TVtime ferme ses portes… Et nous alors ?

Salut les sériephiles,

Ça va bientôt faire une semaine qu’un coup de tonnerre est tombé sur à peu près tous les sériephiles que je connaisse : TV Time a annoncé sa fermeture. J’ai pensé presqu’aussitôt à publier un article, mais la vérité, c’est qu’une fois la période de gros choc passé, je ne savais pas trop par où commencer. En plus, ce fut soudain : c’est tombé un jour où j’avais du travail à faire et où tout s’enchaînait aussi avec une soirée qui finit si tard qu’il en est tôt, puis une seconde, puis le week-end… Bref, voilà : l’application de tracking d’épisodes que j’utilise depuis plus de dix ans ferme dans moins de dix jours.

Le 15 juillet, TV time fermera ses portes et supprimera nos comptes, nos données, possiblement nos commentaires aussi. C’est une sacrée perte dans ma mémoire interne, hein. Je peux relativiser : je tiens le blog depuis dix ans, donc je ne perds pas toutes les traces de mes visionnages. C’est déjà ça. Depuis l’annonce, j’ai tout de même exporté mes données (il existe des extensions Google Chrome pour ça), testé plusieurs alternatives, rouvert des statistiques que je ne regardais plus depuis longtemps et relancé TV Time plus souvent qu’au cours des derniers mois, histoire de me rendre compte de tout ce qui allait me manquer.

Évidemment, l’application en profite pour buguer encore plus que d’habitude, parce que je ne suis pas le seul à ne pas y croire. Ce serait dommage de partir sans nous rappeler pourquoi on râlait déjà contre elle. Parce que oui, il faut quand même être honnête : TV Time n’était plus vraiment dans sa meilleure forme. L’application ramait, plantait, affichait parfois les choses quand elle voulait bien et donnait régulièrement l’impression de tenir debout uniquement parce qu’on était tous trop attachés à nos historiques pour partir ailleurs. C’est peut-être ce qui rend l’annonce encore plus frustrante : ça fait plus de dix ans qu’on supporte les bugs, respectez-nous un peu et laissez-nous plus de quinze jours ?

Quand je pense qu’à l’origine, c’était une petite application française ! Quand je pense que j’ai suivi leur compte snap pendant longtemps… Quand je pense que leur rachat et le passage sur les serveurs USA m’avait soulé ! Eh, c’est toute une page de ma vie de sériephile qui se tourne, en fait. Des années que j’aurais dû quitter cette appli qui favorisait (depuis le rachat) ios et laissait à l’abandon sa version Android, en vrai.

Voir aussi : Mon organisation pour gérer le blog en cette rentrée (aka quand j’ai parlé de TVtime en 2017)

L’explication officielle sur cette fermeture tient en peu de mots : TV Time n’était plus viable gratuitement, et il n’y avait pas assez de demande pour une version payante. J’entends, mais je trouve l’argument un peu facile. Si l’on demande vaguement à des utilisateurs d’une application gratuite s’ils sont prêts à payer, surtout quand l’application bugue déjà régulièrement, il ne faut pas s’attendre à un immense élan populaire. Bien sûr que sans précision, on a tous voté « non, je ne veux pas payer ». J’avais même oublié qu’ils avaient fait ce sondage il y a plusieurs mois. Je peux adorer TV Time et ne pas avoir envie de payer pour une application qui met trois plombes à charger. Il y a aussi « payer » et « payer », quoi : quand je vois le nombre de gens qui sont impactés (certaines autres applis ont donné le chiffre de nouveaux inscrits et c’est… effarant), je me dis qu’un euro par an aurait peut-être été suffisant, quoi.

Cela dit, comme d’autres, je cherche tout ce que je peux sur le sujet. Et plus je lis les explications qui circulent, moins j’ai l’impression qu’un abonnement aurait miraculeusement sauvé la situation. Sur Reddit, le créateur de TheTVDB, qui a aussi travaillé comme lead engineer chez TV Time, explique que le problème ne se résume pas à ajouter un bouton “payer 2,99 € par mois” dans un coin de l’application. Il faut apparemment en cas d’abonnement une équipe, du support, des serveurs, des corrections de bugs, une base technique capable de suivre et probablement beaucoup d’argent. Franchement ? Je ne trouve pas ça satisfaisant, parce que c’est déjà ce qu’ils devraient avoir vu le nombre d’utilisateurs. Je suis très heureux qu’ils n’utilisent pas de pub, mais bon, un appel aux dons comme Wikipedia et ça aurait été plié. On serait en train de faire la fête, là.

Et c’est là que ça devient pénible, parce que je peux très bien comprendre la logique économique tout en étant agacé : maintenant, l’appli n’est plus viable et ne le serait pas même avec énormément d’argent, faute d’anticipation, quoi. L’application fait partie de mes habitudes depuis tellement longtemps que je n’arrive même plus à dater précisément son arrivée dans ma vie. Ils auraient pu prévoir le coup. Et le coût. J’avoue avoir espéré que tout ça ne soit qu’un coup de com (vous vous souvenez de Sense8 et l’annulation d’un mois par Netflix là ?).

Est-ce que j’ai vraiment le droit de m’offusquer de leur manque d’anticipation ? En 2018, je découvrais avec horreur qu’il me restait 20 jours et 11 heures de séries à voir non-stop, rien qu’avec les séries commencées. Je trouvais ça énorme. Ai-je anticipé et arrêté les nouvelles séries pour autant ? J’en suis aujourd’hui à 112 jours de séries à voir… Je ne suis pas mieux qu’eux. Aujourd’hui, mes statistiques TV Time me disent que j’ai passé 22 mois et 10 heures devant des épisodes. À côté, trois mois et demi, ce n’est pas grand-chose, mais bon. L’application compte aussi 20 961 épisodes vus sur 448 séries ajoutées contre 4 583 épisodes restants de 110 séries commencées. Une date de rattrapage estimée au 28 septembre 2057. Allez, qu’est-ce que trente ans dans une vie ?

Ce genre de statistiques est totalement inutile, donc évidemment j’adore. C’est précisément ce que TV Time faisait mieux que beaucoup d’autres applications : sa partie « Statistiques » ! Et puis, après chaque épisode, l’application proposait de voter pour un personnage, et je le faisais presque toujours. Le plus frustrant, c’est que je ne retrouve pas ça ailleurs. Les autres applications savent plus ou moins suivre les épisodes, importer une liste, afficher un calendrier, proposer des notes, organiser les séries vues et à voir. Très bien. C’est la base.

Bien sûr, les tops TVtime étaient évidemment biaisés : une série avec dix saisons ou avec peu de personnages vraiment importants avait beaucoup plus de chances de se retrouver mise en avant qu’une mini-série vue en une soirée. Cela ne m’a pas empêché d’en faire des articles régulièrement entre 2018 et 2022 :

C’est bien beau d’être nostalgique, mais en attendant, TVtime ferme. J’ai donc testé d’autres applications. Rassurez-vous, je ne vais pas transformer cet article en comparatif détaillé, parce que ce serait aussi passionnant qu’un tableau Excel sur mes épisodes en retard (peut-être moins, même), mais disons que rien ne m’a paru évident.

Aucune ne peut arriver et remplacer instantanément des années d’habitudes. Forcément, je compare tout à TV Time, et si je l’avais choisie à l’origine, c’est parce qu’elle était la meilleure. L’interface, les imports, les calendriers, les listes, les statistiques, les petits détails dont je ne me souvenais même pas avant de constater qu’ils manquaient ailleurs. C’est un peu comme chercher un nouvel appartement en expliquant à chaque visite que mon actuel est mieux parce que traversant, avec une cuisine non intégrée au salon ou des toilettes séparées. Très utile, mais aussi très pénible, parce qu’impossible à satisfaire tellement tout ça semble passé de mode du côté des constructions.

Bon, là, le problème n’est pas la mode, mais la conclusion est la même : je ne trouve pas ce que je cherche. Pour l’instant, Bingeboxd est l’application qui me semble la plus proche et probablement celle que je vais garder. Elle n’est pas parfaite et pas capable de remplacer d’un coup tout ce que TV Time représentait, mais elle reste suffisamment convaincante pour que j’y tente le déménagement. J’aime bien son esthétique, son catalogue séries/film et l’existence de ses « diaries » qui me font penser à mon blog, finalement. Si j’avais eu cette appli à l’époque, aurais-je ouvert mon blog même ? On ne va pas refaire l’histoire. En attendant, et si l’anglais ne vous fait peur (ouais, pardon, c’est qu’en anglais), vous pouvez me retrouver sur cette application : je suis inscrit avec le pseudo @shipou et j’ai pu y charger mon historique TV Time. Mieux que rien, donc. Même si vous ne savez pas encore où aller, je vous conseille au minimum d’exporter vos données vous aussi.

Et ensuite, pensez à repasser sur le blog, parce que si TV Time ferme le 15 juillet, moi, je vais vous refaire un dernier tour dans mes stats dans quelques jours. Parce que 22 mois de séries et 20 961 épisodes vus, ça mérite au moins un dernier article avant de disparaître.

Encore un article sur la canicule ?!

Salut les sériephiles,

Vous aurez remarqué que j’ai recommencé à voir quelques épisodes cette semaine et à publier des critiques sur le blog, que ce soit pour le retour de Zodiaque ou un petit bingewatching bienvenu de Maximum Pleasure Guaranteed. Ce n’est pas une aussi bonne nouvelle que ça, parce que malheureusement, on le doit uniquement à la canicule qui a fait qu’une énorme partie de mon emploi du temps est tombé à l’eau. Enfin, ce n’est pas la meilleure expression, je devrais plutôt dire que ça s’est… Je ne sais pas ? Évaporé au soleil.

Au moment où j’écris ces lignes, il fait officiellement plus de 40 degrés sur la région parisienne. Hier dans un article, le Washington Post a même publié une carte assez lunaire intitulée Places hotter than France on Tuesday. Spoiler : il ne restait plus grand-monde. Moins de 1% de la planète devait être plus chaud que les endroits les plus chauds de France, avec principalement des bouts du Sahara, du Moyen-Orient et du désert américain. Voilà.

C’est historique, incroyable, terrifiant. Il y a vingt ans, on nous prédisait ce scénario pour 2050 et la plupart des réactions étaient alors de ne pas y croire et de trouver la blague amusante.

Cela n’a finalement rien d’amusant, parce qu’avec ces températures et les photos d’intérieur de voitures où il fait plus de 50°C qui se multiplient, ben… C’est bien la réalité quoi. Après une nuit caniculaire où j’ai peu dormi, j’ai passé ma journée dans le noir, entre deux ventilos, avec la petite pointe de culpabilité de savoir que parfois je lançais la clim et faisais partie du problème. M’enfin, à même pas 1%, pas vrai ?

Ce qui est fou, c’est surtout que ces épisodes de canicule se multiplient vraiment – et moi, j’ai déjà écrit tout ce que j’avais à en dire. L’angle séries et canicule est assez limité, en vrai, et on finit par en trouver moins dans les séries que dans la vraie vie. Je veux dire… En 2020, j’en parlais sur le blog avec encore cette vue un peu naïve de « la canicule est un phénomène rare » : c’était l’époque où j’écrivais sur les clichés à la télé (une série d’articles qu’il faudrait que je recommence à faire, j’aimais bien).

En 2022, j’ai remis ça avec un angle bien plus pratico-pratique : comment survivre ? Rien de révolutionnaire, mais c’était ma petite pierre à l’édifice, on va dire. En 2026, bon… J’ai déjà cité la majorité des séries qui proposaient des épisodes de canicule sur le blog, quoi. Certes, depuis, Grey’s Anatomy a remis le couvert dans un double épisode pas si marquant (la critique est par ici), mais dans l’ensemble tout a déjà été dit.

Est-ce qu’on bascule dans une dystopie ? J’en ai l’impression, parfois. Marcher dans la rue alors qu’il fait 40°C ou vivre dans un appartement qui flirte de plus en plus avec les 32°C (eh, de quoi je me plains ? La température est tombée à 29 ce matin avec les fenêtres ouvertes toute la nuit), ça me donne l’impression d’être dans la série 3%. Le portugais en moins et, bien sûr, sans être dans les fameux 3% de plus chanceux (mais je suis loin des plus malheureux encore). Ou alors, c’est Praimfaya dans The 100. Je ne sais pas trop.

Une chose est sûre, par contre, je ne peux plus m’encadrer les climatosceptiques qui essaient encore l’argument du « on vivait déjà ça y a cinquante ans » ou « le réchauffement climatique n’existe pas ». J’ai du mal aussi (beaucoup, beaucoup de mal) avec l’inaction politique et l’absence de décision courageuse pour faire face à ce qui devient de plus en plus fréquent. Enfin, il faut bien le dire, mais la culpabilisation de l’utilisation de la clim… Eh, personne ne nous culpabilise sur le chauffage quand il fait moins cinq degrés dehors, non ? Il me semble que dépasser les 36°C, c’est l’équivalent. Bref.

Je me rends compte que j’écris tout ça, mais que je n’ai pas vraiment de conclusion. Enfin, si, je peux bien vous en faire une pour me faire de la pub après tout. Après plusieurs jours de canicule, il y a généralement un moment où tout le monde attend la même chose : l’orage. Celui qui promet de faire baisser la température, de nettoyer l’air, de rendre les nuits un peu plus supportables et de nous donner enfin la fraîcheur que l’on attend.

Je ne dis pas que je veux ça comme météo, je dis qu’un peu de pluie serait la bienvenue.

Pour cette canicule, malheureusement, les modèles ne sont pas très optimistes dans ma région. Rien n’est vraiment annoncé dans les jours à venir. Ailleurs, on parle parfois d’orages très violents, ce qui est tout de suite moins réjouissant. Comme quoi, même quand on attend une tempête, il faut se méfier de ce qu’on demande.

Et c’est ma transition toute trouvée pour la conclusion : l’épisode 2 de Sauveurs de rêves s’appelle justement Tempête. Il ne fera pas baisser la température de votre appartement, et j’espère sincèrement qu’il ne vous donnera pas envie de vivre un vrai orage comme celui que j’y décris, parce que j’écris quand même une série où les cauchemars peuvent être mortels. Au sens propre.

Autant vous dire que là tout de suite, je suis à ça d’écrire un épisode avec une canicule cauchemardesque. Ce ne sera toutefois pas le sujet de l’épisode 3 – qui s’intitule « Le Lobby » et sera disponible dès dimanche sur Amazon, si ça vous tente. Si ça ne vous tente pas, je peux vous dire qu’il permettra d’intégrer davantage de personnages et lieux, histoire de vraiment pouvoir avancer dans ce que je veux raconter ensuite !

Allez, prenez soin de vous, hydratez-vous, regardez plein de séries (ou la saison 14 de Secret Story commencée hier soir !) et… courage.

Euphoria va-t-elle (vraiment) trop loin ?

Salut les sériephiles,

Attention spoilers jusqu’au 3×05 d’Euphoria (dont la critique est ici d’ailleurs),

C’est la question qui semble brûler pas mal de lèvres depuis quelques semaines et peut-être encore plus depuis lundi dernier. En vrai, depuis le retour d’Euphoria pour sa saison 3, j’ai l’impression qu’on redécouvre chaque semaine que la série n’a jamais été exactement One Tree Hill…

Je vois passer plein de tweets qui insistent pour dire que la série est en roue libre et sincèrement, je ne comprends pas pourquoi certains ont l’air de croire qu’HBO vient d’inventer les scènes de sexe ou d’ajouter la drogue pour la première fois dans la série. Putain, l’épisode 2 commence par de longues minutes sur Nate avec plein de full frontal de penis de personnages dans les vestiaires d’un lycée. Techniquement, ces acteurs jouent des mineurs. N’est-ce pas mille fois plus choquant que les prothèses mammaires représentant les seins de Sydney Sweeney en gros plan de lundi dernier (je suis sûr et certain que ce ne sont pas ses seins, franchement) ?

Je ne sais pas, on parle tout de même d’une série qui, dès sa première saison, nous vendait tranquillement des lycéens impliqués dans des histoires de trafic de drogue et de porno. Ce n’était pas caché dans les petites lignes du contrat, quoi.

Et le plus étrange, dans tout ça, c’est donc que je ne trouve pas du tous que cette saison 3 aille plus loin que les précédentes. Je trouve même que c’est plutôt l’inverse en fait. Elle va moins loin, mais elle le fait peut-être plus bêtement et gratuitement, alors ça se voit davantage.

La saison 1 me mettait bien plus mal à l’aise, parce qu’elle donnait vraiment l’impression de regarder des ados partir en vrille sans rien pour les arrêter ou les retenir. Rue était drôle, parfois, évidemment, parce que la voix off de Zendaya faisait beaucoup pour rendre le tout digeste, mais elle était surtout en permanence en train de se détruire. Et Nate, Cassie, Jules ou Maddy n’étaient pas exactement là pour ramener de la bonne humeur.

Quand on me dit qu’Euphoria va trop loin, je pense notamment à l’épisode 5 de la saison 1, que j’avais déjà trouvé violent à l’époque, avec cette scène où Maddy est déshabillée de force par la police après la plainte de sa famille. C’était glauque, c’était dur, et ce n’était pas juste là pour que les gens hurlent sur Twitter pendant douze heures. La scène racontait quelque chose de Nate, de Maddy, de leur relation, de la manière dont il la manipule jusque dans un moment où elle est déjà humiliée. Je pense à Jules qui couche avec le père de Nate, je pense à Nate qui tabasse gratuitement un homosexuel. Putain, oui, Euphoria allait trop loin. Évidemment.

Seulement, si la série allait loin, elle savait à peu près pourquoi elle y allait et c’est clairement ce qu’il manque à cette saison 3 où j’ai beaucoup plus souvent l’impression qu’Euphoria se regarde être Euphoria.

Les scénaristes savent qu’on attend la scène de la semaine, le moment WTF, le truc qui va faire dire “non mais là, Sam Levinson a vraiment abusé”. Dans l’épisode de lundi dernier, ce serait la scène où Nate se fait (encore) couper le doigt de pied par exemple. Ça sort de nulle part (ou presque), ça n’apporte rien de nouveau, c’est répétitif et… Du coup, la série donne l’impression de forcer.

Bien sûr, ce n’est pas tout le temps le cas, heureusement, et il reste encore de très bonnes scènes, mais c’est assez souvent pour que le malaise change de nature. Avant, j’étais mal à l’aise pour les personnages, j’étais mal à l’aise parce qu’il y avait le côté plaisir coupable très exacerbé, l’envie d’en voir certains souffrir et l’espoir que d’autres s’en sortent.

Maintenant, je suis parfois mal à l’aise parce que je vois trop bien la main du scénariste en train de me dire : “Regarde comme c’est malsain, regarde comme c’est pas bien, regarde comme c’est violent.”… Sauf qu’il n’y a pas d’intention autre que celle de (tenter de) choquer. Et non, ce n’est pas toujours réussi.

Toute l’intrigue autour de Cassie résume assez bien le problème. Sur le papier, il y a quelque chose à raconter : son rapport au regard des autres, sa manière de chercher encore et toujours à exister par le désir qu’elle provoque, le piège d’Internet qui transforme tout en contenu, même l’humiliation. Surtout l’humiliation, en fait.

Et franchement, ça pourrait fonctionner, surtout avec Cassie. Le personnage a toujours été écrit autour de ce besoin d’être aimée à n’importe quel prix et c’est pour ça qu’on l’aime (ou qu’on la déteste je suppose). Sauf qu’à force, la série finit par donner l’impression de faire exactement ce qu’elle prétend dénoncer. On ne sait plus très bien si elle critique le voyeurisme ou si elle a juste trouvé une nouvelle excuse pour le prolonger. Bref, ça ne choque pas plus qu’avant, ça choque moins bien.

Cela dit, s’il y a autant de réactions et qu’on lit partout que la série va trop loin, c’est peut-être aussi parce qu’Internet n’est plus le même qu’en 2019. Du côté des États-Unis, on est devenu beaucoup plus puritain dans la manière de commenter les œuvres – et dans la manière de les produire. Le poids de la présidence de Trump se sent, désolé. Pas désolé, en fait. Énervé, plutôt.

Vraiment, quand je lis que la scène de Cassie choque, je ne comprends pas. C’est tellement moins choquant que bien d’autres moments de la série (ou que la dernière scène de Jules dans cet épisode, d’ailleurs, la violence psychologique y étaient particulièrement dure). Désolé, mais si ça, c’est choquant alors je ne vois pas comment on peut attendre une saison 4 derrière.

C’est épuisant ces réactions, surtout pour une série qui a toujours fonctionné sur des personnages incapables de prendre une bonne décision plus de cinq minutes. En plus, ça détourne complètement le débat du vrai problème en ce qui me concerne.

Non, parce que je comprends qu’on trouve cette saison gratuite, entre Cassie transformée en phénomène de foire, Nate qui n’est que l’ombre de l’horrible salopard qu’il était et Rue coincée dans une intrigue qui vire au thriller sordide et particulièrement inintéressant. Là encore, sur le papier, pourquoi pas. Euphoria n’a jamais été une série réaliste, mais… Il y a une différence entre styliser l’adolescence jusqu’au cauchemar et empiler des idées folles en espérant que le tout ressemble encore à quelque chose.

C’est là que je trouve la série beaucoup moins pertinente qu’avant. La saison 1 ne représentait pas les adolescents de manière réaliste, évidemment. Personne n’a jamais pensé que tous les lycéens vivaient dans des néons violets en expliquant leurs traumas comme s’ils avaient déjà lu trois mémoires de psychologie. Enfin, j’espère que personne n’a pris ça pour argent comptant sinon je vais pleurer.

Cependant, la série captait quelque chose de l’adolescence dans ce qu’elle a de plus excessif : les émotions trop grandes, les humiliations qui prennent toute la place, les désirs qui détruisent, la solitude, le besoin d’être vu, aimé, choisi. C’était extrême, mais l’extrême avait une logique, il y avait un message pertinent et des choix de réal absolument incroyables pour soutenir tout ça.

La saison 3, elle, parle de jeunes adultes avec les vieux réflexes qu’elle avait d’aller dans l’extrême. Ça ne marche plus. Ce qui pouvait passer comme une vision volontairement amplifiée de l’adolescence devient maintenant une caricature absolument pas crédible de jeunes adultes coincés dans des intrigues faites pour choquer. Ce n’est pas que personne ne vit comme ça — encore une fois, personne ne vivait comme en saison 1 non plus — c’est que la série paraît moins sûre de ce qu’elle veut raconter derrière ses excès.

Et pourtant, je continue à regarder. Évidemment que je continue à regarder. Déjà parce que je suis faible et que le casting est incroyable. Ensuite, parce que j’ai commencé et j’ai envie d’aller au bout, probablement un peu aussi par voyeurisme. Même quand elle m’agace, même quand je trouve qu’elle force, même quand elle donne l’impression de vouloir devenir le sujet tendance du lundi matin, cette série reste plus originale et unique que beaucoup d’autres oubliées aussitôt vues. Il y a encore des scènes, des images, des moments avec Rue ou Cassie qui rappellent pourquoi la série avait autant marqué au départ (rien que le début de la saison, c’était du jamais vu et j’aime ça).

Enfin, il faut bien que j’assume que je dois être naïf, mais j’ai encore espoir que cette saison 3 se réveille et révèle où elle veut en venir. Peut-être que tout n’est pas gratuit… Mais probablement que si, parce que la saison 2 était déjà moins efficace que la une à plein d’égards.

Alors pour répondre au titre de mon article, non, je ne crois pas qu’Euphoria aille trop loin. Elle est même probablement moins dérangeante qu’avant. Le vrai problème, c’est qu’elle donne plus souvent l’impression d’aller loin pour qu’on remarque qu’elle y va. Et forcément, ça marche moins bien quand c’est fait aussi grossièrement et que ça n’amène aucune réflexion.

Je garde les doigts croisés pour la fin de saison, parce que moi, j’ai encore tous mes doigts, pas comme Nate.

Que révèle le trailer du revival de Malcolm ? (2026)

Salut les sériephiles,

Je ne m’attendais pas à publier un article aujourd’hui, mais je ne pensais pas non plus commencer ma journée comme elle a commencé. En effet, cette nuit, on nous a diffusé la bande-annonce du revival de Malcolm. Difficile de ne pas déjà décortiquer ce revival entre nostalgie, chaos familial et promesses de rire : alors, le retour de Malcolm in the Middle en 2026 est-il une bonne idée ?

Tout ce qu’on sait déjà sur le retour de Malcolm

Le projet a déjà fait beaucoup (beaucoup) parler de lui : on nous a annoncé un retour en grande pompe alors qu’il ne s’agit finalement que d’une mini-série en quatre épisodes. Encore. C’est vraiment le grand kiff de Disney +/Hulu de faire ça. Cela dit, ça, on peut s’y faire.

En revanche, si une bonne partie du casting original revient – Frankie Muniz (Malcolm), Bryan Cranston (Hal), Jane Kaczmarek (Lois), Justin Berfield (Reese), Christopher Masterson (Francis) – Dewey est recasté (Caleb Ellsworth-Clark remplace Erik Per Sullivan). C’est franchement un problème énorme, parce que c’est l’un des personnages les plus appréciés – en tout cas, c’est le mien et c’est une source dingue de memes…

Bon, je fais avec l’idée et je me dis que ça ne devrait pas m’empêcher de regarder les quatre épisodes. C’est tellement rien quatre épisodes. Tellement rien, d’ailleurs, qu’on est en droit de se demander ce que ça va raconter. Pas besoin d’aller chercher bien loin quand on est sur une série familiale : Malcolm, devenu papa, revient chez ses parents pour leur 40e anniversaire de mariage. C’est tout. Comment ça, ils ont tenu 40 ans de crises de nerfs avec des gosses aussi atroces ?

La question que tout le monde se pose : quand sera diffusée cette nouvelle saison de Malcom ?

Rendez-vous le 10 avril 2026 sur Disney + ! Et en attendant, on a déjà la bande-annonce :

Et alors, qu’est-ce que j’en pense de tout ça ?

Ce qui me frappe surtout, c’est que la bande-annonce n’essaie pas de moderniser Malcolm à tout prix, j’ai vraiment l’impression de regarder un extrait d’un épisode random de la série. C’est tourné de la même manière, on a ce même sentiment de chaos, on reconnaît immédiatement les personnages.

Le truc, c’est que ça semble violent pour Malcolm. La série raconte l’histoire d’un génie coincé dans une famille trop bruyante, trop pauvre, trop chaotique pour lui laisser l’espace de briller comme il le devrait. On nous répétait que Malcolm irait loin, qu’il serait la preuve que l’intelligence finit toujours par payer. Et là, ce revival débarque avec un titre qui claque comme une vérité qu’on n’a jamais vraiment voulu regarder en face et qui semble nous dire que Malcolm sera toujours ramené à son passé quand il est en famille : Life’s Still Unfair. La vie est toujours injuste.

Malcolm, c’est une série que j’ai beaucoup aimée, mais que je n’ai jamais idéalisée. Je ne l’ai jamais rangée dans la catégorie “intouchable”, ni dans celle des séries dont je vous parle toutes les semaines (cc Buffy). C’est une série que j’ai regardée pendant des années au hasard de la diffusion en boucle sur M6, qui m’a accompagné longtemps et qui m’a surtout marqué par son ton décalé, les monologues de Malcolm et les idées complètement perchées des frères. C’est exactement sur cette nostalgie que le trailer semble jouer !

Bon, par contre, j’avoue, si quand j’ai voulu la regarder sérieusement, je l’ai vue en VO et que je verrai ces quatre épisodes en VO, Malcolm est aussi marquée en ce qui me concerne par sa VF. Et ça fait mal de se dire que les doubleurs des deux parents sont décédés aujourd’hui alors qu’ils faisaient un travail vraiment phénoménal. J’imagine que ça aussi, c’est la vie.

Malcolm n’a jamais été une série doudou où tout est bien qui finit bien. Elle était souvent cruelle, parfois répétitive, parfois géniale, parfois juste très bruyante. Et ce trailer donne l’impression qu’elle ne cherche pas à se racheter une image plus douce ou plus “prestige” : on la retrouve exactement comment elle était, avec ce côté brouillon en fait tout à fait maîtrisé.

Ce que j’espère, c’est que la série ait encore quelque chose à dire sur le fait de grandir sans s’éterniser sur des clins d’œil dont j’ai tout oublié, de transmettre, de rater des choses, de ne jamais vraiment devenir l’adulte qu’on imaginait être. Parce que c’était déjà ça, Malcolm, au fond, et que c’est comme ça que ce retour pourrait être réussi : Malcolm continue de survivre émotionnellement au milieu d’une famille complètement bancale, loufoque, absurde. Les dernières saisons tournaient un peu en rond et étaient moins pertinentes, moins drôle…

Seulement, pour l’instant, ce court trailer me donne plutôt bien envie de voir ce revival : c’est un pari réussi… Bref, vivement avril !