Lanterns – S01E06 – Bad Optics – 14/20

Très étrange épisode 6 : je ne parviens pas à comprendre la manière dont cette saison est construite ni où les scénaristes veulent nous amener avec ces twists. Si ça reste plutôt efficace, force est de constater que je n’aime pas les personnages et que j’ai l’impression de voir des bouts de films dans le désordre – ou rallongés sans intérêt parfois – plutôt qu’une vraie histoire de série. À croire que les prestige dramas ne sont pas vraiment pour moi…

Spoilers 

En 2026, John a repris sa vie de civil loin de Green Lantern… jusqu’à ce que son passé le rattrape.

I was the Green Lantern… for five minutes.

Comme je le supposais la semaine dernière, cet épisode prend la décision – et la direction – de commencer en 2026, où nous suivons John essayer de convaincre un ensemble d’officiels d’acheter son produit de défense de la ville. Nous sommes dans une série DC et il est bien sûr question de Metropolis et Superman, ce que je trouve toujours un peu perturbant ici. J’avais du mal à savoir dans quel univers DC on était exactement, mais l’épisode confirme plus tard qu’on est bien dans celui des films récents. John, lui, a complètement repris sa vie de civil et travaille désormais avec son frère Marcus, loin de tout ce qui concerne Green Lantern.

Il reçoit aussi des appels de sa mère, qui l’informe qu’Hal Jordan veut s’excuser auprès de lui. Lol. Bernadette a gardé le contact avec Hal pendant qu’il était enfermé, puis après sa libération, parce que le pauvre homme n’avait apparemment pas de famille. Depuis quand Bernadette a un cœur exactement ? C’est étrange comme tout, mais ça fonctionne suffisamment pour que John prenne immédiatement la route vers Rushville. Il veut ses excuses et ça m’intéressait parce que je pensais vraiment qu’il retrouverait Hal mort après dix ans sans lui parler… Sauf que Bernadette lui a menti : Hal n’a jamais demandé à le voir pour s’excuser et semble même surpris lorsque John lui réclame ces fameuses excuses.

Hal considère plutôt qu’il a pris ses responsabilités puisqu’il a fait son temps en prison et qu’il n’a jamais révélé le rôle de John dans tout ce qui s’était passé dix ans plus tôt. C’est loin d’être suffisant pour John, évidemment, et Hal reprend aussitôt ses manipulations psychologiques avec son ancien bleu : il lui parle de la peur qu’il aurait eue une fois la bague entre les mains et qui expliquerait finalement pourquoi il l’a abandonnée. Perso, je ne suis pas convaincu du tout par ce choix de la série. Il aurait été beaucoup plus intéressant d’avoir les conséquences directes de ce qu’on a suivi jusqu’ici. Là, franchement, avoir un bond de dix ans pour qu’on nous raconte après coup comment les personnages ont vécu tout ça, ça ne me plaît pas, surtout qu’encore une fois, ils vont vouloir nous faire croire qu’ils sont brillants quand ils révèleront des parties manquantes à la compréhension dans un épisode flashback. C’est tellement artificiel et paresseux, ça m’énerve.

Les deux hommes s’embrouillent, John frappe Hal puis reprend la route. Avant qu’il parte, Hal lui demande toutefois de ne révéler à personne qu’il était là et qu’ils se sont vus. Le truc, c’est que le soir même, Kerry appelle John pour lui annoncer la mort d’Hal. C’est d’autant plus problématique que John vient précisément de lui péter le nez quelques heures plus tôt. Nous retrouvons donc enfin la scène qui terminait le pilot : Hal est assis mort dans les gradins du stade avec une balle dans la tête.

Je m’interroge toujours sur la raison qui explique que John vérifie immédiatement la main du cadavre d’Hal. Cela fait dix ans qu’il n’est plus Green Lantern et John sait mieux que personne ce qu’est devenue sa bague puisqu’il la lui a prise avant de la rendre aux Gardiens. Pourtant, la scène du pilot donnait clairement l’impression qu’il s’attendait à la trouver. À moins qu’il me manque quelque chose (wink, wink, on vous fera un flashback), c’est franchement étrange ou juste une fausse piste du pilot très mal écrite.

Kerry, de son côté, se demande qui a bien pu tuer Hal mais reconnaît que toute la ville le détestait. Elle révèle surtout ce qui s’est passé pendant ces dix années : elle et Billy sont séparés depuis trois ans et Hal lui écrivait déjà lorsqu’il était en prison. À sa sortie, il est revenu vivre à Rushville pour essayer de réparer ce qu’il avait fait. Il frappait aux portes des habitants pour proposer de tondre leur pelouse, faire leurs courses ou les aider de n’importe quelle manière. La ville qu’il a participé à détruire dix ans plus tôt ne lui a évidemment pas pardonné et il s’est surtout pris énormément de portes au nez.

Le pire pour Kerry, c’est qu’elle a l’impression qu’il est revenu pour elle. Et c’est là que la série commence à me perdre encore davantage : à quel moment Kerry et Hal sont-ils supposés être devenus si proches ? Leur relation en 2016 ne me faisait pas du tout croire à une romance et j’ai vraiment l’impression qu’on me demande d’accepter qu’un couple s’est développé simplement parce que c’est un homme et une femme qui se côtoyaient. On nous raconte une relation entière dix ans plus tard sans nous l’avoir vraiment montrée et je ne trouve pas ça très convaincant.

Comme John a fait pas mal de route dans la journée, Kerry lui propose de dormir chez elle. Il préfère finalement passer la nuit dans la maison qu’Hal occupait depuis sa sortie de prison et y retrouve Earl, la plante carnivore de l’ancien Green Lantern. Pardon ? Bon, Hal vivait là récemment, donc Earl n’est pas resté seul dix ans dans cette baraque, mais qui s’en est occupé pendant toutes les années où Hal était en taule exactement ? La plante semble en plus comprendre ce que dit John : quand il annonce la mort d’Hal au téléphone, elle réagit d’une manière assez triste. Je ne sais pas comment John parvient à dormir tranquillement juste à côté de cette chose carnivore, mais soit.

Le lendemain matin, Kerry lui paie un café dans le même diner où John a frappé Hal quelques heures plus tôt. C’est intéressant parce que Maggie, la serveuse, décide aussitôt de couvrir John en affirmant qu’Hal était seul. C’est plutôt pratique pour lui, même si je suppose que la haine générale envers Hal aide pas mal. John participe ensuite officiellement à l’enquête sur sa mort, ce que je trouve toujours particulièrement improbable : Kerry enquête sur un homme avec qui elle était liée et prend comme partenaire un type qui connaissait la victime, vient de la frapper et lui cache précisément ce détail. Elle le « députe » (oups, ça sonne mal en français comme ça, mais je sais pas comment on dit, alors on fera avec) rapidement pour régler le problème administratif, mais franchement, ça ne rend pas la situation beaucoup moins étrange.

À la morgue, Bitsy, la légiste, n’aime clairement pas John non plus et l’ignore quasiment. Elle leur apprend surtout qu’Hal a reçu une balle à bout portant et qu’il ne semble pas avoir essayé de se défendre. Parmi les affaires retrouvées sur lui, une clé les mène ensuite vers un box de stockage où ils découvrent une sorte de coffre extraterrestre. Malheureusement, celui-ci ne peut être ouvert que grâce à la voix d’Hal en direct. Kerry tente d’utiliser un ancien message vocal qu’il lui avait laissé, mais l’IA repère immédiatement qu’il s’agit d’un enregistrement. C’est encore une manière de nous montrer que Kerry et Hal étaient assez proches pour qu’elle ait conservé ses messages. Encore une fois, j’ai vraiment l’impression d’avoir raté plusieurs épisodes de leur relation.

Alors que John envisage ensuite de rentrer chez lui, Kerry lui propose de rester un peu plus longtemps à Rushville et de dîner avec elle. Avant ça, il découvre une énorme lampe permettant d’appeler Green Lantern, sorte de Bat-Signal local installé près du mémorial consacré aux victimes de la catastrophe de 2016. Il l’allume parce qu’il cherche le Green Lantern actuel, mais forcément, dans une ville qui déteste tout ce que ce symbole représente (mais dans ce cas pourquoi est-ce que la lampe est présente sur le mémorial ???), ça ne passe pas très bien. Billy et plusieurs de ses potes débarquent pour lui demander d’éteindre la lumière, John refuse et finit par leur mettre une raclée.

Il se rend ensuite comme si de rien n’était chez Kerry pour dîner avec elle et Noah, devenu adulte. Enfin, je suppose qu’il est encore censé être assez jeune, mais comme toujours avec des adultes qui jouent des ados, c’est perturbant. Évidemment, Kerry reçoit pendant le repas un appel lui apprenant que John vient de tabasser son ex-mari et plusieurs habitants. Elle l’arrête aussitôt. C’est tellement idiot : le type frappe Billy en pleine ville et espère tranquillement passer toute la soirée chez Kerry sans qu’elle l’apprenne ? On l’a connu plus malin que ça (quoique… peut-être pas finalement ?).

Une fois en cellule, John appelle Marcus pour obtenir l’argent nécessaire à sa caution le lendemain matin. Et c’est là qu’il reçoit la visite du Green Lantern du moment qui… n’est autre que Nathan Fillion ? Il est partout celui-là. Marvel, DC, ABC, ça fait une sacrée carrière à gérer de front. Et la coupe blonde dégueulasse qu’il arbore ? On est à ça du crime contre l’humanité comme je le pensais déjà la dernière fois que je l’avais vu sur grand écran. On comprend surtout que Guy Gardner est bien celui que nous connaissons déjà dans le nouveau DCU, donc voilà au moins ma question du début sur la continuité réglée.

John veut que Guy récupère sur Oa l’ancien costume d’Hal et sa bague désactivée afin qu’il puisse être enterré avec. Guy n’est pas spécialement motivé à se mêler de tout ça – « bad optics », apparemment – et John lui rappelle alors qu’il ne possède sa propre bague que parce que lui-même a refusé celle d’Hal. Bon, ça remet un peu Guy à sa place, on va dire, mais que c’était lourdingue. Celui-ci finit par accepter et glisse aussi au passage que Sinestro s’est échappé de prison. OK, cool, ça manquait d’un objectif pour la suite ?

Sinon, une fois de plus, il est question d’Harry Potter dans cette série avec une nouvelle blague autour d’Azkaban. HBO en fait des caisses, on a compris qu’ils avaient les droits et bientôt une série à diffuser. Là, ça devient juste lourdingue (encore). Quant à Nathan Fillion, il n’est finalement pas si différent d’Hal dans sa manière de jouer Lantern : arrogant, agaçant et persuadé d’être beaucoup plus cool qu’il ne l’est réellement. Pfiou, quel enfer. À croire que c’est un trait de caractère obligatoire pour porter cette bague.

À sa sortie de cellule, John découvre que son père a utilisé un flingue pour exploser une fenêtre dans sa maison de retraite. Son frère refuse d’abord de s’en occuper et rappelle au passage que leur père a toujours consacré toute son attention à John, le fameux élu de la famille. Comme John finance l’album de son frère, il dispose quand même d’un argument suffisant pour qu’il aille régler le problème. Super la famille !

Maggie, la serveuse du bar, vient ensuite lui faire son propre chantage. Elle sait que John était avec Hal avant sa mort et qu’il lui a cassé le nez. Elle l’a couvert auprès de Kerry mais son silence a un prix très précis : 314 536,27 dollars, plus la montre de John. Elle appelle ça des réparations pour ce qui est arrivé à Rushville dix ans plus tôt. C’est là qu’on comprend qu’elle est la petite fille à qui John s’était excusé dans les ruines à la fin de l’épisode précédent. J’aime bien l’idée de montrer que dix ans plus tard, les habitants paient encore littéralement les conséquences de tout ce chaos, mais qu’est-ce qu’elle est ridicule avec ses 27 centimes. À quel moment le calcul « avec les intérêts » est si précis, si arrêté ? Elle m’a soulé en une scène.

C’est vraiment un étrange choix, en plus, de placer la série en 2026 seulement maintenant. Je comprends l’idée de nous montrer les conséquences de tout ce qu’on a vu et ce qu’est devenu ce Lantern qui a refusé de l’être, mais pourquoi commencer cette histoire uniquement à l’épisode 6 et/ou dès l’épisode ? On a passé cinq épisodes à raconter une première intrigue avant de bondir dix ans plus tard et de repartir presque de zéro. Je ne comprends toujours pas la construction de cette saison.

John se rend ensuite aux funérailles d’Hal et croise à nouveau Guy Gardner, toujours parfait connard avec lui. Cela ne donne décidément pas très envie d’être Green Lantern. Il rencontre aussi Carol Ferris, une ancienne compagne d’Hal, qui lui confie l’éloge funéraire que celui-ci avait rédigé lui-même des années auparavant. Évidemment qu’Hal avait écrit son propre éloge, et évidemment qu’il s’imaginait une cérémonie gigantesque pleine de gens importants parce que lolilol c’est drôle de faire le contraste comme il n’y a quasiment personne. Il est pas drôle en fait, il est… lourdingue. Ma critique aussi, je me répète et je m’agace de plus en plus.

John finit par lire le texte devant Kerry et Carol. Pfiou, c’était… non, désolé, je n’ai pas d’autres mots : lourd. Honnêtement. Je n’aime pas les personnages, en fait, et c’est probablement l’un de mes gros problèmes avec la série. L’humour d’Hal, franchement, je ne le trouve pas drôle et son éloge funéraire volontairement grandiloquent m’a surtout ennuyé – je voulais juste la scène suivante où John allait récupérer sa bague.

L’enterrement n’est pas crédible non plus en plus. Comment ça, il n’y a PERSONNE qui se pointe au cimetière pour l’enterrement d’un ancien super-héros ? Vous ne me ferez pas croire que le monde entier lui a tourné le dos, y compris tous les gens qu’il a sauvés à une époque. On nous l’a vendu comme une superstar pendant des décennies, tout de même. De là à ce qu’il n’y ait pratiquement que John, Carol et Kerry devant sa tombe ? Pas un journaliste ? J’ai vraiment du mal à y croire.

Durant la nuit, John reçoit un appel de Marcus qui est avec le colonel censé finaliser leur gros contrat. John a tellement laissé son travail de côté depuis son arrivée à Rushville que la situation commence à dégénérer. Le colonel lui raccroche donc au nez, parce qu’il n’aime pas être négligé et passé au second plan. Quelqu’un de bien, encore. Lés zhommes, t’sais. Marcus en veut logiquement à son frère mais, au lieu de rentrer enfin chez lui, John continue ses propres occupations qui consistent désormais à… déterrer la tombe d’Hal.

Son plan devient alors assez évident si vous n’aviez pas encore compris ce qu’il regardait lorsque le cercueil d’Hal était ouvert. Il voulait faire venir Guy pour récupérer l’ancienne bague désactivée et faire en sorte qu’Hal soit enterré avec elle. Maintenant que la cérémonie est terminée, il peut tranquillement revenir la chercher. Il ouvre donc le cercueil, passe la bague au doigt et découvre qu’elle possède encore assez d’énergie pour faire apparaître l’hologramme d’Hal… qui se retrouve à regarder son propre cadavre.

Bon, ça fait un bon cliffhanger. Quelques scènes plus tôt, le coffre refusait précisément de s’ouvrir sans la voix vivante d’Hal Jordan et John vient maintenant de récupérer une sauvegarde consciente capable de parler avec sa voix. Je suppose donc qu’il va essayer de s’en servir pour accéder au box et comprendre ce qu’Hal cachait avant sa mort, voire résoudre le crime.

Si le mystère fonctionne et me donne envie de voir la suite, je reste très sceptique devant cet épisode qui relance la série sur une toute nouvelle piste ne justifiant pas tellement tout le temps investi sur 2016. En fait, c’est peut-être le côté prestige drama qui veut ça, mais je n’arrive pas à avoir l’impression d’être devant une série. Pourtant, on a bien un épisode par semaine comme j’aime et comme je le réclame toujours… Comme quoi, il ne suffit visiblement pas de découper une histoire en huit morceaux pour me donner cette sensation.

Photo promotionnelle de l’épisode — HBO / Warner Bros. Television / DC Studios.

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Agents of S.H.I.E.L.D. – S01E04 – Eye-Spy – 14/20

Je suis assez surpris par cet épisode dont je ne me souvenais finalement que de quelques images alors qu’il fonctionne plutôt bien. Il y a toutefois toujours ce côté un peu lourd du début de série, avec des agents qui donnent parfois l’impression de découvrir leur métier en même temps que nous et beaucoup de choses deviennent franchement ridicules dès qu’on commence à y réfléchir deux secondes.

Spoilers 

L’équipe enquête sur une série de vols particulièrement étranges commis par une ancienne agente du S.H.I.E.L.D. que Coulson croyait morte.

I’m gonna go play with my phone now.

L’épisode commence à Stockholm avec toute une troupe de types habillés de la même manière, masques rouges sur le visage et mallettes attachées au poignet, qui traversent tranquillement la ville avant de prendre le métro. C’est amusant de revoir à quel point Agents of S.H.I.E.L.D. cherche encore à avoir un côté international dans ce début de série, entre le Pérou, Malte, la Suède et bientôt la Biélorussie. Cela va peu à peu disparaître par la suite – une question de budget probablement.

En attendant, personne ne semble vraiment se demander pourquoi cinquante types masqués débarquent ensemble dans le métro et je ne suis pas certain que je serais monté dans la même rame qu’eux, moi. En fait, ils transportaient des diamants et une femme – qu’on pensait plutôt être leur victime à l’origine – réussit à repérer la seule mallette contenant des diamants alors qu’elles ont été distribuées au hasard, coupe la lumière et élimine tout le monde pour repartir avec son butin. Les scènes d’introduction de cette saison sont décidément longues pour pas grand-chose, et celle-ci a en plus probablement dû coûter assez cher.

Coulson décide de mener l’enquête et Skye part tout de suite sur l’hypothèse d’un pouvoir psychique, ce qui lui vaut d’être gentiment rembarrée par les autres. Evidemment, vexée par Coulson et May, c’est elle qui trouve la voleuse grâce aux photos publiées sur les réseaux sociaux par les témoins. C’est là que je me rends compte qu’il faut vraiment être tombé amoureux de Skye dès 2013 pour accepter tranquillement tout ce qu’elle fait dans ces premiers épisodes. Elle trouve les bonnes photos sur internet, hacke à peu près tout avec son téléphone et balance une vanne toutes les trente secondes : dans les mains d’une autre actrice, elle pourrait être sacrément agaçante… Sauf que Chloe Bennet est tellement drôle qu’elle fait fonctionner des choses qui ne devraient pas forcément fonctionner. Pas vrai ? J’espère que ça le fait pour vous aussi si vous découvrez seulement maintenant la série ! C’est ce genre de personnage qui me manque aujourd’hui et pourtant, je suis sûr que ça paraît hyper ridicule à plein d’autres.

La femme sur les photos s’avère être Akela Amador, une ancienne agente du S.H.I.E.L.D. que Coulson a lui-même formée et qu’il croyait morte lors d’une mission plusieurs années plus tôt. May est immédiatement beaucoup plus méfiante que lui et estime qu’il est trop impliqué personnellement pour juger correctement la situation. Elle est d’ailleurs tellement froide et cassante avec tout le monde dans ce début de saison qu’il est assez difficile de l’apprécier. Je ne l’aimais pas particulièrement lors de ma découverte de la série et je comprends mieux pourquoi aujourd’hui, même si ça me fait surtout rire de la voir maintenir tout le monde à distance quand je sais évidemment où toutes ces relations vont finir par aller. Coulson refuse en tout cas de considérer immédiatement Akela comme une traîtresse et préfère comprendre ce qui lui est arrivé.

Ils la suivent jusqu’en Biélorussie, où elle échange les diamants contre une carte d’accès. Fitz, Simmons et Skye restent pendant ce temps dans un van à essayer de la localiser électroniquement tandis que Coulson et Ward partent chercher des informations. C’est là qu’on a droit à ce merveilleux appel téléphonique pour savoir comment ils sont censés faire pipi dans leur planque et s’il y a quelque chose à manger. Sérieusement, ils sont tous débutants à un point assez abusé. Ward est censé être l’agent expérimenté du groupe, May une légende du S.H.I.E.L.D. et FitzSimmons deux génies, mais dès qu’il faut fonctionner comme une vraie équipe, on a parfois l’impression qu’ils viennent tous d’arriver pour leur premier jour de colo. C’est ridicule, mais c’est aussi assez drôle et c’est clairement cette légèreté qui fait beaucoup du charme de la série – si on l’accepte. Avec le recul, je ne sais pas si je l’accepterais autant aujourd’hui.

Skye parvient néanmoins à repérer un étrange flux vidéo qui semble se rapprocher progressivement de leur position. Ils comprennent trop tard qu’ils sont en train de voir leur propre van et Akela leur rentre dedans avant de prendre la fuite. Mieux encore : le flux bascule à un moment en vision à rayons X. J’adore l’idée de cet œil-caméra (expliqué juste après) qui permet à Akela de voir à travers les choses et explique donc comment elle a pu repérer la bonne mallette au début de l’épisode. Il y a un petit côté Superman / Smallville dans le concept qui fonctionne vraiment bien et je trouve même qu’il y aurait de quoi faire toute une série autour de cette agente qui voit des choses impossibles tout en étant observée en permanence par quelqu’un d’autre. Bon, Skye pirate son flux en quelques minutes avec son ordinateur, donc la sécurité derrière toute cette opération n’est apparemment pas aussi impressionnante que le concept – ou juste faut aller vite parce qu’il n’y a que quarante minutes.

May utilise les images pour retrouver Akela dans son hôtel et va évidemment la confronter toute seule, parce que prévenir les autres serait beaucoup trop simple. On découvre alors que son œil n’est pas seulement une caméra : quelqu’un lui envoie directement des instructions et peut déclencher un dispositif mortel si elle refuse d’obéir. Akela n’est donc pas une ancienne agente passée du mauvais côté mais une prisonnière forcée d’enchaîner les missions pour quelqu’un dont elle ignore même l’identité. Elle et May se battent jusqu’à l’arrivée de Coulson, qui réussit à l’endormir et à la ramener dans le Bus. L’épisode devient alors beaucoup plus intéressant parce que toute l’équipe doit continuer sa mission à sa place pendant que Fitz et Simmons essaient de retirer l’implant avant que celui qui la contrôle comprenne quelque chose. Pfou. Sacrée phrase pour résumer tout ce bordel.

Ward met donc des lunettes qui reproduisent ce que voit Akela et part effectuer sa prochaine mission pendant que Skye lui sert de guide à distance. Il faut quand même accepter un énorme détail : le type qui surveille le flux ne remarque jamais que son agente est soudain devenue un homme blanc. Ward ne regarde jamais ses mains ? Jamais dans un rétro ? Rien ? Il conduit tranquillement pendant que quelqu’un est censé croire qu’il regarde toujours à travers les yeux d’Akela et personne ne voit le problème. J’aime en revanche beaucoup le passage où il reçoit l’ordre de séduire un garde pour entrer dans le bâtiment et où Skye essaie de lui expliquer comment créer une sorte de bromance avec lui. Ward étant Ward, la séduction finit évidemment par être beaucoup moins subtile que prévu, mais toute la scène est très drôle.

Pendant ce temps, Coulson apprend davantage ce qui est arrivé à Akela. Elle avait désobéi à ses recommandations lors de sa dernière mission, tous ses partenaires sont morts et elle a elle-même été capturée avant de perdre un œil. Quelqu’un lui a ensuite rendu la vue avec cet implant avant de commencer à la contrôler. J’aime beaucoup que l’épisode donne ainsi un passé à Coulson qui n’a rien à voir avec Tony Stark, les Avengers ou ce qu’on connaissait déjà de lui dans les films : il a formé des agents, il en a perdu et il porte clairement encore une part de culpabilité concernant Akela. Skye assiste à tout ça et leur relation fonctionne déjà très bien. Il y a quelque chose de franchement paternel dans la manière dont Coulson prend soin d’elle et lui accorde sa confiance malgré tout ce que May ou Ward peuvent penser, et on voit clairement la relation père-fille commencer à se mettre en place… même si on n’oublie pas qu’il y a une trahison possible de Skye, suggérée dans les épisodes précédents.

Ward atteint finalement la salle qui intéresse le mystérieux commanditaire et découvre qu’il ne doit rien voler ni tuer personne, simplement regarder une série d’équations inscrites sur un tableau pour que la caméra d’Akela puisse les enregistrer. C’est suffisamment mystérieux pour donner envie de comprendre ce que tout cela signifie, mais les choses se compliquent lorsqu’il est repéré. Dans le même temps, Fitz et Simmons tentent de retirer l’implant d’Akela tandis que Coulson remonte jusqu’à celui qui semble lui donner les ordres. L’opération réussit de justesse et Akela est enfin libérée de son œil, mais la meilleure révélation vient du fameux handler : lui aussi possède un implant et meurt avant que Coulson puisse l’interroger. Celui qu’on pensait être le grand méchant n’était donc qu’un autre maillon de la chaîne, contrôlé exactement comme Akela par quelqu’un situé encore au-dessus. C’est une fin franchement surprenante et assez atroce puisqu’elle est évidemment conçue pour nous laisser sans réponse : c’est grâce au témoignage d’Akela qu’ils étaient parvenus à trouver l’homme.

Akela doit malgré tout être remise au S.H.I.E.L.D. pour les crimes qu’elle a commis, même si Coulson promet de témoigner en sa faveur – ben attendez, elle devait faire comment en fait ? Genre sans le témoignage de Coulson, elle est condamnée ? Mais quoi, elle devait accepter de se laisser mourir ? Pas fan.

Avant de partir, elle pose cependant une question essentielle à May : « What have they done to him? ». Elle a connu Coulson avant sa mort et voit immédiatement qu’il a changé, là où ça ne saute pas aux yeux des autres qui se contentent de penser (enfin, surtout May) que c’est le fait d’avoir failli mourir qui a dû le changer un peu. Le mystère de Tahiti et de sa résurrection s’épaissit donc un peu, sans que la série ait besoin de nous balancer une énorme révélation dès le quatrième épisode, et c’est très bien comme ça. C’est un fil rouge, quoi.

Il reste le gag final autour des lunettes capables de voir à travers les vêtements, paraît-il. Fitz joue au poker et veut utiliser Skye pour tricher avant de réaliser ce qu’elle risque surtout de voir en activant la vision à rayons X. Elle les met évidemment quand même. D’un point de vue éthique, le gag est toujours aussi dérangeant et il suffit d’inverser la situation pour se rendre compte qu’il ne passerait vraiment pas du tout aujourd’hui (cela dit, on l’avait dans Smallville…). Après, je sais que j’avais rigolé à l’époque et Iain De Caestecker comme Chloe Bennet me font encore rire dans la scène. Ils ont clairement été choisis pour apporter beaucoup de comédie à une série vendue autrement comme quelque chose de beaucoup plus sérieux et, jusque-là, c’était vraiment la bonne idée… Mais à nouveau, il faut l’accepter, en fait !

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Photographie promotionnelle de l’épisode — ABC Studios / Marvel Television