Riverdale – S05E15

Épisode 15 – The Pussycats – 13/20
Les scénaristes savent vraiment comment surprendre les téléspectateurs à chaque fois, ça ne fait aucun doute. Cet épisode représente un énième foutage de gueule de leur part, avec un fan-service inefficace et particulièrement dérangeant à bien des égards… seulement voilà, tout ce qui nous tient éloigné des intrigues en cours est plutôt plaisant à suivre. Puis, au moins, quand ça chante, on s’épargne les répliques gênantes ?

Spoilers

Josie, Val et Melody sont de retour à Riverdale. Enfin, Val et Melody ont toujours été là, c’est juste que personne ne s’est donné la peine de payer les actrices, apparemment.


Where did Josie vanished to ?

Entrez-vous ! J’ai reporté cet épisode pour bosser cet après-midi, mais bon, j’avais quand même envie de voir ce que donnerait ce retour de Josie. Oui, j’avais été largement spoilé de son retour au cours de la semaine, mais non, je ne m’attendais quand même pas à un tel épisode, avec dès la première scène un mauvais résumé de la relation des Pussycats donnant l’impression qu’elles avaient eu un jour vraiment beaucoup d’importance.

En vérité, j’ai bien compris que tout le monde avait oublié l’existence de Val ; et la pauvre continue d’avoir une vie bien particulière. Elle évolue à présent dans l’ombre de Melody qui a laissé tomber son futur job d’avocate pour écrire un roman sur le point d’être adapté en film. Ah. Val est pressentie pour être l’actrice principale… sauf que non, en fait, Melody balance à sa copine (on savait ça ?) que le réalisateur veut un gros nom, pas une Val en actrice principale.

D’accord ? Et Josie dans tout ça ? Parce que c’est d’elle qu’on m’avait parlé, moi. Ben, Josie, elle est devenue une super star pendant les sept ans de gap qui existent entre 2020 et 2021 (non, cette blague ne vieillira jamais). Elle revient toutefois à Riverdale alors qu’elle est au sommet de sa carrière et a décidé de faire faux-bond à son public berlinois. OK ?

Pourquoi revenir à Riverdale ? Pour faire un break dans la folie qu’est sa vie et prendre un peu de temps pour elle. Du temps pour elle ?? Dans cette ville ? Mort de rire. C’est la pire idée du monde, au mieux, elle se fait kidnapper, au pire elle se fait tuer quoi. Et la série est dans l’abus total avec elle, puisque du coup, Tabitha en est une grande fan se demandant elle aussi, comme le reste du monde : « mais où est passée Josie ? ».

PERSONNE ne se pose plus la question, si ? Il faut croire que si, pourtant, les scénaristes sont sûrs de faire plaisir aux fans en nous la ramenant. Et si je dois être tout à fait honnête : ça me fait plaisir de la revoir car j’aimais bien le personnage – enfin quand elle avait un peu de temps d’écran. Elle était beaucoup trop souvent à l’arrière-plan pour être vraiment intéressante, alors qu’il y avait vraiment de quoi faire en vrai.

À la place de ça, les scénaristes se contentent de nous fournir un épisode de retour digne de Glee, avec Josie qui se met à chanter au diner et est rejoint finalement par Melody et Val. La chanson était sympathique, les nombreux flashbacks, pas si exceptionnels. Par contre, j’ai adoré la manière dont s’est terminée cette scène de chanson : Hiram se plaignant que sa nouvelle voisine d’hôtel fasse trop de bruit.

J’ai eu un élan de fan-attitude pour Josie quand elle l’a remise à sa place – à 21h – mais bon, c’était de très courte durée je vous rassure. Pourquoi ça ? Parce que dans sa scène suivante, Josie demande simplement à écrire une chanson dans la salle de musique de son ancien lycée d’une ville qui n’existe plus. Euh ? OK ? Et elle accepte de payer la location de la salle en… donnant des cours de musique aux lycéens.

Bordel. Il n’y en a pas un qui ne finira pas prof dans cette série ? Au moins, ça lui permet de taper son meilleur solo avec ses étudiants et de retrouver Archie. S’il est tout heureux de la retrouver et lui propose aussitôt de rejoindre le gang, il va vite le regretter. Ben oui, Josie est devenue une super-star, mais elle n’oublie pas que son lycée a été particulièrement traumatique et qu’elle ne servait à rien dans son groupe d’amis.

J’ai adoré voir comment elle remettait tout le monde en place, y compris Cheryl. Elle n’a jamais été si géniale que dans cet épisode, et tout ce que ça prouve, c’est qu’ils auraient pu avoir un personnage parfait dès le départ. Et c’est un peu le cas aussi avec Val et Melody qui passent leur temps ensemble. Où étaient-elles pendant tout ce temps, toutes les trois ? J’imagine que c’est le fait de les retrouver après tout ce temps qui les rend un peu intéressantes, mais bon.

Après, si j’étais heureux de voir Josie se la jouer Queen Bitch pendant un temps avec tout le groupe du lycée, tout est vite jeté par la fenêtre quand elle retrouve Sweet Pea et… couche aussitôt avec ? Ils ne se sont pas vus depuis près de dix ans et ils couchent ensemble comme si de rien n’était ? Sérieusement ? Qu’est-ce que c’est que cet épisode ? Et d’ailleurs, d’où Jughead est de retour à Riverdale ? On ignore vraiment à 100% les aliens et le camion ?

Puis, heureusement que Josie voulait se consacrer à l’écriture de son album, hein. C’est une franche réussite là. Elle se retrouve à coucher avec son ex, avant de recontacter ses anciennes amies. Anciennes, c’est le mot : Val et Melody n’ont pas oublié que Josie avait oublié leur existence, elle. Elles lui font sentir après un petit numéro musical qui avait un semblant de cohérence puisque Josie leur demande d’enregistrer un titre avec elle, avant de leur demander si elles chantent encore. Donc OK pour cette chanson.

Difficile d’en dire autant pour la chanson suivante qui voit Kevin se trémousser de manière terrifiante au fond de Pop’s. Ouais, euh, j’oubliais presque de parler de Veronica qui a une intrigue dans cet épisode. Son mari la laisse dans la merde financière avec une pyramide sur le point de s’effondrer et une certaine Alexandra Cabot qui débarque d’absolument nulle part. Je veux dire… On ne la connaît pas, si ? D’où elle sort ?

Elle est vraiment présentée comme un personnage, donc j’imagine qu’elle sort du spin-off sur Josie qui n’était pas centrée sur Josie. Bref, on s’en fout, Alexandra est là pour récupérer de l’argent qu’elle ne peut pas récupérer car Vero ne peut lui fournir. Evidemment, les scénaristes se devaient de fournir une intrigue à Veronica après son absence de l’épisode précédent.

L’intrigue n’est pas bien passionnante et mène à Alexandra prête à investir dans Pop’s qui a besoin de nouveaux investisseurs – mais uniquement en échange de numéros musicaux beaucoup plus présents. Il n’en fallait pas plus pour que ça parte en délire chanté, avec Kevin qui se trémousse sans raison et Toni qui nous tape sa meilleure choré tout en étant théoriquement enceinte. WTF.

Ecoutez, heureusement qu’elle devait rester au lit, hein. J’imagine que l’actrice a accouché ? Le personnage non, par contre. De toute manière, finalement Tabitha envoie bouler Alexandra, parce qu’elle veut remplacer le lait du milkshake signature de Pop’s par du lait en poudre. Forcément, ça pose problème à Tabitha qui l’envoie bouler, nous enseignant au passage l’histoire de Pop’s. C’est franchement cool, hein, mais ça sort de nulle part et ce sera aussitôt oublié ; ça donne juste l’impression que la série voulait faire un épisode un peu plus dans l’ère du temps.

Et sans surprise, c’est raté, hein. Je veux dire, on retrouve ensuite Josie en train de fondre en larmes quand elle aperçoit sa mère. Ouais, ouais, l’ex-maire de Riverdale est de retour et… Je ne sais pas, comme Hermione, elle ne sert à rien du tout pour ce retour, à part nous annoncer que le père de Josie est mort avant qu’on nous balance un flashback où Josie l’apprend. Le flashback ne sert absolument à rien, hein, et Josie pleure super mal. J’ai trouvé que le jeu d’actrice n’était pas super réussi sur ce coup-là et c’est encore pire quand elle est avec les Pussycats.

Voilà, le charme est brisé, il n’aura même pas fallu un épisode pour en arriver là. Pendant ce temps, les scénaristes continuent de donner une existence à Val et Melody, avec Melody qui refuse de faire son film sans Val… mais toujours pas de rôle respectueux des personnages. Ainsi, les deux filles changent aussitôt d’avis quand elles apprennent la mort du père de Josie et acceptent de faire une chanson avec Josie-geignarde. Mieux encore : elles décident de faire un concert… pour mieux y être éclipsées une fois de plus par Josie qui prend le lead.

Le concert ? Il doit être sacrément cher parce qu’il n’y a pas grand-monde sur place, mais apparemment, ça suffit à trouver les fonds pour refaire de Riverdale une vraie ville. Que dira Betty aux gens qu’elle torture dans le lycée après ça ? Nous ne saurons pas. A la place, nous aurons droit à de nouvelles scènes gênantes où les acteurs de la série dansent… mais pas de manière joyeuse ou crédible, juste de manière gênante. Genre, on dirait vraiment qu’ils sont forcés d’être là. Et Archie qui embrasse Kevin sur la joue, ça sort d’où ?

Autrement, Alexandra change d’avis et décide de donner son argent à Tabitha sans contrepartie alors que Toni se rend à un concert enceinte de neuf mois et une semaine (sorry what ? La choré plus tôt dans l’épisode à neuf mois ?? Pire que la scène sur la moto), ce qui fait qu’elle nous détruit la performance artistique de Josie. Elle accouche d’un petit garçon qu’elle nomme… Tony. Bon, d’accord, Anthony. Sérieusement, c’est fou.

Et comme la série ne va quand même pas s’embarrasser des personnages de Melody, Josie ou Val pour plus d’un épisode, voilà les Pussycat qui décident de faire une tournée ensemble dans les petits recoins des États-Unis que le père de Josie adorait. Soit ? Val ne se marie pas, mais elle reste avec son copain quand même ; Melody abandonne Nancy derrière elle et… Sweet Pea décide de les accompagner.

Le pauvre ne savait pas que ça finirait en tournée en bus un brin glauque. Dans un vrai Riverdale-style, Josie apprend en effet au moment de partir que son père a probablement été assassiné. Si ce n’était pas suffisant pour vous faire rire, alors la voix off de Melody nous assurant qu’il fallait retenir les noms de Melody, Val et Josie car on entendrait à nouveau parler d’elles devrait le faire. Cet épisode avait tout d’un back-door pilot, mais aucun projet de spin-off n’est là pour autant. Du foutage de gueule vis-à-vis des actrices jusqu’au bout.

Et vous savez quoi ? Le pire, c’est que j’aurais presque envie de regarder ce spin-off s’il devait venir à exister, parce que ce serait bien fun. En plus, j’espère que Josie y serait éclipsée par les autres comme à son habitude pour que ce soit vraiment drôle. Par contre, ça ressemblerait bien trop à Charmed pour la CW, non ?

 

Compteur d’Archie à poil : toujours rien, et pourtant on sent qu’il a eu envie de retirer son t-shirt quand Melody et Val lui ont dit « salut Archie ». Sérieusement, on aurait dit le début d’un mauvais porno.

Evil – S02E09

Épisode 9 – U is for UFO – 16/20
L’épisode a l’avantage d’être moins dérangeant à suivre que la semaine dernière, avec des scènes moins tordues… mais tout de même, c’est bizarre comme tout de suivre cette intrigue parce que, même si je suis sûr et certains qu’ils savent très bien où ils vont, je n’arrive pas du tout à suivre toutes les intrigues et ramifications qui sont sous-entendues et évoquées au fur et à mesure de la série.

Spoilers

Le trio enquête sur l’existence des extra-terrestres après le témoignage d’une pilote de l’armée affirmant avoir vu un OVNI.

Is the Church really gonna consider the existence of aliens ?

Ils ont quoi les scénaristes cette année ? Ils veulent tous nous parler d’OVNI et d’aliens, ça commence à me souler sérieusement. C’est bon, je sais que j’ai trois saisons de retard dans le reboot de Roswell. En tout cas, l’épisode nous plonge immédiatement dans son intrigue de la semaine, avec le témoignage d’une pilote d’avion de l’armée qui assure avoir vu un objet volant non identifié se déplaçant à une vitesse incroyable sans faire de bruit.

Il n’en a pas fallu plu pour qu’elle se sente proche de Dieu et qu’elle contacte l’Eglise afin qu’une enquête soit ouverte. Et oui, l’Eglise est prête à considérer la création de Dieu ailleurs que sur Terre. Ah. Le problème, c’est que l’armée est loin d’approuver le témoignage de sa pilote, mise à pied pour ça d’ailleurs. Kristen est rapidement face à un mur quand elle interroge une colonelle. Le témoignage semble être mis à mal par les faits.

Pour ne rien arranger aux affaires de la pilote, de son côté, Ben interroge une adolescente, Asha, qui jure avoir vu et ressenti le même bien-être qu’elle… mais après avoir fumé de la marijuana. Forcément, ça décrédibilise vachement tout le récit et l’Eglise laisse tomber cette affaire. Oui ? mais voilà, Ben et Kristen continuent chacun de leur côté l’enquête pour mieux en arriver à la conclusion qu’ils se sont trompés.

L’armée ment sur les lancements de satellites que la pilote affirme avoir vu, mais elle s’amuse aussi à fire passer pour hystérique toutes les femmes qui prétendent avoir vu un OVNI. C’est gênant, et ça rouvre aussitôt l’enquête. Ben et Kristen organisent des entretiens avec d’autres gradés militaires, mais l’interrogatoire se faisant en même temps, un d’eux décide de ne pas dire tout ce qu’il sait.

À la place, il envoie un mail à Ben, avec un lien qui ressemble fort à un virus. Bizarrement, Ben l’ouvre sans hésiter et se retrouve face à une vidéo enregistrée le jour du vol de la pilote. Cette fois, c’est très clair : il y a bien quelque chose de visible en train de voler de manière surprenante. Et cette vidéo fait que notre trio est dépassé par ce qui suit : l’Eglise débarque avec plein de renforts dans leur enquête.

Le père Katagas dirige en effet plusieurs prêtes qui viennent voir ce qui se passe et souhaite assister à l’interrogatoire de la pilote qui recommence. Cet interrogatoire nous permet d’apprendre qu’elle n’a plus d’hypertension depuis qu’elle a vu l’OVNI et, surtout, que ce n’est pas la première fois que ça arrive. L’Eglise a carrément une machine capable de reproduire l’odeur sentie par la pilote… et ça semble confirmer l’existence des extra-terrestres, tout ça.

C’es totalement inattendu tout ça. Plus inattendu encore est l’arrivée d’un officiel du gouvernement dans le jardin de Kristen pour lui annoncer que ce que la pilote a vu est en fait un drone russe. Mouais. La mise en scène, avec le train, est intéressante autant que décevante. Oui, ça donnait envie de croire à l’existence des aliens tout ça. Ben est clairement déçu, franchement.

Malgré tout, l’Eglise demande à parler à Asha, puis à reparler à la pilote. Là-dessus, notre trio habituel rencontre un homme qui bosse pour le Vatican – ou en tout cas qui bosse en liaison avec le Vatican, mais aussi avec les services secrets de tout un tas de pays. Il affirme ainsi que l’OVNI n’est certainement pas une technologie russe. De même, selon lui, Edgar Loudermilk, l’homme à qui Kristen a parlé, est un menteur.

Et il est bien placé pour le savoir puisque David comprend qu’il bosse pour les services secrets du Vatican, l’Entité. Rien que ça. Il invite le trio à Rome et est si bizarre. Il parle tout lentement et rit même au ralenti. On dirait vraiment le paresseux de Zootopie. Cet homme leur fait en tout cas signer des contrats de confidentialité, en s’arrangeant au passage pour que David aperçoive dans sa sacoche une brochure pour… RSM Fertility.

Finalement, tout ça n’est qu’une menace de l’Entité. En effet, l’homme affirme qu’aucune enquête n’est en cours sur RSM Fertility avant de souligner à David qu’il n’irait pas à Rome puisque la pilote et Asha ont avoué avoir menti. Pardon ? La pilote contourne les questions de Kristen, étant simplement heureuse de pouvoir voler à nouveau. Asha est plus claire, elle, au moins : elle a obtenu l’opportunité d’aller à MIT l’année suivante. Encore mieux que de voler.

Pendant ce temps, David est recontacté en pleine nuit par un Leland en larmes. Il débarque pour affirmer avoir été contacté par un vampire, ou un monstre, qui l’aurait attaqué durant la nuit, pendant qu’il dormait. Il fait un joli dessin, mais il est absolument insupportable, comme toujours. David est forcé de le virer de chez lui, bien perturbé : le dessin de Leland correspond très exactement au sien, et donc au cauchemar qu’il a lui-même fait.

David débarque aussitôt chez Ben pour voir les enregistrements de l’appartement de Leland cette nuit-là. Bien sûr, Ben dormait avec l’ordinateur sur les genoux au moment de sa « vision » cauchemardesque, alors les questions continuent de se poser. On s’éloigne vachement des extra-terrestres, par contre !

Il faut bien un fil rouge cependant, alors concentrons-nous sur celui-ci, avec David qui se décide à faire de la méditation. Il a de nouvelles visions étranges, entre désirs (Kristen et lui au lit), horreur (des vers) et… des coups de couteau sanglants. Bizarre. Pas aussi bizarre que l’ordinateur de David qui continue de murmurer des choses une fois éteint. Et non, ce n’est pas juste David qui hallucine, parce que Ben l’entend aussi.

En démontant l’ordinateur, il trouve ainsi un composant marqué d’un pentagramme qui prouve que l’ordinateur a été trafiqué pour que David se pense fou. Plutôt que de racheter un nouvel ordinateur, Ben propose à David d’enregistrer une longue vidéo qu’il pourra ensuite faire passer en boucle si Leland cherchait à l’espionner. La boucle que David est en train d’enregistrer lui fait aussi se poser une question simple, mais essentielle : et si Leland faisait pareil ?

Leland, lui, est occupé à retourner voir son psy et confirmer que toute cette histoire d’exorcisme n’est qu’une énorme supercherie en ce qui le concerne. D’accord, mais que veulent nous dire les scénaristes avec cette intrigue du coup ??

Sans trop de surprise, le mari de Kristen continue aussi de confronter sa femme sur les nombreux changements qui semblent l’avoir transformée depuis un an. Il décide donc de venir à une de ses séances chez le psy, laissant tomber toute étique de base sur le sujet. Le psy se laisse convaincre de leur donner des conseils à tous les deux, et ça lui permet surtout d’apprendre le pétage de câble de Kristen dans le supermarché.

Si Kristen affirme qu’elle est contente de s’être affirmée ce jour-là et qu’elle espère que ses filles sentiront les mêmes sensations qu’elle au lieu de se taire, elle semble voir les choses totalement différemment quand le psy lui demande si les filles ont vu la vidéo. Si les parents ne sont pas sûrs, pour ça, on peut compter sur la grand-mère évidemment. Sheryl est insupportable à blâmer le père qui n’a rien dit et à montrer ça aux gamines comme si c’était tout à fait normal de voir sa mère défoncer la tronche d’un type. À quand l’intervention de la police vis-à-vis de Kristen, aussi ? Ou des parents sur Sheryl qui est de plus en plus perchée avec son autel dans le garage et sa mauvaise influence sur ses petites filles.

On ne sait pas. Ce qu’on sait, c’est que les parents sont débordés par les quatre gamines regardant en boucle la vidéo. Le mari prend la décision de repartir pour un mois afin de fermer leur entreprise et les parents annoncent comme ils peuvent les décisions aux quatre filles. Les gamines sont toujours aussi horribles et insupportables, en tout cas. Et sans surprise, la vue de leur mère en super-héroïne internet défonçant la tronche des méchants dans les supermarchés finit par leur poser des problèmes à l’école.

En même temps, Kristen et Adny ont inscrit Laura dans une école gérée par des bonnes sœurs, alors autant vous dire que la vidéo ne leur plaît pas et qu’elles n’imaginent pas que la femme tabassant un homme dans un supermarché puisse être Kristen. Forcément, Laura traite son prof de menteuse quand il lui dit que ce n’est pas sa mère. En école privé, tout ça ne passe pas du tout, surtout quand elle l’appelle une putain de menteuse. On ne saura pas trop les conséquences immédiates pour Laura, mais une chose est sûre : Kristen commence à regretter son comportement et à vouloir redevenir ce qu’elle était.

En attendant, elle reste une tentation évidente pour David. C’est vers lui qu’elle se tourne plutôt que son psy pour avoir des conseils sur comment vivre sa vie normalement à présent qu’elle s’est rendue compte qu’elle détestait les gens. De manière générale, elle se sent en colère et déteste tout le monde. Eh, c’est un sentiment répandu en ces temps houleux aux US. La conversation avec David est intéressante, même si un peu impossible à résumer pour une critique. Retenons simplement qu’elle demande à David de ne pas devenir prêtre. Et qu’il l’écoute assez sérieusement, en plus.

Après cette scène où Kristen est clairement en train de développer des sentiments pour David (mais pourquoi forcer autant cette relation ?), Kristen peut rentrer auprès d’Andy et s’excuser d’avoir changé. Elle lui demande aussi d’être patient avec elle… il y a du boulot pour ça. Nous n’aurons pas plus d’éléments de conclusion que ça pour cet épisode.

L’épisode se termine sur le trio qui s’amuse avec la machine à odeur du Vatican et sent l’odeur de l’OVNI pour la première fois. Si nos héros passent un bon moment, cela termine aussi avec une décision surprenante de David : il souhaite s’attaquer au cas de RSM Fertility. Il serait temps depuis le temps qu’on en entend parler.

Ce n’est toutefois pas la dernière scène de l’épisode. Il est bien plus angoissant de terminer sur Sheryl qui se rend chez Leland pour lui donner un peu de son sang. Oui, oui. Il est venu la voir en cours d’épisode pour lui en demander, mais elle a refusé… avant de changer d’avis. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’entre temps, il est retourné chez son psy lui, contrairement à Kristen. Et son psy, il nous l’a décapité afin de se faire remarquer de l’autorité au-dessus de lui. Euh oui, on a vraiment vu cette scène, ça n’a aucun sens.

Ainsi, quand Leland propose à Sheryl de rester dîner pour parler d’une opportunité professionnelle et qu’elle accepte, on sait très bien vers quoi ça se dirige : il a cuisiné son psy. S’il imaginait simplement qu’il ressemblait à un monstre et qu’il s’agissait d’un humain, c’est horrible. S’il s’agissait d’une créature… C’est horrible aussi.

> Saison 2

 

The Outpost – S04E09

Épisode 9 – The Price of Immortality – 17/20
C’est un bon épisode une fois de plus, avec des avancées à la fois pour les personnages et l’intrigue. Il faut le bien dire, il y a un passage particulier de l’épisode auquel je ne m’attendais vraiment pas en le commençant et qu casse un peu le rythme de croisière pour la suite. Je commence à m’y faire, par contre, car c’est comme ça chaque semaine, il y a toujours une scène inattendue. La série a tellement changé avec le temps !

Spoilers

Talon doit revenir à l’Outpost chargée de mauvaises nouvelles.

I like soup.

Je n’arrive toujours pas à y croire, mais c’est un vrai plaisir de retrouver la série chaque semaine et d’entendre la voix de Talon nous rappeler ce qu’il s’est passé dans les épisodes précédents. Par contre, au début de l’épisode, j’ai eu du mal à comprendre ce que Talon faisait dans une grange à être réveillée par une paysanne. Par chance pour Talon, sa réputation la précède et la femme qui la réveille est prête à beaucoup pour elle.

La pauvre paysanne est toutefois rapidement tuée par la Déesse qui aspire son énergie vitale, s’en prenant en fait à tout son village. Par chance, Talon a son Kinj qui la protège, mais tout le village se retrouve sans la moindre énergie, ce qui est tout de même un peu gênant. Les dieux sont sans pitié, et ils n’hésitent pas ensuite à cramer tout le village. Talon se retrouve à devoir s’enfuir alors que tout prend feu. Par chance pour elle (décidément, ça en fait de la chance), un cheval est encore en vie et lui permet de s’en aller vers l’Outpost, alors que les dieux sont heureux comme tout de constater que la vie sur la planète s’est bien développée depuis leur dernier passage. Super.

C’est donc chargée de bien mauvaises nouvelles que Talon peut rentrer à l’Outpost auprès de Garret et Zed. Déjà, il faut commencer par annoncer que Tobin est mort ; avant de souligner que c’est la merde : un Dieu de plus, Zed et elle sur la liste des dieux… ça craint. Pas au point d’oublier de boire un coup en hommage à Tobin, par contre.

C’est totalement abusé : Gwynn n’a jamais eu droit à ça, franchement. Bon, allez, ce n’est pas grave parce que Tobin est vite considéré comme un problème plus que comme un ami dont la mort doit être commémorée. En effet, sa mort va provoquer de nouveaux remous politiques sans précédents : deux reines et un mort tués en si peu de temps, ça affaiblit sacrément la monarchie. Autant Garret est respecté en attendant le retour de Tobin, autant le garder roi une fois toute la royauté éliminée, ça craint.

Zed est ainsi d’avis qu’il ne faut rien dire au peuple, pour éviter des révoltes quand la priorité doit rester la menace que sont les dieux. Talon soutient étrangement Zed et décide que la mort de Tobin ne doit pas être annoncée du tout. On en arrive alors à une scène où Munt est tout heureux de retrouver Talon et où l’on voit le groupe forcé de se faire à son mensonge. C’est Garrett qui s’y colle, alors qu’il était contre, et j’ai trouvé qu’ils étaient tous sacrément lâches !

Qu’importe, l’épisode doit avancer de toute manière, il est ainsi temps pour Talon de rencontrer 313 et de le détester dès le premier regard. Janzo lui fait un résumé de tout ce qu’il a découvert, avant que Talon ne lui offre un nouvel élément essentiel : une déesse a les petites tâches jaunes sur les bras que 313 attend tant ! En effet, la déesse pourra distribuer les kinj jaunes aux autres esclaves par l’intermédiaire des étranges câbles se dirigeant tout droit vers les cocons des esclaves.

Une fois dans la cave, cependant, nous avons surtout la possibilité pour Talon et Zed de découvrir l’autel du Skevikor et de le toucher. Plus exactement, il touche la partie correspondant à leur Kinj, pour voir ce que ça peut bien faire. Si ça les brûle, ça leur apporte aussi quelques souvenirs de l’âme qu’ils ont en eux.

Le flashback confirme ce que l’on devinait bien simplement : un des dieux (celui dont Talon a le Kinj) s’est entiché d’une humaine, a eu un bébé avec et ça n’a pas plu aux autres. Celui dont Zed a le kinj a donc tenté de faire en sorte que l’humaine tue son bébé, avant d’être arrêté par le papa de l’enfant, pas très heureux de la situation. Allez, je recolle plus de morceaux que Talon et Zed apparemment : ils semblent ne pas tout capter de ce qu’ils viennent de voir, malheureusement.

Loin de toutes les considérations politiques, Garret décide d’avoir une conversation avec Talon pour en savoir plus sur l’extinction des Blackbloods et sur leur couple. Surtout sur leur couple, à vrai dire. C’est très surprenant de retrouver enfin ces deux-là ensemble après autant de temps, et je dois dire que le couple fonctionne toujours aussi peu à mes yeux. Je sais bien que les scénaristes les veulent ensemble depuis le départ, mais je ne pense pas vraiment pas qu’ils soient un bon couple.

Talon semble penser pareil en ce moment, puisqu’elle fuit une fois de plus Garret. Pas de bol, Garret. Zed a plus de chance que lui quand il s’agit de courtiser Nedra, une fois de plus. C’est dingue ! Les scénaristes forcent vraiment les choses avec ces deux-là, mais ils ont quand même plus d’alchimie que Garret et Talon, quoi. D’ailleurs, Talon vient à la rescousse de Zed : alors que Nedra lui reproche une fois de plus de ne pas être venu plus tôt pour sauver leur peuple, Talon débarque pour annoncer à Nedra qu’elle est la seule responsable de la mort de son peuple. Le pire, c’est que c’est vrai : elle a refusé constamment d’aller chercher son peuple.

Je passe la scène où elle et Zed se demande encore ce qu’ils ont vu comme souvenirs des dieux alors que c’était évident pour en arriver plus vite à Nedra pardonnant Zed. Elle lui fait un petit cadeau, mais elle reste encore énervée de voir Zed aider autant le peuple des humains plutôt que le sien. Et pourtant, Zed est clair : les humains et les Blackbloods sont tous ensemble face aux menaces de ce monde.

De son côté, Luna découvre qu’elle a eu le bon réflexe en volant un autre objet dans la réserve de Dredd : on l’avait vu faire et on se doutait bien que ce n’était pas pour rien, mais les scénaristes ont eu du mal à trouver comment réintégrer l’artefact à la série cette fois-ci. Il s’agit d’un petit morceau de fer avec sept diamants correspondant aux Kinj. Bien sûr, ça parle à Luna.

Cette dernière l’apporte donc à Janzo qui est très intrigué par l’objet : il y a sept diamants, mais il y a aussi une branche supplémentaire – probablement le bébé Blackblood. Ils mettent tous trois plombes à comprendre les choses dans cet épisode, c’est frustrant. Même Munt semble être plus malin qu’eux quand il comprend qu’il n’est pas normal de n’avoir aucune nouvelle de Tobin. Garret est forcé de lui avouer la vérité, ce qui me paraît quand même super risqué. Munt met quelques instants à passer de l’énervement à l’acceptation, commençant son travail de deuil comme il peut. Il en parle aussi à sa copine, évidemment.

Autrement, les textes de Yavalla finissent heureusement par apporter la vérité à Wren et Janzo – mais ils mettent toujours trois plombes à comprendre qu’Aster a enfanté une humaine et créé la race des Blackbloods. Sont-ils tous frères et sœurs, du coup ? Plutôt que de se concentrer sur le texte, ils préfèrent s’intéresser à la relique apportée par Luna. Et ils font bien ! À deux, ils arrivent à comprendre qu’elle projette une lumière. Grâce à une sorte d’appareil photo maison qui projette finalement les lumières sur une carte géographique, Janzo en arrive à trouver l’emplacement de la tombe des deux derniers Dieux. Et tout ça confirme l’importance des dieux dans l’histoire de leur monde, parce qu’il y en avait quand même trois à proximité de la capitale et un sous l’Outpost, quoi.

C’est bien joli tout ça, mais il faut encore savoir quoi faire de cette information. Zed et Janzo sont aussitôt convaincus qu’il faut tuer les dieux encore endormis avant qu’on ne les réveille, pour gagner du temps et empêcher leurs ennemis de prendre encore davantage de force. En plus, ils savent très bien où ils sont : l’un des dieux est enterré là où le Kinj de Zed a été retrouvé par exemple.

Talon reste suspicieuse face au plan, parce qu’elle sait que son Aster est considéré comme un traître par les autres maîtres. Avec le texte trouvé récemment par Wren, les deux femmes ont espoir d’un ennemi de leurs ennemis qui pourrait être un ami… Alors peut-être que réveiller Aster serait une bonne chose pour avoir de l’aide contre les autres dieux…

Le plan de Talon se tient vraiment beaucoup plus que celui de Zed avec toutes les informations qu’ils ont, alors il est frustrant de les voir hésiter. Pour avoir une meilleure idée de quoi faire, Talon retourne dans la cave pour avoir quelques souvenirs d’Aster. Cette fois-ci par contre, elle le voit sous un mauvais jour, parce que le souvenir qui l’y attend montre Aster présenter le nouveau monde aux autres dieux. Il y est un atout indispensable pour les dieux, il veut endormir les esclaves et conquérir le nouveau monde depuis le Plan of Ashes.

C’est abusé, bien sûr que ce nouveau monde est celui dans lequel il a créé les Blackbloods là, avant de voir que c’était la merde avec les humains et de les enfermer dans un autre plan. Pff. Talon ne comprend pas tout ça tout de suite – et peut-être que je me trompe en vrai – mais prend donc la décision d’aller détruire le cadavre du Dieu, avec l’aide de Luna. Zed, lui, demande de manière vraiment très surprenante l’aide de Nedra. Personne ne l’avait vu venir, ça. J’ai bien ri de voir Nedra se foutre de lui parce qu’il voulait tuer un être endormi comme un lâche par contre.

A l’inverse, Munt est loin d’être lâche sur ce coup, parce qu’il demande à accompagner Zed et Nedra, dans l’espoir de venger Tobin. Le combat ne devrait pas être trop violent, de toute manière, mais sa copine n’est pas ravie de le savoir partir à l’aventure. Elle l’accepte malgré tout, sachant bien que Tobin était le meilleur ami de Munt.

Une autre scène qui, pour le coup, était plus inattendue voit Janzo apprendre le libre-arbitre et le choix à 313 : il lui laisse l’opportunité de choisir son repas. Le but est toutefois de lui demander davantage d’informations sur les dieux et la séquence de noms entendue par Luna dans l’épisode précédent. C’est totalement vain… et limite flippant, même : Janzo apprend à 313 à faire ses choix, mais le choix qu’il veut faire, c’est d’entendre à nouveau les maîtres et de retrouver les siens. Janzo est trop naïf à lui tourner le dos, bien sûr que 313 lui éclate un plateau sur la tronche juste après.

Pourtant, la seule chose qui préoccupe le roi par intérim à ce moment-là, c’est de savoir que Talon est encore en train de s’enfuir. Du coup, il veut une preuve de son amour, et il en arrive à la demander en mariage au moment de se dire au revoir. C’est n’importe quoi, sérieusement. J’étais bien heureux de voir Talon l’envoyer bouler, c’est tout ce qu’il méritait sur ce coup-là. Et puis, comme ça, il n’accompagne pas Talon et Luna dans leur quête. Au moins, il reste un héros à l’Outpost, et on va bien en avoir besoin : 313 embarque avec lui la liste des dieux, dans le bon ordre, et récupère la clé dans la planque de Janzo.

Alors que Wren le retrouve, Janzo comprend donc que 33 s’est enfui pour libérer son peuple, mais c’est trop tard. L’épisode se termine sur 313 réveillant l’ensemble de son peuple. Non, vraiment, ça je ne l’avais pas vu venir. Aucun d’entre eux n’a le moindre Kinj jaune en plus, donc c’est parti pour une armée sans volonté et sans guide à gérer. On va se marrer dans le prochain épisode.

 

11 septembre 2001

Salut les sériephiles,

Nous sommes le 11 septembre, et comme d’habitude, il est difficile de ne pas avoir une pensée pour le 11 septembre 2001 aujourd’hui. Vingt ans après l’attentat meurtrier qui a touché les États-Unis, nous sommes encore tous hantés par les images des tours jumelles percutées par les avions, puis s’effondrant. Que le complot sur le gouvernement ayant eu son rôle à jouer sur l’effondrement soit vrai ou non ne change pas grand-chose à la responsabilité des terroristes, ni au traumatisme que nous avons tous subi ce jour-là.

Et c’est de ce jour-là que je vais parler dans cet article, en commémoration de cette vingtième année post-attentat, parce que je fais partie des plus jeunes à m’en souvenir, je pense – pour en avoir parlé à des gens qui avait un ou deux ans de moins que moi et qu’on avait éloigné de la télévision. Pour tout vous dire, cela dit, moi aussi on m’a éloigné de la télévision… mais je suis celui qui a apporté la nouvelle à la famille.

Si on revient vingt ans en arrière, j’avais huit ans ce jour-là et je m’en souviens parfaitement : on avait fini l’école plus tôt, à 14h au lieu de 16h30 – ce que je trouve complètement aberrant maintenant que je suis prof. C’était une histoire de maîtresse malade, mais moi, ce dont je me souviens surtout, c’est que j’étais bien heureux de pouvoir rentrer plus tôt à la maison, et sans devoir en plus, pour pouvoir regarder mes dessins-animés.

C’est con un enfant, hein ? Tout heureux d’avoir une maman pour venir me chercher, me voilà qui une fois à la maison allume la télévision pour mieux tomber sur les images d’une tour que je ne connais pas spécialement, en fumée. Bon, il n’y a pas de dessins-animés sur France 3 ? Pas grave, je zappe sur M6. Puis sur TF1. Partout, les mêmes images. Et sans mentir, j’étais encore devant la télévision au moment de l’impact du deuxième avion – c’est le moment où j’ai compris qu’il se passait un truc vraiment grave. Jusque-là, je regardais sans trop comprendre les images, une part de moi imaginant plutôt un film, du coup. Par contre, la réaction des journalistes sans voix au moment du deuxième avion – le moment où ils comprennent que c’est la merde pour de vrai, c’est inoubliable.

Je ne sais pas trop s’ils découvraient vraiment les images ou s’ils les avaient gardées de côté pendant le flash spécial. Je trouve ça super violent de découvrir un événement pareil en direct à la télévision – et on se souvient tous du « Génial » de Pujadas qui a défrayé la chronique en plus (sinon, ça a recommencé à tourner sur Twitter aujourd’hui). Terrible, le métier de journaliste. Bref, me voilà devant la télévision pour le deuxième avion… Je suis donc allé chercher ma mère pour qu’elle m’explique ce qu’il se passait – et c’est fou de se dire qu’à l’époque, la télévision était encore le seul moyen d’être informé « en direct » de ce qu’il se passait. Aujourd’hui, les attentats, je les apprends sur Twitter, pas à la télévision.

Le reste de la journée est évidemment moins marqué dans mon esprit, même si j’ai quelques images qui me sont restées tout de même, comme le retour du lycée de ma plus grande sœur. Elle, elle savait très bien ce qu’étaient les tours jumelles, et elle l’avait appris au lycée (la radio, je crois ?). Ensuite, le monde a été suspendu pendant une semaine à la télévision – dont on m’a écarté, donc. J’ai tout de même vu les images des tours s’effondrant, j’ai su pour les autres endroits visés. Je me souviens des conversations d’adultes entre eux – les murmures angoissés vis-à-vis d’une guerre possible (eh, merci Chirac) – et les explications « comme on peut » faites en classe.

À huit ans, j’étais de ceux qui ont eu l’occasion de comprendre ce qu’il se passait sans en prendre pour autant toute la mesure. Les chiffres faisaient froid dans le dos, mais ça ne reflétait aucune réalité. C’est en grandissant que je me suis rendu compte que les tours jumelles étaient partout, tout le temps. J’ai vu le tabou autour des tours disparaître dans les séries – dans Brothers & Sisters ou Fringe notamment ; j’ai vu des films où elles étaient encore là et symbolisaient New-York. J’ai compris qu’elles étaient l’équivalent de notre Tour Eiffel, et qu’en plus, il y avait des gens dedans.

Et vingt ans plus tard, j’ai encore les images en tête, j’ai encore le souvenir de la peur quand j’ai compris et que j’ai appris le mot attentat au même moment. Aujourd’hui, je donne cours à des élèves qui n’ont pas connu ce que je considère comme un point de bascule total dans ma vie – ils n’ont même pas souvenir de 2015 de toute manière. Et surtout, je me dis que si ça a tellement marqué mon existence comme un moment où je quittais l’enfance – un peu comme quand on apprend que le père Noël n’existait pas – alors que je ne suis même pas américain, être américain ce jour-là devait être horrible. Il n’y a pas de mot pour décrire l’indescriptible.

Ne l’oublions pas.