Ms Marvel – S01E02

Épisode 2 – First Mission – 14/20
La série semble soudainement moins ambitieuse dans son esthétique avec ce deuxième épisode qui va toujours à toute allure, mais qui est visuellement plus calme. Les enjeux de la saison se dessinent, mais ils sont parfois noyés au milieu de nombreux messages sociaux qui passent plus ou moins bien. Il y a beaucoup à digérer l’air de rien, sous les allures de série pour ados. Le mélange des genres est sympathique, sans être aussi prenant que je l’aimerais. Pour l’instant, en tout cas.

Spoilers

Kamala retourne au lycée, pour voir que Zoé est encore plus populaire… et pour rencontrer Kamran.

Everyone’s here, including us.

Où est passé le logo de Marvel Studios ? Après, le résumé de l’épisode précédent qui était plutôt utile pour se remettre en tête tout le premier épisode – ou pour voir qu’il ne s’était objectivement pas passé grand-chose dans celui-ci. En plus, j’aurais préféré un résumé qui prenne le temps de nous rappeler le nom de chaque personnage, hein.

Après, l’introduction de l’épisode se suffit un peu à elle-même : Kamala débarque au lycée avec une perspective totalement différente sur la vie. Alors qu’elle se sent cool kid, on découvre assez vite qu’elle est toujours aussi maladroite qu’avant quand elle entre malgré elle dans un de ses camarades.

Assez vite, elle retombe également, de la même manière, sur Bruno. C’est l’occasion pour nous d’apprendre qu’elle a commencé à s’entraîner avec ses pouvoirs, afin de mieux les comprendre. Comme la semaine dernière, je trouve que le rythme de l’épisode est bien vif et ne permet pas de savourer tous les clins d’œil qu’on nous fait – mais bon, on a rapidement des références à Ant-Man ou Thor, sans compter une réécriture comique d’une scène horrible d’Endgame quand on la voit plus tard s’entraîner avec Bruno, alors ça marche pour du Marvel. 

Nous sommes sur une pure série ado malgré les super-pouvoirs, et les préoccupations sont celles d’adolescents, c’est logique. Ainsi, Zoé est la nouvelle star du lycée parce qu’elle a été en contact direct avec un super-héros. Elle en profite pour faire fructifier ses comptes sur les réseaux sociaux et organiser une soirée pour célébrer la fragilité de la vie – soirée où elle invite Kamran, le nouveau BG du lycée qui a tapé dans l’œil de Kamala.

En attendant de s’y rendre, Kamala doit encore s’entraîner à maîtriser ses pouvoirs. Très vite, elle peut compter sur l’aide de Bruno pour cela : le montage où on la voit s’entraîner sur ses pouvoirs est vraiment pas mal du tout. Il permet de découvrir ses pouvoirs, avec des limites (pas de super-force) et des trucs bien chouettes – elle peut projeter de la lumière qui durcit, quitte à en perdre le contrôle.

Elle met du temps à maîtriser tout ça, avec de nouvelles scènes sympathiques pour nous montrer ses chutes et ses succès. Tout ça finit par la rendre en retard pour se rendre à la mosquée. Cela faisait bien longtemps que je n’avais plus de série aborder la religion comme le fait la série, à savoir de manière assez désinvolte. Après tout, c’est plutôt logique d’avoir des scènes à la mosquée dans la série puisque l’héroïne est musulmane dans une famille plutôt croyante. Cela se voit puisqu’elle y retrouve son frère – mais sans pouvoir lui parler puisqu’hommes et femmes sont séparés – après l’ablution.

J’ai bien aimé ce qu’ils en faisaient, du coup, à savoir des scènes plutôt normales d’adolescentes  commentant tout ce qu’il se passe. Il y a aussi cette petite critique qui ne plaira pas du tout sur la séparation entre hommes et femmes. La série sait se faire des ennemis, clairement, mais en attendant, le progressisme de la série est sympa aussi ; il y a juste ce qu’il faut en dosage.

Ainsi, la meilleure amie de Kamala, dont j’ai enfin capté le nom dans l’épisode, Nakia, se retrouve poussée par Kamala à postuler pour prendre un rôle d’importance à la mosquée, juste parce qu’elle se fait voler ses chaussures, qu’elle parle bien et qu’elle a de bonnes idées. Ce n’est pas gagné non plus : il faut encore que les gens votent pour elle plutôt que pour Rasheed, le pote du père de Kamala, qui se présente aussi.

Et si Kamala se rend à la mosquée, ses dessins nous rappellent aussi qu’elle est une ado comme les autres. Il n’en faut pas beaucoup pour qu’elle souhaite ainsi suivre ses pulsions adolescentes : Kamran est au cœur de celles-ci. Très rapidement, Kamala obtient la permission de sa mère pour se rendre à la soirée de Zoé. Je trouve ça juste abusé à quel point de simples excuses mettent fin au conflit avec sa mère. Je la pensais punie pour le reste de sa vie, mais bon, ça ne ferait pas une excellente série si c’était le cas.

On enchaîne donc avec la soirée chez Zoé où un ado débile fait boire de l’alcool à Kamala, la pauvre, avant qu’elle ne voie Kamran torse nu. La scène est ridicule comme toutes les productions ados savent le faire, mais on ne s’attarde pas trop longtemps sur le crush de Nakia et Kamala : très vite, les policiers arrivent et mettent fin à la fête.

Kamala et ses amis se retrouvent ainsi à rentrer chez eux grâce à Kamran qui a une voiture. Il n’en faut pas beaucoup plus pour qu’il devienne ami avec tout le groupe, à l’exception de Bruno. Ce dernier est clairement totalement jaloux de la relation qui s’instaure très vite entre Kamala et Kamran, qui termine par l’appeler… Brian. C’est cadeau ça.

Kamala se retrouve le lendemain avec un nez qui brille tout seul sans raison ; puis avec une main au moment où Nakia lui tend un tampon. Non, vraiment, la série fait tout ce qu’il faut pour enfoncer les portes fermées des tabous habituels. C’est simple comme tout ce genre de situation, il y a la réplique facile et l’humour. Et on passe de l’humour au commentaire social en un claquement de doigt, avec Nakia qui justifie le port de son voile.

Rien de bien nouveau pour le coup : elle dit avoir voulu le faire parce qu’elle était trop blanche pour certains, trop ethnique pour d’autres… avant de se rendre compte finalement qu’elle le portait pour elle-même. Hop, la série se libère des critiques qui pourraient dire qu’elle n’est pas libre et en même temps nous fait un petit cours de respect, tolérance et logique. Simple, j’espère efficace (mais j’en doute quand je vois les articles des conservateurs sur la série) et expéditif.

Pendant ce temps, Bruno se remet de sa frustration d’avoir été appelé Brian en passant voir le conseiller d’orientation. Pas sûr de voir l’intérêt du personnage et de la scène avec ce conseiller, mais bon, ça nous ajoute une évolution intéressante pour Bruno, qui se retrouve avec un avenir en Californie. Ce n’est pas cool pour lui, mais tout l’épisode ne l’est pas. Il est le meilleur ami avec un crush pour Kamala, et il faut se faire à la présence de Kamran désormais.

Ce dernier continue de faire craquer Kamala par son physique, mais aussi par une petite leçon de conduite qui termine en rencard au café du coin. C’est l’occasion pour lui de parler avec un petit accent british afin de marquer des points auprès de Kamala en lui rappelant qu’il comprend sa culture et sa manière de parler en mélangeant les langues. C’était top à voir jusqu’à ce que Kamala aperçoive son frère dans la rue.

Elle a la réaction la plus débile du monde : en se cachant derrière son menu, elle attire encore plus l’attention, mais au moins le rapprochement avec Kamran est visible. C’est mignon à voir, et Kamran entre assez vite dans les mensonges de Kamala qui essaie de le faire passer pour son cousin. Bizarrement, cela fonctionne auprès du frère. Elle a vraiment une famille bien plus cool que ce qu’on essaie de nous faire croire, parce que personne ne lui pose de questions sur sa fugue, sur les gens avec qui elle sort, sur les soirées qu’elle fait – elle est revenue euphorique comme si elle avait bu, à nous chanter une chanson tellement elle était légère… C’est d’ailleurs léger pour la famille aussi.

Personne ne s’inquiète donc de la voir faire toutes ces choses qu’elle ne devrait pas ; et ça remet en perspective ce qu’on nous disait de sa famille hyper stricte. Celle-ci est également développée davantage avec une histoire familiale qui serait liée aux pouvoirs de Kamala. Eh oui, la série n’hésite pas à verser dans le cours d’Histoire ensuite, mais une histoire que l’on n’explore que rarement dans les séries et productions américaines : celle de la séparation de l’Inde en plusieurs pays suite à la colonisation anglaise. De cette séparation, le Pakistan et le Bangladesh sont nés ; et les histoires familiales tragiques aussi.

La famille de Kamala n’échappe pas à la règle non plus, et au moins cette fois on connaît davantage ses origines : Sana, la grand-mère de Kamala, a failli être séparée de son père à l’occasion de cette séparation… mais elle a retrouvé son chemin vers lui alors qu’elle n’était qu’un bébé, en suivant une pluie d’étoiles. Bon, on a compris : elle avait des pouvoirs aussi ; ou plus vraisemblablement sa mère ? Cette dernière a disparu lors de cette occasion.

Comme il est question de tout ça, le bracelet de Kamala se met à briller, on a droit à une sorte de flashback où notre héroïne voit une femme (une ancêtre, forcément) l’appeler et… Kamala fait alors un malaise, ce qui inquiète à nouveau énormément ses parents. La scène du réveil est marrante, mais en attendant, c’est intéressant de voir que la série réécrit les origines de l’héroïne (comme le MCU le fait souvent) pour proposer un vrai fil conducteur à cette saison.

Cela donne quelques enjeux, tout en conservant la série dans un état de teen-show pas toujours passionnant. On n’y revient pas immédiatement toutefois : Kamala appelle sa grand-mère pour obtenir plus d’informations sur son bracelet, car c’est de là qu’il vient, elle avait fait expédier des affaires à Kamala. Aisha, c’est le nom de la grand-mère, n’est pas d’une grande aide et ne révèle pas vraiment ce qu’elle sait pour autant.

La conversation en visio, de nuit, est interrompue par le père de Kamala qui entend sa fille au téléphone, mais celle-ci utilise son pouvoir pour le bloquer. La scène était plutôt marrante, même si le père oublie bien vite ce qu’il a pensé entendre derrière la porte de la chambre de sa fille. 

Pas de chance pour lui, c’est également là que Nakia compte le faire, entraînant Kamala et Bruno dans son sillage. Nakia est un personnage vraiment excellent dans cet épisode, elle m’a bien fait rire à manipuler son oncle pour l’empêcher de se présenter. Quant au reste, la fête est présentée avec quelques clichés tout de même sur les différents groupes qui la composent. Je ne peux pas savoir la part de véracité dans tout ça, mais je suis sûr que ça reflète bien la réalité quand même.

Cette fête de l’Aïd est aussi l’occasion pour Kamala de se renseigner discrètement sur sa grand-mère, malgré l’ordre explicite de sa mère de faire le contraire quand elle a compris que sa fille s’intéressait au sujet. Il est sûr que la mère en sait bien plus que ce qu’elle dit, mais nous ne le saurons pas tout de suite. On saura juste que l’ancêtre de Kamala a une mauvaise réputation, qui va jusqu’à l’accuser du meurtre d’un homme parfois.

Une fois l’information passée, la fin de l’épisode s’approche à grand-pas. Il est donc temps de passer à une vraie intrigue à la Marvel, avec un petit garçon en danger de mort pour cause de selfie stupide. Il se retrouve suspendu au toit de sa mosquée par un rideau craquant de plus en plus, et ça inquiète absolument tout le monde au sol.

Night light débarque à nouveau, donc. Oui, c’est le nom de merde que Zoé a donné à Kamala. Bruno est tout content de voir sa pote se précipiter comme ça et de la couvrir, et personne ne semble reconnaître la voix de Kamala. C’est abusé, mais elle est plutôt marrante à prendre un peu trop de temps à jouer la super-héroïne. L’avantage, c’est qu’elle a tout ce qu’il faut niveau entraînement : elle vient justement de passer une bonne partie de l’épisode à se créer de petites plateformes dans les airs pour marcher en hauteur.

Face à la détresse de la victime à sauver, Kamala est finalement réactive et le garçon est donc sauvé de justesse, mais on dirait bien qu’il s’est fait pipi dessus au passage quand même quand on voit le jeu de l’acteur. Alors que tout semble être réglé et allé pour le mieux par contre, on découvre que le bracelet de Kamala fait de nouveau des siennes. En effet, le bracelet se réveille au dernier moment, faisant à nouveau voir l’ancêtre de Kamala à celle-ci. Elle lui tend la main… et notre héroïne perd sa concentration.

Bon, le petit garçon tombe donc tout de même d’une bonne hauteur, mais elle amortit autant que possible sa chute. J’imagine qu’elle va bien culpabiliser, mais nous n’avons pas le temps de savoir cette semaine. En effet, pendant que Kamala faisait la fête, la police ne chômait pas et interrogeait Zoé pour en savoir plus sur cette mystérieuse jeune fille pleine de pouvoirs. Et Zoé a beau avoir l’instinct de couvrir celle qui lui a sauvé la vie, elle donne un peu trop d’informations.

De là, c’est sans surprise que l’on voit la police débarquer quasiment aussitôt à la mosquée pour arrêter Kamala. Ils veulent en savoir plus sur elle, mais elle n’est pas bête et comprend que son identité a intérêt à rester secrète. On sait donc où elle se situerait en cas de Civil War là. Poursuivie par les flics, Kamala semble dans une véritable impasse… sauf que Kamran débarque pile à temps pour la sauver, comme par hasard.

Elle est suffisamment idiote pour dire son nom en le voyant ce qui fait qu’il la reconnaît… Mais ce n’est pas du tout un problème : sur le siège arrière de sa voiture, il y a celle que je prenais pour l’ancêtre de Kamala et qui s’avère être la mère de Kamran. Allons bon, le crush aussi avait une identité secrète ! Comment ça, ce n’est pas si surprenant que ça ?

Ms Marvel – S01E01

Épisode 1 – Generation Why – 16/20
C’est un bon épisode de série qui propose très rapidement son propre ton et son propre univers. L’humour est bon, le rythme rapide. Toutefois, il me manque des enjeux pour du plus long terme et même si j’ai beaucoup aimé ce que je viens de regarder, j’ai l’impression que ça peut tout à fait se suffire à soi-même. À quoi bon continuer alors ? Je le ferai, parce que c’était fun, mais ça manquait vraiment de quelque chose pour une introduction – peut-être d’un meilleur cliffhanger, déjà.

Spoilers

Kamala souhaite se rendre à l’AvengersCon.

Who is this rebellious girl ?

C’est déjà beaucoup trop bien : le logo Marvel Studios me manquait beaucoup, mais je ne m’attendais pas à l’aimer autant avec une nouvelle bande sonore. L’introduction de la série en fait déjà beaucoup par contre : une fan de Captain Marvel, c’est un grand oui. Le résumé du MCU de cette manière ? Cela marche bien.

On sent bien qu’on est parti pour une série adolescente après, avec une overdose de réseaux sociaux et de vidéos courtes sur les super-héros. Cela s’enchaîne avec une introduction familiale réussie. On sent rapidement que Kamala est un peu dans la catégorie loser, à galérer avec sa famille. En fait, la série commence mal pour notre héroïne qui ne maîtrise pas la marche arrière et explose la voiture de son examinateur de conduite.

Quand on voit que ce sont ses parents qui lui apprennent à conduire, par contre, on comprend mieux. La scène est pas mal comique et ça permet de bien introduire la série : du rythme, du comique (j’aime beaucoup la mère de Kamala), des dessins de comics en arrière-plan… Et paf, il est temps pour l’héroïne de se rendre ensuite à l’école, même si je n’ai pas réussi à savoir tout de suite si elle était au collège ou au lycée. À nouveau, Kamala Khan ne semble pas du tout à sa place, jusqu’à ce qu’elle retrouve ses meilleurs amis, Bruno (we don’t talk about Bruno) et… je n’ai pas son nom. En chemin, elle croise aussi Zoe, qui commente son collier et, ma foi, elle a un très bon look pour une lycéenne cette Kamala.

Oui, parce qu’elle est au lycée, son conseiller d’orientation nous le confirme bien vite. Il la fait aussi bien stresser sur son futur, mais le but est surtout de nous vendre du comique. Tout ça ne me rappelle pas trop ce que j’avais lu, parce que j’avais commencé les comics tout de même.

J’ai bien aimé la scène chez le conseiller d’orientation, surtout que la division d’écran fonctionnait pas mal. La série en fait peut-être trop sur l’humour qu’elle veut avoir, mais le rythme a l’avantage d’être très prenant. Assez vite, on comprend que tout l’épisode tourne autour de l’AvengerCon à venir. Kamala est donc une geekette qui aime les conventions de super-héros. Ben parfait. Dans un monde où le péril est constant, c’est plutôt une bonne chose.

En plus, ça reste une ado qui fait tout pour aller à une convention, et ça, ça fonctionne bien. La série a une bonne esthétique quand elle se balade en vélo avec son meilleur ami, il y a eu un high five (en slow-mo) pour le Bingo Séries, moi, ça me va. Après, les dessins qui bougent constamment en arrière-plan, c’est particulier comme esthétique, mais ça donne bien l’aspect comics que la série souhaite avoir.

De retour chez elle, Kamala est rapidement déviée de son plan par la télévision, puis par sa mère qui lui montre un carton de vieilles affaires avant de l’emmener faire des courses. La vie d’une adolescente plutôt courante et classique… et j’avoue que ça a eu tendance à traîner un peu trop en longueur, étonnamment. Tout va vite, mais ça prend son temps ? Etonnante tendance.

Malgré tout, on glane des informations sur la vie de Kamala et sur le mariage de son frère, mais aussi sur son indépendance et ses envies de liberté, compromises par une mère très autoritaire (et géniale pour nous spectateurs finalement). Après, elle est une adolescente de seize ans, évidemment qu’elle ne fait ce qu’elle veut, même quand il s’agit d’aller à une convention avec son meilleur ami. Et pourtant, le Bruno est bien implanté dans la famille.

Bon, la demande aux parents pour la convention est ensuite exceptionnelle. D’abord, parce que c’est drôle, la mère me faisant rire dans ses réactions bien naturelles, et ensuite, parce que, il faut bien parler de l’évidence : la série enchaîne bien des références à la religion de l’héroïne sans que ça ne soit vu pour autant comme un problème pour qui que ce soit dans la série. Et c’est parfait – c’est même mieux que ce qu’on nous avait proposé pour Diablo dans X-Men 2 et sa foi chrétienne bien ridicule.

Toujours est-il que la mère de Kamala refuse bien sûr que sa fille aille en convention, surtout dans le costume très serré de Captain Marvel. Elle fait pourtant bien des efforts pour faire plaisir à sa fille, surtout quand son fils lui en parle après avoir tenté de consoler sa sœur. Pour aller en convention, Kamala doit donc être chaperonné par son père (normal) déguisé en Hulk (moins normal). Elle-même doit être une hulkette (She-Hulk en avance).

Bien sûr, elle a honte de son père bien rapidement et elle se retrouve à devoir parler à Bruno pour décompresser de tout ça. Là-dessus, il y a un petit manque de cohérence : les parents sont hyper présents dans sa vie, hyper autoritaires, mais elle passe sa soirée à envoyer des SMS à son meilleur ami (passe encore, surtout que j’ai adoré l’esthétique de l’envoi des messages), puis une deuxième soirée sur le toit d’un immeuble avec lui. Le rapprochement entre eux est visible.

Où sont les parents trop protecteurs à ce moment-là ? Je ne sais pas, il fait nuit, c’est bizarre qu’elle soit dehors, non ? Allez, il faut bien que l’épisode se déroule, et elle a fait mal à ses parents en disant qu’elle aurait honte de son père sur place. Cela finit par lui donner l’idée de se rendre en douce à la convention.

C’est clairement la pire idée du monde, mais c’est bien amené dans l’épisode à coups de dessins et de plans farfelus. Elle peut aussi compter sur le génie de Bruno qui a transformé la maison de Kamala en maison connectée plus high tech que Google ne l’a jamais rêvé. Il finira par servir ce Bruno, c’est sûr et certain… mais en attendant, il n’est pas bien convaincu par le plan de Kamala, surtout qu’elle fait tout ça sans pour autant finaliser son costume de Captain Marvel.

Pour y arriver, elle fouille le grenier de la maison où elle retrouve le bracelet amené en début d’épisode par sa mère… Et il est déjà temps pour la série d’enchaîner et d’en arriver à la convention. C’est un peu frustrant car on n’a toujours pas la moindre idée d’où va la série, mais on sait où va Kamala après tout : elle se rend en convention. Tout son plan dérape à chaque étape, de l’excuse donnée aux parents pour s’absenter de table qui n’est pas crédible au vélo laissé dans la rue car le chauffeur de bus démarre en passant par la branche d’arbre à côté de sa chambre qui craque sous son poids.

Malgré tout, Kamala a de la chance : elle parvient à se rendre à la convention et elle a théoriquement une heure pour s’y éclater. La série nous fournit plutôt le contenu d’une journée complète quand on y pense : le temps d’attente à chaque animation est déjà tellement long en vrai. Qu’importe, elle s’éclate et elle se rend au concours de cosplay qu’elle voulait tant faire.

Elle en oublie les gants confectionnés par son meilleur ami, elle en oublie la présence de Zoe sur scène en Captain Marvel elle aussi, et elle… réussit à enfiler le fameux bracelet qui s’ouvre pour eux sans qu’on ne sache trop comment. Quand elle le met, son monde change totalement, puisqu’elle obtient de mystérieux pouvoirs qu’elle ne maîtrise pas du tout.

Au départ, ça se passe plutôt bien, avec un gros succès au concours de cosplay… mais ça tourne vite au désastre quand elle provoque malgré elle un accident (totalement abusé) avec le casque géant d’un Iron Man et le marteau tout aussi géant de Thor. C’est Zoe qui prend très cher et manque de mourir. Par chance, elle est sauvée de justesse par Kamala.

Pas de bol, par contre, ça met clairement fin à la fête, parce que c’est la panique dans la convention quand tout tourne au désastre comme ça, forcément. Kamala et Bruno rentrent malgré tout et, avec une dernière aide de ses nouveaux pouvoirs, Kamala peut rejoindre sa chambre avec près de deux heures de retard, et surtout, donc, avec de nouveaux pouvoirs. Cosmiques.

Difficile de se faire une idée sur ce que la série voudra raconter ensuite et ça manque un brin de cliffhanger, mais le premier épisode est plutôt sympathique en lui-même. Le cliffhanger ? Il arrive post-générique en étant de toute manière assez prévisible : il y avait des caméras partout à la convention, alors quelqu’un la repère sur les réseaux sociaux. Quelqu’un ? C’est un commissariat, on dirait bien, avec une actrice de Orange is the new black et un flic qui a eu l’occasion d’interroger Peter Parker sur la mort d’un méchant vu comme un héros… Et ils veulent retrouver Kamala, évidemment ! Heureusement qu’elle avait un masque…

Bon, il y a au moins quelqu’un pour s’inquiéter des étranges pouvoirs d’une adolescente sur la scène de cette convention, ça me rassure un peu. Non parce que Bruno comme Kamala acceptent hyper rapidement ce qui leur arrive, tout de même.

Ms Marvel (S01)

Synopsis : Kamala Khan est une adolescente comme les autres, sauf qu’elle est fan des Avengers et autres super-héros qui sauvent régulièrement son monde. De là à en devenir une elle-même, bien malgré elle, il n’y a qu’un pas.

Pour commencer, j’ai un peu honte pour deux raisons : j’avais oublié que la série commençait aujourd’hui alors j’ai failli ne pas la regarder ET je n’ai jamais continué les comics après avoir lu un tome ou deux. Pourtant, j’aimais bien les comics. De toute manière, la série s’en éloigne beaucoup, préférant garder le ton et proposer sa propre histoire largement inspirée que proposer une transcription fidèle.

On verra bien ce que ça donnera. De toute manière, moi, il fallait que je sorte de ma panne de série, et je pense que voir celle-ci est un bon début : c’est nouveau, c’est frais, c’est une valeur sûre car le MCU ne me déçoit jamais totalement et je l’ai attendue un moment. Bref, j’ai misé beaucoup dessus en attendant le prochain Thor… J’espère ne pas me planter !

Note moyenne de la saison : 16/20

S01E01 – Generation Why – 16/20
C’est un bon épisode de série qui propose très rapidement son propre ton et son propre univers. L’humour est bon, le rythme rapide. Toutefois, il me manque des enjeux pour du plus long terme et même si j’ai beaucoup aimé ce que je viens de regarder, j’ai l’impression que ça peut tout à fait se suffire à soi-même. À quoi bon continuer alors ? Je le ferai, parce que c’était fun, mais ça manquait vraiment de quelque chose pour une introduction – peut-être d’un meilleur cliffhanger, déjà.
S01E02 – First Mission – 14/20
La série semble soudainement moins ambitieuse dans son esthétique avec ce deuxième épisode qui va toujours à toute allure, mais qui est visuellement plus calme. Les enjeux de la saison se dessinent, mais ils sont parfois noyés au milieu de nombreux messages sociaux qui passent plus ou moins bien. Il y a beaucoup à digérer l’air de rien, sous les allures de série pour ados. Le mélange des genres est sympathique, sans être aussi prenant que je l’aimerais. Pour l’instant, en tout cas.
S01E03 – Her Destiny – 14/20
J’aime bien la série et son rythme, en théorie. En pratique, je trouve que l’on passe d’une étape à l’autre bien trop vite, et c’est souvent dommage. J’aurais préféré une série qui prenne davantage le temps de développer son intrigue, plutôt que fournir autant d’éléments d’un coup. C’est chouette à regarder, mais pas toujours à comprendre. Ou alors, je suis fatigué… mais bon, ce patchwork de thématiques qui ne se répondent pas entre elles, ça donne un déséquilibre constant.
S01E04 – Seeing Red – 15/20
Le rythme est toujours effréné pour la série qui ne parvient décidément pas à décider ce qu’elle veut être. Exit la série ados, voilà un épisode mi-documentaire, mi-film d’action qui n’a plus grand-chose à voir avec le début de la série. C’est loin d’être mauvais et c’est plutôt sympathique à regarder, mais on ne sait jamais à quoi s’attendre quand on commence un épisode – et même d’une scène à l’autre d’ailleurs. Un patchwork, donc, encore et toujours, avec des scènes qui s’enchaînent sans qu’on ne sache toujours pourquoi et des moments qui ne parviennent pas à être dramatiques comme ils devraient l’être car ils sont trop précipités.
S01E05 – Time and Again – 16/20
Les réponses apportées par l’épisode ont l’avantage d’être fluides et d’apporter une conclusion naturelle à une grosse partie de ce qui était présentée durant la saison. Par conséquent, on nous laisse la porte ouverte à du mieux pour le dernier épisode, tandis que celui-ci fonctionne bien mieux en tant qu’unité narrative qui ne disperse pas trop. Et ça change de voir la série ne pas se disperser, et ça fait du bien.
S01E06 – Back to Normal – 18/20
C’est une excellente fin de saison parce que nous sommes délestés du poids de certaines intrigues et qu’on en revient à ce que la série souhaitait faire depuis le début. C’est divertissant et fun, on pardonne plus facilement le manque de subtilité quand c’est comme ça, et ça se termine à peu près comme je le souhaitais. Ce n’est pas pour autant qu’il n’y a pas de surprises en cours de route par contre !

Prévisible Ténor

Salut les cinéphiles,

Aujourd’hui (hum, bon, le mercredi de la publication officielle de cet article en tout cas), j’ai eu l’occasion d’aller voir Ténor au cinéma. Ce n’est pas du tout le genre de film que je vais voir habituellement, déjà parce qu’il y a Michèle Laroque à l’affiche et que je n’en suis pas fan…

Alors pourquoi aller le voir ?

Ténor - film 2022 - AlloCinéTout simplement parce que la bande-annonce m’en a donné envie. C’est suffisamment rare pour être souligné : la bande-annonce était bien foutue pour donner envie, avec quelques vannes, certes, mais surtout avec une bonne présentation qui intrigue. Un livreur de sushi qui finit par bosser à l’Opéra de Paris, c’est inattendu. Le problème ?

La bande-annonce n’est pas si bien finalement : comme beaucoup d’autres, elle en révèle tellement que le film n’a plus beaucoup de surprises à nous livrer une fois qu’on est en salle. Toute l’histoire est assez prévisible, au point d’en devenir parfois insipide.

Ce n’est heureusement pas le cas des performances vocales du film. C’est à peu près le seul intérêt que j’en tire après coup : MB14 est un excellent rappeur, c’est aussi un ténor fascinant, et le mélange des deux genres musicaux est une vraie réussite. J’aime bien pouvoir compléter ma playlist après avoir vu un film, et là, c’est sûr que ça a été le cas.

Quelques bonnes surprises…

Côté acteurs, j’ai aimé à peu près tout le casting, y compris Michèle Laroque qui était parfois là où je ne l’attendais pas ; avec un rôle qui n’était pas sans rappeler par moments le jeu de Virginie Efira – mais je ne saurais pas dire pourquoi, peut-être l’après En attendant Bojangles ? Bien sûr, la vraie surprise est l’interprète du personnage principal, mais il y en avait d’autres en cours de route. Par exemple, j’étais content de retrouver Eliot de Fais pas ci, fais pas ça dans un (trop) petit rôle du film.

…et des défauts.

Par contre, côté scénario, je ne suis vraiment pas fan. C’est un film français, certes, mais à une sauce très américanisé. C’est un peu un American Dream à la française, avec des efforts qui ne sont pas assez sentis tout du long et une fin beaucoup trop idéaliste. Bien sûr, il s’agit d’un beau message, mais pour le coup, j’ai largement préféré les manières de faire d’En Corps. Le plus frustrant est aussi que ce film s’inscrit dans un modèle que je n’aime pas beaucoup : celui qui me donne envie d’avoir une suite qui ne viendra jamais. Je suis formaté aux séries et ça n’aide pas, mais vraiment je suis sorti frustré de la salle de cinéma parce que je n’en avais pas eu assez.

Je termine le film avec beaucoup de questions sur la suite, je trouve que certaines scènes auraient été dispensables si c’était pour finir sans nous raconter l’histoire et surtout, la décision finale d’un des deux personnages principaux est frustrante, car on ne sait pas bien ce qui la motive – on le devine tout au long du film, mais ça donne envie d’en savoir tellement plus. Malheureusement, ça n’arrivera pas, parce que ce n’est jamais qu’un petit film français.

À voir ou pas ?

Malgré tout, je vous le conseille si vous avez encore l’occasion d’aller le voir en salle quand j’arriverais à publier cet article : il vaut le détour parce que je le trouve original pour un film français, parce qu’il est relativement bien écrit (je me marre toujours devant les échanges de SMS en revanche) et parce que c’est un vrai plaisir pour les oreilles. En fait, le principal intérêt est peut-être là : le film nous fait découvrir un vrai artiste – et si vous aimez les messages un peu cheesy, ou simplement les films, vous en sortirez encore plus ravi que moi, probablement.

C’est bien, c’est divertissant… mais il ne faut pas en attendre trop.