Ce que c’est qu’un arc (narratif)

Salut les sériephiles !

Comme souvent, on se retrouve ce matin pour un article de définition des termes plus ou moins techniques que j’emploie parfois dans mes critiques. Il va ainsi être question d’arc ce matin. Non, je n’ai pas perdu la tête et ce n’est pas non plus parce que je suis en plein visionnage d’Arrow que je vous parle d’arc. En fait, je ne vous parle pas d’une arme, vous vous doutez bien, mais d’un arc narratif.

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Alors c’est quoi exactement un arc narratif ? L’arc narratif/scénaristique est une partie d’une œuvre plus globale qui possède sa propre introduction (un problème) et sa conclusion. On en retrouve un peu partout et pas qu’à la télévision, y compris dans les séries de films ou les comics par exemple.

En ce qui concerne les séries, chaque épisode pourrait donc être désigné comme un arc (particulièrement quand on a affaire à un procédural), mais ce n’est pas le cas car l’idée est au contraire que cette nouvelle histoire dans l’histoire de la série s’étend sur plusieurs épisodes. Et, oui, il peut donc y avoir plusieurs arcs enchassés les uns dans les autres (parfois, c’est par personnage, parfois, par petits groupes) au sein de plusieurs épisodes. L’arc peut donc être aussi synonyme d’intrigue, tout simplement, mais d’intrigue sur plusieurs épisodes, ce qui implique bien évidemment l’utilisation de cliffhangers.

Le plus souvent, l’arc permet de faire évoluer un personnage ou une situation en passant d’un point A à un point B. Si vous me suivez régulièrement sur le blog, vous saurez donc que j’apprécie particulièrement ce procédé.

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C’est quoi ce nom ? Difficile de trouver exactement de quoi il en retourne, mais pour le retenir, vous pouvez toujours vous dire que l’arc désigne en fait la courbe que suit le schéma narratif au sein de celui-ci : au début, tout est plat, puis il y a un problème qui va faire monter la tension vers son climax. Après celui-ci, on va se diriger vers sa résolution, avec une tension qui retombe plus ou moins progressivement. Et paf, ça fait un joli arc (aussi appelé pyramide de Freitag chez les allemands, du coup).

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Quelle origine ? Là encore, difficile à dire précisément quand Aristote lui-même évoque la diesis (montée en puissance) et la lusis (crise-résolution) au sein d’une histoire. Clairement, le concept n’est pas neuf en littérature.

En ce qui concerne la télévision, ils existent depuis plusieurs décennies et se retrouvent souvent dans les séries (Dr Who) et dessins animés. Cependant, ils étaient loin d’être une mode et encore moins un gage de qualité : souvent, les arcs étaient réservés aux soap-opéras et aux comédies.

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Le problème des arcs narratifs, à l’époque, était qu’il était difficile de rattraper un épisode loupé, c’est pourquoi on y préférait la forme d’épisodes indépendants les uns des autres. Avec l’arrivée des magnétoscopes, puis des DVDs et des replays, les choses ont bien changé.

Une des premières séries à s’être distinguée pour l’utilisation d’arc narratif est… Buffy. Joss Whedon, en s’inspirant des comics qui n’hésitaient pas à le faire, s’est alors mis à proposer des arcs courant sur l’ensemble d’une saison avec un grand méchant à abattre.

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La formule fonctionnant bien, elle a ensuite été copiée par d’autres séries (par exemple, Charmed à partir de la saison 3 avec la Source, et même les Fondateurs). Oh, bien sûr, Buffy comme Charmed n’ont jamais hésité non plus à proposer des arcs plus courts pour faire évoluer un personnage. Certains parlent aussi de Xena, mais je dois avouer que je ne l’ai jamais vraiment regardée.

Bref, il existe des arcs narratifs pour une saison elle-même, mais aussi des sous-arcs pour l’évolution des personnages ou d’une situation, et enfin ceux qui constituent l’intrigue d’un épisode unique et ne sont donc pas considérés comme tels.

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Et aujourd’hui ? Les arcs narratifs sont nombreux dans les séries, mais il est de plus en plus rare de tomber sur des séries proposant un arc se déroulant au sein d’une saison complète. De plus en plus, les scénaristes privilégient des intrigues plus courtes, et ce parce que les séries du câble/des géants du streaming, ont changé la donne en proposant des saisons avec moins d’épisodes et la mode du binge-watching en une ou deux soirées. Je ne m’avance pas trop sur le sujet, car cela fera bien sûr l’objet d’un autre article 😉

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Ce que c’est qu’un procedural

Salut les sériephiles !

Et non, contrairement aux apparences, je n’ai pas oublié de vous faire un article définition cette semaine, l’occasion ne s’est juste pas présentée avec une actualité plus chargée que prévu. Qu’à cela ne tienne, me voici de retour avec un mot que j’emploie à tort et à travers pour dire que je ne l’aime pas : le procedural.

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Alors c’est quoi exactement un procedural ? La définition exacte concerne toute œuvre de fiction qui se caractérise par une mise en avant réaliste et détaillée d’une procédure professionnelle. Le genre concerne surtout les procédures policières, au point qu’il en est venu à caractériser les séries policières (pourtant, une série comme Dr House est un procedural).

Concrètement, un procedural traite d’un crime (ou d’une maladie) minimum et nous montre comment il est élucidé par les enquêteurs (médecins) en un épisode. Et on recommence la semaine suivante. Il se distingue de la simple série policière car il ne se concentre pas sur la vie personnelle des enquêteurs, mais uniquement sur leur vie professionnelle, généralement fructueuse et pleine de réussites. Le procedural pur, type Les Experts, ne propose donc normalement ni fil rouge, ni histoire personnelle à ses personnages – même si le contraire se vérifie souvent sur un ou deux épisodes.
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C’est quoi ce nom ? Si vous avez lu le paragraphe précédent, je pense que vous pouvez deviner aisément que c’est un mot anglais contractant « procédure » et « professionnel ». Ce n’est pas franchement sorcier, comme si ça avait l’intention d’être chiant rien qu’avec le nom. Lalala.

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Quelle origine ? Il en existe tellement que je n’ai pas su remonter précisément à l’origine. Une chose est sûre : la franchise Les Experts (CSI) a popularisé à fond les ballons l’enquête de la semaine.

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Aujourd’hui ? Nous sommes envahis de multiples séries procédurières et pour être tout à fait honnête, je passe généralement mon chemin. Pourtant, le procedural pur et dur a tendance à s’éclipser de plus en plus depuis une dizaine d’années, et ça s’accélère avec la disparition des CSI. Qu’on s’entende bien : il y en a toujours, mais généralement, pour fonctionner et accrocher le public, les séries proposent un fil rouge sur la saison ou sur plusieurs saisons (Mentalist et John le Rouge) ainsi que des sous-intrigues sur les vies persos des équipiers (NCIS, Bones…). C’est toujours très léger, pour s’assurer de pouvoir les rediffuser dans n’importe quel ordre quand même…

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Personnellement, je n’ai jamais aimé les séries de ce genre, même si j’ai longtemps accroché à NCIS ou Bones grâce aux personnages. Seulement, ils faisaient tellement du surplace que ça m’a laissé. J’aime dans les séries les dynamiques entre les personnages et l’évolution de ceux-ci/de l’intrigue, deux choses peu soignées en général.

Il subsiste quelques hybrides que je regarde, comme Blindspot ou Lucifer (même si j’ai une saison de retard), mais le côté « enquête de la semaine » me lasse bien vite. Je suis là pour les personnages, car leurs enquêtes ne sont pas bien originales et vite résolues… plus vite par moi que par eux, en général.

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