Un retour à Poudlard vingt ans après (#1)

Salut les cinéphiles,

J’ai beau préparer un peu plus à l’avance mes articles, je dois dire que je n’ai toujours pas pris le temps d’écrire celui-ci comme je l’aurais voulu. À l’origine, ce devait en effet être un bilan de l’année 2021. À la place, et alors que nous approchons de la semaine complète en 2022, je me suis décidé à vous parler du seul film vu en 2022 pour le moment… et ce n’est pas vraiment un film, mais un making-off.

Il n’empêche que je trouvais triste de ne pas évoquer avec vous l’existence du documentaire (ce n’est pas autre chose) Harry Potter 20th Anniversary : Return to Hogwart. Si par magie – ou plutôt par… moldurie ? – vous étiez passé à côté, sachez qu’il s’agit là d’un making-off revenant sur l’ensemble des films de la saga avec des acteurs et une partie de l’équipe de production. Une partie, donc, car JK Rowling est évincée de manière peu discrète. Et ça, c’était franchement dommage, car il y aurait eu moyen de faire quelque chose de bien plus intéressant si elle avait été là. On les voit tous galérer les uns après les autres à parler d’elle sans en parler vraiment, c’est juste bizarre.

Autre bizarrerie dans le monde de la magie ? Le covid, clairement. Les interviews se font par petits groupes, la plupart du temps, et j’imagine que le but est de s’éviter un max de cas contact. C’est tout de même étrange quand l’intro nous vend une grosse réunion avec plusieurs acteurs et qu’on se retrouve finalement sans la moindre interaction parlée entre eux. Ca, c’était dommage. L’autre point dommage, et c’est le dernier promis, c’est que l’on n’apprend que peu de choses quand on est vraiment un potterhead, parce qu’on revient sur les grands classiques des coulisses.

Pour autant, c’est loin de m’avoir déçu ce making-off ! Au contraire, même, je suis bien content d’avoir passé à nouveau le premier jour de cette année dans le monde des sorciers : la nostalgie a totalement fait effet sur moi. Bien sûr, il y a toute une partie hommage en mémoire des acteurs et des personnes de l’équipe qui sont mortes, et même si c’est court, il y a déjà de quoi faire monter les larmes. Au-delà de ça, voir les acteurs se remémorer les bons souvenirs et en venir à se faire des déclarations d’amour un peu larmoyante, c’était plus crève-cœur que je ne l’imaginais.

Pour remettre en contexte, j’ai passé des heures devant le live de l’avant-première du huitième film, et j’avais versé ma larme lors des discours des acteurs principaux à la toute fin. Forcément, les revoir une petite dizaine d’années plus tard (et les voir être heureux de ne pas encore ressembler à ce qu’ils étaient dans l’épilogue), c’est très chouette.

Emma Watson est toujours aussi magnifique et parfaite. Alfred Enoch devrait avoir plus de temps d’écran. Helena Bonham Carter semble être une femme exceptionnelle. Je n’attendais pas grand-chose de ce documentaire, mais j’ai eu plus que ce que j’imaginais, parce qu’il m’a replongé dans les films, dans mes propres souvenirs, dans ceux des acteurs. C’était plus efficace qu’une pensine et c’était plein de nostalgie, de sourires, de bonne humeur, de moments marquants… Une vraie réussite.

En définitive, « Hogwarts will always be there to welcome you home » disait JK Rowling, et c’est bien vrai après toutes ces années, Severus (toujours). Est-ce qu’il faut absolument voir ce making-off ? Clairement pas, mais c’est un petit bonbon qui permettait de bien commencer l’année. Une douceur bienvenue dans un monde de brute, quoi, mais il faut savoir à quoi s’attendre avant pour ne pas en être déçu.

Et si jamais vous avez pris l’abonnement à Salto pour le voir, n’oubliez pas de jeter aussi un coup d’œil à la série Evil.

Happee Birthdae Harry

Salut les sériephiles,

5 idées cadeaux d'anniversaire pour un.e fan de Harry Potter

Aujourd’hui, la saga de films Harry Potter fête officiellement ses vingt ans, puisque cela fait vingt ans que L’école des sorciers est sorti dans les salles obscures. Et à un moment donné, je ne peux pas ignorer cet anniversaire quand ça fait deux ou trois semaines que mes tendances Twitter personnalisées me parlent du sorcier à lunettes. En plus, j’ai toujours été fan de cette saga et, en ce qui me concerne, ça a commencé par le grand écran avant les livres – enfin, j’avais lu quelques pages en cachette avant, mais ça c’est une autre histoire.

Voir aussi : Les 20 ans d’Harry Potter à l’École des sorciers

Discuss Everything About Harry Potter Wiki | FandomNon, vraiment, j’ai découvert pour de vrai Harry à travers les films – et une part de moi regrette de ne jamais pouvoir Harry autrement qu’en Daniel Radcliffe, surtout quand il est question de la couleur de ses yeux, mais bon… « You were and are the perfect Harry and you will always be » comme dirait l’autre. J’ai découvert ce film quand ma grande sœur a décidé de nous emmener, mon autre sœur et moi, au cinéma un beau jour de décembre. Je ne sais pas trop pourquoi ça s’est fait, mais ça s’est fait, et ça m’a transformé en fan ultime.

Voir aussi : Mes souvenirs de lecture d’Harry Potter

S’il m’est difficile de ne pas évoquer l’article sur le blog, je n’ai pas non plus grand-chose à y raconter. Comme pas mal de potterheads, j’attends impatiemment la sortie, le 1er janvier, d’une émission retrouvailles entre les acteurs, tout en sachant que ça ne me satisfera pas pleinement. Les acteurs, je les adore bien sûr, mais c’est l’univers qui me manque, plus qu’eux. Quoique, Emma Watson, j’aurais bien envie de la retrouver dans de nouveaux rôles.

Les Animaux Fantastiques 3 : JK Rowling travaille dur pour obtenir un  meilleur script que celui du deuxième film | melty

Ensuite, cette émission va se faire sans JK Rowling, et ça m’énerve. Oh, je sais bien qu’elle a des avis franchement limites et qu’il y a une bonne raison pour la cancel culture autour de sa personne, mais ça ne m’empêche pas d’avoir envie de l’entendre s’exprimer… et puis, face à Emma et Daniel la remettant en place, elle comprendrait peut-être la fausse route qu’elle prend, non ? On ne saura jamais, car ce n’est pas le but de cette émission.

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En fait, c’est tout le problème : on ne sait pas bien le but de l’émission. Cela sent les quelques interviews d’acteurs avec des images d’archives en fond, et on enchaîne tout et en quarante minutes, emballé c’est pesé avec un tire-larmes autour d’Alan Rickman et des acteurs de la saga morts. Pas exactement de quoi retourner dans le monde du sorcier… mais juste ce qu’il faut pour avoir envie de se refaire encore les films en 2022 ? Eh, pourquoi pas.

Comment les neurosciences nous éclairent sur les méthodes d'apprentissage -  Uptale

Et en parlant de 2022, il y a un autre film que j’attends de pied ferme : Les Animaux Fantastiques 3. On n’en finit plus de l’attendre celui-ci, entre le covid et les dramas en coulisses. Je me demande vraiment comment ils vont faire pour aller au bout de la saga, en plus, parce qu’il est à peu près évident qu’on est en train de se foutre de nos gueules comme avec L’enfant maudit après le cliffhanger du deuxième film ; sans parler du gaybait.

Voir aussi : Les Animaux fantastiques – récap express & review du premier film

Oui, mais… C’est l’univers de la magie, et j’aime cet univers. On peut me sortir les pires histoires, tant que c’est dans cet univers, je sais que l’enfant en moi continuera d’y croire. Et l’adulte continuera d’acheter les livres du script pour retrouver au détour d’une description de décor l’écriture du monde magique. Franchement, la dernière fois, on était servi avec le détour à Paris, alors j’en attends encore de bonnes choses. Je ne sais pas bien pourquoi, mais j’ai toujours été là pour l’univers plus que l’histoire, après tout. Avec un peu de chance, on aura quand même de bons moments quand le film sortira. S’il sort un jour. 

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C’est bien dans l’espoir d’un univers qui me fera voyager comme lorsque j’étais enfant que réside la magie d’Harry Potter. Et si la magie ne prend pas lors de la prochaine émission ou dans le prochain film, écoutez, il me restera toujours mes livres et ce film qui a déjà vingt ans. Bordel, combien de fois l’ai-je vu en vingt ans ? Et si je le revoyais une fois de plus pour le principe? en attendant de me lire The Christmas Pig (eh, y aura bien quelqu’un pour me l’offrir à Noël dans ma famille) ?

DIY - GATEAU D'ANNIVERSAIRE HARRY

Bref, joyeux anniversaire Harry.

 

The Ickabog vaut-il le coup ?

Salut les sériephiles,

Ces derniers temps, le jeudi, je vous parle de livre, et il n’y a donc pas trop de raisons que ça change aujourd’hui. J’ai à évoquer avec vous le tout dernier JK Rowling sorti lundi dernier, The Ickabog, dont j’avais déjà parlé lors de sa publication gratuite au cours de l’été dernier. Bon, par où commencer ? Malheureusement, par un point nécessaire sur la transphobie, je crois.

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En préambule, il me paraît important de préciser que le bénéfice des ventes de ce livre ira intégralement à des associations aidant les personnes touchées par la pandémie. Le choix des assos est possiblement discutable, mais l’intention est assez louable pour que je ne me sente pas particulièrement coupable d’apporter de l’argent à une personne ayant des propos transphobes – d’autant plus que je pense sincèrement qu’elle ne se rend pas compte du problème, qu’elle ne voit vraiment pas le mal dans ses propos. Elle se pense véritablement ouverte d’esprit, et elle l’est dans une certaine mesure, parce qu’elle n’aurait jamais tenu si longtemps autrement avec cette image si parfaite que beaucoup en avait et qui fait que la chute est plus dure :

Jk rowling GIF - Find on GIFER

Non, je ne suis pas d’accord avec son point de vue sur ce sujet. Pour autant, je la pense sincère dans son incompréhension. C’est gênant qu’elle n’écoute pas – ou en tout cas qu’elle ne comprenne pas – mais oui, je vais continuer de lire ses livres, parce que je ne crois pas à un monde où on n’arrête de communiquer avec les gens qui ont une opinion différente de nous. Ce n’est pas parce qu’on arrêtera de la lire qu’elle changera d’avis ou qu’elle perdra sa voix – et au contraire, ça a tendance à refaire une promotion et à l’enfoncer dans ses certitudes. L’éducation ne passe pas par l’ignorance d’une opinion – aussi transphobe soit-elle.

Ca vaut pour beaucoup de choses, et les exemples d’auteurs racistes que l’on continue de lire aujourd’hui sont encore nombreux, alors qu’ils ne représentent pas des valeurs acceptables aujourd’hui. Ils sont le reflet de leur époque, de leur temps, d’un mode de pensées dominant. Il en va de même pour Rowling : elle est le reflet d’une tranche d’âge, majoritaire, je crois !, qui est larguée sur les questions des représentations et des mouvements LGBT+. Elle n’est pas dans le crime comme l’est Polanski, je ne vais pas arrêter de lire tout ce qu’elle écrit – en plus, vraiment, c’est contreproductif car ça l’enferme dans une position de victime particulièrement insupportable derrière laquelle elle se cache pour ne pas se remettre en question et pour affirmer sa légitimité. gif JK Rowling a year in the life of jk rowling thegryffindorseeker •L’avantage, c’est que ça met le doigt sur un vrai problème et que ça prouve que l’ouverture d’esprit est plus grande en 2020 qu’elle ne l’était avant où personne n’aurait réagi à ses propos. Rowling représente une génération qui se laisse manipuler par les réseaux sociaux et les mauvaises influences et nous donne à tous une leçon ; surtout que tout ce qui lui arrive semble venir de mauvaises fréquentations.

Ce n’est que mon point de vue, ce n’est pas le sujet prévu pour l’article, mais oui, je crois qu’elle est tombée sur une mauvaise face de Twitter et qu’elle suit les mauvais mouvements. Tout ce que ça dit, c’est qu’on doit rester vigilant nous-mêmes à qui l’on suit… Et je pense que tout brûler et arrêter de lire ce qu’elle écrit pour ça est un non-sens, parce que ce n’est pas le sujet de la plupart de ses écrits et parce qu’elle représente un mouvement de pensée qui me paraît encore dominant dans une grande partie de la population, pas du tout au fait des mouvements LGBT+. Quel intérêt, donc, de la renier, mais de continuer à aller à un dîner de famille, par exemple ? La déconstruction ne peut passer par une annulation d’une grosse partie de notre enfance (surtout que l’univers des fanfics est énorme et bien plus ouvert d’esprit), ni par un arrêt total de la fréquentation des travaux de Rowling.

De toute manière, objectivement, plus on avance dans le temps, moins ils sont bons dans leur construction… Ce qui est intéressant à analyser du point de vue littéraire, je trouve. Ce n’est pas la question non plus, parce que la plume, elle, reste incroyable. Je me suis déjà embarqué dans un 500 mots, alors que ce n’est pas le sujet, surtout que The Ickabog a été écrit il y a un moment, et ça se sent.

Ickabog

Bon, alors, qu’est-ce que j’en pense de ce conte pour enfant ? Je vous disais en juillet dernier que je trouvais que Rowling avait beaucoup de mal à instaurer son univers, et je continue de le penser. Potter mis à part (et encore pour les tomes 5 et 6 !), elle a toujours du mal à mettre en place tout ce qu’elle veut de manière fluide. Les premiers chapitres de ce conte nous introduisent des tas de personnages et lieux sans qu’on ne sache bien ce qui aura ou non de l’importance… et ça a un effet rebutant, quand même.

L’avantage, cependant, c’est que comme les chapitres sont courts, on a rapidement envie d’y revenir ; ça se lit tout seul et ça se lit vite. L’histoire en elle-même finit par être intéressante, même si certaines choses se font attendre bien longtemps, et l’on retrouve la patte littéraire de l’auteur a bien des endroits, à commencer par les jeux de mots autour des noms. C’est un conte pour enfants, après tout, mais c’est très agréable à lire, et c’est fluide.

Comme c’est un vieux travail, on n’y trouve pas une trace de sujets faisant débat et c’est agréable, parce qu’on est embarqué dans un nouvel univers et dans un conte sympathique. Dire que c’est « pour les enfants » est toutefois réducteur de ce que c’est vraiment : on sent bien un message politique inscrit en creux de son œuvre. Elle dit l’avoir écrit il y a des années, et je pense que c’est vrai, mais on peut facilement y lire une critique qui insiste sur l’importance d’avoir des leaders cultivés et sur les ravages des fake news lorsqu’on est au sommet d’un état. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est de la politique pour les enfants, mais disons qu’on retrouve un peu le message qu’incarnait Fudge dans le tome 5 de sa saga ; et aussi un bon grand méchant qui l’est pour le plaisir de l’être.

Home - The IckabogC’est un conte, le monde présenté est donc un peu trop divisé en deux à mon goût, mais là aussi, on sent une réflexion sur les apparences à de nombreuses reprises, et notamment une réflexion sur ce qu’est le vrai mal et ce qu’est le bien.

Bref, c’est un conte avec un joli message pour les enfants, il a des moments trépidants, des rebondissements, des instants plus sombres et une fin qui conclue vraiment les choses, ce qui est un plus avec Rowling ayant tendance à faire des histoires à rallonge. Je pense qu’il y a moyen de passer un chouette moment en le lisant, que ce soit seul ou avec des enfants. Et même si la couverture est moche et que j’ai déjà lu tout le texte gratuitement, je le mets dans ma liste d’envies pour Noël parce que je sais que j’aurais envie de le relire et d’en découvrir les illustrations – et puis, ce n’est jamais qu’une vingtaine d’euros pour la bonne cause !

Strike : Lethal White – S04E04

Épisode 4 – 17/20
Ce dernier épisode mâche tellement le travail de détective qu’il est un peu trop prévisible à mon goût. Les raccourcis et libertés pris par l’adaptation ne fonctionnent pas tous de manière égale, ce qui est dommage, mais n’empêche pas l’ensemble de rester bien solide et agréable à regarder. Et puis, difficile de trop reprocher à une adaptation d’un roman que j’ai déjà lu d’être prévisible, après tout…

> Saison 4


Spoilers

Can I have just two minutes to enjoy not being dead before you start?

Ce qui est bien avec la version en série, c’est que le résumé des épisodes revient sur les éléments importants distillés au milieu d’interminables scènes, ce qui fait qu’il est encore plus simple de deviner vers quoi on se dirige. À leur décharge, ils ne donnent pas exactement tous les éléments dans le résumé de l’épisode, mais ils nous rappellent quand même des moments-clés, à commencer par le jus d’orange empoisonné de Chiswell, par quelqu’un qui savait qu’il ne sentirait pas la différence si un médicament y était glissé.

Pour commencer la critique de l’épisode, Robin est donc invitée à boire un verre par Raphael qui se propose de répondre aux questions de la détective, parce qu’il a clairement un faible pour Venetia. Il a un humour bien particulier aussi, mais admettons. Robin se retrouve donc à boire un verre aussitôt après avoir largué Matthew, et elle fait ce qu’elle peut pour rester professionnelle, mais ce n’est pas si évident.

Elle se retrouve donc rapidement à lui raconter sa vie sentimentale désastreuse après avoir eu l’occasion de l’interroger. C’est gros, mais ils passent la soirée à se descendre des bouteilles de vin, après tout. Le lendemain, elle est donc réveillée par Vanessa, chez qui elle crèche, pour arriver en retard à un rendez-vous pro avec Strike. Ne pas avoir les pensées des personnages complique légèrement les choses concernant la relation entre ces deux-là, mais on voit qu’il s’inquiète pour elle. Forcément.

Le rendez-vous est au commissariat pour suivre l’interrogatoire de Jimmy, et j’ai dû m’endormir sur ce passage pendant ma lecture du roman, parce que je ne m’en souvenais pas. Ou alors, c’est juste que les scénaristes adorent cet acteur, comme moi, et ont voulu le garder pour les quatre épisodes. On ne sait jamais, tout est possible.

Le but est encore et toujours de conclure la première enquête de cette saison, mais c’est celle à laquelle je n’ai pas réussi à accrocher – je préfère largement tout ce qui concerne le meurtre possible de Chiswell. Dans tout ça, ils apprennent que la police n’a pas assez d’éléments pour garder Jimmy en garde à vue, mais aussi que la police les aime de plus en plus. Comme ils ont apporté plein d’éléments aux flics, la commissaire décide de leur montrer les caméras de surveillance de la gare par laquelle Kinvara est passée lors du meurtre de son mari.

Là, il est très clair qu’elle en fait trop et fait tout pour avoir un alibi très solide. Forcément. Strike remarque toutefois qu’elle donne de l’argent à un SDF, mais que ça pourrait tout aussi bien être un moment où elle donne une clé de l’appartement de son mari au tueur. C’est si simple ! La série simplifie tout de même l’enquête et je pense qu’à ce stade, il est facile de deviner les choses par rapport au livre.

Malgré ces nouveaux éléments, nos détectives restent dans une impasse par rapport à Chiswell, mais la collaboration avec les flics est un point positif par rapport à d’habitude. Ils enchaînent en allant voir Geraint pour tirer au clair les vraies raisons de sa relation haineuse avec Chiswell. L’occasion pour nous de découvrir la back story concernant la fille de Geraint, qui s’est suicidée un mois après une fête trop arrosée où bien des jeunes hommes – de la famille de Chiswell notamment – s’en sont pris à elle et où son père n’est pas venu à son secours, malgré un appel et un message vocal qu’il n’a découvert que trop tard. Triste.

Geraint devient un témoin-clé pour eux, fluidifiant mieux toute une part du passé, et je dois dire que j’ai bien mieux suivi sous le format télévisuel que sous le format texte. Ce n’est pas tellement ce qu’il s’est passé pour la scène suivante, interrompue pour Robin par un appel de sa mère puisque Matthew l’a évidemment appelée pour se plaindre de sa femme le quittant. Elle quitte donc Strike quelques instants, et c’est suffisant pour que Charlotte sorte de nulle part, enceinte jusqu’au cou d’après le livre. Dans la série, elle est juste enceinte jusqu’au ventre, et c’est tout : quand on voit sa tête, on ne voit rien du tout de sa grossesse.

Bref, elle dit ne pas se sentir bien et avoir besoin d’une escorte pour aller au restaurant où elle compte manger avec sa sœur… C’est en tout cas ce qu’elle lui dit pour l’attirer dans une conversation piège où elle lui révèle que même enceinte d’un autre, elle est toujours amoureuse de lui et souhaite le récupérer. Ah ouais. La série en ajoute une couche et fait moins dans la dentelle, mais c’est bien plus appréciable de voir la série être aussi directe quand le livre faisait un milliard de détours pour dire la même chose.

Oh, il y a quand même des détours, même dans les scènes qu’ils ajoutent, avec un long moment de silence entre Strike et Robin, cette dernière ne lui disant pas encore qu’elle a rompu avec Matthew ou qu’elle est jalouse de l’avoir vu avec Charlotte. Ben oui, faut bien dire ce qui est, non ?

Le lendemain, pendant un trajet en voiture, Robin fait toutefois une crise d’angoisse bien jouée, mais plutôt mal écrite par rapport au roman. Elle reçoit en effet un appel menaçant de la part de Jimmy n’aimant pas du tout la manière dont elle a réussi à le piéger, et ça la renvoie à ses démons des saisons précédentes – l’agression en saison 3, la course poursuite de l’épisode précédent, tout ça tout ça.

Cette fois-ci, c’est l’occasion pour Strike de forcer un peu sa coéquipière à lui raconter ce qu’il se passe dans sa vie privée. Il l’aide vraiment bien à lui avouer sa rupture et à la rassurer sur son job, mais je suis un peu triste que ça laisse de côté une part des sentiments de Strike qui avait peur de la voir tomber enceinte. En plus, la série va un brin trop loin quand Robin fait un câlin à son employeur et que tous les deux s’embrassent par accident. Franchement.

Le baiser volé n’est pas crédible en tant qu’accident, et ça donne l’impression que Strike est légèrement un forceur… Vraiment pas glorieux. C’est dommage, jusque-là, l’adaptation faisait un sans faute cette saison ! Pourquoi ce trajet en voiture ? Pour aller interroger encore un autre témoin et comprendre de quoi toute leur intrigue retourne.

La série ayant réécrit pas mal de choses, je trouve que la scène suivante n’est pas bien logique : ils rendent visite à Kinvara sans vraie raison et elle les accueille un flingue à la main, sans raison non plus, ce qui la rend bien plus suspecte à mes yeux que la version du roman où ils sont poursuivis par les chiens quand ils arrivent la voir. Mais bon.

L’interrogatoire nocturne impromptu de Kinvara révèle pas mal de choses, et notamment un secret de Chiswell qui planait au-dessus de cette saison avec un chantage odieux et bien senti. En effet, Chiswell construisait de quoi pendre les animaux, avant que l’Union Européenne n’en interdise la vente. Malgré l’interdiction, Chiswell a vendu ça au Zimbabwe, où un détournement a fini par faire que sa production a servi au meurtre d’un adolescent britannique.

Gênant. Kinvara assure que c’est le chantage qui a suivi – avec des photos l’accusant envoyées au gouvernement britannique – qui a poussé Chiswell au suicide… sauf que nos détectives ne croient pas au suicide. Robin prétend alors avoir envie d’aller aux toilettes pour fouiller la maison tandis que Strike et Kinvara vont s’occuper des chiens – c’est moins crédible que dans le roman. Dans la maison, Robin prend autant de photos que possible des tableaux et des photos, à la recherche d’éléments… avant d’entendre quelqu’un dans la maison. Oups.

Elle s’enfuit donc avec Strike, lui racontant tout ce qu’elle a trouvé, à commencer par un tableau que Kinvara leur a dit vendu alors que non. Notons qu’elle est donc habituée à leur mentir et que tout paraît compliqué à croire, à l’exception d’un mobile de meurtre qu’elle leur donne sans hésiter : Jasper Chiswell a fait exécuter un de ses chevaux, qu’elle voyait comme un enfant. Elle n’est pas très heureuse de son couple, donc, et elle a carrément attaqué au marteau son mari à l’époque.

À partir de là, la série prend d’énormes libertés par rapport au roman, parfois pour le meilleur, parfois non. Pour le meilleur, on a la scène où Robin confronte Sarah à son travail. Dans le roman, elle fait appel à elle sans qu’on ne le sache vraiment tout de suite. Dans la série, elle se rend là-bas avec Strike pour faire expertiser un tableau qu’elle a trouvé et pris en photo chez Kinvara. Disons que la série rétablit la chronologie, mais elle en profite pour faire une jolie scène où Robin s’attaque à Sarah de la manière la plus froide possible.

C’était chouette. Pour le pire, et bien… On devine bien trop facilement la fin : ce sont Robin et Strike eux-mêmes qui décident d’aller confronter Kinvara et de nous révéler qu’elle était en fait en couple avec son beau-fils depuis tout ce temps. Yep, Raphael devient aussitôt le suspect du meurtre de son père et Kinvara n’hésite pas à le balancer non plus quand elle comprend qu’il a essayé de l’arnaquer elle aussi. En effet, il lui a volé le fameux tableau – qui finit par donner son nom au roman, même si ce n’est pas explicité par la série – pris en photo par Robin et qui est en fait un Stubbs valant beaucoup, beaucoup d’argent.

Du coup, ils font arrêter Kinvara, mais quand Robin reçoit un texto de Matthew, on comprend immédiatement que c’est un piège, et c’est dommage. La série est encore plus prévisible que le roman qui nous laissait planer le doute jusqu’au dernier moment sur l’identité de Raphael comme meurtrier. Bon, on s’en doutait, évidemment. Enfin, moi, en tout cas.

Bref, il tend un piège à Robin et n’hésite pas à l’enlever, supprimer les photos du tableau de son portable et jeter son portable à l’eau depuis un bateau à Little Venice. Bien joué. Il la menace d’une arme et lui demande de le convaincre de la laisser en vie en lui prouvant qu’il est effectivement fait comme un rat. Le problème, c’est que Kinvara étant arrêtée et commençant déjà à parler, le suspense est sacrément limité et le bluff de Robin paraît beaucoup moins crédible.

Elle parvient toutefois à gagner du temps et, en plus, elle fait une crise d’angoisse moins prenante que dans le roman puisqu’il est révélé que Strike est en route et qu’elle le sait – elle a eu le temps de l’entendre au téléphone. C’était plus stressant dans le roman, je trouve. Finalement, Strike débarque évidemment à temps, et d’autant plus à temps que Raphael utilise le même pistolet que Kinvara les accueillant en début d’épisode. Or, Strike a eu ce pistolet en main et en a retiré les balles. C’est moins crédible dans la série où l’on a vu la scène, mais bon.

Finalement, Raphael est donc arrêté pour meurtre, avec pour mobile l’espoir de devenir bien riche grâce au tableau qu’il avait volé à Kinvara et la vengeance d’un père qui s’est toujours mal occupé de lui, allant jusqu’à tuer son poney alors qu’il était dessus. Ah oui, tout de même, pas un saint le Chiswell. Pour se simplifier la vie, la fin de l’intrigue de Billy est apportée dans une scène finale se déroulant également en présence d’Izzy : il pensait avoir vu le meurtre d’une petite fille, mais c’était en fait Raphael qui était étranglé par les autres, alors que c’est son poney qui était tué et enterré. Superbe, les raccourcis fonctionnent et la série retombent sur ses pieds, mais bon.

La dernière scène voit finalement Robin et Strike décider de garder Sam comme collègue, alors qu’on ne l’a que très peu vu, et parler du business qu’ils ont ensemble et qui s’apprête à très bien fonctionner, une fois de plus. Cela faisait plaisir de voir ces personnages sourire et ça me fait oublier quelques défauts, franchement.

 

EN BREF – Comme chaque saison, je suis bluffé par la qualité de l’adaptation et surtout du casting. La série donne vie à des romans souvent trop complexes et franchement tellement longs que je ne sais pas si je prendrais un jour le temps de les relire… Toutefois, comme chaque saison, j’ai à redire sur l’adaptation qui prend quelques raccourcis et libertés. Ils ont fonctionné pendant trois épisodes et demi, mais toute la fin de cet épisode n’arrive pas à me convaincre !

C’est amusant, en fait : j’étais sceptique pendant une grosse partie du roman, alors que la série me le vendait bien ; je suis sceptique sur la fin de la saison, alors que le roman avait enfin réussi à me scotcher sur ses 150 dernières pages où je devinais les choses, mais avec bien moins de facilité que l’épisode 4. Malgré tout ça, la série reste un vrai plaisir à regarder et je suis content de la sortie d’un cinquième roman rien que parce que ça signifie qu’on aura probablement une saison 5 d’ici un an, un an et demi. On verra bien.

Le scandale autour du roman qui vient juste de sortir et de la transphobie de Rowling ? Je vais attendre de me faire un avis en le lisant, déjà.

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