Le Crève-coeur : une autofiction pour mieux comprendre le coronavirus ?

Salut les sériephiles – et les lecteurs,

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ma dernière lecture, que je viens tout juste de terminer, au détour d’un après-midi de vacances. Il s’agit d’un livre intitulé Le Crève-cœur, paru le mois dernier aux éditions Michel Lafon. Le livre est écrit par Maxence Fermine, qui n’en est pas à son premier roman… mais qui livre ici un étrange roman, entre fiction et réalité – entre poésie et fiction comme le souligne sa biographie en couverture, puisqu’il nous propose le témoignage d’un homme atteint de la maladie du Crève-cœur, une pandémie qui le touche un matin de mars 2020…

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Difficile de ne pas voir où Maxence Fermine veut en venir, mais ce qui m’a vraiment intéressé ici, c’est que l’auteur a lui-même contracté le covid en mars. Bref, ce livre est son témoignage, mais sous le couvert de la fiction, qui permet de rendre plus poétique certaines choses, d’en taire d’autres, d’apporter son point de vue… J’ai toujours aimé l’autofiction, alors quand j’ai découvert en janvier ce livre, j’ai tout de suite demandé à le recevoir – et je remercie beaucoup les éditions Michel Lafon qui ont accepté de me l’envoyer pour que je vous le présente.

Je ne regrette ni ma demande, ni ma lecture : le livre était vraiment intéressant, surtout pour moi qui trouve important de voir/lire des histoires sur la pandémie actuelle. Le coronavirus n’y est jamais nommé, remplacé par ce « Crève-cœur » une maladie provoquée par des abeilles entrant dans un hôte devenant une victime dans le corps de laquelle un essaim de guêpes peut habiter… jusqu’à ce que l’une d’entre elles finisse parfois par lui crever le cœur et le tuer.

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L’image est quelque peu étonnante, mais voilà donc ce que semble ressentir l’auteur qui a été atteint, même s’il le nuance dans un passage du roman, précisant que ce n’est pas que ça. Et c’est probablement la partie la plus intéressante du roman : non, le coronavirus, ce ne sont pas que quelques symptômes, ça a un impact bien plus grand. Sans spoiler, le roman commence en mars 2020, mais Maxence Fermine nous décrit des symptômes qui durent pendant plusieurs mois.

Quand on n’est pas touché par la maladie, on a tendance à oublier l’après ; j’ai de mon côté été épargné par le coronavirus – ou j’en ai eu une forme asymptomatique, probablement, je ne le saurai jamais – mais j’ai trouvé que le roman commençait à nous faire imaginer l’enfer que les formes les plus graves représentaient. Le témoignage est prenant, précisément parce qu’il y est question de hauts et de bas, de rechutes, d’évolution des symptômes et de la maladie…

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Bien sûr, difficile de survivre à 2020 et de la romancer sans apporter aussi son point de vue. Loin de se contenter d’une fiction décrochée de la réalité, Maxence Fermine propose son analyse politique au travers de quelques phrases ou de chapitres. Tous les chapitres sont brefs, ce qui fait que le livre se lit assez facilement et rapidement, et tous ont pour titre le nom d’une œuvre.

Ce dernier point est important : au-delà du témoignage, ce roman est un hommage à la littérature qui, peut-être, le rend difficile d’accès par moments. De nombreuses références parsèment tout le roman, et pas que le titre du chapitre puisqu’on y trouve des citations insérées dans le récit, soit de manière explicite avec une référence claire, soit de manière implicite. Le livre devient ainsi un véritable palimpseste, ce qui était sacrément plaisant en ce qui me concerne – mais je suis professeur de français, aussi.

Les frontières entre la réalité et la fiction sont bien souvent floues, et il est compliqué de démêler le vrai du faux, surtout quand on ne connaît pas l’auteur personnellement. Il y a des pistes vraiment prenantes, cela dit, à commencer par l’onomastique qui joue parfois avec le lecteur (le docteur Placebo, vraiment ?) ou par la profession du personnage principal : auteur.

Tout ne m’a pas forcément plu pour autant dans le roman, avec des passages partant un tout petit peu trop loin dans la métaphore – à mon goût, en tout cas. J’ai même eu un moment où je me suis demandé si j’allais vraiment accrocher ; mais finalement, la curiosité a fonctionné sur moi. Je ne suis pas tout à fait fan du personnage principal qui nous raconte tout son calvaire, d’ailleurs, et certains traits de son caractère semblent forcés… mais il est en plein calvaire, alors pourquoi pas ?C’est une étrange relation qui se noue entre le lecteur, le personnage et, peut-être, l’auteur. De mon côté, je me suis rendu compte que je m’attachais malgré tout à la compagne du personnage principal, qui l’aide aussi dans ce calvaire puisqu’elle est infirmière.

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Difficile enfin de terminer un roman sur une pandémie encore en cours, mais le choix qui est fait ici est à la fois logique et efficace. Je m’attendais à certains passages de cette fin de roman, certes, ce qui ne les rend pas pour autant moins marquant ou prenant. Finalement, je ne peux donc que vous recommander de lire ce Crève-cœur: il nous ouvre les yeux sur la réalité de cette maladie, il nous permet malgré tout de nous évader de la réalité par la littérature. Bref, une autofiction réussie, que je suis content d’ajouter à ma bibliothèque.

Le livre est paru en janvier 2021 au prix de 16€95 en France.

On en était où en saison 2 de The Rookie ?

Salut les sériephiles,

Avant de lancer les saisons 2 de God Friended me & The Rookie… – Just One More Episode

Je n’ai peut-être pas trop le temps pour les séries cette semaine, mais ça ne m’empêche pas de me consacrer malgré tout au blog – et c’est d’ailleurs une des raisons à ce manque de temps, parce que l’air de rien, les changements d’année, ça provoque du travail sur le blog. Vous n’êtes pas là pour lire ça de toute manière : si vous avez cliqué sur cet article, c’est parce que vous vous doutez bien qu’un article résumant la saison 2 de The Rookie, ça veut dire un retour prochain de la série. Et en effet, la saison 3 sera lancé dans la nuit de demain aux États-Unis, ce qui fait que l’on aura le nouvel épisode inédit lundi…

Pour ne pas décaler mon article stats de lundi, sachant qu’il va comme tous les ans y avoir un peu de décalage sur le blog en ce début de mois, je me suis donc décidé à résumer ça dès aujourd’hui. Alors, on en était où dans cette série ? J’ai l’avantage de l’avoir finie en décalée, elle est donc encore un peu fraîche dans mon esprit cette fin de saison ; surtout que c’est une des rares séries de network à avoir pu avoir sa vraie fin sans être impactée par le confinement. Il n’empêche qu’après quelques mois, on a tous l’impression d’avoir oublié des détails, non ?

The Rookie – Saison 2 – Blog livres et séries

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Le cliffhanger voyait donc Nolan être dans de beaux draps : Nick Armstrong, une taupe bien planquée chez les flics, lui a fait croire qu’il était prêt à négocier avec lui pour se faire arrêter par ce bleu. Ben voyons. Evidemment, ce n’était qu’un stratagème pour finalement le faire accuser : il a planqué les preuves de ses méfaits chez les flics, avant de lui donner rendez-vous. Je veux dire, il est joué par Harold Perrineau, évidemment que c’est un personnage vicelard et traître, y a des acteurs à qui on colle des rôles à vie. Oh, ce n’est pas tout à fait sa faute, ce pauvre Nick : on comprend bien que certes il bosse pour Serge et Ruben (des frères trafiquants de drogue), mais qu’il n’avait pas pour autant l’intention de tuer Erin, une bleue dont on n’avait jamais vraiment entendu parler mais qui était très pote avec West (comme par hasard). Il l’a fait uniquement parce qu’il s’est rendu compte qu’elle s’apprêtait à le balancer lui… À deux doigts d’avoir de la peine pour lui dis donc (non).

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Quand il entend Nick lui avouer son plan qui consiste à lui faire porter le chapeau, John rentre donc chez lui en toute hâte pour détruire tous les murs qu’il a passé la saison à construire, ce qui lui permet de trouver les preuves (plus que nombreuses)… Au moment où ses collègues arrivent pour l’arrêter. Ca va être une reprise de saison sympathique de voir Nolan tenter de s’expliquer, mais je doute que ça dure plus de deux épisodes, surtout que Nyla était au courant de ses doutes et avait eu l’occasion de constater que Nick était louche. Puis, il y a tellement de dossiers dans ses murs… Genre un bleu a l’accès à autant de preuves ? Genre il a pu trafiquer les enregistrements de caméra alors qu’il était tout le temps avec Nyla ou Gray ? MOUAIS.

Ça, c’est pour la partie dont on doit tous se souvenir, je pense. Cependant, si la série est une série procédurale, elle fait également évoluer ses personnages, et il va y avoir des choses à surveiller, à commencer par Nyla qui vient d’obtenir la garde partagée de sa fille (j’espère avoir droit à plus d’Enver Gjokaj dans le rôle de son ex, du coup !) ou Angela et Wesley qui ont décidé de se marier. Angela a aussi passé son examen pour devenir enquêtrice d’ailleurs, alors je croise les doigts pour elle. Elle a déjà la confiance de Gray, c’est pas si mal !

The Rookie – Saison 2 – Blog livres et sériesCôté vie amoureuse, c’est un peu le chaos pour les autres : West est négligé par les scénaristes dans sa relation avec Sterling, une star hollywoodienne dont la notoriété pose problème à notre bleu dans son boulot ; Tim vient de rater le départ de Rachel pour New-York parce qu’il a préféré bosser qu’aller à leur rencard (où il avait l’intention de la plaquer pour ne pas tester la relation à distance) et Lucy couche avec un pompier, Emmett, dont on ne sait pas encore grand-chose. Je ne sais pas pourquoi, je ne le sens pas trop, ça va forcément poser des problèmes au cours d’une intervention, ça, surtout qu’elle ne veut pas que ça se sache au travail (elle vit littéralement avec un collègue ?). Je veux dire, dans l’avant-dernier épisode de la série, le pompier intervenait déjà lorsque Lucy se faisait engueuler par Tim sur une scène de fusillade, alors…

On verra bien ! Cette saison 3 promet de ne pas s’attarder sur cette intrigue, parce qu’il y a beaucoup à faire : j’imagine que la pandémie mondiale sera abordée, sans certitude toutefois. Ça m’embête qu’il le fasse uniquement parce que ça risque de nous ramener sur le devant de la scène un personnage que je déteste, celui de Grace. En fin de saison, elle demandait à John de prendre ses distances pour faire le point sur sa vie sentimentale… tout en le collant pour fournir des pizzas au commissariat ensuite. Je ne la supporte plus, alors que j’adore l’actrice, un comble.

always — John and Grace

En tout cas, je les vois mal éviter le sujet du coronavirus, surtout que le tournage a été un peu périlleux… Il a en effet continué malgré cinq membres de l’équipe ayant été positifs au covid19 – mais il est désormais suspendu pour au moins deux semaines, comme tous les tournages se déroulant à Los Angeles, sur des décisions des autorités tentant d’enrayer l’épidémie. Deux semaines, c’est un minimum (on sait quand ça commence, jamais avec certitude quand ça se termine), et ça représente deux épisodes tout de même, ou en tout cas un peu plus qu’un épisode malgré les nouvelles mesures prises pour le tournage en ces temps d’épidémie. Bon, pour en revenir à l’intrigue de la série en elle-même, toutefois, les premières images de la saison sont sans masque… Mais à voir s’ils ne l’intégreront pas après quelques épisodes, comme d’autres ont fait. Ça leur simplifierait la vie, quand même.

Voir aussi : Quel protocole sanitaire pour les plateaux de tournage de séries ?

richard t. jones Tumblr posts - Tumbral.comEn parallèle, la saison se concentrera également sur les problèmes raciaux et les violences policières aux États-Unis. J’espère que ce sera traité de manière intelligente et que ce ne sera pas trop hypocrite, surtout que la série elle-même a essuyé un scandale lorsque l’actrice incarnant Talia a décidé de quitter la série suite à des attitudes qu’elle jugeait raciste. Elle a fait debonnes choses avec le personnage de Nyla l’an dernier, notamment sur les questions de féminisme et de racisme dans la police ; ça devrait donc continuer en ce sens. En tout cas, ce sont des aspects qui pourront être fil rouge et peut-être rendre la saison plus intéressante, d’autant qu’elle risque, comme beaucoup d’autres, d’être raccourcie, et donc de limiter les épisodes « gap-filler ».

Voir aussi : #BlackLivesMatter

Bref, j’ai hâte d’être à lundi, hein… En espérant avoir le temps pour le visionnage de l’épisode, tout de même ; vous me connaissez à force, rien n’est jamais gagné à l’avance avec moi.

Voir aussi : Mais pourquoi les séries parlent-elles du coronavirus ?

Le cinéma à la maison dans le monde d’après

Salut les sériephiles,

J’espère que vous vous remettez du réveillon et du jour de Noël hier, on y mange tellement – et tellement bien. Enfin, encore aujourd’hui je mange bien, j’ai des restes pour tout le week-end ! Je vous rassure toutefois : le contenu de mon assiette n’est pas le sujet de l’article du jour, évidemment. À la place, j’ai envie de faire le point sur un détail du fameux « nouveau monde » que l’on n’avait pas forcément vu arriver : le concept de cinéma à la maison, si décrié, a pris un gros coup d’accélération avec le confinement.

Voillans, village du Doubs, site officiel: Stella Cinéma

Ainsi, hier pour Noël, deux films prévus pour une sortie au mois de juin 2020 dans les salles de cinéma ont été diffusés directement en streaming : Soul sur Disney + et Wonder Woman 1984 aux États-Unis sur HBO Max. Comme c’était à prévoir, ce dernier film est déjà disponible un peu partout en streaming désormais, hein, et avec sous-titres dans toutes les langues. Je ne vais pas revenir aujourd’hui sur ce que j’ai pensé de ces films – je ne pense pas que j’aurais consacré un article au premier et pour le deuxième, je me tâte encore à attendre la sortie dans les salles françaises pour publier l’article – mais simplement vous parler de mon ressenti sur le cinéma à la maison… Si tant est que ce soit vraiment un nouveau concept alors que j’ai passé mon année et mon premier confinement à regarder des films en streaming (j’en suis à 263 en tout en 2020 là, hein).

Voir aussi : Films

Soul, le prochain film des studios Pixar, ne sortira pas au cinéma mais sur  Disney+ | MOMES.netDéjà, il faut bien souligner que les planètes s’alignent bien en ce qui me concerne : j’ai un écran relativement large depuis quelques années, parce que je voulais pouvoir regarder mes séries dessus en bonne qualité ; j’ai un abonnement à Disney + donc je n’ai pas eu à chercher bien longtemps pour avoir accès à Soul en bonne qualité, et j’ai un salon que je considère plutôt cool avec une guirlande LED derrière mon écran. Autrement dit, niveau ambiance, j’étais à fond pour ce dessin animé avec une lumière bleutée derrière l’écran, les volets fermés pendant la nuit, tout ça, tout ça.

Mieux encore, quelqu’un a eu l’excellente idée de m’offrir une enceinte Bluetooth pour Noël. Aussitôt ouverte, aussitôt testée et approuvée : ce n’est pas un home-cinema, certes, mais avoir le son qui vient de juste derrière moi (et qui peut être monté bien plus fort que ma télévision, d’ailleurs), ça change pas mal de choses et ça met un peu plus dans l’ambiance cinéma… le chocolat chaud à portée de main en plus sans avoir à déverser un quart de salaire à la boutique du cinéma pour du pop-corn (jamais dans l’excès… mais je n’ai aucune idée des prix ; c’est cher, donc je n’achète pas). Du coup, mon ressenti fut plutôt positif sur ce concept de cinéma à la maison : voir le film dans son salon, allongé pépère sur le canapé déplié et en pouvant manger ou, au pire du pire, faire pause pour aller aux toilettes, désolé, mais c’est un luxe agréable aussi. Et ça m’embête un peu de l’écrire comme ça, mais je le pense.

Ben oui, l’opinion populaire à en avoir est apparemment que l’on ne doit pas aimer ça, parce que le cinéma est une expérience unique avec son écran géant et son son incomparable. Je ne vais pas remettre ces arguments en question, et même je vais les approuver… avec nuances toutefois : le coup du son, je le cherche encore avec Tenet, l’un des seuls films vus en salle en 2020 (super investissement ma carte UGC !) auquel je n’ai rien pu entendre des dialogues.

Tenet : "J'ai cru que j'avais compris mais non" se marre John David  Washington

Voir aussi : Tenet – avis sans spoiler, explications à chaud (Films vus #35)

Ce qui me manque le plus est définitivement l’écran, la qualité de l’image. Ce ne sont pas les bandes-annonces, puisque je n’aime plus celles-ci depuis qu’elles ont tendance à montrer des images de l’ensemble du film, ce ne sont certainement pas les gens bavardant dans la salle – ou pire, les gens sur les téléphones là – et ce ne sont pas non plus les sièges de cinéma, parfois inconfortable.

Zut, mais alors qu’apportait l’expérience en salle pour que je l’aime tant ? Clairement : l’assurance d’y aller avec des amis pour voir un bon film et en parler. Ca, le cinéma à la maison ne le remplacera jamais : oui, vous pouvez inviter des amis chez vous, mais les conditions ne sont pas les mêmes, ça suppose d’avoir un appartement nickel, d’avoir un canapé assez grand (ça, ça va pour moi) et d’habiter tous à proximité les uns des autres… Si j’allais tant au cinéma à Paris, c’est bien parce que la capitale était à mi-chemin, quoi.

Un autre argument certain réside dans les conditions de visionnage qui sont difficiles à recréer… la salle de cinéma nous plonge dans le noir et dans un silence relatif (si son public est discipliné), alors que bon, j’habite en centre-ville – donc merci le bruit – avec des volets plus ou moins efficaces selon le moment de la journée pour filtrer la lumière. Wonder Woman 1984 : Photos et affiches - AlloCinéUn autre truc que j’aime tout de même avec le cinéma, c’est l’assurance de voir le film d’une traite, sans être perturbé par des éléments extérieurs. Outre le téléphone (j’ai tendance de toute manière à le poser en mode silencieux et face caché quand je regarde un film, je n’ai pas envie d’être dérangé), je pense là aux livreurs, aux voisins et à tout un tas de choses qui nous forcent parfois à faire pause pendant les films qu’on regarde tout au long de l’année. En même temps, ça peut être pratique aussi de faire pause ou de revenir en arrière pour mieux comprendre quelques dialogues desquels on a décroché, non ?

Finalement, là, ce que ça va remettre le plus en question ce « cinéma à la maison », c’est notre mode de vie et de consommation des films. Au cinéma, quoiqu’on en dise, on est forcé de se déconnecter du reste pour plonger dans le film… C’est un peu plus dur à faire de chez soi. Et surtout, ça ne marque plus aucune différence de voir Wonder Woman 1984 et de voir un film sorti il y a dix ans… L’expérience cinéma reste toujours un peu plus en tête que les films que l’on regarde chez soi dans son train train en rentrant du boulot (ou en corrigeant des copies, pour le cliché du blog de prof aha).

Voir aussi : Critique express du premier Wonder Woman

Bref, je ne pense pas que l’un remplacera l’autre, mais ça va vraiment m’embêter si les gros films qui m’intéressent ne sortent pas du tout au cinéma. J’aime la solution proposée de faire une sortie en salle et à la maison, mais on ne va pas se leurrer : économiquement, ça ne va pas être viable longtemps pour les cinémas de rester ouverts dans ces conditions ; et s’ils augmentent encore les prix, bonjour le luxe que ça représentera (déjà que… bon). 

8 Details from the 'Wonder Woman 1984' Official Main Trailer We Can't Get  Over | Fangirlish

En plus, le téléchargement illégal et le streaming hors plateforme officiel vont être des concurrents beaucoup trop sérieux, et je n’imagine pas les pertes financières que ça va représenter, ne serait-ce que pour Wonder Woman 1984… Je m’inquiète un peu pour le streaming, la répression va forcément finir par voir vraiment le jour avec force par rapport à ce qui se fait aujourd’hui !

En attendant, on peut en profiter, j’imagine ? Et puis, il faut bien reconnaître que ça m’a fait plaisir de découvrir des gros films attendus depuis juin pour Noël, après l’année qu’on vient de passer côté divertissement, même si mon écran ne remplace pas l’écran de cinéma pour certaines scènes qui mériteraient vraiment le grand écran. De là à aller en salle revoir ce que j’ai déjà vu ? Humph, on verra si l’occasion se présente.

En tout cas, vous aurez bien compris avec cet article que je suis vraiment partagé, mais que j’ai l’impression que ça va se retourner contre nous avec une augmentation des tarifs pour le cinéma comme pour les plateformes de streaming (+2€ annoncés pour D+ déjà). On verra bien en 2021, tâchons déjà de survivre aux cinq derniers jours de 2020 !

Et vous, vous en pensez quoi ? Bavardons-en dans les commentaires, sur Twitter ou Instagram.

 

Quel protocole sanitaire pour les plateaux de tournage de séries ?

Salut les sériephiles,

Comme un certain nombre de fans de séries, j’ai quelque peu soupiré quand j’ai vu que la plupart des séries que je suivais de manière hebdomadaire étaient déjà en pause… Franchement que Fear the Walking Dead le soit alors que les épisodes sont, aux dernières nouvelles en tout cas, produits, c’est énervant. Cela dit, dans un certain nombre de cas, ça se comprend : il ne faut pas oublier que les retours de séries de networks pour une nouvelle saison sont un petit miracle auquel on ne croyait pas du tout au mois de mars.

Voir aussi : Le coronavirus, la France et les séries américaines (13 mars 2020)

This is us, Station 19, NCISComment tous les networks ont-ils finalement réussi à mettre en place des tournages et à diffuser des séries chaque semaine, quand les films sont tous en train d’être décalés et que les géants du streaming mettent encore plus longtemps à sortir leurs saisons ? Et quand un tas de séries sont annulées faute de moyens financiers ou pratiques ? Ce sont des questions que je me posais et auxquelles la lecture du Return-To-Work Agreement signé à Hollywood il y a quelques semaines a permis de trouver des réponses. C’est parti pour quelques infos sur les tournages américains…

Grey's Anatomy' Season 17 Episode 3: Mer Has Covid, & Has It Bad (RECAP) - WorldNewsEra

Concrètement, pour arriver à produire des épisodes et à les diffuser si vite, de vrais protocoles ont été mis en place pour limiter au maximum les risques pour tout le monde. Ca n’a pas toujours été efficace et certaines séries sont reparties en confinement ; mais dans l’ensemble, tout ce qui est mis en place est une véritable aubaine pour nous, téléspectateurs. Et il est à noter que ce dont je vais parler ci-dessous s’applique aussi pour les films, évidemment.

Voir aussi : Alors, le coronavirus dans les séries, ça donne quoi ?

La partie la plus surprenante de ce protocole est la division en quatre groupes, appelés zones A à D. Et vous allez voir que c’est à faire pâlir nos ministres ensuite, particulièrement celui de l’Education nationale, il faut bien le dire : chaque zone effectue un test Covid, avec une fréquence établie de manière hiérarchique.

Ainsi, la zone A, qui contient tous les acteurs, est testé trois fois par semaine (« au moins » précise le document), et cela légèrement avant le début du tournage. Oui, pensez-y la prochaine fois que vous verrez un épisode tourné depuis le premier confinement : tous les acteurs se sont pris un coton tige dans le nez trois fois dans la semaine. Ca fait relativiser quand on sait que certaines personnes souffrent vraiment énormément de se faire tester. La zone B est en contact assez fréquent avec les acteurs, et pas toujours avec masque (par exemple, les maquilleurs et coiffeurs, je crois… j’ai un doute, ils sont peut-être en zone A… mais bon, vous voyez l’idée) : si vous êtes dans cette zone, vous êtes donc testé une fois par semaine.

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Vient ensuite la zone C (sans déconner ?), qui est testée toutes les deux semaines. Elle est constituée de membres de l’équipe de tournage qui gardent leurs distances de sécurité par rapport à la zone A. Ainsi, derrière la caméra, ils peuvent garder le masque et respecter beaucoup plus de gestes barrières. Enfin, la zone D est tout simplement en télétravail ou à bonne distance du tournage : on y trouve par exemple des monteurs, parfois en contact avec des gens de la zone C… Ils sont simplement testés avant leur premier jour de travail, au cas où. Et pour veiller au bon respect de toutes ces nouvelles règles, de nouveaux jobs sont créées, avec des référents Covid19 sur les plateaux du début à la fin du tournage.

Voir aussi : Mais pourquoi les séries parlent-elles du coronavirus ?

Le plus impressionnant est que tout ce que le contrat de retour au travail négocié par les groupes et syndicats d’Hollywood semble vraiment bien fonctionner, même si ça doit faire bizarre d’avoir un plateau de tournage sacrément vidé, ou encore que les scénaristes réussissent à produire en ayant totalement réinventé leur manière de travailler : exit la sacro-sainte salle des scénaristes, bonjour le télétravail et les visioconférences ; exit certains caméramens, bonjour drones et caméra à distance (outch). Je me demande tout de même si tout cela va perdurer lorsque l’on sortira de la crise sanitaire…

Le système de zones, je pense bien évidemment que non. Le télétravail pour les scénaristes… Ca me semble être un moyen de faire de sacrées économies, tout de même. Et ça, c’est un argument de poids pour les networks ! Ben oui, c’est bien sympathique ce système de pause, mais on est quand même en pleine pandémie et ça pose plein de problèmes : déjà, il faut pouvoir tester tout ce petit monde dans les temps, et ça doit coûter du fric et du temps. En plus, ce n’est pas toujours possible : certaines séries ont déménagé à Vancouver en catastrophe comme le Canada était un peu plus sûr. Résultat ? Pénurie de tests ! De quoi perdre le sourire vite fait…

Station 19' Season 4 Episode 2: Eye of the Tiger (RECAP) - TV Insider

Ensuite, en cas de test positif, c’est toute une zone qui part en quarantaine (enfin, en théorie, mais apparemment, pas toujours, et ça, c’est fou), pouvant alors paralyser la production de la série. C’est compliqué les cas contacts, après tout, et c’est pour ça que certaines séries ne sont pas encore revenues – genre The Resident. La CW, elle, a joué la carte de la sécurité dès le mois de mai dernier en prévenant qu’elle ne reprendrait les diffusions qu’en janvier… C’est peut-être une bonne solution pour éviter la frustration. En plus, sans surprise, les saisons seront raccourcies pour un certain nombre de séries : Grey’s Anatomy n’aura ainsi que 16 épisodes pour sa saison 17 (c’est un comble, ils auraient pu aller à 17 !), et ça risque d’être de même pour toutes les séries de CBS. Un moindre mal, on va dire, surtout sur cette chaîne où ça va limiter les épisodes bouche-trous où il ne se passe pas grand-chose (les « fillers »).

La cause ? Eh bien, c’est à nouveau un problème de budget. Les tests, réaménagement des plateaux de tournage pour respecter les distances et quarantaines qui obligent à prolonger les contrats, ça coûte cher, représentant 10 à 20% du budget habituel d’un épisode, surtout qu’il a été négocié qu’en cas de quarantaine, les salaires continuaient d’être versés pendant dix jours… Pas évident aux États-Unis (déjà que c’est galère dans plein de secteurs en France !). Sans compter les coûts de déplacement de certaines productions voulant fuir les grandes villes et les problèmes. Bref, Hollywood va être en crise, et on va connaître un bon gros frein à la fameuse peak TV là. Qui sait ? Peut-être que je vais enfin réussir à voir tout ce que je veux dans les temps ? Non, je déconne ! En attendant, je suis bien content de pouvoir regarder encore des séries en cette fin d’année 2020, alors merci Hollywood !

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