Evil – S02E07

Épisode 7 – S is for Silence – 19/20
Cet épisode est tout simplement fascinant, parce qu’il va au bout de son vœu de silence à bien des reprises. La série joue clairement dans la cour des grands quand elle parvient à livrer un épisode intéressant, hyper drôle et un brin flippant sans le moindre mot, avec quelques minutes supplémentaires que l’on ne voit pas passer. Grandiose. Un retour hyper plaisant, donc.

Spoilers

Kristen, Ben et David se rendent dans un monastère où ils n’ont pas le droit de parler pour enquêter sur un possible miracle.

Sounds like a story to scam your monks

C’est reparti pour cette série avec un épisode longuement attendu : un épisode parfaitement silencieux ; en théorie en tout cas. En pratique, notre équipe est dans un monastère pour venir enquêter sur le cadavre d’un moine parfaitement conservé et capable de chanter depuis sa tombe, en fredonnant uniquement.

Le résumé de l’épisode est très clair, la première scène aussi : pas un mot ne sera prononcé. Et moi, je pleure d’avance pour la critique, car résumer un épisode sans dialogue tout en regardant l’épisode, c’est un sacré exercice : il se passe énormément de choses en peu de temps pour maintenir l’intérêt de tout le monde ; et sans dialogue, je ne peux pas vraiment lâcher des yeux l’écran. Au moins, ça donne envie de rester bien concentré.

La critique va être moins complète, peut-être, parce qu’il va être galère de tout évoquer, mais la notion de silence est très intéressante : il est précisé par écrit que personne n’a parlé dans le monastère depuis 130 ans et qu’il n’est pas question que ça commence désormais. Le moindre bruit paraît sacrément amplifié en revanche, et la musique joue bien pour créer une ambiance intéressante et unique.

En plus, j’adore la justification de cet épisode silencieux, c’en est presque mieux que Buffy qui reste LA référence unique d’épisode silencieux. Tout l’épisode ne l’était pas pourtant, mais il était sacrément flippant. J’espère que ce sera le cas de cet épisode aussi. Avec cette série, tout est possible, clairement.

Très rapidement, notre trio se rend compte qu’il existe certains gestes pour se faire comprendre, mais aussi qu’ils vont devoir se débarrasser des téléphones portables. Ce n’est pas évident pour Ben qui veut prendre des photos, mais bon, une petite manipulation plus tard et hop, il n’a plus de quoi téléphoner, juste de quoi prendre une photo. Trop forts, ces religieux, des noms de Winston et Emanuel – avec un seul m, oui.

Une fois dans le monastère, la règle d’or est respectée par nos héros, même si ce n’est pas toujours simple pour Kristen de ne pas se rebeller. Elle est l’objet de nombreux regards libidineux – à moins que ce ne soit autre chose de plus malfaisant qui attire les regards ? – et n’est pas bien sûre de les supporter. Les choses empirent quand elle est carrément virée du tombeau où Ben effectue quelques prélèvements ADN.

Elle finit par s’y faire et part vivre ses propres aventures de son côté, tandis que Ben et David restent en arrière pour travailler à résoudre un possible miracle. Il y en a même deux, puisqu’au-delà du prêtre qui chante, il y a une statue qui ruisselle sans raison. Selon les religieux sur place, un démon se trouverait à l’intérieur de la boîte en question. Quand Ben veut la toucher, on lui interdit de le faire, parce qu’il s’agit du second miracle sur lequel enquêter.

Bon, qu’à cela ne tienne, on l’emmène auprès d’une sœur dont les mains ont été brûlées par le crucifix du père Thomas, le même qui est mort sans se décomposer. Grâce à de l’alcool ? Je ne sais pas, je cherche des idées. Ce qui est sûr, c’est que la sœur en question, Fenna, est la nouvelle meilleure amie de Kristen.

En effet, s’ennuyant seule dans son coin sans portable (c’était surjoué, par contre), Kristen décide de venir en aide à la première sœur sur laquelle elle tombe et qui fait justement tomber des bouteilles de verre en sa présence. La sœur emmène alors Kristen vers une scène hyper drôle où elles sont supposées recouvrir de whisky des tonneaux dans lequel sera conservé ensuite du vin. Sympathique ce monastère, clairement. Il était hilarant de voir les deux femmes devenir amies autour de cette activité hors du commun digne du roue de hamster. Et puis, Kristen goûte aussi le whisky hyper concentré, et ça ne lui réussit pas.

Elle est hyper bourrée assez vite, alors quand le reste de son équipe arrive, elle est un chouilla honteuse… même si ça la fait rire. Inutile de dire aussi qu’elle s’attire la désapprobation de beaucoup de prêtes sur place assez vite. Comme nos héros n’ont pas le droit de parler dans l’enceinte du monastère, ils s’isolent en-dehors de celui-ci pour parler. Enfin, pour murmurer.

Honnêtement, je n’ai pas tout compris, du coup, parce que certains murmures étaient vraiment difficile à percevoir. En tout cas, il est question de Fenna et de ses mains qui semblent avoir été transpercées par des clous assez rapidement. Kristen n’y croit pas, persuadée que ses blessures viennent de son travail dans les tonneaux.

Rapidement, David explique aussi aux deux autres qu’ils vont devoir s’habituer au silence à tout prix – y compris durant la nuit où ils doivent se bâillonner. Si le moindre mot venait à être prononcé au monastère, ils risqueraient en effet de libérer un démon à la surface de la Terre, démon qu’on ne pourrait plus jamais contenir. Et ben… C’est perché, mais c’est bien drôle.

Sans parler, Kristen se rend compte qu’il est plus compliqué que prévu de mener son interrogatoire habituel de Fenna, surtout qu’elle ne parle pas anglais, alors il lui faut aussi un interprète. Pourtant, Fenna se débrouille subitement pour que le père qui fait la traduction sorte de la pièce, afin de se dénuder devant Kristen. C’était clairement inattendu, mais le but est de lui montrer que ses pieds sont dans le même état que ses mains, avec d’étranges marques rouges. Et c’e n’est pas tout : elle a des griffures sous les seins. Et ça, franchement, inattendu : ça nous rappelle les marques de Jésus sur la croix.

La scène était étrange, le silence amplifiant encore la tension entre elles. Et Kristen qui se rapproche d’elle comme pour un baiser ? Tellement chelou. La scène coupe avant qu’on ne sache comment elles se séparent, et Kristen se rend ensuite voir la boîte dans laquelle serait le démon. Elle aussi n’a pas le droit d’y toucher, interrompue par David. Sans un mot, celui-ci lui demande de prendre des photos des blessures de la sœur.

Alors qu’elle s’y rend, David reste en présence d’un père qui a une bonne bouille pour un épisode silencieux, franchement. Il confie à notre héros un crucifix du père Thomas, avant de lui conseiller de faire silence dans son esprit aussi. La meilleure manière de le faire pour les scénaristes ? Nous donner en sous-titres les pensées de David. Et ça apporte juste ce qu’il faut d’humour avant qu’il ne change d’avis et ne se remette à enquêter sur une tache au sol.

Difficile de rester concentré sur sa prière dans ces conditions tout de même, et moi, le silence a commencé à m’étouffer, tout de même. L’humour des sous-titres était exceptionnel, avec un tas de Fuck, et puis avec quelques pensées se tournant vers Kristen.

Du coup, sans trop de surprise, David se rend ensuite auprès d’elle pour en savoir plus sur Fenna – ou en tout cas pour en voir plus. Et quand il repose sa lampe torche, il se rend compte que Kristen (?) a écrit « I want you » sur son ardoise. Allons bon, voilà qu’elle le veut, maintenant. Et cela perturbe forcément David, inévitablement, alors il se met à la regarder beaucoup, et elle se met aussi à avoir des pensées salaces à son égard. Nous voilà bien.

Loin de tout ça, Ben poursuit son enquête de manière bien plus rationnelle que David. Il est aussi plus concentré que ses acolytes, mais lorsqu’il retombe dans le tombeau, il se fait peur tout seul. Il entend le vent souffler – la fameuse mélodie à tous les coups – et voit une ombre s’approcher de lui, avec de plus en plus de bruit.

Effrayé, il s’échappe le plus vite possible et… C’était surprenant venant de quelqu’un aussi rationnel que Ben. Après, être sous-terre si peu de temps après l’épisode de l’ascenseur, je me dis qu’il ne doit pas être rassuré non plus. Il se rend malgré tout au repas collectif et ne dit trop rien à personne, faute de pouvoir parler.

Quelques gestes suffisent parfois à rassurer ses amis, et puis de toute manière, Kristen n’a pas le droit de rester manger avec eux. Elle est une femme, elle doit aller à la table des femmes, où Fenna lui montre sa bouteille de vin cachée et où elles font trop de bruit. La table des femmes, par contre, est vraiment horrible, avec tous les hommes qui y laissent les assiettes et couverts sales. Il faut être sacrément patientes pour ne pas dire un mot, sérieusement.

Seulement, Kristen finit par dire « bouh » pendant la nuit. Est-ce vraiment un mot ? Difficile à dire, mais en tout cas, la boîte du démon s’ouvre peu de temps après… Pour justifier la réaction de Kristen, soulignons tout de même qu’on la fait dormir dans un débarras sous les jambes de Jésus crucifié et de bien d’autres reliques. Même Fenna semble considérer que ce n’est pas normal.

Sans trop de surprise, Kristen joue donc la provocation, ce qui est raccord avec son caractère. Sans trop de surprise non plus, elle se retrouve alors à cauchemarder d’un squelette qui s’approche d’elle pour l’embrasser. Avant que ça n’arrive, elle est heureusement réveillée par un prêtre jouant des baguettes pour attirer tout le monde auprès de la relique désormais ouverte qui affole tous les prêtres.

Ce n’est que le début : de nombreux prêtres souffrent également d’un mal étrange, avec des signes et des symboles sphériques qui apparaissent à divers endroits de leur corps, les faisant gémir de douleur, faute de pouvoir parler. Kristen veut aussitôt appeler un docteur, mais ce n’est pas évident dans ce monastère. L’ambiance est électrique durant la nuit, avec une Kristen clairement énervée par la misogynie ambiante, une Fenna qui a une énorme sphère sur le ventre et des prêtres qui gémissent de douleur un peu partout.

Ben assure qu’il a bien l’intention de tout comprendre, alors que Kristen, elle, part à la recherche de son portable. C’est aussi ce que fait Ben à vrai dire, parce qu’il a envie d’une connexion internet. Le prêtre le mène alors à un ordinateur, ce qui était plutôt marrant.

Ben est vite laissé sur place, parce que le prêtre est rappelé auprès d’un autre et de David. Ils se rendent auprès de Fenna, dont la douleur est loin de passer. Les marques sur son torse continuent d’apparaître de plus en plus, et ça semble clairement douloureux, surtout quand on voit le sang couler de ses mains.

Elle n’en oublie pas pour autant son vœu de silence, ce qui doit être le plus impressionnant à voir à vrai dire. L’exorcisme est excellent aussi : le prêtre raconte silencieusement ses prières, avec une Fenna qui se met à cracher du sang, par exemple. C’est glauque comme tout, et hyper intrigant, mais malgré tout, on comprend que Ben est sur le point de comprendre ce qu’il se passe grâce à quelques recherches Google. Avant ça, nous voyons toutes les souffrances de Fenna et… Ca donne envie de vomir autant que le prêtre mystérieux qui a possiblement vomi dans la chapelle, hein.

Des mouches sortent alors de la blessure de son ventre, et très franchement, c’était dégueulasse à voir. J’ai rarement eu de pareils haut-le-cœur, pas étonnant que Fenna s’évanouisse. Et la réaction de Ben à son arrivée, c’était hilarant. Des mouches ! Nous y voilà : des mouches sont responsables du chant et des marques sur les corps des prêtres, car les larves provoquent aussi les cicatrices en forme de spirale.

En les privant d’oxygène avec du vin béni, les prêtres ont poussé les mouches à sortir, même si ce n’était pas leur intention première. Et voilà. L’explication de Ben est hyper rationnelle et rassurante, mais il n’empêche pas que quand David lui reproche de toujours être capable de tout expliquer, Ben le rassure en lui soulignant qu’il ne peut pas expliquer les prêtres et les personnes faisant vœux de silence. Et même si David n’est pas prêt à se taire, il trouve tout de même admirable et enviable la paix relative dans laquelle tout le monde semble être.

Allez, c’est bien beau ces considérations philosophiques, mais il faut encore finir l’épisode en faisant sortir toutes les mouches des corps de tout le monde. C’est horrible, mais c’est vite expédié pour en arriver à une conclusion toute mignonne où Kristen veille sur Fenna.

Les mouches ? Elles venaient du tombeau du prêtre et de la crypte sous le monastère. Il n’en faut pas plus pour rapidement remettre le prêtre dans son caveau. Cela ne nous explique pas vraiment les traces de clou ou le corps impeccablement conservé du père Thomas, par contre. Peut-être en sera-t-il question dans un autre épisode, peut-être que les mouches dans sa bouche (erk cette scène) suffisent à expliquer la conservation du corps.

En tout cas, le « I want you » est révélé être une erreur d’interprétation de David : c’est un prêtre qui veut de lui… dans son monastère. David décline, assurant que Dieu a besoin de lui ailleurs, et est alors prêt à partir. Le 8 mars, comme c’est ironique après un tel épisode plein de misogynes, voilà donc nos héros qui récupèrent un portable chacun, et Kristen qui obtient une bouteille gratuite de Fenna qui lutte contre la tentation de lui faire un câlin. C’est triste. Les adieux sont rapidement faits, mais Kristen lui a au moins laisser son t-shirt féministe.

> Saison 2

 

Quelques prisons cinématographiques (#32)

Salut les cinéphiles,

Oui, on est dimanche et je m’apprête à parler de films comme je le fais habituellement le mercredi, mais c’est parce que mercredi prochain, on sera le premier septembre (et merde), ce qui fait que j’aurai un autre événement à évoquer avec vous – événement qui aura trait à la lecture. Les habitués du blog savent déjà ce qui m’attend pour septembre de ce côté-là, mais rendez-vous mercredi pour en savoir plus.

En attendant, je repars sur les films vus au cours de l’année et dont j’ai oublié de prendre le temps de parler. La sélection du jour se concentre sur la thématique de la prison, avec deux films qui sont des prisons psychologiques et trois qui parlent d’une véritable prison. Science-fiction et films allemands sont au rendez-vous.

The Door : La porte du passé

The Door : La Porte du Passé - Film (2009) - SensCritique

Intéressant film de 2009, un peu compliqué à trouver vu le nombre de films portant ce titre qui existent… J’ai l’impression qu’il est passé inaperçu à l’époque, mais c’est peut-être parce qu’il est en allemand ! Porté par Mads Mikkelsen, je pense que le film connaît une seconde jeunesse grâce à la popularité de l’acteur et que c’est ce qui fait que j’en ai entendu parler.

Du côté du synopsis, on suit le personnage de David – Mads, donc – qui culpabilise de la mort de sa fille de sept ans dans un accident (pas si ?) tragique alors qu’il devait la surveiller. Sa vie est inévitablement brisée, mais il trouve cinq ans plus tard une étrange porte miraculeuse qui va lui donner une chance de tout recommencer.

Avec le mot mystère, il faut comprendre « science-fiction », « voyage dans le temps », « monde parallèle »… Que des mots-clés qui généralement sont susceptibles de m’intéresser. Le film m’a envoyé une petite vibe Channel Zero à plusieurs reprises, avec un petit côté saison 2 pour les fans, pour son côté thriller et son côté enfermement psychologique du personnage. C’est toutefois survendre le film que de faire cette comparaison, parce que la conclusion était un peu décevante. Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment, ce n’est pas incontournable, mais c’est un thriller sympathique. Légèrement oubliable, par contre.

Man from Earth

The Man from Earth - Film (2007) - SensCritiqueOn reste dans la science-fiction, en quelque sorte, avec un film extrêmement bavard et qui n’a RIEN à voir avec son affiche. Si vous n’aimez pas les huis-clos, fuyez tout de suite, car c’est bien pour le huis-clos que je le place dans ces films sur la prison : le personnage principal est enfermé dans sa vie, ses amis sont enfermés pour une nuit avec lui – malgré un libre-arbitre qui pourrait les faire partir quand ils le souhaitent.

Si tout ça ne vous fait pas peur, vous êtes partis pour une étrange histoire racontée au coin du feu : avant de déménager, le professeur John Oldman reçoit la visite de ses amis qui lui préparent une fête d’adieu. Les amis veulent surtout comprendre la raison du départ précipité et surprise de John, qui se met alors calmement à leur expliquer qu’il est un homme des cavernes âgé de 14 000 ans. Rien que ça.

Ce qui paraît être une bonne blague lance tous ces professeurs de fac dans des débats vifs et passionnés qui vont aborder bien des thèmes, à commencer par la religion ou la vie après la mort, en passant par quelques sujets d’Histoire.

C’est une ambiance très particulière, parfois à la limite de la masturbation intellectuelle, mais je trouve que le film fonctionne drôlement bien à entretenir le mystère – John raconte-t-il la vérité ? Est-ce seulement possible ? John répond en tout cas à toutes les questions de ses amis, tous spécialistes d’un domaine bien précis permettant de faire avancer le film.

J’ai trouvé ça plutôt sympathique, parfois déstabilisant dans les avancées proposées du côté du scénario. Il y a quelques problèmes de rythme, comme souvent dans les huis-clos, avec des manières de relancer la conversation ou le film qui ne sont pas toujours géniales. La fin est légèrement ouverte et il existe une suite que je n’ai pas encore vue… Peut-être un jour.

L’expérience

L'EXPÉRIENCE (2001) - Film - Cinoche.comCette fois, on passe à la prison, la vraie… ou presque.

Film allemand s’inspirant de la fameuse expérience de Stanford, j’étais curieux de voir ce que ça pourrait donner et je n’ai pas été particulièrement déçu. L’expérience de Stanford est une vraie expérience dans laquelle un professeur avait proposé à des étudiants lambdas de sa fac de participer à une expérience où certains joueraient le rôle de prisonniers et d’autres le rôle de gardiens de prison. Malgré une surveillance étroite, l’expérience avait quelque peu dérapée : le hasard avait attribué les rôles, mais ça n’a pas empêché une bonne partie des gardiens de faire preuve de sadisme autoritaire et une bonne partie des prisonniers d’être traumatisés émotionnellement.

Pour en revenir au film, il va de soi qu’il part bien plus en vrille que l’expérience originale, avec des hommes qui ne sont pas des étudiants mais ont juste besoin d’argent. Le sadisme des gardiens est rapidement exacerbé par une absence de réponse des scientifiques qui veulent tester les limites psychologiques de chacun.

On suit en parallèle la vie des prisonniers désignés au hasard, avec un esprit rebelle refusant de trop se laisser faire, celle des gardiens, avec un profitant de son autorité nouvelle pour aller trop loin et un n’assumant pas trop ce qu’il se passe, et celle des scientifiques, parfois en désaccord. Le film comporte quelques scènes dures psychologiquement et la perte de contrôle de l’expérience me déplaît quelque peu car ça va trop loin pour rester dans le cadre du crédible – le hasard fait mal les choses, on va dire.

Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé ce film par contre, parce qu’il est le reflet de quelque chose de bien flippant. À voir.

Le trou

Le Trou - Film (1960) - SensCritiqueOn reste dans l’ambiance prison avec ce vieux film français dont je n’avais jamais entendu parler et qui a pourtant su être assez intéressant pour me garder jusqu’au bout. Le concept n’a rien de révolutionnaire, avec des prisonniers qui creusent un trou pour s’enfuir d’une prison, mais ce qui rend le film vraiment agréable, c’est qu’il date de 1960 et possède de sacrées scènes, que je trouve vraiment impressionnantes pour l’époque.

Il a une sacrée réputation, avec toujours d’excellentes notes partout où il en est question, et je m’en fais l’écho avec plaisir. J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire, surtout juste après le film précédent, car à nouveau, on nous offre une exploration de la psychologie des prisonniers. Bref, c’est à voir pour les plus cinéphiles, c’est une référence ce film de Jacques Becker.

The Platform

The platform - Ecran et toileDernier film vu qui corresponde encore à la thématique de la prison, il s’agit cette fois d’un film Netflix légèrement plus connu, puisqu’il avait fait du bruit à sa sortie. Concrètement, j’en ai adoré le concept, mais pas du tout le rendu. Heureusement que c’était en espagnol, ça m’a motivé à continuer…

Le concept ? Le personnage principal se réveille dans une étrange prison, conçue sur de nombreux étages superposés, avec un grand trou au milieu. Au milieu défile une plateforme sur laquelle un véritable banquet est dressé. Les prisonniers de la cellule la plus haute ont donc la chance de pouvoir manger ce qu’ils veulent, alors que plus on descend, plus il n’y a que des restes à manger… Restes dans lesquels certains prisonniers des étages supérieurs n’hésitent pas à faire leurs besoins, vomir ou cracher, profitant de leur supériorité.

Pourtant, cette supériorité n’est que temporaire : parfois, les prisonniers se réveillent à de nouveaux étages, montant vers des hauteurs agréables ou descendant toujours plus bas. Bien sûr, ils ont pour règle de ne rien garder à manger pour plus tard, sous peine d’être tués par la torture, car ils sont filmés. Et bien sûr, le héros veut établir un système juste où chacun ne mangerait que sa part pour que tous puissent jouir d’un repas…

Vraiment, du côté du concept, il y aurait de quoi faire un film intéressant. Je n’ai pas aimé l’histoire, cependant, avec un héros auquel j’ai eu du mal à accrocher, des compagnons de cellules peu crédibles, une mythologie bizarre (la femme à la recherche de son enfant), un hasard ne permettant de trouver un équilibre pour le film et une psychologie pas toujours très logique.

Je m’y attendais, mais ce fut une déception quand même !

Sept clichés TV sur… les travaux chez les héros de séries

Salut les sériephiles,

Nous sommes déjà à la fin du mois d’août, et même si je vis dans un grand déni de la fin des vacances, je n’en oublie pas mes habitudes sur le blog : il est donc temps pour un nouvel article sur les clichés que l’on voit parfois dans les séries sur des choses qui concernent notre vie de tous les jours. Seulement voilà, j’ai parfois du mal à trouver des sujets car j’ai eu le temps de faire le tour de ce qui était le plus évident.

Par chance pour moi, j’ai eu l’occasion à deux reprises au cours du mois d’août d’aider à faire quelques travaux – au point d’avoir fait plus de choses chez les autres que dans les travaux nécessaires pour emménager chez moi qui s’étaient déroulés quand j’étais encore à 500 km. Oups. Voici donc quelques clichés TV sur les travaux dans les lieux de vie, parce que bizarrement, je me suis rendu compte en posant du parquet en peignant une porte que j’avais de quoi faire pour ça !

1) Il y a toujours un homme à tout faire pour ses travaux, comme dans Desperate Housewives
Ce quiz Desperate Housewives te dira si tu mérites Mike ou pasAlors on va commencer par l’évidence-même avec cette idée de l’homme à tout faire que l’on voit souvent dans les sitcoms ou les comédies. Mike Delfino, Tony Micelli, Xander Harris ou Léo Wyatt, vous en trouvez dans plein de séries. Le type est limite là uniquement pour être la personne à qui s’adresser quand il y a un problème dans sa maison, et ça tombe bien, il y a toujours problème dans le quartier ou dans la maison, histoire de justifier son rôle dans la série. C’est beau, mais ça ne se passe pas exactement comme ça en France, quand même. Bien sûr qu’on peut en trouver, mais ils sont loin d’être des modèles d’efficacité à tous les coups. Ou de sexytude. C’est donc un cliché FAUX, parce qu’à mon sens, on ne connaît pas tous quelqu’un super bricolo et toujours dispo… À moins que ce ne soit moi le modèle d’efficacité ou de sexytude. Bon… Si vous aviez vu mon efficacité et ma sexytude à remettre une poignée de porte en maillot de bain, vous comprendriez mieux la blague. Guiness record du remontage de poignée le plus lent du monde, je pense.

Plus Belle la Vie - Le nouvel appartement d'Estelle et Francesco - Vidéo  Dailymotion2) Peindre est super simple et peut se faire n’importe quand, comme dans Plus Belle la vie
Je n’ai pas vu d’épisodes de la série cette semaine, donc j’ai à peine dépassé l’intrigue de l’emménagement d’Estelle et Francesco, et autant vous dire que je me suis arraché les cheveux quand je l’ai vue. C’était avant même d’avoir à peindre une porte cette semaine, mais ça me paraissait déjà carrément ridicule de voir Estelle repeindre quatre fois son mur dans une couleur différente au sein d’un même épisode – allez, deux pour être gentil. Genre, au-delà de la fatigue que c’est de peindre une grande surface de manière impeccable, autant vous dire que si vous peignez un mur, vous en avez déjà pour plus d’une journée avec les six heures d’attente entre la sous-couche et la première couche, plus encore deux à trois heures pour la deuxième couche. Bref, non, on ne se lève pas sur un coup de tête au milieu de la nuit pour faire des travaux, c’est FAUX. Quant à la conclusion de l’intrigue… Tout ça pour ça ? Le cœur en peinture était mieux que les néons, putain ; et j’ai le même genre de lumière chez moi et ça ne marche pas franchement en pleine journée quand il y a du soleil… Alors à Marseille. Bon…

Throwback Thursday - Charmed - All Hell Breaks Loose3) Il n’y a jamais aucun problème au cours des travaux, comme dans Charmed
FAUX, faux, archi-faux. Je suis mort de rire chaque fois que je vois Léo finir ses travaux en un temps record, surtout au tout début de la série quand on ne sait pas encore qu’il est un être de lumière et que les sœurs trouvent ça parfaitement qu’il répare toute la maison sans jamais poser la moindre question sur la casse permanente de tout ce qui se trouve au 1329 Prescott Street. C’est quand même légèrement justifié quand on le voit utiliser ses pouvoirs… mais souvent, on le voit travailler avec des outils, y compris dans les dernières saisons quand tout le monde sait bien qu’il a des pouvoirs. Ce n’est de plus qu’un exemple très révélateur d’un symptôme de beaucoup de séries où les travaux ne posent pas de problème particulier.

Les fuites d'eau et moi – Just One More Episode4) Les travaux coûtent de l’argent, comme dans Buffy
À l’inverse, Buffy a fini par se rendre compte du problème lorsque la Tueuse s’est retrouvée à devoir gérer la maison avec toutes les dépenses que ça impliquait. La plomberie qui saute (ravi d’être meilleur plombier qu’elle !), la fenêtre à faire réparer par son pote, les problèmes de découvert… La saison 6 n’est pas toujours évidente à digérer, mais bordel, qu’est-ce que l’entrée dans l’âge adulte est étonnamment réaliste pour une série, et encore plus pour une série ado ET fantastique. Cette fois, on touche à un cliché VRAI qu’on a pu revoir depuis dans d’autres séries, comme Community par exemple. Rassurant de voir des personnages avoir des problèmes d’argent.

Dexter® —5) Placer des bâches, c’est facile et elles tiennent impeccablement, comme dans Dexter
La peinture de la porte n’était qu’une petite partie des travaux car je suis arrivé prêter main forte uniquement pour les dernières étapes de la bataille. Il s’agissait des étapes faciles, vous vous doutez bien. En tout cas, la bâche au sol ? Elle était loin de tenir aussi bien que celles de Dexter, hein. Après on a tué personne sur place, je pense, et c’était pareil pour le scotch de protection… Mais voilà, si vous achetez une bâche, sachez que c’est hyper galère à utiliser ; que quand vous la retirez, il faut que tout soit sec pour pas que ça ne coule et que non, on ne réutilise pas la même bâche plus d’une fois quoi. C’est pas qu’un serial-killer, c’est un maniaque, mais quand même, le sang, ça tâche, ce cliché est FAUX, tu nous mens, Dexter !

6) Things Just Got Real 🤔😱 💔 😱 💔 😱 (A Shock-Fic) | Riverdale AminoFaire des travaux, c’est rapide, comme dans Riverdale
Comment ne pas citer les travaux de rénovation entrepris par Veronica dans la saison 5 ? Cela dure un épisode et demi et la rénovation ne change absolument rien ; et je ne parle même pas des travaux de la boutique qui sont fait d’un épisode à l’autre sans qu’on en entende parler. Autant vous dire qu’il n’y a pas de problèmes de fric dans cette série. En tout cas, dans les deux cas, c’est FAUX comme cliché. Je veux dire, quand elle engage Archie, on le voit juste torse nu à bosser vite fait et basta ; sa boutique, elle fait appel à des artisans qui finissent une rénovation dingue en une semaine… Dans la vraie vie, tes potes viennent, sont possiblement torse nu d’accord (mais ils ne sont pas Archie, hein), mais ça te prend plus d’une semaine pour une petite pièce. Si tu fais appel à des artisans, il y a des retards de travaux d’au moins une semaine et le résultat n’est pas parfait. Tu nous mens aussi, Riverdale… Mais personne n’en a jamais douté.

7) Faire des travaux, ça prend du temps, comme dans The Rookie
(léger spoil saison 3)
On termine ainsi par un cliché VRAI ? Oui et non… John met peut-être l’ensemble de la saison 2 à refaire sa maison, mais c’est pour mieux mener à une fin de saison où tout est détruit à l’arrache et un début de saison 3 où, miracle, tout est impeccable à nouveau. Du coup, les travaux ont fini par être plus express que ceux d’Archie… Mais l’intention y était et c’est tellement rare de voir une série prendre le temps de nous montrer une avancée cohérente des travaux en parallèle de la vie pro de son héros que je voulais le souligner.

Il s’agissait déjà de mon septième cliché ! Dingue comme ça passe vite une fois qu’on se met à en chercher. Une chose est sûre, faire des travaux, c’est épuisant et lent. M’enfin, faites-les avec des gens cools et ça passera plus vite. En plus, avec un peu de musique, ça peut finir par être drôle – mais ne riez pas trop, c’est sérieux les travaux quand même.

Quant à moi, sachez que le résultat du parquet posé ou de la peinture n’est probablement pas parfait et impeccable, mais j’étais satisfait du rendu. Et ça, aucune série n’en parle vraiment, mais bordel, c’est satisfaisant quand les travaux sont finis et qu’on les a faits soi-même ! Un beau programme de vacances… mais je ne vous propose pas mes services pour autant, désolé.

#12 – Être un control freak comme Alison Hendrix (ou ne pas être ?)

Salut les sériephiles,

Pour ce dernier vendredi du mois d’août, je reviens avec la conclusion de ma saga de l’été. Oui, c’est un peu expéditif, mais c’est comme ça : pour septembre, on repartira sur de nouvelles bases. J’ai une autre idée de séries d’article, mais je ne sais pas encore si elle débarquera dès septembre ou si je la relèguerai carrément à l’été prochain… J’ai encore largement le temps de voir venir !

En attendant, en revanche, il est temps de parler d’un douzième et dernier personnage marquant… même s’il y en a sûrement eu bien d’autres au cours de ma vie de sériephile.

Notre Top 5 des clones Orphan Black - Femmes de Séries

Douze semaines, douze personnages, douze impacts sur ma vie.

Rien que ça. C’est un vaste programme, je sais. Et je n’ai pas réussi à choisir un ordre ; alors on fera selon l’inspiration du moment. Pour aujourd’hui, il va être question d’Alison Hendrix de la série Orphan Black, un personnage que j’ai tellement adoré qu’elle a été ma première Funko Pop. Et gratuitement en plus, parce que j’étais le 1000e client du week-end !

alison hendrix GIFs - Primo GIF - Latest Animated GIFsQui est-ce ? Alison Hendrix est un personnage qu’il faut apprendre à apprécier, mais en ce qui me concerne, c’est arrivé très rapidement. Au départ de la série, elle n’est même pas présente, avant d’être présentée comme la mère de famille bien sous tous rapports, pour ne pas dire parfaite quand elle s’occupe d’emmener ses enfants au sport. Toutefois, le cliché s’écaille vite et elle est une Desperate Housewife sous la surface…

Ce ne peut pas être un hasard, la référence est assez évidente, mais en même temps, les scénaristes en font quelque chose de bien différent de la série d’ABC, avec une Alison se retrouvant à torturer son mari (Big Boobs Blowies !) Alison vs. Big Boob Blowiesou liée à un trafic de drogue qui la dépasse totalement. Bien sûr, elle doit faire face à sa propre addiction à l’alcool aussi, tout en continuant de gérer comme elle peut ses gamins et sa vie parfaite en surface, scrutée par tous les voisins.

Bref, Alison, c’est un personnage qui fonctionne malgré l’alcool et les emmerdes, parce qu’elle est une control freak de dingue. Et c’est ce qui la rend si géniale et adorable !

Qu’est-ce qu’Alison a bien pu nous apprendre ? Alison nous apprend à nous méfier des apparences, particulièrement quand elles sont parfaites. Il est évident que ce n’est pas un message bien nouveau, surtout pour moi qui me suis tapé onze saisons de Secret Story, mais malgré cela, je trouve que ça fonctionnait bien dans la série. Chaque épisode nous la faisait découvrir sous un jour nouveau et la rendait agréable. Et pourtant, il y a fort à parier qu’une maman parfaite comme ça, dans ma vie de tous les jours, j’aurais juste envie de la fuir au premier abord. Il faut savoir persister.

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Après, Alison, c’est aussi un personnage parfait pour apprendre à relativiser et prendre du recul sur toutes les situations, parce qu’elle garde son self control dans toutes les situations justement, même – et surtout ? – quand elle le perd. Sa perte de contrôle se traduit par des décisions rationnelles et une envie encore plus forte de tout maîtriser. Et c’est parfait comme cela.

Project Orphan Black: 12 Times Allison Hendrix Made Us Laugh – 4 Your ExcitementQuel impact sur moi ? Bon, là, il est assez évident qu’Alison m’a montré qu’il était parfaitement possible, si ce n’est nécessaire, de lâcher un peu du lest pour ne pas être trop un control freak. Je l’adore, mais elle est souvent insupportable pour son entourage, alors ce n’est pas malin de ma part de vouloir être trop organisé non plus.

Il n’empêche que son penchant alcoolique/hyper-organisée, je l’ai aussi, sans jamais tomber dans les deux extrêmes, ou dans un seul des deux. J’ai compris qu’il fallait être plus bienveillant envers l’imprévu, alors je laisse désormais une marge dans mes envies de contrôle. J’évite aussi les pistolets, ça n’a jamais réussi aux Hendrix d’être en présence d’un pistolet.

Et puis, je n’avais pas vraiment besoin d’Alison pour ça, mais elle m’a tout de même montré que c’était vraiment une mauvaise idée que de se frotter à la drogue ou à l’illégalité. Orphan Black: Season 1 Refresher - That ShelfC’est trop stressant, et je ne dois pas gérer mon stress comme elle le fait.

Allez, son vrai impact, c’est qu’elle m’aura fait rire et m’aura donné envie d’avoir une organisation parfaite, mais pas trop. Le revers de la médaille ne fait pas envie…