Salut les sériephiles !
Comme chaque semaine, on explore le vocabulaire propre aux séries. Un peu à court d’idées (car je garde certains thèmes pour des dates-clés), je me contente de revenir sur un terme que l’on connaît et qu’on emploie tous : le bingewatching. Mais sait-on tout de lui ?

Alors c’est quoi exactement le binge-watching ? C’est une méthode de visionnage qui consiste à voir plusieurs épisodes d’un coup et qui a été démocratisée par Netflix. La plateforme de streaming a remarqué que les gens aimaient bien enchaîner les différents chapitres d’une histoire plutôt que d’attendre une semaine à chaque fois entre les épisodes. Au point de se dire qu’ils verront juste un épisode de plus avant de se coucher, et puis…

La pratique se veut opposée à celle de la télévision, c’est pour cela qu’on ne binge-watche (oui cocorico, on le conjugue à la française comme un verbe du 1er groupe) qu’en DVD et en streaming, en théorie, ce que M6 a appris à ses dépens avec la diffusion nocturne catastrophique de How to get away with murder en juin 2015.

À partir de combien d’épisodes parle-t-on de bingewatching ? Tout le mystère est là, mais pour certains américains, ça commence à partir de deux épisodes… Mouais, c’est difficile à concevoir de ce côté-ci de la planète où on ne connaît que ça quand même. Personnellement, je commence à en parler à partir du quatrième épisode d’affilée. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’il n’y a pas de définition universellement reconnue.

C’est quoi ce nom ? C’est une dérivation de l’expression « binge drinking » qui signifie « se soûler » et enchaîner les verres jusqu’à oublier sa soirée. Les anglais ont simplement remplacé le verbe « drink » (boire) par le verbe « watch » (regarder), ce qu’ils avaient d’ailleurs déjà fait avec « eat » (manger). Regarder des séries jusqu’à oublier qu’on a une vie donc !

Quelle origine ? L’usage du mot s’est popularisé il y a quatre ans déjà, lorsque Netflix s’est mis à diffuser ses séries d’un coup. L’Oxford Dictionnary l’a même considéré comme mot de l’année 2013 avant de se rabattre sur… selfie.
Clairement, Netflix n’a rien inventé, car le binge-watching n’a pas attendu qu’on le nomme ainsi pour exister. Il y a plus de dix ans, on parlait déjà de marathon pour Friends ou X-Files. Le terme marathon s’est peu à peu effacé, même s’il continue de co-exister.

Aujourd’hui ? Le terme est hyper populaire et je pense que tous les twittos le comprennent, même si son sens n’est pas encore limpide pour l’ensemble des français… contrairement à la pratique ! Je disais plus haut que la télévision était de facto exclue de cette pratique de diffusion. Pourtant, en France, nous avons une longue tradition de binge-watching des séries, que ce soit avec la Trilogie du Samedi ou les soirées Experts de TF1 et NCIS de M6.

Comment oublier de parler des trois épisodes de Buffy chaque soir sur W9 il y a dix ans ou de ceux de Grey’s Anatomy aujourd’hui sur NT1 ? Les rediffusions semblent être le paradis des bingewatcheurs… et des diffuseurs, qui comptent sur le fait que le public prendra en cours de route des épisodes qu’il a déjà vu.
Quant au terme « binge-watching » lui-même, il était déjà utilisé sur internet dans les années… 1990 ! Pour vraiment employer un terme récent et paraître calé, il vous faudra donc parler du speedwatching.

Si certains termes propres aux séries, techniques de diffusion/visionnage ou tournage vous posent problème, n’hésitez pas svp à me suggérer de futurs articles en commentaire 😉
























