Euphoria – S01E10 (spécial)

Épisode 10 – F*ck Anyone Who’s Not a Sea Blob – 19/20
Nous ne sommes pas si loin de la perfection, et je chipote vraiment à ne pas y mettre 20, mais la chronologie de l’épisode était tout de même bien particulière. Je ne suis pas sûr d’avoir réussi à tout remettre au bon endroit, et en même temps, ce n’est vraiment pas l’essentiel. L’essentiel, c’est le personnage de Jules, au cœur de cet épisode. Avec toujours autant de brio à la réalisation et dans la photographie, on comprend enfin mieux ce personnage en explorant des failles qui étaient là depuis toujours et dont on ne savait que trop peu de choses. Bref, un épisode prenant et poignant, qui fait réfléchir. Je n’en attendais pas moins de cette série. Vivement la suite, un jour.

> Saison 1
> Épisode spécial sur Rue


Spoilers

I want to be as beautiful as the ocean.

Nous y voilà enfin, le second épisode spécial de la série est là, et ça commence par un bien meilleur résumé des choses avec des images de la saison 1 accompagnées par la rupture entre Rue et Jules, cette dernière s’enfuyant en train vers on ne sait trop où… On la retrouve alors chez le psy, et c’est une excellente chose pour ce personnage qui en a probablement bien besoin après tout ce qu’il s’est passé en saison 1.

On a à peine le temps de se faire à l’idée d’une séance de pas qu’on passe immédiatement à autre chose avec une magnifique chanson nous résumant bien l’état d’esprit de Jules. Le tout est accompagné de photos de Jules et Rue, principalement, vues dans un œil en gros plan. Tout colle parfaitement aux paroles de la chanson, même le générique qui disparaît peu à peu dans le noir, comme le suggère la chanson. Pfiou. Il fallait bien cette série pour me faire aimer une chanson de Lorde, franchement !

Jules décide finalement de ne pas parler de Rue à sa psy, et de la rupture. Elle est plutôt en train d’envisager une détransition : elle veut arrêter les hormones. Pardon ? Je ne m’y attendais pas à celle-là. Tout ça semble plutôt être une idée qui lui passe par la tête, et ça permet à la conversation d’en arriver à toute autre chose : l’auto-critique dont Jules fait preuve en permanence. On découvre au passage qu’il s’agit de la première séance de psy de Jules avec celle-ci, et je suis assez impressionné, parce que nous sommes déjà super loin dans sa tête. Je sais, il y a du boulot avec Jules, mais de là à ce que ce soit déjà aussi approfondi.

L’épisode est un bon long gros plan de Jules. C’est assez dingue, et j’ai failli croire que tout allait être tourné en un seul plan séquence. Finalement, la série fait le choix de nous montrer la psy, mais ce n’était pas gagné. L’autre truc qui n’est pas gagné, c’est d’écrire une critique complète de l’épisode : comme pour le premier épisode spécial, la complexité vient du fait que le format est totalement improbable.

Tourné pendant le confinement, l’idée est surtout de nous montrer une seule scène de 49 minutes quand même. On plonge comme rarement dans la pensée des personnages que l’on connaît, et le format de la session psy est parfaite pour ça. D’ailleurs, la psy de Jules aussi est parfaite : elle réussit à ramener le sujet Rue sur le tapis, comme si de rien n’était.

Cela permet à Jules d’enfin récupérer le sourire, parce qu’elle sait que Rue était amoureuse d’elle – elle est la seule qui la voyait vraiment pour ce qu’elle était, pour qui elle était. Le problème, c’est justement ça : c’était bien pour Jules, mais c’était aussi trop apparemment ; surtout que pour Jules, c’est comme ça qu’une mère doit probablement regarder son enfant lorsqu’elle le découvre pour la première. Elle l’aime, sans rien savoir de ce bébé.

C’est bien amené, parce que Jules parle d’elle-même de sa mère, alors évidemment, la thérapeute s’engouffre dans la brèche. Quelques images de flashbacks de Jules et son père plus tard, notre personnage principal de l’épisode change évidemment d’avis et refuse à nouveau de parler de sa mère, préférant en revenir à ses hormones et à son choix de transition – craignant les effets de la puberté, notamment.

Elle affirme ensuite vouloir être aussi belle qu’un océan, et aussitôt, on nous montre que la production est allée assez loin dans la mise en image de l’épisode. La métaphore est poussée à l’extrême avec des images de Jules dans l’océan au coucher du soleil, puis sous la pleine lune. Elle était là dans l’eau, non ? J’ai un doute, et j’aimerais ne pas en avoir un pour le Bingo Séries.

Bref, tout ça finit par nous révéler que Jules est là depuis six mois suite à un coup de tête : elle a paniqué, elle a eu peur de mourir, elle a eu peur d’elle-même et elle s’est barrée. Et maintenant, Rue ne décroche plus le téléphone quand elle appelle. Le tout sur fond d’opéra ? Bon dieu, mais la musique est presque en trop tant la performance est exceptionnelle. Elle se met rapidement à pleurer, et le sanglot est prenant. Vraiment, sacrée performance. Est-ce que c’est pour ça que je n’ai pas encore écrit mon article performance de la semaine ? Bien évidemment.

Cela dit, Jules ne reste pas fixée sur la tristesse. Au contraire, elle enchaîne sur la colère, parce qu’elle est énervée après Rue ; énervée de la dépendance de celle-ci envers elle ; énervée de savoir qu’elle risquait la rechute chaque fois qu’elle n’était pas là ; énervée par la situation.

Tout ça est mis en parallèle avec la mère de Jules. J’aime le parallèle, j’aime les images choisies : on nous rappelle que Jules et Rue étaient un couple étrange, jamais tout à fait défini, mais vraiment attachant et magnifique. Le parallèle ? Eh bien, la mère de Jules est aussi dépendante et addict à la drogue, et Jules ne l’aime pas énormément pour ça. Elle est énervée que sa mère se laisse déborder par ses addictions, et elle refuse de la voir, même quand elle va mieux.

La psy n’en a pas pour longtemps à nous montrer à quel point le parallèle est valable et dérangeant : tout comme la mère de Jules, Rue est accro à la drogue, voit Jules pour ce qu’elle est… mais ne comprend pas exactement l’impact qu’à la drogue aussi sur Jules. C’est horrible. C’est d’autant plus horrible que les petits airs d’opéra fonctionnent à merveille sur cette scène qui enchaîne sur Jules préférant parler à des inconnus sur internet, parce qu’elle peut être bien plus réelle avec eux.

Rue l’avait mise en garde pourtant, sur la possibilité que ces étranges d’internet avaient de mentir, mais Jules avait tout ignoré, préférant continuer de flirter avec ShyGuy118 et s’imaginer un beau gosse à poil sortant de sa salle de bain – à moins que ce ne soit vraiment un plan cul de Jules ? Je ne pense pas. La série nous ressort un full frontal masculin bien inattendu dans cet épisode, franchement. Tout ça mène toutefois à la conclusion difficile que confesse ensuite Jules : la moitié de ses relations se déroulent dans sa tête ; elle s’imagine des moments parfaits.

Des moments qui la font encore sourire quand il s’agit de Rue, qu’elle n’a pas osé embrasser. Elle en a eu envie, plus d’une fois, mais c’est finalement Rue qui l’a fait, avec les conséquences que l’on connaît : Rue s’est barrée en courant, laissant Jules complètement paralysée derrière elle. Quand elle a repris ses esprits, Jules a envisagé de la rappeler, mais en vain, par peur de la perdre. Pourquoi ? Elle répond à sa psy qu’elle avait peur que Rue ne puisse l’aimer autant qu’elle ne l’aimait elle.

Pourquoi ça aurait été impossible ? Les flashbacks que l’on connaît déjà parlent d’eux-mêmes : Jules a trop de mal à s’aimer elle-même, depuis l’enfance, avec une tentative de suicide au moins et nombre d’hospitalisations. L’horreur, quoi. Et encore une fois, Jules botte en touche et change de sujet, en revenant à sa relation avec ShyGuy118, relation si étrange et bizarre.

Elle a eu selon elle l’occasion d’apprendre à le connaître mieux que Rue, à rester jusqu’à quatre heures du matin à lui parler par texto. Son Tyler, elle l’imaginait, il était beau gosse et elle couchait régulièrement avec – bien sûr, la série nous offre une salve d’images de leurs ébats, hein. Tout ça rend encore plus difficile sa disparition ensuite : elle a bien conscience que son fantasme n’existait pas vraiment, et tout ça nous mène à une ambiance digne d’un thriller.

Elle est amoureuse de Tyler, encore aujourd’hui chez sa psy, et ça rend bien difficile les choses pour elle, parce qu’elle sait à présent qu’il n’existe pas vraiment. En plus, il est l’une des raisons qui rend sa relation à Rue si compliquée. Et purée, mais quelle performance, quel jeu, que ce soit dans les scènes de sexe, la masturbation, ces moments à deux doigts du viol ou juste la séance psy. Cette plongée dans le personnage de Jules est réussie : j’ai enfin l’impression de mieux la connaître et la comprendre, alors que j’avais tant de mal au début.

Quant à l’actrice, encore et toujours, qu’est-ce que c’est impressionnant. C’est même impressionnant quand on la voit simplement s’énerver contre une porte de salle de bain fermée à clé derrière laquelle se trouve probablement Rue et qu’on passe aussitôt à une scène où sa mère l’attend à la maison quand elle rentre. L’embuscade est violente pour Jules qui s’engueule alors avec son père dans sa chambre, ne comprenant pas comment sa mère peut vouloir s’excuser après tout ce qu’elle a fait.

Elle jure n’en avoir rien à faire et le père la prend à la psychologie, lui demandant de descendre voir sa mère pour écouter ses excuses. Si elle n’en a rien à faire, ce n’est pas bien compliqué. Le problème, c’est que Jules descend trop tard : la mère a entendu la conversation entre le père et la fille, et tout ça est donc totalement vain.

Tout ça ? Ca a eu lieu durant la saison 1, et sa mère a rechuté dans l’alcool juste avant Halloween. La chronologie est perchée et la spirale infernale, menant finalement à Jules enfermée dans une salle de bain rêvée. On repart une fois de plus sur le fantasme d’un appartement partagée avec Rue, comme dans l’épisode précédent où Rue imaginait la même chose… Sauf que cette fois-ci, la porte de la salle de bain forme une barrière entre les deux jeunes femmes et Rue est étalée sur le sol de l’autre côté du miroir d’une salle de bain où Jules elle-même s’enferme face à la colère de son père. Ah, les scènes de miroir et de plongée dans cette série, j’adore.

Malheureusement, l’épisode va s’arrêter là : la séance de psy est terminée, ça ne dure qu’une heure après tout. Les conseils de la psy ? Jules doit être patiente avec elle-même et passer un bon réveillon de Noël. Voilà qui est fait.

L’épisode se termine toutefois par Jules dans sa chambre le soir du réveillon, et ce n’est pas exactement joyeux, alors qu’il pleut des cordes, et que Rue débarque la voir. La confrontation entre les deux est déprimante : Rue, trempée, vient voir Jules parce que c’est Noël et que ça lui fait du bien de la voir enfin. Les excuses sont faites, la scène est prenante, poignante et… Rue se barre sans même toucher Jules. Pas une embrassade, pas une caresse, rien, au secours. C’est si triste et si déprimant. Comme le premier épisode spécial, donc, celui-ci se termine par un plan d’un personnage en train de pleurer, vu à travers une fenêtre sur laquelle il pleut des cordes. Ah, Euphoria !

> Saison 1
> Épisode spécial sur Rue

Euphoria – S01E09 (spécial)

Épisode 9 – Trouble Don’t Last Always – 20/20
Pour un épisode spécial, c’est un épisode spécial. Le choix est osé, c’est quasi-impossible à critiquer (cela dit, j’essaie quand même), mais c’est, comme toujours avec cette série, parfaitement brillant. Ce n’est pas du tout ce que j’attendais, mais j’ai adoré ce long épisode beaucoup trop court (oui, oui) et les développements qu’il apporte, l’air de rien, loin de tous les champs du possible du cliffhanger de la saison 1. Un épisode improbable, donc, mais réussi, et complètement hors du temps. Comment ça, ça a duré une heure ?

Saison 1Saison 2
> Episode spécial sur Jules


Spoilers

I love talking to you, because we talk about the real shit.

Je ne sais pas comment classer cet épisode exactement dans le chapitrage en saison, mais je viens de découvrir que cet épisode spécial d’Euphoria est en ligne. OCS le nomme épisode 9 de la saison 1… Alors euh, je vais en faire autant. C’est la première partie d’un double épisode, et je n’ai juste pas été capable d’attendre plus longtemps pour le voir maintenant que j’ai découvert qu’il était en ligne. J’avais noté qu’il était pour le 8 décembre, je découvre par hasard sur Twitter qu’il est dispo depuis le 5.

Au moins, ça veut dire que tout ce que je fais pour éviter les spoilers fonctionne bien. Un peu trop, peut-être. Est-ce que j’ai lancé l’épisode sans me remettre en tête tout ce qu’il s’était passé l’an dernier ? Oui. Est-ce que la série ne me le rappelle pas non plus ? Oui. Super. Ce n’était pas utile pour la claque qu’il représente en tout cas.

On retrouve donc Rue toute heureuse en couple avec Jules. Elles ont leur propre appartement désormais et Jules a une présentation importante de ses œuvres. Le paradis ? Il cache une part d’ombre avec Rue qui ne met pas longtemps à se droguer à nouveau. Et c’est à peine fait qu’une transition nous ramène à la Ru qu’on connaît, défoncée avec ses pulls à capuche, tentant de convaincre son parrain qu’elle a tout arrêté. Mouais. Le fantasme était bien mieux, et il nous faisait oublier la crise sanitaire.

Cet épisode manque clairement de sa voix off et ne reprend pas vraiment sur le cliffhanger de l’an dernier, alors c’est étrange. Il s’agit d’une transition entre les saisons, je sais bien, mais ça se fait donc sans lien avec l’épisode précédent. L’absence de lien est totale : nous sommes loin du rythme effréné de la série, puisqu’on reprend sur un épisode d’une heure, nous présentant… une simple conversation entre deux personnages. Il m’a fallu un certain moment pour le comprendre. C’était étrange, mais le tout se passe dans un diner avec un mètre de distance entre les acteurs. Facile.

Il est aussi étrange de regarder cet épisode emmitouflé dans un plaid, alors que j’avais l’habitude de regarder la série en pleine canicule, mais on en est tous là. Qu’est-ce que je suis heureux de retrouver Zendaya, en tout cas !

Oui, la série et son actrice me manquaient, même si c’est bavard et même si je ne suis pas à fond derrière cette idée d’épisode bavard. En vrai, je dis ça, mais ça m’a totalement réveillé de savoir qu’il y avait un épisode. J’étais pourtant parti pour aller me coucher quand j’ai vu passer l’info de cette mise en ligne et… Je n’ai pas tenu deux minutes ma résolution d’aller me coucher.

Les grimaces et les moues de Zendaya me refont ma soirée, et probablement ma soirée. Ah, et ça me fait déjà des points du nouveau Bingo Séries puisque l’épisode a lieu en plein réveillon de Noël (quel meilleur moment pour une réunion avec son parrain des AA ??) et que les personnages sont filmés à travers la fenêtre du restaurant où ils sont pendant plus d’une heure. Allez, on ne va pas se mentir, ce n’est pas un épisode qui se critique comme je le fais habituellement. C’est une conversation. On ne résume pas une conversation comme ça. Tout est fluide, tout est génial et tout… me donne envie d’écouter les personnages plutôt que de prendre des notes.

On découvre en même temps que Rue que le parrain dont j’ai oublié le nom (Ali) s’appelle en fait Martin, et c’était marrant à voir. Avant ça, j’ai aimé sa tirade sur l’addiction qui est une maladie, maladie qui n’est vue comme telle par absolument personne. L’avantage de cette conversation, c’est qu’elle permet de beaucoup mieux connaître ces personnages paumés. Les failles de Rue sont ainsi largement explorées. Je n’ai pas le souvenir que la première saison explorait autant ses faiblesses : ici, il est très clair que la mort de son père n’est toujours pas digérée.

Elle en veut encore à Dieu, quoiqu’elle en dise, et cette conversation déconnectée de tout le reste, y compris de la crise de coronavirus finalement, nous le fait clairement comprendre. Ali évoque aussi, en creux, le Black Lives Matter, inévitablement, et les difficultés à mener des révolutions. Son conseil à Rue ? Croire en la poésie, parce qu’elle est malade et que c’est la seule chose qui lui permettra de rester à la surface. Pfiou. Zendaya. Le talent de cette actrice, putain. Je suis sur le cul, tout simplement. Franchement, Ali est doué comme acteur – meilleur que dans Fear the Walking Dead d’ailleurs – mais il n’est rien par rapport à Zendaya.

La production minimaliste de l’épisode sublime encore plus son jeu d’actrice, je trouve. Oh, minimaliste… Il y a bien un traveling réussi, il y a bien un plan qui rappelle un tableau d’Edward Hopper (Nighthawks), il y a bien la transition de début d’épisode, il y a bien des plans audacieux, ou au moins originaux, et, évidemment, il y a bien un passage musical absolument brillant quand Ali sort fumer et que Rue reçoit un message de Jules avec une chanson qui reflète parfaitement l’état de Rue. Pendant ce temps, ce pauvre Ali galère à parler à sa famille, et notamment sa fille.

L’acteur est peut-être bon, mais je dois vous avouer que je m’intéresse surtout au personnage de Rue. Cela ne surprendra personne, cela dit. J’étais donc content que la série y revienne juste après cet intermède musical digne d’une coupure pub finalement. Rue pose évidemment la question de Jules, de savoir quoi faire de son envie de rencard avec et de couple heureux.

Ali botte étrangement en touche (il y a peut-être à creuser de ce côté-là ?) pour demander conseil à leur serveuse, Miss Marsha, qui est dans sa dix-septième année de sobriété. Elle est de bons conseils, rappelant à Rue qu’il faut se concentrer sur ce qu’elle veut vraiment – guérir. En plus, Jules n’est probablement pas une bonne idée pour Rue, puisqu’elle l’accuse encore d’être responsable de sa rechute, alors qu’Ali souligne avec beaucoup de justesse que, peut-être, avoir de la drogue dans sa chambre n’était peut-être pas une bonne chose pour rester sobre.

Je l’ai beaucoup aimé dans cet épisode Ali, alors que je ne sais plus ce que je pensais de lui avant. Là, il est très clair dans l’analyse de la relation Rue/Jules. Il repère immédiatement le problème qui n’était pas toujours si évident à voir en saison 1 où l’on se laissait facilement emporter par Rue : notre héroïne est amoureuse et elle se monte toute seule un énorme film sur sa relation avec Jules. Cela n’a jamais été une relation de couple, juste des baisers et du bien être qui n’était pas clarifié entre elles.

De toute manière, Rue en revient à la surface de ses problèmes à parler de Jules. Il y a la relation à son père mort, mais il y a aussi la relation à sa mère, qu’elle a menacé avec un bout de verre. Malgré ça, elle n’impressionne pas Ali – et elle lui affirme aussi qu’elle n’a pas fait son tatouage à la lèvre. Elle voit tellement Ali comme une bonne personne qu’elle n’arrive pas à l’imaginer comme quelqu’un de terrible, alors que c’est évidemment le cas : il est quelqu’un de terrible. C’est l’occasion pour nous de découvrir qu’il a deux filles et que, malgré ça, il a tout de même reproduit son schéma familial, à frapper la mère de ses enfants alors qu’il avait passé vingt ans de sa vie à envisager de tuer son père qui frappait sa mère.

Ces personnages sont terribles. Ces personnages sont déprimants. Pourquoi ça fait tant de bien de regarder cette série quand tout le monde y est si éclaté ? Je pense sincèrement que c’est le choix d’aborder de front des sujets qui sont trop souvent des batailles silencieuses ou aseptisées par les scénaristes qui veulent juste de bonnes histoires. Peu de séries prennent vraiment le temps de poser deux personnages pour qu’ils parlent pendant une heure. Peu de séries peuvent se le permettre et sortir un aussi bon épisode, cela dit.

Ce bottle episode est une réussite pour ça : ces personnages en ressortent encore plus attachants et encore plus incroyables. Rue qui écoute la vie d’Ali, continue de penser qu’il est quelqu’un de bien, puis lui avoue qu’elle n’a pas l’intention de rester en vie assez longtemps pour atteindre le fond qu’il a atteint… C’est à couper le souffle. Je suis tellement bon public pour cette série – mais c’est précisément ça qui est le plus fou, ça n’a rien à voir avec la série que l’on a connue il y a un peu plus d’un an.

Voir aussi : Ce que c’est qu’un bottle episode

Oh, oui, il est question de la colère, du niveau de colère et de rage auquel on est confronté quotidiennement, mais tout ça n’est pas le cœur de l’épisode. Les personnages sont dans une bulle, dans cette poésie si chère à Ali. Ils ne refont pas le monde ; ils ne refont même pas leurs vies. Ils sont juste là, à parler de ce qui est important pour eux. Et j’ai envie de revoir l’épisode avant même de l’avoir terminé. Il m’a réveillé, vraiment.

Et cette prestation de Zendaya. Je sais que je suis en boucle, pardon, mais ce long silence quand Ali lui demande la manière dont elle veut que sa famille se souvienne d’elle ? C’était brillant, à la fois dans l’écriture et dans le jeu. Tout ça pour finir en rire ? Incroyable. Je suis trop élogieux, je sais. Je sais que cet épisode va diviser, que beaucoup risquent de le détester… mais il est parfait. J’ai ri, j’ai eu de la peine, j’ai été captivé pendant une heure sans la voir pleurer et, bordel, j’ai même fredonné sur l’Ave Maria final. C’est dire si j’étais à fond.

Bref, vivement le prochain épisode, tout simplement, parce que je manque de séries comme ça en ce moment. C’est typiquement le genre de séries pour laquelle je n’ai plus aucune limite. Il faut que je voie l’épisode, c’est tout. Et c’était un chef-d’œuvre, un petit bijou, que j’ai vraiment envie de revoir. La dernière scène, dans la voiture, avec Rue qui déprime en regardant la pluie en ce soir de Noël. So relatable, sans l’être car je n’ai jamais été dans sa situation. Brillant.

> Saison 1
> Episode spécial sur Jules

Perry Mason – S01E08

Chapter 8 – 15/20
Bon, ma foi, c’est une conclusion, mais c’est à l’image de la saison… Pas exactement ce que j’en attendais, avec des détours et avec des longueurs. Je pense que je viendrais quand même regarder la saison 2 parce que la conclusion propose de bonnes choses pour la suite. Pour autant, je peux déjà vous dire que la série ne va pas me manquer, du tout.

> Saison 1


Spoilers

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No one ever confesses on the stand.

Il est temps pour moi d’avoir le fin mot de cette histoire, enfin j’espère. La série étant renouvelée pour une saison 2, ils sont capables de s’arrêter sur un gros cliffhanger, non ? Vous l’aurez compris, j’ai écrit cette ligne avant le visionnage de l’épisode, hein. Mettons-nous donc à la critique !

On reprend l’épisode par la mère d’Alice s’inquiétant que sa fille ne soit plus là et que personne ne la retrouve malgré ses blessures. Elle-même est soignée par de nombreuses personnes qui l’entourent, parce qu’elle est quelqu’un d’important pour l’Eglise. Quant au bébé, il est toujours avec elle.

Après la désastreuse cérémonie de Pâques, Emily est chez Della, avec un coquard pourri et le problème qu’elle n’a pas de chambre pour elle. Pas de problème, Della trouve une solution facile : elle lui laisse sa chambre et elle dormira avec Hazel. Ben voyons. Emily déprime en tout cas de ne pas savoir où est son bébé, et il est pire pour elle de savoir que le cercueil est vide. Pour une mère super comme elle pense l’être, c’est violent de savoir qu’elle n’a même pas réussi à veiller sur son fils après sa mort. Décidément.

En tout cas, le procès peut reprendre, avec l’interrogatoire d’Ennis par Perry. La scène est vraiment bien faite, puisqu’elle révèle rapidement qu’Ennis est hostile au témoin, sans surprise, et est ponctuée de flashbacks pour nous révéler ses mensonges. Les flashbacks en profitent pour nous révéler enfin tout ce qu’il s’est passé et l’implication d’Ennis à toutes les étapes du processus de la mort de Charlie et de l’ensemble des gens impliqués – George, la prostituée, etc.

Au procès, Perry se fait plaisir, parce qu’il sait qu’Ennis est coupable et parce qu’il a de bons arguments, solidifiés par les preuves récoltées depuis quelques épisodes. Tout ça est excellent à voir, mais il va de soi que quoiqu’en dise Perry, il n’avouera pas ce qu’il a fait. Forcément.

J’ai ensuite eu du mal à capter tout ce qu’il se passait… pour moi, un énième flashback nous ramenait à la soirée de la veille où Perry a tout préparé, avec Della, Pete et Drake. Il est enragé dans cet épisode, c’est quelque chose de le voir si énervé notre petit Perry. Concrètement, toute l’équipe est divisée sur la marche à suivre. Della a bien l’idée de proposer à Emily d’être témoin, mais Perry s’y refuse, préférant voir Ennis à la barre pour tenter de le faire avouer ses crimes. Si c’est bien ce qu’il fait, c’est contre l’avis de Pete qui proposait plutôt de laisser tomber et conclure le procès comme ça.

C’est aussi contre les propositions de Della, qui insiste lourdement auprès de Perry, sorti s’isoler, pour lui dire que la meilleure solution est clairement de faire appel à Emily pour le procès. Perry est alors un bon connard avec Della, allant jusqu’à lui balancer sa liaison avec Hazel à la face. C’est la réplique de trop, qui la blesse énormément. Elle décide donc de se barrer, en lui préparant toutefois les questions du procès pour le lendemain, au cas où.

Drake reste bien silencieux pendant tout ça, regardant ce qu’il se passe. La série nous propose aussi une scène entre Drake et sa femme au téléphone, mais c’était tellement redondant par rapport aux épisodes précédents… On va dire que ça construit le personnage, mais c’est bien creux tout ça. En fait, c’est mon gros problème avec la série : les personnages sont construits autour de gros stéréotypes et clichés qui ne les approfondissent pas vraiment.

Le lendemain matin, Perry ne s’excuse pas auprès de Pete, mais lui donne un dernier job sur cette affaire, qu’on ne nous explique pas immédiatement. Le flashback s’éternisant, j’ai fini par me dire que nous n’étions plus dans un flashback. Après avoir revu la scène, je ne sais toujours pas : concrètement, ça semble être la soirée après l’interrogatoire d’Ennis, mais je ne comprends pas trop pourquoi il est question de mettre Ennis à la barre dans ce cas. La chronologie reste un mystère pour moi, donc, mais est-ce vraiment grave au fond ? Je sais ce qu’il s’est passé.

En tout cas, on a au moins un flashback allant jusqu’au 26 décembre, quand on est en avril dans la chronologie de la série. C’est l’occasion pour nous de découvrir qu’Emily est vraiment une bonne maman, même si son couple bat vraiment beaucoup de l’aile. Elle s’occupe ainsi de Charlie après une dispute avec Matthew. Ce flashback-là nous révèle finalement qu’il s’agit du témoignage d’Emily, appelée à la barre par Perry, sur les conseils de Della.

George est bien plus un amant aimant pour elle que son mari, Matthew. Son témoignage fait vraiment du bien à son cas : elle est touchante dans ses propos et son témoignage, qui aboutit à l’idée qu’elle est innocente, évidemment. Son seul amour dans la vie était donc son fils, et c’est pour cela qu’elle ne l’a pas kidnappée. Si la scène est belle et forte, cela n’empêche pas que le risque de la mettre à la barre est énorme. Elle n’a pas à parler qu’à Perry, en effet.

L’avocat de l’attaque se fait bien évidemment plaisir dès qu’il en a l’occasion. Tout ce que Perry a montré, c’est qu’à cause de sa liaison avec George, Charlie avait pu être enlevé : il a bossé avec les kidnappeurs pour s’assurer de distraire Emily assez longtemps pour que le bébé puisse être pris sans qu’elle ne s’en rende compte.

Emily est forcée de reconnaître que son amant est évidemment l’élément qui a provoqué l’enlèvement de son fils. Partant comme ça, elle a sa part de responsabilité selon l’avocat, et elle le dit elle-même qu’il a raison. Bonjour l’horreur pour la psychologie d’Emily qui se retrouve à assumer une nouvelle fois sa culpabilité alors que bon… elle a juste été manipulée la pauvre.

En partant du tribunal, quelqu’un de l’Eglise réussit à lui filer une lettre (avec une empreinte de pied de bébé) alors qu’Ennis vient narguer Perry. Ce dernier est dans l’abus total, n’hésitant pas à lui foutre un coup de poing bien senti dans la face. J’en étais content, ma foi.

Finalement, Perry passe sa soirée à préparer sa dernière prise de parole au tribunal, séchant complètement sur les derniers mots à apporter. S’il n’y arrive pas pendant un bon moment, sa dernière tirade est absolument parfaite une fois au tribunal. La série continue d’être sacrément bien écrite de ce point de vue-là, c’est déjà ça, surtout que c’est important pour une série sur un avocat. Perry insiste notamment pour montrer qu’Emily est innocente, malgré les attaques de l’avocat de l’attaque. C’est un beau moment pour la série, moment qui montre que Perry a bien trouvé sa voie sur ce coup-là. Cela finit même avec quelques larmes de Della, commençant à y croire.

S’il a de jolis derniers mots, il n’empêche que c’est à l’avocat de l’attaque de conclure le procès et de la déclarer coupable. Et une fois que c’est fait, il ne reste plus qu’à attendre longuement la décision du jury. Pour le coup, c’était moins long qu’une bonne partie de la série.

Pendant l’attente, Perry et Della ont le temps de continuer de renforcer leur amitié malgré la dispute précédente. Tout en lui apportant à manger, Della reconnaît qu’il est important d’être capable d’être odieux entre eux et de se pardonner s’ils doivent continuer à bosser ensuite. Autrement dit, la série prépare le terrain pour une saison 2. Soit. Les jurys mettent en tout cinq jours complets à délibérer, ce qui permet à Drake de démissionner et de refuser définitivement le pot-de-vin qu’on voulait lui servir le troisième jour. C’est étonnant sans l’être : après tout, sa hiérarchie est plus que décevante vis-à-vis du rêve qu’il faisait.

Le procès reprend alors, avec un mot du jury, précisant qu’il ne veut aucune interruption pendant qu’il lira à voix haute la décision du jury. Oh, on sent tout de suite que ça craint là, et ça ne manque pas. Pas de décision prise par le jury, trois semaines de procès, cinq jours de délibération et… un non-lieu. Ce n’est pas exactement ce que l’on attendait. Emily n’est pas coupable, mais elle n’est pas innocente non plus, alors tout ça n’est pas terminé. Pour un procès perdu d’avance, Perry s’en sort à merveille.

On en vient alors aux déclarations à la presse. L’avocat de l’attaque continue sa mauvaise foi et s’inquiète plus pour sa carrière politique, alors que Perry présente Della comme son associée. Pas sa secrétaire. Yeah ! Si j’ai beaucoup aimé ses déclarations et la scène qui nous le fait dire que ce n’est tout de même pas une victoire à ses yeux, j’ai détesté découvrir une autre scène nous montrant que Pete était en train de payer un jury. Je trouve ça décevant comme coup de la part de Perry, surtout pour la suite de la série. Il est aussi pourri que ceux qu’il combat. Et en plus, je ne peux même pas relativiser : même si c’est efficace, ça ne servait à rien car il y avait deux autres jurys qui n’étaient pas payés et ralentissaient quand même les débats.

Là-dessus, on enchaîne sur la révélation que toute l’équipe de Perry est au courant, y compris Drake, y compris Della. Du coup, il n’y en a pas un pour racheter les autres du côté de la morale ? Je comprends que Pete les lâche, même s’il ne le fait pas pour les bonnes raisons. En effet, Pete décide d’aller bosser pour le procureur qui s’appelle quand même Burger. Ca ne donne pas envie. Perry est déçu de cette trahison, parce qu’il comptait sur lui pour la suite de ses aventures. Finalement, il aura un ennemi, je pense, ennemi qui aura à faire face à Drake. Ouep ! Drake retrouve sa femme et son bébé, et tout va bien pour lui, du coup, maintenant qu’il a démissionné, il décide aussi de travailler en tant que détective pour Perry.

Bon, autrement, on en revient encore et toujours à la vente de la maison de Perry, mais ça ne m’intéresse toujours pas. Il décide d’aller jusqu’au procès plutôt que d’accepter la proposition de son plan cul, qui ne l’est plus, évidemment. C’est tellement détaché de l’enquête en cours que je ne sais pas bien pourquoi on insiste autant… La fin de saison ? Perry abandonne sa maison et son plan cul en échange d’argent, reconnaissant ses torts. Tout ça pour ça ? Une nouvelle fois, je trouve ça plutôt creux, surtout que ça n’a pas tellement eu d’impact sur ses décisions impulsives par ailleurs concernant le procès.

Bref, ça comble beaucoup de temps mais ça n’apporte pas de choses concrètes à la série… Même Alice avait un impact plus grand, je trouve. D’ailleurs, l’intrigue de l’Eglise a sa conclusion aussi, évidemment. Ainsi, Emily se rend à l’Eglise pour revoir celui qu’on tente de faire passer pour Charlie. Elle demande à le tenir, après avoir pris des nouvelles d’Alice, toujours pas revue et n’ayant jamais passé autant de temps sans sa mère.

Emily n’est pas débile : elle sait que ce n’est pas Charlie, et elle le montre bien à la mère d’Alice… Toutefois, elle accepte d’entrer dans le jeu et commence une nouvelle vie à écouter les sermons de la mère d’Alice, qu’elle suit carrément en tournée dans les États-Unis pour montrer son « fils » ressuscité. Sérieusement.

Alice ? Elle n’est plus blonde, plus dans l’Eglise et bosse désormais comme serveuse. C’est chouette, mais c’est un peu triste d’être venu regarder cette série aussi pour Tatiana Maslany alors qu’elle n’avait finalement pas tellement de choses à jouer. J’ai aimé la scène où Perry la retrouve et sa conclusion sur le fait que si, finalement, elle avait bien réussi à ressusciter Charlie… mais vraiment, l’actrice peut faire tellement mieux ! Au moins, elle devrait être libérée de cette série pour la suite de sa carrière, parce que je ne la vois pas revenir en saison 2. Pour quoi faire ?

Un autre qui ne reviendra pas en saison 2 ? Ennis ! Il se fait assassiner par ses partenaires… Et c’est tant mieux, ma foi. Désolé. Cela ne règle rien du tout en plus de le savoir mort : il y a toujours autant de gens véreux à combattre dans la police et tout… Comme l’a dit Perry dans l’épisode, et comme le disent les tribunaux américains : il faut trouver la vérité avant de rendre la justice. Pour le coup, la saison 2 devait donc toujours être composée de pas mal d’injustices.

L’avantage, c’est au moins que Della et Drake continueront de se battre contre certaines d’entre elles, puisqu’ils bosseront avec Perry désormais. Néanmoins, Della pose ses conditions pour bosser avec Perry ; notamment son ambition de devenir avocate. Et il a intérêt à payer pour ça. C’était peut-être le meilleur épisode de Della finalement, parce que j’ai beaucoup aimé ses scènes et la présence d’Hazel, bien plus acceptée par Perry. On nous confirme même qu’elle est mannequin main, que c’est pour ça qu’elle avait des gants tout le temps et qu’elle remplace enfin Myrna – alors que je pensais dans son premier épisode que c’était elle Myrna. Bref.

Si le trio va bosser ensemble désormais, c’est encore Hazel qui savoure le plus leur victoire en dansant de manière marrante. Et une fois la victoire fêtée, il faut se remettre au boulot avec l’arrivée au cabinet de Perry Mason (classe !) d’une certaine Eva Griffin. Je pense qu’on la reverra en saison 2, sans en être sûr, juste pace que son introduction est lourde, avec Della indiquant qu’elle ment sur son identité. Je reviendrai probablement pour en savoir plus – même si j’ai trouvé risqué de nous présenter une actrice dans ce rôle… Généralement, le casting n’a lieu que pour la saison suivante. On verra bien !

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EN BREF – Ce ne sera jamais ma série préférée et je regrette vraiment l’écriture de cette saison, avec cinq épisodes sur huit servant juste d’introduction. On dirait que tout a été fait pour être diffusé en une fois et être bingewatché – même si les épisodes sont longs, ça serait possiblement mieux passé avec un visionnage d’un coup. Malheureusement, sur HBO, ce n’est pas le cas.

Tout cela a donc donné l’impression d’être face à une série qui oubliait qu’elle était écrite en 2020 pour un public vivant en 2020, s’enfermant dans l’excuse de sa période historique pour accumuler bon nombre de défauts qui auraient pu être évités.

Je reviendrai peut-être en saison 2 malgré tout parce que les derniers épisodes m’ont davantage convaincu. Je suis attaché au personnage de Della, j’aime l’acteur interprétant Perry, qui a ses moments sympas (le voir s’énerver me rappellera toujours Kevin de Brothers & Sisters après tout, même si je ne comprends pas toujours ce qu’il dit quand il s’énerve et oublie d’articuler) et Drake a beaucoup de potentiel.

Puis maintenant que tout ça est introduit, ça ira possiblement mieux. On verra ce qu’il y a à voir en parallèle de la diffusion de cette seconde saison !

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> Saison 1

Ma première série d’été (11/16)

Salut les sériephiles,

Comme chaque samedi depuis deux mois (ou presque), je continue aujourd’hui la saga de cet été sur mes premières fois de sériephile. Avec la canicule qui s’est installée sur une bonne partie de la France ces derniers jours et pour les prochains jours, le sujet du jour tombe en plus à pic : je vous propose en effet de revenir sur ma première série d’été.

Les séries d’été, c’est une catégorie qui peut prêter à débat et, d’ailleurs, on a eu l’occasion de débattre sur la définition dans le douzième épisode de 42 minutes. Si ça vous intéresse, le débat est donc en ligne, mais pour moi, ça reste une série diffusée entre fin mai et début septembre, pour la période estivale, donc. Généralement, c’est aussi le genre de séries avec une ambiance chaude ou moite, pour l’été, ainsi que souvent une forte tendance à la présence d’un casting dénudé. Si je tiens tellement à cette définition, c’est bien parce que ma première série d’été m’a fortement fait une impression durable… Et je crois que vous le savez déjà, mais il s’agissait de…

True Blood, une parodie vampirique

True Blood

C’est fâcheux, d’ailleurs, parce que c’est une série dont je n’ai pas souvent l’occasion de parler ici et dont j’ai oublié bien des choses avec le temps, mais vraiment, c’était une série parfaitement calibrée pour l’été. Et oui, team Eric, au moins au début. On se trouvait dans le Sud des États-Unis, avec une chaleur moite qui transparaît et traverse l’écran, des créatures de la nuit à foison et du sexe à toutes les sauces. Y compris parfois à des sauces que je ne voulais pas goûter – il y a une tête à 360° qui me donne encore un arrière-goût de vomi rien qu’à y repenser.

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Un vrai travail sur les répliques, en plus.

True Blood a une saveur bien particulière dans mes souvenirs : je l’ai commencée avec une version non officielle de son pilot – certaines scènes étaient là, mais pas passées en post-production, en streaming, le jour même de sa diffusion sur HBO, et j’ai ensuite suivi toutes les saisons chaque été, en collant autant que possible à cette diffusion.

La série fonctionnait bien avec une écriture qui était toujours aussi réfléchie pour mener au mieux vers les situations drôles – merci les répliques – ou terrifiantes. Ouep, la série cherchait toujours à faire peur, même si elle n’y parvenait pas à chaque fois. Et quand elle ne voulait pas faire peur, son but était d’excitante, quitte à y mettre les gros moyens en multipliant les relations amoureuses possibles de l’héroïne. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai levé les yeux au ciel ou soupiré devant cette série, tellement ce qu’elle proposait était ridicule ou peu crédible.

Being Human US | Smells like Chick Spirit
Pourtant, je suis resté du début à la fin, précisément parce que c’est un cocktail qui fonctionne très bien pour l’été.

Outre le fait que ce soit ma première série d’été, c’est aussi je crois la toute première que j’ai suivie du début à la fin en direct des USA. À la base, j’étais là principalement parce qu’il y avait Anna Paquin à la tête du casting : j’étais tout simplement tombé amoureux de l’actrice dans son rôle de Malicia (particulièrement dans X-Men 2). Je n’étais pas été déçu du voyage, là, pour le coup. Bon le côté vampires m’intriguait aussi avec Buffy, forcément.

anna paquin gifs Page 2 | WiffleGif

Toujours est-il que c’est presque religieusement que je revenais chaque été devant mon ordi pour voir l’épisode de la semaine, regrettant parfois de le regarder en pleine journée à cause du soleil empêchant de voir ce qu’il se passait. Du côté du contenu, par contre, la série n’a pas toujours été gage de qualité. Ainsi, la première saison était sympa, la deuxième ça allait, mais ensuite, il y a pas mal de grands trous noirs dans ma mémoire. Je sais que j’ai dévoré la cinquième saison d’une traite à mon retour de vacances et que la fin de la série était super décevante.

true blood @ jason stackhouse jessica hamby Eric Northman sookie ...
Sorry not sorry !

En effet, la dernière saison enchaîne quand même les scènes choquantes pour le buzz et se termine par une pirouette scénaristique malvenue – en tout cas de mon point de vue. J’en garde toutefois le souvenir d’une série que j’aimais retrouver et qui me donnait l’impression d’être enfin en été. J’en cherche une nouvelle pour me donner cette impression depuis, surtout maintenant que je n’ai plus Preacher qui était pas mal dans le genre. Mais bon.

True Blood - Jason Stackhouse/Ryan Kwanten Appreciation #4 ...
Ben si, parfaitement, c’est exactement le résumé de ma relation à cette série. Je désespérais de son évolution à chaque fois, mais elle me manque à fond et j’aurais trop envie d’un reboot ou revival pour les retrouver.

Inspirée d’une saga de romans, la série avait ses bons moments, ses accents de dingue parfaitement incompréhensibles pour certains et ses situations sans cesse plus rocambolesques les unes que les autres. En revanche, je n’ai jamais réussi à aller au bout du premier roman. Autant avoir les pensées de tous les personnages à travers Sookie, c’était plus ou moins supportable, autant avoir le point de vue mièvre de Sookie sur tant de pages, mais au secours.

J’adore l’urban fantasy, je déteste ce genre de littérature avec les relations amoureuses nazes et le sexe pas du tout sexy. Enfin, en tout cas, à mes yeux, mais c’est une question de sensibilité après.

TRUE BLOOD : mort de Nelsan Ellis, l'acteur de LAFAYETTE
L’acteur était brillant dans ce rôle (que je n’aimas pas énormément par contre). Qu’il repose en paix 😦

Dans l’ensemble, je garde un souvenir chaud de la série et je ne regrette pas d’avoir suivi celle-ci jusqu’au bout. Si vous êtes passés à côté, cette canicule est la parfaite occasion de commencer la série, n’hésitez surtout pas !

True Blood! Our Favorite Season 5 Moments To Sink Our Fangs Into ...
Oui, mais non.

Reste le dernier argument incontournable qui explique pourquoi je suis resté si longtemps : il dure une minute trente, mais il justifie absolument tout… C’est le générique. Tellement entêtant, tellement parfait.

 Voilà, je me sens en été maintenant. C’est malin ! Et il faut que je me remette à des séries pour le #WESéries là, en plus, mais non, j’ai juste le pilot de la série en fond sonore pour l’écriture de cet article. C’est pas malin, ça, sérieusement. Je me demande juste si le cliffhanger de l’épisode me fera toujours autant d’effet après si longtemps – parce que oui, il y a des scènes vraiment marquantes dans cette série je trouve et je n’ai jamais fait de rewatch, alors je ne sais pas comment je vivrais tout ça en tant qu’adulte averti, et non en tant qu’ado.

Sam Merlotte Will Die Next on 'True Blood' Because the Odds Are ...
Non, je n’avais pas vraiment l’âge de la regarder au départ, je crois. Mais bon, tout le monde s’en fout, non ?