Euphoria (S03)

On en était où ?

Qui s’en souvient, franchement ? Voilà ce que j’écrivais en fin de saison 2 : « Fez est arrêté, mais nous ne savons rien de la réaction de Lexi pour l’instant. Cassie est embarquée dans une relation toxique avec Nate qui vient de rompre avec elle, mais on peut garder espoir pour Nate maintenant qu’il a fait arrêter son père. Kat et Maddy ont tout à reconstruire maintenant qu’elles sont célibataires. Rue et Jules aussi, avec un Elliot qui ne peut plus être leur ami et une relation amoureuse stoppée par la drogue et la détox de Rue. »

Saison 1 | Saison 2

Ce que j’en attends

Comment savoir ? Cela fait quatre ans, QUATRE ANS, que je n’ai plus vu d’épisode de la série. Autant je l’adore pour son ambiance, sa réalisation et son casting, autant je n’ai aucune envie d’un rewatch avec cette série. Je me contente donc de suivre les projets du casting au cinéma, avec beaucoup de plaisir en général, et je ne me pose plus trop de question sur la série.

La sortie de la saison 3 me laisse dubitatif. La saison 2 concluait suffisamment les choses pour qu’elle ne soit pas nécessaire. Je me demande sur quel terrain ils vont bien pouvoir aller avec cette nouvelle courte salve d’épisodes. Est-ce vraiment utile de rouvrir une intrigue et une saison ou est-ce que ça va juste être frustrant ? J’espère que ce sera plus fluide que la saison 2 qui partait dans tous les sens, j’espère qu’on aura des hommages aux acteurs décédés (c’est si triste), j’espère retrouver l’ambiance chaotique et accrocher à nouveau aux mêmes personnages (Lexi et Rue en tête). Voilà, en fait, j’ai bien des attentes. Elles sont juste très basses parce que je ne sais pas à quoi m’attendre : je n’ai vu aucune image (à part l’étrange affiche promo qui ne vend plus du tout la même série, je trouve), je n’ai rien lu sur cette saison (l’impression que personne n’en parle et que c’est un fail par rapport aux deux premières).

Bref, autant me taire et lancer la série pour me faire une idée :

Note moyenne de la saison : 13,5/20

Euphoria – S03E01 – Andale – 18/20

Je ne peux pas nier que c’est un plaisir de retrouver l’esthétique de la série et son casting. L’histoire ? Plusieurs années après, elle est hyper différente de ce que proposaient les deux premières saisons, mais tout est en même…

Euphoria – S03E02 – America My Dream – 16/20

Avoir retrouvé la série au top de sa forme dans le premier épisode n’aide pas celui-ci à se démarquer autant qu’il le devrait. J’ai beaucoup aimé la première partie de celui-ci, mais dans l’ensemble, je retrouve ce que je…

Euphoria – S03E04 – Kitty Likes to Dance – 15/20

La série commence à ressembler à l’ombre d’elle-même et ça me rend triste : il n’y a plus tellement de surprise du côté de la réalisation, l’écriture des intrigues secondaires ne parvient pas à me convaincre (quand c’est le cas,…

Euphoria – S03E05 – This Little Piggy – 12/20

Je regarde cet épisode avec du retard parce que je suis bien moins passionné par la série que ce que j’aimerais. C’est bien simple, cette saison est loin d’être aussi impertinente et efficace que ne l’était le début de…

Euphoria – S03E06 – Stand Still and See – 12/20

Si je m’interdisais de descendre si bas jusqu’ici, il faut bien reconnaître que cette saison ne tient pas ses promesses. Après plusieurs années d’attente et sans garantie de retrouver les personnages avant genre 2030, c’est tout de même frustrant…

Euphoria – S03E07 – Rain or Shine – 10/20

Les intrigues se croisent enfin dans cet épisode qui mène très clairement à la fin de la série. Difficile de ne pas spoiler dans ces lignes, mais dans l’ensemble, j’ai surtout un sentiment de grand gâchis et de déception…

Euphoria – S03E08 – In God We Trust – 08/20

Quel sursaut dans la réalisation ne suffisent pas à rendre à la série sa gloire d’antan. Quel gâchis que cette saison 3 qui vient ternir la quasi-perfection de la saison 1 et la très bonne fin proposée par la…

Euphoria – S03E01 – Andale – 18/20

Je ne peux pas nier que c’est un plaisir de retrouver l’esthétique de la série et son casting. L’histoire ? Plusieurs années après, elle est hyper différente de ce que proposaient les deux premières saisons, mais tout est en même temps très raccord avec ce qu’on savait des personnages. C’est toujours aussi peu linéaire, c’est un ensemble assez fou de moments complètement improbables, mais c’est ce qui fait que ça fonctionne si bien, je suppose. La série a beaucoup changé, elle n’a absolument pas changé. Elle est un peu plus mature, peut-être, parce que ses personnages ont grandi… Mais ont-ils vraiment grandi ?

Spoilers 

Quelques années après le lycée, Rue est devenue… une mule.

And that is how I became a drug mule.

Le bonheur de retrouver le logo HBO et d’être plongé dans les souvenirs d’adolescence rien qu’avec ça ! Pour le reste, la saison 3 reprend de manière on ne peut plus classique : la voix off de Rue nous informe qu’elle n’a rien fait de bien depuis la fin du lycée. Ben tiens. Je ne crois pas, effectivement, que la série aurait pu proposer une suite joyeuse. C’est peut-être le principal problème de revenir pour une saison 3 d’ailleurs !

C’est avec un épisode d’une heure que la série revient pourtant, en commençant par une chouette scène où Rue se tape un road trip en plein désert. Elle y tombe en panne en s’embourbant, mais trouve quand même le moyen de trouver de l’aide pour repartir. Petite musique fun, nouveau leitmotiv « Andale » et étonnante décision de la part de Rue de passer illégalement une frontière. J’ai beaucoup ri de la scène qui la voit être coincée au-dessus d’un mur.

Je ne sais même pas comment les scénaristes ont pu avoir une idée pareille ! Le symbolisme est assez évident : Rue est une fois de plus complètement coincée dans sa vie, dans un entre-deux improbable. Cela est toutefois bien amusant et permet une scène jamais vue ailleurs : Rue se démerde comme elle peut pour récupérer ses affaires dans la voiture, puis passer de l’autre côté du mur. La voiture qui fait balancier, Rue qui fait de l’équilibre et finit seule dans le désert du Texas ? Efficace.

Zendaya semble déjà s’éclater plus que dans n’importe quel film et c’est sûrement ce qui me fait le plus plaisir. Une fois de plus, la production est léchée et les images donnent vraiment envie d’en voir plus. Par contre, on ne sait pas grand-chose de ce qu’on regarde pour l’instant : au bout de cinq minutes, on n’est pas plus avancé sur ce que la saison va nous montrer ou sur l’intrigue à venir. Par contre, en cinq minutes, je retrouve l’ambiance improbable de la série et l’humour bien particulier qui va avec.

Après tout ça et après une longue marche dans le désert, Rue dort dans une grange et est accueillie par une famille très religieuse. Sans surprise, elle leur ment et leur affirme qu’elle fait un exposé sur le mal qui passe la frontière illégalement. Tant pis si elle est exactement ce mal, en fait. En bon caméléon, Rue passe un excellent petit déj, ment sur son identité et se fait finalement déposer en voiture par une des filles de la famille, Daisy. Cette dernière n’a jamais mis les pieds sur internet apparemment et se montre curieuse, mais Rue refuse de lui donner les infos qu’elle espérait avoir.

Rue aurait grandi ? C’est bien l’une des premières fois qu’elle ne corrompt pas tout ce dont elle s’approche, non ?

Bon, ce qui est sûr, en tout cas, c’est que la série nous montre le retour de Rue au pays. Elle enchaîne la voiture avec un bus la ramenant en Californie. Tout ce qu’il faut en retenir, c’est que cette longue traversée du désert se fait avec des images toujours aussi sublimes. J’adore la série rien que pour ça, c’est apaisant autant de belles images. Et certes, il ne se passe pas grand-chose, mais c’est un rythme et une esthétique qui fonctionnent bien.

La série tire finalement partie des quatre ans de pause : cela permet d’avoir une Rue adulte qui nous raconte en flashback ce qui lui est arrivé, dans une narration toujours aussi éclatée qu’avant. Est-ce qu’elle a repris la drogue ? Pas exactement. Rue est devenue une mule pour le compte de Laurie. Il faut se remettre le personnage de Laurie en tête, bien sûr, mais ça va à peu près : c’est une dealeuse à qui Rue a eu la mauvaise idée d’emprunter de l’argent.

Laurie retrouve donc Rue et lui annonce qu’avec les intérêts de son prêt, Rue lui doit désormais bien trop d’argent. Rue ne peut pas rembourser et devient donc une mule pour rembourser sa dette. Contre toute attente, la série nous propose une horrible scène où nous voyons Zendaya avaler des paquets de drogue. On apprend également qu’elle a eu la mauvaise idée d’embarquer avec elle Faye. Mais enfin !

On ne sait pas exactement comment Faye est tombée assez bas pour être une mule ou comment elles ont repris contact. En plus, il y a plein de dangers à être une mule. Le principal, c’est celui que les ballons avalés explosent et tuent sur place la mule.

Pour autant, Rue prend le risque. Nous la voyons ainsi passer la frontière avec Faye, avec plein de stress… mais bien sûr, Rue étant Rue, elle réussit à faire ce qu’il faut comme il le faut. Pire encore, la voix off nous apprend qu’après deux ans à faire la mule, elle se retrouve être la préférée de la famille de Laurie quand il s’agit d’introduire du Fentanyl aux USA. C’est peu glamour, en tout cas, et la série s’éclate bien dans ses transitions. L’enchaînement de Zendaya sur son seau prête à chier la drogue et l’eau des spaghettis qu’on égoutte ? Du grand art, l’air de rien.

Bref, Euphoria est égale à elle-même. Elle a vraiment cette capacité à nous proposer une vision décousue de la vie avec une esthétique incroyable. Une fois toute cette histoire de drogue oubliée, la série se dirige vers autre chose : Rue revient dans sa petite ville habituelle où elle est chauffeur Uber. On la voit ainsi reprendre contact avec Lexi. C’est assez triste de voir que Rue n’est plus droguée, mais l’est toujours autant quand il s’agit de mentir. Elle est accro au mensonge.

Dans la conversation, on apprend que Gia et Lexi sont premières de classe. Rue passe son temps à mentir à Lexi sur ce qu’elle fait, mais elle s’arrange encore pour lui parler de Fez. Bon. Ils ont rompu il y a plusieurs années, en théorie, mais voilà donc que Lexi a encore des remords et des regrets. Fez est en prison pour trente ans, rien que ça, et Lexi bosse désormais pour Hollywood. Elle n’y est pas la scénariste qu’on espère : elle distribue les cafés, conduit les voitures… Ah lala.

Elle est toujours célibataire, bosse aussi parfois avec Maddy, manager de quelques acteurs, dont un certain Dylan Reid. Ah, un nouveau personnage, un nouveau BG pour faire vaciller le cœur de Lexi, super. Évidemment, Dylan ne sait pas exactement qui elle est, mais il la remarque quand elle a une bonne remarque à faire sur la scène.

Jules est mentionnée au passage, entre deux, et serait donc désormais à la limite de la prostitution. Une sugar baby. Super, comme tout le reste de la série. Maddy ? Elle passe sa vie derrière un bureau, ou en avant-première, mais récupère 10% de tout ce que Dylan gagne. En théorie. En pratique, ça va à son boss et c’est triste.

Je suis surpris qu’après tout ce temps, Rue retrouve également son parrain. Elle se met à lui parler de religion et Ali se retrouve à justifier l’homophobie de la Bible comme il peut auprès de Rue. C’est inattendu tout en étant tellement raccord avec la série – je n’ai pas oublié leur épisode spécial post Covid là. Rue va donc partir dans un délire religieux pour cette saison ? C’est plutôt raccord avec le personnage complètement paumé qu’on connaît, je suppose, surtout aux USA. La voilà qui se met à écouter la Bible au volant de son Uber.

Cela ne l’empêche pas de continuer à partir en vrille à côté : elle continue d’être une mule pour Laurie après tout. On lui confie justement un nouveau passage à risque – tandis que Faye semble sur le point de trouver un amour complètement dysfonctionnel avec un tueur de poules. Allez, qu’importe. L’essentiel est que Rue sait se mettre dans la merde partout où elle passe. Ainsi, elle délivre un sachet de drogues (sans avoir à les avaler) dans une villa luxueuse. Son envie de faire pipi la mène alors à en voir un peu trop et devenir pote avec une des nanas à moitié nue présente à la fête.

Rue étant Rue, elle est vite invitée à la fête. Sa présence dérange bien sûr l’homme de main du boss qui essaie de l’exfiltrer de la soirée, mais bien sûr, c’est trop tard : elle est remarquée par Alamo Brown, le boss en question. Il n’apprécie pas trop de voir une nouvelle qui ne se présente pas et passe donc du temps à lui parler. Il se présente à elle comme étant dans le marché de la chatte. Allons bon, est-ce que Rue va devenir prostituée en plus de tout le reste ?

Alamo explique à Rue qu’il possède des clubs de striptease avec du nu intégral. Il n’en faut pas plus pour que Rue essaie de se faire embaucher non pas comme strip-teaseuse ou prostituée, mais comme manager d’un club. Elle déteste bosser pour Laurie et elle adore ce qu’elle voit dans sa villa, où il y a plein de femmes à poil. Forcément.  

Rue se retrouve en tout cas plus dans la merde que prévu quand la drogue qu’elle a ramené à Alamo se révèle provoquer une overdose chez une de ses filles. Il n’en faut pas plus pour énerver le boss. Il confronte Rue et semble prêt à la tuer en contrepartie, mais Rue tente de s’en tirer en expliquant sa vie chaotique depuis l’horrible chantage de Laurie. C’est plutôt cohérent. Au passage, elle dit croire en Dieu, ce qui est probablement une grossière erreur.

Alamo joue le jeu en tout cas et lui dit que si elle croit en Dieu, il est temps de voir s’il croit en elle. Il lui met une pomme sur la tête et décide de lui tirer dessus. C’est un sacré wake-up call pour elle, je suppose. Rue finit morte de rire quand la pomme éclate au-dessus de sa tête sans la blesser. Drôle de fin d’épisode qui laisse une nouvelle fois l’impression que la série ne raconte pas grand-chsoe, tout en racontant plein de choses. Etonnant, quoi.

Bien sûr, on retrouve aussi Cassie et c’est bien la seule chose que j’ai pu voir de la saison 3 avant de la commencer : elle a une vie pleine de richesse et cherche à devenir une célébrité sur Tik Tok. Nous retrouvons donc Sydney Sweeney en train de faire la chienne pour créer du contenu. Ben super. La critique des réseaux sociaux est assez facile et évidente. Il est facile aussi de capitaliser sur le sex-appeal de l’actrice pour ça.

De manière plus surprenante, nous découvrons que la villa de luxe dans laquelle elle vit est à Nate. Il n’est pas ravi de rentrer du taf pour voir Cassie en train de faire le chien devant leur femme de ménage occupée à la filmer plutôt qu’à… faire le ménage. La scène est plutôt marrante, mais pour le coup, on sent vraiment que Jacob Elordi a pris quatre ans depuis la saison 2. Je ne sais pas s’il s’éclate autant que Zendaya avec la série.

Peut-être que c’est la barbe qui le vieillit aussi. En tout cas, si on a pu croire un temps qu’il s’était assagi, il n’en est un peu rien : assez vite, il retombe dans les travers du personnage et demande à Cassie de se comporter comme sa chienne. Il la siffle et tout. La série semble avoir pris en maturité aussi, puisqu’elle a la bonne idée de nous épargner de faire durer la scène sur du sexe qui serait gênant.

Tout leur argent ? Nate a repris le business de son père, tout simplement. Enfin, ce n’est pas si simple : alors que son mariage avec Cassie approche, il voit bien qu’il a besoin de ramener plein d’argent, mais qu’il n’est pas si évident de construire des maisons en Californie. Pour autant, le cadre fait rêver tout de même et il rêve, espérant créer une maison de soin incontournable. C’est mieux que les rêves de sa future femme qui se met à considérer la création d’un OnlyFan. Rien de pornographique, se rassure-t-elle, c’est juste pour faire en sorte que les gens se sentent spéciaux.

Le problème, dans tout ça, c’est que Cassie elle-même ne se sent pas si spéciale. On la voit scroller sur les réseaux et elle est si triste dans sa vie parfaite.

Elle essaie donc de parler avec Nate lors du dîner aux chandelles (bien trop de bougies !) qui suit. Elle veut à tout prix le convaincre de dépenser 50 000$ pour les fleurs du mariage, mais ce n’est pas du tout dans les plans de Nate. Il est sacrément bâtard et autoritaire avec elle. Je vais à nouveau le détester cette saison. L’enfermer dans un rôle de fiancé toxique et maltraitant ? C’est si logique.

Le truc, c’est que Cassie tient vraiment à ses fleurs. Elle propose donc à Nate son idée d’un OnlyFan. Cela ne va pas du tout à Nate, alors elle lui propose tout simplement d’annuler le mariage s’il n’a pas de quoi payer le mariage de ses rêves. C’est presque triste de voir Nate acculé comme ça alors même que j’étais en train de me dire que le personnage était absolument détestable, une fois de plus. Les scénaristes sont forts pour ça – et forts aussi pour me faire m’intéresser à peu près à une intrigue dont je ne devrais rien, mais alors vraiment rien, avoir à foutre. Il y a un sacré jeu de pouvoir entre eux, et finalement, c’est Cassie qui tient la meilleure carte : celle du sexe.

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Troublante Reality

Salut les cinéphiles,

Je dois vous avouer que j’ai pris un peu de retard dans mes critiques ciné. Entre le rythme effréné des sorties et ma volonté (peut-être un peu trop ambitieuse) de vous parler de chaque film que je vois, il m’arrive de me laisser déborder. Cependant, je m’efforce de partager avec vous mes impressions le plus souvent possible… Je vais tenter plusieurs formules jusqu’à trouver le rythme qui me convient le mieux. Une chose est sûre, on aura beaucoup de texte et peu d’images – car c’est ce qui prend le plus de temps à la mise en page. Bref, l’éternel dilemme qualité/quantité.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un film que j’attendais avec impatience, notamment à cause de sa bande-annonce intrigante et parce que j’adore son actrice principale : Reality (2023).

C’est bien simple, c’est un film unique en son genre. Je le recommande vivement, mais attention, il faut s’accrocher avant d’y aller et savoir dans quoi on s’embarque. C’est une expérience cinématographique différente, un peu troublante, et je conseille vivement de la vivre sur grand écran.

Ceci étant dit, on peut s’immerger davantage dans les détails, avec très peu de spoilers, promis, vous me connaissez !


Un huis-clos étouffant

D’emblée, Reality se distingue par son atmosphère particulière. Le film nous plonge dans un huis-clos étouffant, avec un réalisme si perturbant qu’il en devient presque irréel. Le rythme est lent, les bruits de fond omniprésents, volontairement mis en scène parfois, et l’enquête du FBI est présentée d’une manière que je n’avais jamais vue auparavant. C’est inévitable et annoncé dès le début du film : tout se fonde sur les rapports et les enregistrements audio de l’arrestation de Reality. Partant de là, on est sur un film « histoire vraie » qui cherche à sortir autant que possible du cadre du cinéma.

Ainsi, la censure du script, reflétant la censure des documents officiels par des effets spéciaux un peu étranges et cryptiques, ajoute une couche d’irréalité à l’ensemble – un comble vu le titre du film. Malgré cette lenteur, le film m’a littéralement cloué à mon siège. Cela dit, soyons francs, une heure trente de cette ambiance étrange, c’était déjà long, il ne fallait pas une minute de plus. On ressort de la séance un peu hébété par ce qu’on vient de voir…

Un film remarquable

Sydney Sweeney, que j’adorais déjà dans Euphoria, livre ici une performance incroyable. Elle incarne un rôle très différent de celui de l’adolescente un brin complexée et pas mal déglinguée, mais le maîtrise à la perfection. Il faut dire que Reality est aussi un rôle complexe et déglingué, ça doit aider. J’exagère avec le mot déglingué, je sais.

La réalisation, parfois étrange avec ses plans larges ou ses très gros plans, semble être là pour examiner dans le moindre détail son jeu d’actrice. Tout le casting est de toute manière efficace, contribuant à la réussite du film, mais beaucoup se reposent sur les épaules de Sydney Sweeney, je trouve.

Je connaissais peu l’histoire de Reality Winner (ce nom, bordel !) avant de voir le film. Si j’aurais aimé en savoir plus plus tôt dans le film sur la fuite des documents dont il était question, garder certains éléments pour la fin fonctionne bien. En plus, c’est aussi le message du film que d’interroger ce qui a fuité et dont on n’a que trop peu entendu parler…

Un sentiment d’injustice

Le film m’a laissé avec un sentiment d’injustice profond – mais je ne sais pas si c’est pour Reality. Certes, elle a commis une fuite top secrète, mais ce qu’elle a fait me semble essentiel pour la démocratie. L’injustice semble finalement être pour nous aussi : on nous tient dans le secret et on fait tout pour nous y maintenir, y compris quand ces informations sont graves. Alors certes, il s’agit des élections américaines et je ne suis pas américain… mais tout de même, l’influence mondiale des USA est importante.

Cependant, le film comporte le risque que le spectacteur décroche avant d’en arriver vraiment à son message. Il faut vraiment être accroché au film pour le comprendre pleinement. Le scénario, tout en étant captivant, nous pousse à la réflexion… mais si jamais on décroche de cet OVNI cinématographique, on peut passer à côté. En plus, le film, sans vraiment prendre parti, nous laisse avec une bande-son « brute » et l’interprétation de différents médias à la fin. À nous de démêler le vrai du faux.

J’ai eu l’impression, en sortant, qu’on devrait tous devenir un peu complotistes… Et franchement, on a déjà Twitter pour ça, alors était-ce vraiment nécessaire ?


Et vous, avez-vous vu Reality ? Qu’en avez-vous pensé ? Partagez vos impressions en commentaires 🙂