Épisode 2 – Acheron, part. 2 – 15/20
Il y a un léger mieux dans cet épisode qui a réussi à capter mon attention avec plus d’efficacité que le précédent, mais on sent tout de même que les scénaristes veulent juste nous retourner le cerveau concernant certains personnages. Pourquoi pas… s’il n’y avait pas tant de longueurs. La division de l’intrigue en deux me fait perdre certains personnages que j’aime, et tout ça est moins prenant à force. Il est peut-être temps que ça s’arrête, cette série, finalement.
Spoilers
Maggie se retrouve en fâcheuse posture sans l’aide de Negan, alors que Yumiko cherche à obtenir la vérité sur le Commonwealth.
If they’re alive, there must be food here.
Après un cliffhanger pareil, on pourrait penser que je me serais précipité sur l’épisode suivant, mais la vérité, c’est qu’une petite semaine d’attente ne fait aucun mal dans ces cas-là. Le premier épisode ne m’avait pas assez convaincu. Sans la moindre surprise, Maggie survit sans mal à sa chute et finit grosso modo dans la même situation que Glenn sous sa poubelle à l’époque.
L’abus est total. Contrairement à l’épisode précédent, quand elle tombe, il n’y a d’abord qu’un zombie, avant que d’autres ne surgissent et ne l’engloutissent. La série modifie donc son cliffhanger pour revenir finalement au même cliffhanger avant la lancée du générique. Tout un concept.
Les sous-terrains utilisés par nos héros ne sont finalement pas des égouts, mais des métros. Je ne m’y attendais pas trop. Après les zombies endormis de l’épisode précédent, nous passons désormais aux zombies assis dans le métro. De quoi faire un hit en littérature, peut-être. Du côté de la série, j’imagine que tout ça leur permet de limiter le nombre de figurants ?
C’est la seule explication plausible à mes yeux. En attendant, dans le métro, tout le groupe se rend compte que personne ne descend dans le métro après l’arrivée de Negan, et Alden s’inquiète aussitôt de l’absence de Maggie. Ils sont bien forcés d’enterrer Maggie plus vite que nécessaire afin de continuer leur exploration, mais c’est sans compter sur sa persistance à survivre.
La voilà donc qui débarque par en-dessous le métro avec un petit message en morse, et personne ne cherche à nous expliquer comment elle a survécu. Par contre, quand il s’agit de taper sur Negan parce qu’il l’a laissé mourir de sa belle mort, là, il y a du monde. Heureusement, il est plutôt malin quand il s’agit de parler et de s’extirper des situations problématiques, alors il souligne que Maggie voulait le tuer et qu’il a simplement refusé de prendre des risques pour l’aider.
Tout le monde semble rester contre lui, mais alors que Maggie s’apprête clairement à ordonner son exécution, voilà que le jeune qui a décidé de faire demi-tour dans l’épisode précédent se pointe à son tour dans la rame à côté de la leur. Poursuivi par des zombies après s’être perdu dans les tunnels, Gage, c’est son nom, supplie désespérément ses amis de lui venir en aide. Si Alden est évidemment partant pour ça, il est bien le seul.
Maggie souligne en effet qu’ils n’ont pas les munitions pour venir à bout des zombies derrière lui, alors qu’ils avaient largement le temps d’ouvrir la porte et de la refermer derrière lui, honnêtement. Gage se retrouve obligé de se suicider pour éviter de se faire bouffer par les zombies – ou du moins pour éviter de sentir les morsures. Cela doit être si douloureux, en même temps. Le plus énervant dans l’affaire ? Gabriel qui propose à Alden de laisser tomber le jeune parce qu’il est trop tard.
La scène est prenante psychologiquement, parce qu’on se retrouve aussitôt du côté de Negan et tant pis pour Maggie. Elle a beau nous faire un petit discours sur les horreurs qu’elle a eu l’occasion de voir pendant son absence, cela ne prend pas du tout sur moi. C’est juste une scène supplémentaire dans la série ou quelqu’un murmure une histoire atroce, mais même si j’adore Maggie, je n’ai pas accroché. Et puis, est-ce que je l’adore encore si elle est prête à laisser mourir un ado sans tout tenter pour le sauver ? Elle a changé. Et je n’ai pas tout écouté de son histoire, on a compris qu’il y avait des psychopathes partout dans cette série, c’est bon. Dommage que Maggie en soi devenue une.
Au moins, l’avantage, c’est qu’elle en a conscience. L’inconvénient, c’est qu’elle n’a pas l’intention de changer, parce qu’elle est persuadée que c’est un avantage. Et tout ça la rapproche grandement du personnage de Negan. Hâte de voir cette nouvelle évolution entre ces deux-là être piétinée par les scénaristes à la moindre occasion.
En attendant, Maggie et ses hommes sont coincées dans une rame de métro dont ils ne peuvent partir, alors que les zombies du côté de Gage sont de plus en plus près de défoncer la porte. Forcément. Ils finissent par y arriver, pas assez vite mon goût car on savait que ça arriverait donc à quoi bon perdre du temps avant la fusillade, hein ?
De son côté, Daryl continue son exploration en solitaire, même si je ne vois vraiment pas l’intérêt d’avoir foncé tout seul comme ça. Il a toujours son chien, c’est déjà ça. Dans les sous-sols, Daryl trouve en tout cas un repaire qui a servi d’abri à un homme devenu squelette depuis. Il y a toute une histoire intéressante à en tirer apparemment, avec une mallette pleine de billets, des menottes à son poignet et une fresque racontant la vie d’un roi déchu par ses sujets – ou des zombies.
L’histoire du squelette semble assez triste et mériterait presque un épisode flashback avec eux, puisqu’on découvre un homme qui a abandonné plus longtemps que prévu ses enfants. C’est triste. Dans un sac de couchage, le chien trouve également un autre zombie toujours incapable de se lever. C’est bien cette évolution des zombies cette saison, ça simplifie les choses. Pour avoir de l’action, il faut alors compter sur le chien de Daryl qui pète un câble et s’enfuit en courant, sous les cris de son maître. Que ça doit être ridicule en VF de l’entendre crier « chien ! chien ! ».
Il aurait pu le nommer quand même. Le voilà en tout cas parti à se faufiler dans une bouche d’aération… Il y est poursuivi par des zombies et manque de mourir une fois de plus, mais puisqu’on sait déjà qu’il survivra, tout va bien, hein. Il peut continuer de chercher son chien, encore et encore, jusqu’à retomber sur l’homme qui accompagnait Gage dans l’épisode précédent.
Je ne l’ai pas reconnu tout de suite, mais lui aussi se retrouve à mourir, après avoir perdu Gage et les munitions. C’est con. Daryl nous débarrasse de lui, en tout cas, avant d’entendre la fusillade qui a lieu dans la rame de métro où sont nos héros. Il se précipite aussitôt pour leur venir en aide. Il n’est pas bien rapide, cependant, car les autres sont pris en sandwich. On en est au point où Maggie donne carrément son flingue à Negan pour qu’il puisse aider d’un côté pendant qu’elle s’occupe de l’autre.
Negan est ainsi du côté où Daryl arrive, traversant une rame de métro dans une scène sympathique, et tout est bien qui finit bien, avec Daryl faisant exploser une grenade dans une rame de métro. Je ne suis vraiment pas convaincu que ce soit une bonne idée, mais admettons.
Il n’y a pas de conséquence désastreuse ou d’effondrement du tunnel, alors tout va bien. Tout le monde peut survivre en paix, et Negan peut même rendre son flingue à Maggie. De la confiance entre eux, c’est inattendu. Et une fois de plus, le groupe se retrouve à faire confiance en Negan pour le conduire jusqu’à Meridian, en passant par Arbor Hills pour faire une recharge de munitions. Admettons. Le problème, c’est que sur place, l’homme qui accompagnait Gage et que Darryl avait finalement sauvé se fait tuer par une flèche bien placée. Oui, nos héros finissent l’épisode attaqués par une nouvelle menace bien humaine… Ils sont forcés de se mettre à couvert.
Au Commonwealth, Yumiko a donc décidé de rester en arrière pour retrouver son frère, qui est celui qui avait la photo dans son portefeuille dix ans plus tôt. C’est un pari comme un autre de vouloir rester pour un frère perdu de vue depuis si longtemps dans cette apocalypse, mais bon. Princess a tout de même peur de la réaction des gardiens, persuadée qu’ils savent qu’ils ont failli s’enfuir.
Le problème, c’est qu’elles découvrent au même moment qu’Ezekiel s’est barré, ou en tout cas qu’il a disparu. Le choix de rester apparaît soudainement mauvais et alors qu’Eugène pète les plombs et qu’elle lui demandait de rester calme, c’est finalement Yumiko qui s’énerve contre une gardienne pour savoir où se trouve Ezekiel.
Grâce à ça, Yumiko est interrogée à nouveau par les deux mêmes personnes que dans l’épisode précédent, mais elle renverse complètement la situation en leur faisant remarquer qu’elle a profité de tout ça pour les tester, eux aussi. Elle est ainsi capable de leur montrer qu’elle a compris qui ils étaient, à la fois maintenant et dans leur vie passée, avant de souligner qu’elle sait qu’ils utilisent des dollars américains comme moyen de paiement. Soit.
Elle y gagne un café, ce qui prouve bien qu’elle est en train de s’en tirer comme il faut. C’est la conclusion logique de Princess, qui stressait malgré tout et en a marre d’attendre sans pouvoir soulager sa vessie. Elle me fait vraiment rire elle, c’est une addition sympathique au casting et j’ai éclaté de rire de la voir être excitée à l’idée de pouvoir utiliser du papier toilettes. Eh, ça fonctionnait bien.
Par contre, elle nous laisse Eugène seul. Pendant que Yumiko demande à voir son frère, Eugène attend, encore et encore. Seul. Et il y perd la boule quand les gardes lui disent soudainement qu’il n’y a personne dans la salle où était Yumiko et qu’il n’a jamais eu d’amie avec lui à attendre. Le Commonwealth a clairement compris qu’il était le point faible de ce groupe et le leader en tenue rouge en profite aussitôt pour l’interroger à nouveau, espérant cette fois obtenir la vérité.
Le suspense consiste à savoir s’il osera dire toute la vérité ou non. Je déteste tellement ce personnage que plus rien ne peut me surprendre venant de lui. Il finit donc par expliquer qu’il n’a pas dit toute la vérité, mais il élude malgré tout les questions du commandant pour simplement expliquer qu’il était amoureux de Stéphanie. Putain, mais quel enfer ce personnage. Il finit par reconnaître qu’il est toujours puceau dans son discours, mais allez savoir pourquoi. Au moins, il dit la vérité sans dire toute la vérité. Il est plus malin que prévu, c’est inattendu.
Tout ce qu’il y gagne, c’est qu’il est ramené à nouveau dans le wagon avec les autres, encore en vie eux aussi. Ezekiel s’est endormi après avoir pris du sirop pour la toux, les filles ont été emmenées auprès de lui et Eugene a eu droit à un test de plus parce que pourquoi pas. Les voilà en tout cas prêts à obtenir le droit d’asile dans le Commonwealth. Ce fut rapide, et ça mène à la rencontre entre Eugène et Stéphanie. Elle est sacrément canon la Stéphanie, il ne se fait pas chier Eugène !



En effet, il commence l’épisode en nous faisant pitié lorsqu’il découvre qu’il ne pourra pas remettre le flingue de sa sœur à sa place. Je sens qu’il manquera ! Une fois de plus, Felix apparaît comme la victime de sa vie, surtout que c’est Tray qui ne lui rend pas et qui est un bien meilleur chevalier servant qu’il ne le sera jamais lui-même. Là-dessus, pas de surprise, Morgan Krantz est toujours aussi doué pour faire la moue et nous montrer à quel point Felix est torturé dans ses sentiments pour Murphy ou pour faire face à la vie en général.
Si on a pitié de lui, tout change bien vite quand on nous rappelle qu’il est également parfaitement détestable. Sa panphobie vis-à-vis de sa propre sœur était irritante au plus haut point, et n’était que le reflet d’un personnage qui a souvent eu des sorties LGBTphobes et une absence totale d’empathie pour les autres – et surtout pour ceux qui sont le plus victimes de la société. Il est pourtant une victime lui-même, il pourrait faire des efforts pour être appréciables, merde.
Et si ce n’est pas facile comme rôle, Morgan Krantz parvient à toujours faire tout ça avec assez de subtilité pour gommer les défauts de son personnage, qui reste malgré tout attachant. C’est impressionnant : il parvient à la fois à être insupportable et attachant, dans une ambivalence qu’il doit beaucoup à l’écriture, mais qu’il maîtrise aussi parfaitement. Ainsi, quand il s’énerve en fin d’épisode de ne pas avoir eu l’héritage qu’il espérait de son père et qu’il explique le tout à Murphy, je me sentais sincèrement triste pour ce personnage.
Morgan Krantz sait faire le chien battu, au fond, et c’est ce qui suffit à obtenir cette performance de la semaine !
Il est pourtant littéralement parfait pour le rôle de Felix ! Pas évident de trouver un rôle qui colle aussi bien à son air de chien battu, peut-être ?
En 2019, juste avant de découvrir la série qui le rendra peut-être célèbre, j’ai eu l’occasion de le voir dans un épisode de
L’info en + : Je trouve ça super drôle et raccord avec le personnage de Felix d’avoir appris en écrivant cet article que l’acteur avait également participé à une websérie de deux saisons (14 épisodes en trois ans, on se croirait sur la BBC), allant jusqu’à écrire certains épisodes de celle-ci puisqu’il en était… le co-créateur.
A priori, le synopsis est super similaire à ce qu’est aujourd’hui le rôle de Felix… Dingue !
Bref, si contrairement à moi vous avez l’occasion d’y jeter un œil, ça s’appelle Neurotica, les épisodes hyper courts sont sur Youtube. Moi, je préfère me dire que Felix n’a jamais été que Felix, je n’ai pas encore envie de voir l’acteur dans un autre rôle car il incarne tellement bien Felix que ça me sortirait trop de mes habitudes.


