur tablette heureusement. Maeve peut trafiquer celle-ci et se faire passer pour Mrs Morgan, une ancienne habituée de Westworld bien contente de revenir. Sans qu’on ne sache vraiment où ils se rendent, le train avec tous les habits disponibles et les questions de l’host qui les accueille ne trompe pas trop : il y a là tout ce qu’il faut pour mener à de nouvelles simulations dignes de Westworld, le parc d’attraction. On demande même à Caleb de choisir un chapeau blanc ou noir, c’est dire.

Ailleurs, dans un building hyper moderne comme toujours, Jim Navarro du département de la Justice rend visite à ce qui ressemble fort à un Westworld. En tout cas, il parle à une autre version de Clémentine, encore, qui l’envoie bouler bien vite. Le type a beau représenter le gouvernement, il n’en reste pas moins un assistant à qui elle n’a pas envie de présenter son boss.

Son boss n’est autre que William-Dolores, ce que l’on découvre un peu plus tard quand celui-ci est à jouer au golf et est interrompu par… le vice-président. Même ça, ça n’empêche pas Clémentine de tenter de jouer le barrage, mais c’est inefficace cette fois. William a donc tué une version de Clémentine en l’égorgeant avant que Charlotte-Dolores ne la remplace ? Cela me suffit comme explication, contrairement à Clémentine qui est pleine de questions – demandant aux agents des services secrets pourquoi on les dit secrets alors qu’ils sont très visibles. Elle m’a fait rire, il fallait que ça apparaisse dans la critique.

En plus, ça se fait en parallèle de la conversation entre William et le vice-président, et celle-ci ne me passionne pas énormément. L’idée est que William attend l’autorisation du gouvernement pour reconstruire son business – et on comprend mieux pourquoi Charlotte-Dolores a décidé de compter sur lui pour recréer ses robots.

En attendant, le vice-président est impressionné par la capacité de William à faire de sacrés tirs de golf. On voit bien que le vice-président n’est pas encore un robot, mais ça ne saurait tarder à mon avis. Il fait l’erreur de menacer William et de lui expliquer qu’avoir plein de sénateurs ne suffira pas.

Sans trop de surprise, la menace change vite de compte quand William souligne au vice-président qu’il est venu lui parler quasi sans sécurité. C’est loin d’être une bonne idée, effectivement.

Le vice-président découvre bien vite que ses deux agents secrets sont tués par Clémentine, alors que William-Dolores se sert de son club de golf pour nous débarrasser du vice-président. C’est presque trop simple.

Clémentine peut ensuite s’en prendre à Navarro, l’assistant du début d’épisode, en l’étranglant dans sa voiture. Charlotte-Dolores monte alors dans la voiture pour voir Navarro en vrai, lui expliquer qu’il avait à peu près raison dans ses soupçons et… prendre possession de lui. Voilà qui explique ce qui est arrivé à Anastasia : une mouche entre dans l’œil de Navarro alors que Charlotte-Dolores sort de la voiture.

Cette dernière est ensuite vue en train d’interroger… William ? Mais le vrai ? Il ne serait pas mort ? C’est assez étonnant comme scène, mais au moins, ça permet d’en savoir plus sur le plan de Charlotte-Dolores. Je m’attendais à un peu mieux comme jeu de sa part à elle : elle veut simplement chasser les humains quoi. Rien de nouveau sous le soleil. La scène finit par William découvrant William-Dolores, mais ça aussi, ça n’est pas nouveau. En fait, ça ressemblait à une redite de la scène post-générique de la saison 3 mais sans arme à feu.

À la place, elle nous tue William avec du gaz. Bon, il est mort dans un sommeil sans fin, quoi, mais je ne sais pas trop à quoi ça sert de nous le remontrer. Pour moi, on en était débarrassé. En tout cas, cela permet à William-Dolores de commencer un petit discours, en présence du vice-président. Il y annonce l’ouverture d’un nouveau parc Westworld et ça donne beaucoup trop envie : bienvenue à Temperance dans les années folles si je ne m’abuse. Maeve a l’air ravi de découvrir une nouvelle variation du parc Westworld.

Pendant ce temps, nous retrouvons Christina-Dolores dans son lit, comme toujours. Elle dort toujours aussi paisiblement qu’en saison 1, et ça donne envie d’être un robot quand même. Pourtant, elle prétend auprès de sa colocataire qu’elle n’a pas pu dormir de la nuit suite au suicide de Peter.

La colocataire rassure Christina comme elle peut en lui prouvant que Peter avait perdu pied de la réalité il y a bien longtemps, comme le prouve les articles de journaux parlant de lui et de son suicide. Cela n’aide que partiellement Christina qui décide finalement de se rendre au travail. En chemin, elle entend un SDF se plaindre de la musique sans son qui est émise par la Tour. Cela sent bon les émissions d’onde, tout ça.

Difficile à dire pour l’instant. En tout cas, le SDF n’arrive pas à engager une vraie conversation avec Christina, qui est ensuite dépitée de trouver des oiseaux morts au pied du building de son travail. C’est un grand classique à New-York les oiseaux qui se prennent des vitres, pourtant. C’est apparemment suffisant pour qu’elle décide de ne pas aller au boulot.

Olympiad la harcèle sans trop de surprise : Emmett, son boss, l’appelle alors qu’elle essaie d’écouter son histoire – celle qu’elle avait dictée concernant un personnage nommé Peter. Le problème est donc rapidement qu’elle découvre qu’elle avait bien inventé une histoire similaire à celle de l’homme qui s’est suicidé devant elle. Pour ne rien arranger, Emmett finit par lui expliquer qu’il sait qu’elle lui ment en prétendant être chez elle : il est capable de la localiser dans le Jersey. Clairement, il est menaçant là. Ou harcelant, au moins.

Cela ne décontenance que partiellement Christina de savoir qu’elle perd l’un de ses quatre jours d’arrêt-maladie (oula, elle n’ira pas loin avec ça) pour se rendre dans une villa en travaux. Il s’agit en fait de la villa où est établie l’action de charité pour laquelle Peter avait légué toute sa fortune. Le problème, c’est que la fondation est clairement fermée. Christina appelle sa colocataire à la recherche d’explication car elle est celle qui lui a expliqué à qui il avait donné son argent… mais ça ne l’aide vraiment pas à comprendre tout ce qu’il se passe.

Pour ne rien arranger, elle découvre dans l’une des chambres de cet ancien asile des dessins de tour radio. Décidément, cette Tour n’en finit plus de nous hanter… mais moi, j’ai surtout hâte de retrouver le parc la semaine prochaine !

Westworld – S04E01

Épisode 1 – The Auguries – 17/20
La série nous propose un nouveau labyrinthe – ou une nouvelle pelote de laine à démêler – c’est certain. J’ai beaucoup aimé retrouver l’ambiance de la série et ses acteurs, mais ça semble pour l’instant manquer d’ambition dans l’histoire. On ne retrouve pas tout le monde, et c’est gênant. Comme en saison 3, par contre, la direction artistique de l’épisode est au top, que ce soit pour le visuel ou le son. Cela joue toujours beaucoup dans mes appréciations, je crois, et la scène finale ne contredit vraiment pas cet argument.

Spoilers

William recommence à faire de la merde sept ans après la saison 3. Sauf qu’on sait que ce n’est pas William.

Is this up to me or did you write this too ?

Cette saison 4 commence sans même nous proposer un récap des précédentes, ce que je trouve un peu abusé avec la complexité de cette série. En plus, l’épisode ne dure que 54 minutes, ça n’aurait pas coûté grand-chose de nous remettre trois minutes de résumé pour entrer dans l’ambiance – ou pour confirmer qu’on regarde la bonne série.

Le début nous montre en effet un homme dans une baraque de dingue, avec un flingue à portée de main, le costard qui va bien et la réunion d’hommes d’affaire qui s’ensuit. La vie typique du type détestable, en vrai, on est dans le cliché de l’homme d’affaire américain. Il s’inquiète du rachat des villes par un homme qu’on ne connaît pas, mais qui s’avère rapidement être William. Evidemment. Il a pris un sacré coup de vieux, je trouve.

Il se pointe en plein désert à bord d’un engin dont je ne connais pas le nom, mais qui semble avoir remplacé l’hélicoptère dans ce futur proche. Nous suivons toute la réunion qui suit avec l’homme d’affaire du début. William lui révèle rapidement au cours de la visite d’un barrage qu’il souhaite tout racheter. Même quand l’homme indique que ce n’est pas à vendre, William affirme qu’en Amérique, tout s’achète.

Je crois qu’il a raison. Pourtant, l’homme d’affaire n’a vraiment pas envie de lui vendre à lui le barrage. William ? On sait bien qu’il s’agit d’un robot, mais on ne nous le rappelle pas en début de saison. Par conséquent, tout ça semble bien détaché de la série, jusqu’à ce que William affirme vouloir acheter le barrage pour retrouver ce qu’elle lui a volé il y a huit ans. Bon, tout ça est encore lié à Dolores alors.

L’homme du cartel – parce que finalement, c’est un cartel – rentre chez lui sans avoir vendu ses terres à William, mais avec une promesse de celui-ci : il cèdera le lendemain son barrage à William sans en toucher le moindre profit. Chez lui, il découvre plusieurs mouches un peu partout, ce qui ne l’inquiète… puis un immense essaim de mouches au plafond. Tout ça me fait un point du Bingo Séries, parce que bien sûr, l’homme est embêté par les mouches.

La série reprend alors le lendemain : l’homme se réveille et se rend auprès de ses boss pour leur transmettre le message de William et les tuer. Euh ? On avait dit que ça ne rapporterait rien de donner les terres le lendemain, pas que ça tuerait tout le monde. Pourtant, clairement William n’a aucun scrupule : il récupère le contrat vendant le barrage pour absolument rien et laisse l’homme du cartel se suicider. Bon, la nanotechnologie est toujours au point si quelques mouches sont capables de faire un truc pareil.

Il est ensuite temps de retrouver le générique si génial de la série. Si la musique reste toujours la même, le générique nous offre la surprise de nouvelles images. J’ai essayé de ne pas trop les décortiquer pour le moment, mais ça nous confirme que le robot n’est plus au cœur de l’intrigue. Au contraire, on est désormais sur les liens entre chacun, avec des hommes coincés dans des bulles en fin de générique.

Après celui-ci, il est l’heure de retrouver Dolores dans un appartement hyper moderne qui donne bien envie de vivre dans le futur – ou dans le passé, parce que Dolores se réveille exactement comme en saison 1. C’est entêtant cette image et cette manière de se raccrocher au passé. Par contre, faut m’expliquer : Dolores est donc en vie ? Et elle vit avec une femme qui l’appelle Christina. Et Christina est harcelée au téléphone, avec aussi l’impression qu’elle est espionnée en permanence. C’est gênant comme tout pour elle, et sa colocataire veut la faire sortir plus de l’appartement pour qu’elle reprenne confiance en elle.

Pourtant, avec son look hyper badass, elle devrait déjà avoir confiance en elle franchement. Le monde a donc bien évolué depuis le chaos de la fin de saison 3 : la vie semble avoir repris son cours dans une ville futuriste hyper travaillée. Buildings immenses, espaces verts partout, voiture du futur, masque covid pour une figurante (ah ??), open space repensé pour l’entreprise Olympiad où Christina bosse. Eh, ça donne envie d’y vivre !

En plus, à Olympiad, elle écrit des histoires qui prennent vie immédiatement sur un hologramme, ça donne trop envie. Cela dit, si ça donne envie, les histoires que Christina raconte ne plaise pas à son boss – du tout. Il en a marre des histoires à l’eau de rose et il garde Christina uniquement parce qu’elle a écrit auparavant une histoire qui se terminait bien mal pour un type perdant tout et harcelant une femme.

Le problème, c’est que c’est apparemment ce qui a déclenché le harcèlement dont elle est victime : un homme lui laisse des messages vocaux pour lui dire qu’elle détruit sa vie avec son jeu. Etonnant.

Le soir, Christina rentre chez elle et reçoit un appel de Maya voulant vérifier si elle est bien en chemin pour la fête prévue. Pas de bol, Christina, tu vas devoir t’y faire : ta coloc est vraiment aux petits soins avec toi.

Oui, mais : Christina entend ensuite du verre se briser à proximité, et ça l’inquiète suffisamment pour se rendre sur le balcon de l’appartement. Ici, elle trouve un pot de fleur brisé – le bruit entendu – et un symbole labyrinthique, forcément. Elle raconte la première partie à Maya quand elle se rend à une soirée speed dating avec elle. Reste à savoir si on peut vraiment faire confiance à Maya ou non – et à savoir qui est Dolores exactement quand elle joue à Christina.

Son rencard semble se dérouler à peu près bien – elle explique son travail au type, et son travail reste passionnant en vrai. Elle est scénariste, oui, mais pour les personnages secondaires dans les jeux, les PNJ, les personnages qu’on ne peut interpréter… Tu m’étonnes qu’elle trouve la vie déprimante après ça ; et après son rencard où le type lui propose de prendre des cachets pour soigner sa dépression. Franchement, le type sait parler aux femmes, ça se voit. J’ai éclaté de rire tellement c’était ridicule.

Pas aussi ridicule que les appels qu’elle reçoit encore, avec un type qui insiste pour dire qu’elle est en train de détruire sa vie et qu’elle doit absolument tout arrêter afin qu’il ne le fasse pour elle. Il parle aussi d’une tour, et Christina raccroche… pour mieux retrouver l’homme, Peter, en train de l’attendre devant chez elle. J’aime beaucoup l’intrigue qui se développe là, même si ça reste surprenant pour la série de prendre cette direction : les personnages que Christina invente sont en fait des gens qui subissent ce qu’elle invente. Cela ne leur plaît pas.

Peter agresse donc Christina, mais se fait finalement casser la gueule par un autre type avant que les deux ne disparaissent sans crier gare. Le lendemain, Peter la rappelle pourtant depuis le toit de l’immeuble en face pour… mieux se suicider ? Avant de le faire, il demande toutefois à Christina si c’est son libre-arbitre qui le fait se suicider, ou si c’est l’écriture de la scénariste qui provoque cela. C’est une bonne intrigue après tout le délire d’Incite, mais ça vient donc encore d’une grande compagnie.

L’épisode se termine pour Christina au moment où elle commence à écrire une nouvelle histoire sur une fille qui cherche quelque chose pour remplir le vide de sa vie. La série marque vraiment des points avec cette scène toute bête, voire niaise, grâce à la musique qui l’accompagne et au montage qui nous fait le lien avec les autres intrigues au même moment. Oui, il y a d’autres intrigues pour l’épisode tout de même, il n’y a pas que cette fin stupide que personne ne veut entendre et ce cliffhanger improbable où depuis la rue, Teddy est en train de l’observer. Teddy ? Allons bon. J’en suis à me demander si on est de retour dans un parc, déjà.

Loin de la ville, nous retrouvons ainsi Maeve dans ce qui ressemble à un chalet à la montagne – ou au moins dans la forêt. Une fois de plus, elle est obsédée par le souvenir de sa fille à Westworld. Pour elle, nous avons droit à quelques flashbacks nous rappelant la vie franchement compliquée qu’elle a eu au cours des trois premières saisons.

La fin de saison 3 nous la laissait à promettre un futur heureux à Caleb, futur dans lequel il pourrait être qui il veut. Malheureusement, ça ne se semble pas être le futur que les scénaristes lui réservaient : des flashbacks semblent indiquer que Caleb est mort dans une autre opération de destruction avec Maeve. Euh ? Embêtant de nous tuer le personnage comme ça. Les souvenirs douloureux finissent par couper le courant de la cabane… et des alentours.

En effet, le surlendemain, Maeve se rend faire ses courses habituelles pour mieux apprendre que des amis à elle seraient passés vingt minutes plus tôt. Elle achète aussitôt une hache pour se protéger et retourne à la cabane. Sur place, un commando armé est clairement à sa recherche. Cela ne l’impressionne pas tellement, forcément.

Elle met au point un piège pour faire exploser sa voiture grâce à ses talents de sniper et déjà blessé certains des hommes à sa poursuite. Elle est en terrain connu et a un sacré avantage sur eux. On comprend donc qu’elle n’a aucun mal à les tuer et à prendre le dessus. La hache ? Elle finit par s’en servir contre leur chef histoire d’obtenir quelques informations supplémentaires. Elle découvre donc que la panne de courant est ce qui fait qu’on l’a retrouvé bien vite, et elle explique qu’elle n’aime pas bien l’idée après sept ans à ne déranger personne.

Comme le chef était un robot, elle lui arrache la tête et récupère bien vite les données de son « cerveau ». Grâce à cela, elle découvre que c’est William qui est à sa recherche. Il n’en faut pas plus pour qu’elle se décide à cramer sa cabane. Tu m’étonnes.

De son côté, Caleb n’est pas mort comme le flashback semblait le suggérer – ou alors c’était vraiment un flashback et j’ai oublié un bout de la saison. C’est entièrement possible. En tout cas, il est encore en vie, c’est pourquoi on le retrouve une fois de plus en ville, à bosser comme il le faisait en début de saison 3 : il est à faire quelques travaux sur le toit d’un immeuble, avec un collègue complètement débile. Ce dernier n’est pas fan des émeutes de la fin de saison 3 parce que selon lui, Incite ne disait pas ce quelqu’un allait/pouvait être, mais ce que quelqu’un était déjà. En quelques répliques, les scénaristes nous font donc comprendre que la lutte de la saison 3 est loin d’avoir été aussi simple qu’il n’y paraissait. Bien sûr que les extrémistes ne la vivent pas de la même manière ; bien sûr que c’est remis en question.

Une autre scène nous fait suivre l’entraînement au tir d’une petite fille par… Caleb ? Il est désormais papa d’une petite Frankie qui a sept ans. Ah. Et ça doit être un anniversaire particulier, parce que sa femme lui rappelle que malgré la journée compliquée, c’est bon, la guerre est finie, il faut s’en remettre. Tout cela ne me dit rien qui vaille.

En tout cas, une chose est sûre : Caleb est parano. Il entraîne sa fille à tirer au flingue, il est toujours aussi fort lui-même quand il s’agit de tirer et il s’inquiète dès qu’il entend du verre brisé (décidément !) en-dehors de chez lui. Au point d’aller chercher un flingue caché chez lui, oui. Intrigant tout ça. Sa femme arrive heureusement à le calmer… mais peut-on lui faire confiance ?

Je ne sais pas trop. Elle fait ensuite une crise à Caleb parce qu’elle se rend compte que leur fille se met à prétendre avoir elle-même un PTSD. Pire que tout, elle se met à craindre que Caleb ne soit pas flippé à l’idée d’une guerre, mais plutôt qu’il a envie d’y revenir. La dispute entre les parents réveille en tout cas Frankie, qui s’inquiète ensuite d’entendre un autre bruit en-dehors de la maison.

Cette fois, il s’agit bien d’un raton laveur fouillant les poubelles… mais elle fait tomber son ours en peluche par la fenêtre. C’est une erreur grossière, mais tout va bien finalement : il y a bien un homme qui veut parler à Caleb en lui tirant dessus, sauf que l’homme se fait finalement tuer par Maeve.

Eh oui, l’intrigue nous fait déjà le lien entre Maeve, Caleb et William. Finalement, ce que craignait Caleb est bien sur le point de recommencer : William veut lancer une nouvelle guerre, reste à savoir exactement laquelle, et il va devoir reprendre du service. La femme de Caleb comprend bien que la guerre n’est pas finie finalement, et que oui, son mari n’est pas juste parano. Il doit donc quitter sa famille quelque temps – mais la femme a juste peur qu’il se fasse tuer. Ce n’est pas vraiment comme s’il avait le choix si William en est à envoyer des assassins chez lui…

Caleb laisse toutefois quelques hommes pour protéger sa famille avant de faire équipe avec Maeve. Elle n’est pas trop partante et elle le lui dit, mais elle part tout de même avec lui, sachant que la prochaine cible de William est un sénateur en Californie. La suite au prochain épisode probablement.