Mais pourquoi les séries parlent-elles du coronavirus ?

Salut les sériephiles,

La semaine dernière, je vous parlais de ces séries qui évoquent le Covid19 dans leurs intrigues, mais je passais à côté du vrai sujet que je voulais traiter. C’est un comble, tout de même. Le vrai sujet ? Je n’arrête pas de voir passer des tweets se désolant et se lamentant (non, je ne suis jamais dans l’excès) de ces séries qui parlent encore du Covid alors qu’on en bouffe à toutes les sauces depuis le mois de mars (enfin, cela dit, évitez de le bouffer, vous finiriez par être testé positif).

Voir aussi : Alors, le coronavirus dans les séries, ça donne quoi ?

Je réponds que c’est précisément pour ça que c’est important d’en parler dans les fictions ! Alors évidemment, pas toutes les fictions. Je ne vois pas trop l’intérêt qu’une série comme Supergirl évoque le coronavirus, parce qu’elle n’a pour postulat de base de nous parler de la réalité et du quotidien. Aux dernières nouvelles, aucun super-héros n’existe dans notre monde et, dès lors, Kara et tous ses amis n’ont pas à vivre notre quotidien… et même, ça ferait du bien de pouvoir s’échapper de la morosité du quotidien grâce à des séries de ce genre (mais peut-être pas Supergirl, parce que bonjour la qualité quoi).

Supergirl' 3x07 Review: 'Wake Up' | Fangirlish

En revanche, si je ne suis pas blasé de cette situation, au contraire même, c’est parce que des séries qui évoquent notre quotidien dans l’ADN même de leur synopsis ont pour moi tout intérêt à aborder le sujet de la pandémie mondiale en cours. Déjà, c’est important pour la mise en place d’une catharsis moderne qui a besoin d’exister. La catharsis, c’est à l’origine la purgation des passions par la terreur, la crainte et la pitié que l’on ressent face à un spectacle théâtral. De nos jours, ça passe par la violence des films et séries qui permet de se libérer de certaines contraintes et angoisses pour mieux les vivre dans notre quotidien. Et franchement, quand on parle contrainte et angoisse en 2020, je pense que le premier truc qui vient en tête, c’est le coronavirus.

Au-delà de cette catharsis nécessaire, il ne faut pas oublier que les séries évoquant notre monde quotidien jouent le plus souvent avec nous et avec un procédé d’identification aux personnages. Alors bien sûr, nous ne sommes pas les policiers de New-York vu dans Unité Spéciale et nous ne sommes pas les brillants chirurgiens de Seattle dans Grey’s Anatomy… mais nous sommes leurs victimes et patients, nous sommes dans le même monde, nous sommes des humains comme eux, et ça suffit déjà à s’identifier à eux.

mine:-grey's-anatomy | Tumblr

Par conséquent, les séries seraient tout de même nettement moins passionnantes si elles ne traitaient pas elle aussi le coronavirus : elles se priveraient totalement d’une grosse partie de l’identification, pourtant importante dans leur composition, en nous montrant que les personnages ont la chance de mener une vie dénuée d’un paquet de soucis auxquels nous, on fait face. Et ça le fait d’un coup beaucoup moins Grey’s si on a une vie plus merdique que Meredith Grey !

Pour s’en convaincre, je me tourne vers ceux qui regardent Plus Belle la Vie ou NCIS : dans la première, les personnages parlent parfois de l’épidémie, vite fait, comme si tout était déjà terminé… et ça n’a pas trop de crédibilité quand nous, on en est encore à porter des masques et tenter d’avoir notre mètre de distance. D’ailleurs, vraiment, la série française a raté le coche et s’est planté dans les grandes lignes, alors qu’elle avait une intrigue sur le Sars au tout début du confinement ! Pour une série qui a toujours suivi l’actualité de très près, avec des hommages et tout, c’est super dommage (et la qualité est franchement sur le déclin depuis son retour en juin).

Cote de Pablo returns to television with 'The Dovekeepers' | The StarPour la seconde, les scénaristes font le choix du flashback pour ne pas se prendre la tête. Pas d’épidémie à l’écran, donc, mais des contraintes énormes sur le tournage, avec des distanciations physiques à tenir et des figurants moins nombreux. Conséquence ? La crédibilité de l’intrigue se voit amoindrie parce que ça ne fait plus tout à fait vrai.

Et tout le sujet de l’article réside là-dedans, finalement : ces séries visent à nous donner l’impression du vrai, et comment faire vrai en 2020 sans le Coronavirus ? C’est bien trop complexe… Autant l’aborder, donc, et nous permettre de purger nos angoisses en voyant nos personnages préférés se prendre de plein fouet l’épidémie.  Oui, dans certaines séries, c’est difficile à vivre parfois, oui, il y a eu des scènes anxiogènes depuis la rentrée, oui, ce n’est pas toujours agréable… mais c’est donc que ça fonctionne et que ces séries font bien leur boulot.

Certaines permettent aussi de prendre un peu de recul sur certaines situations, comme This is us. Je cite celle-ci parce qu’il est important aussi de souligner qu’il n’y a pas que les séries médicales ou policières qui sont légitimes sur le sujet. J’ai également de très bons échos de la saison 6 de Superstore par exemple (au point que ça me donne envie de la reprendre, c’est dire à quel point il est important de parler de l’épidémie). En plus, elle fait bien son travail si elle arrive à nous faire rire d’absurdités liées au Covid – et on a tous besoin de rire ! 

Voir aussi : Quel protocole sanitaire pour les plateaux de tournage de séries ?

Les séries ont toujours été et sont encore le reflet de la société américaine – et d’ailleurs c’est amusant, en quelque sorte, de voir les différences du protocole par rapport à la France – et aux dernières nouvelles, la société américaine se prend de plein fouet la pandémie. Par contre, je comprends que ça puisse déplaire… Surtout que je reconnais qu’avoir une saison 3 de The Outpost qui traite (par accident, en plus !) d’une épidémie, ça m’a blasé.

Ca déplait aussi parce que par moment, ça paraît trop détaché de notre quotidien : nous sommes des blasés de la pandémie, déjà, et certaines scènes écrites il y a plusieurs mois n’ont plus l’effet escompté, particulièrement quand il s’agit de célébrer comme il se doit les soignants par exemple. On sait désormais toute l’hypocrisie qui peut se cacher derrière des applaudissements à 20h quand dès le déconfinement venu, tout le monde s’est baladé sans masque, par exemple.

Bref, quoiqu’annonce Macron ce soir, s’il vous plaît, continuez de faire attention à vous et aux autres, avec un masque, des gestes barrières et une bonne distance entre vous !

 

Alors, le coronavirus dans les séries, ça donne quoi ?

Salut les sériephiles,

Inévitablement, il y a des micro-spoilers dans l’article, notamment du côté des gifs l’illustrant, tirés des deux ou trois premiers épisodes des nouvelles saisons de This is us, Grey’s Anatomy et Station 19. Une info sur la saison 18 de NCIS, également.

Je rumine cet article depuis quelques semaines, et il faut bien que je l’écrive un jour ou l’autre, alors pourquoi pas aujourd’hui ? La rentrée des networks était toute particulière, avec un décalage d’un mois ou deux selon les séries et surtout avec un gros problème à régler : le coronavirus impacte aussi les tournages… Pour le meilleur, comme pour le pire, il faut bien le dire.

Voir aussi : Mais pourquoi les séries parlent-elles du coronavirus ?

Commençons par la vraie vie avant de parler des intrigues des séries en elles-mêmes. Cette rentrée est marquée par des tournages interrompus, déjà, notamment du côté de la franchise Chicago. C’est frustrant… De même qu’il est frustrant de voir que les séries reviennent pour une poignée d’épisodes en 2020. Très franchement, découvrir au hasard d’un tweet que This is us ne reviendra qu’en janvier 2021, ça m’a rendu fou. tequi | Smells like Chick SpiritQuatre épisodes ? Je suis content d’avoir retrouvé la série, évidemment, mais j’aurais préféré que ce soit pour au moins six épisodes.

Je sais, ça ne change pas grand-chose… mais là, la frustration est là, on a à peine eu le temps de se faire à leur présence en un mois qu’on nous la retire déjà. L’attente va être longue et compliquée. Le truc, c’est que les tournages sont eux-mêmes plus longs et rendus sacrément plus compliqués par les règles imposées pour la sécurité de tous et les normes d’hygiènes. Nous nous retrouvons ainsi avec des scènes qui fonctionnent plus ou moins, il faut bien le dire.

Séries Télé | Smells like Chick SpiritCertaines séries font le choix d’ignorer la pandémie, comme la saison 18 de NCIS, mais ne peuvent l’ignorer dans le tournage : moins de figurants, plus de distance entre les acteurs, le déséquilibre est visible et ne fonctionne pas toujours. D’autres l’intègrent plutôt très efficacement, comme Grey’s Anatomy… mais les séries de Shondaland tournent aussi en grande partie grâce au sexe entre les personnages, et autant dire que de ce point de vue-là, ce n’est pas glorieux.

On sent bien que les scénaristes innovent autant que possible pour les scènes de sexe respectant la distanciation sociale… mais entre les écrans pour les innombrables visios, les positions farfelues et les situations juste dérangeantes à voir (ce 17×03 va me rester en tête), c’est… compliqué. En plus, on sent bien que sur ABC, la distance est le mot d’ordre, avec des personnages qui devraient vraiment s’embrasser normalement, mais qui ne peuvent pas le faire.

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Les persos qui vivent ensemble alors que les acteurs non, c’est un petit enfer pour les scénaristes, tout de même !

Parfois, ça donne lieu à de bonnes scènes : la présence des écrans et des conversations visios est de plus en plus démocratisée dans les séries… Et on se rend compte que ça peut être très efficace et que ça peut être bien fait. Il y a même Connecting qui repose intégralement sur cette idée. Il faudrait que je la poursuive !

Outre la distance, il y a aussi le masque, et là encore, c’est à double tranchant. Je trouve que certains acteurs le gèrent bien… D’autres forcent beaucoup trop sur le haut du visage. Je m’inquiète pour les rides à venir, j’ai l’impression de me voir sur certains cours et je suis sceptique sur les rôles de certains acteurs interprétant les seconds rôles. Pire encore, il y a des acteurs qu’il est d’un coup facile de confondre. C’est un truc dont on n’avait déjà l’habitude dans les séries médicales, cela dit.

Voir aussi : Quel protocole sanitaire pour les plateaux de tournage de séries ?

Grey's Anatomy' Season 17 Episode 3: Mer Has Covid, & Has It Bad (RECAP) -  TV Insider

Enfin, dans This is us comme dans Station 19, je trouve qu’il y a parfois des moments où on sent que ça hésite sur le port du masque. Les personnages le mettent et le retirent, parfois simplement pour faire trois mètres en extérieur sans croiser personne, et on ne comprend pas trop pourquoi. Si je n’ai pas encore aperçu dans mes séries de personnes portant mal le masque (d’ailleurs, c’est peu crédible, il devrait au moins y en avoir un, quoi), tous le touchent et le retouchent sans raison, ce qui n’est pas le meilleur des exemples à suivre.

Après, soyons honnêtes, je n’ai pas envie de suivre l’exemple américain concernant le coronavirus quand on voit comment ils font les câlins désormais… L’auto-câlin, c’est un concept dont je me serais bien passé et qui me paraît un peu ridicule. Imaginez un peu si on devait faire l’auto-bise ! C’est un peu étrange… mais les américains seront toujours américains !

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No, it’s not. Mais je kiffe vos masques quand vous les mettez !

Quant à l’intégration elle-même de la pandémie dans les séries, je trouve que c’est compliqué. J’avais très hâte de voir certains personnages la vivre, parce que les séries ont toujours été un reflet du monde pour moi (pas pour rien que j’écris les articles « sept clichés sur ») et qu’il me paraissait inconcevable de passer à côté de ça pour un paquet de séries. Que les séries fantastiques l’ignorent, c’est bien normal. Les autres (NCIS, franchement…), c’est plus embêtant, surtout quand on sent les problèmes de tournage.

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J’ai beaucoup aimé comment Grey’s avait géré ça !

Le problème, c’est qu’il faut trouver un moyen de basculer dans le monde d’après. Nous faire revivre la bascule, c’est particulièrement anxiogène et ça m’a donné l’impression d’un fourre-tout expéditif dans This is us. Ne pas nous la montrer, ça m’a frustré, et ça m’a même paru indécent dans une scène de Station 19 où bon, ce ne sont que des acteurs, n’abusons pas. Certaines scènes de glorification des first responders et soignants auraient été très justes en mars ou avril, mais sonnent fausses aujourd’hui.

Enfin, qui dit pandémie, dit forcément contagion, et pour l’instant, je manque de recul pour me faire une idée de ce que ça va donner sur du long terme, mais on a bien une roulette russe qui est en train de s’établir sur certains personnages. Et si les premiers épisodes ne m’ont pas tous plu quand il s’agissait d’évoquer le coronavirus, j’aime bien les épisodes qui suivent : une fois l’épidémie en place, les personnages vivent vraiment la même vie que nous et ça fonctionne bien.

station 19 spoilers | Explore Tumblr Posts and Blogs | Tumgir

En revanche, ça nous les rapproche drôlement de nous et je vois bien que je suis un chouilla plus à fleur de peau qu’avant. Ce ne doit pas être évident d’être scénariste en 2020 et d’avoir à gérer tout ça, mais les séries font leur possible pour s’adapter… Et je ne vous parle même pas de Plus belle la vie qui utilise carrément le deepfake pour coller le visage d’une de ses actrices testées positives sur le corps d’une autre actrice qui la remplace momentanément. C’est osé, comme choix, tout de même !

Connecting… – S01E01

Épisode 1 – Pilot – 15/20
Le concept ne pourra pas tenir 15 ans, hein ? Ah, ben si. En fait, je ne sais pas quoi penser de cet épisode. J’ai envie d’appeler mes amis pour faire une soirée papote comme les personnages de cet épisode, auxquels je m’accroche malgré moi. Je n’arrive pas à savoir si cette série débarque trop tôt ou trop tard. Elle aurait été parfaite pendant le confinement. Elle passe bien aujourd’hui, mais en même temps non, parce qu’elle enchaîne les clichés… Ah, non, vraiment, je ne sais pas quoi en penser pour le moment. A-t-elle vraiment quelque chose à raconter cette série ? Il semblerait que peut-être.

> Saison 1


Spoilers

The world is on fire today. Every problem is a valid problem.

Oh merde, tout commence le 29 mars 2020 avec le Coronavirus qui force les USA à être en quarantaine et, bon, on ne va pas se refaire un cours d’Histoire ici. C’est intéressant que la série précise en quelques scènes son contexte, cela dit, parce que c’est clair qu’un jour ou l’autre, ce confinement sera une anecdote de l’Histoire. Non ?

Après le générique, on retrouve une certaine Annie qui se prépare à se connecter pour chatter en ligne. Elle reçoit un SMS de Pradeep qui lui souhaite bonne chance avec Ben et on enchaîne avec Ben qui l’appelle justement. Bon, admettons. L’écriture est déjà plutôt bonne pour ce début de série qui nous donne des infos l’air de rien, sans pour autant tout nous donner.

On apprend rapidement que pour ce confinement, Ben regrette d’être seul, mais il ne laisse pas Annie lui dire ce qu’elle semble vouloir lui dire, et c’est dommage. On enchaîne avec des détails et une longue conversation entre eux, entièrement en smalltalk, du genre, Annie regarde Cheers en boucle, mais très franchement, je n’ai pas les références, alors c’était chaud à suivre.

Le concept est particulier tout de même. En fait, il y a une part de voyeurisme énorme – on n’est pas loin du concept de la téléréalité avec des inconnus que l’on apprend à connaître en découvrant une conversation prise au hasard. J’aime ce concept, du coup. Juste, je ne suis pas encore tout à fait convaincu par ce que je suis en train de regarder et j’y songe tellement que je finis par décrocher de ce qu’ils racontent. Ben se rappelle alors de Chicago, un bon souvenir pour Annie, mais pas spécialement pour lui, apparemment.

Pradeep se connecte à ce moment-là, et on découvre qu’il se cache de ses enfants. J’ai trouvé ça plutôt drôle comme écriture, même si on enchaîne à fond les clichés et que ça fait un running gag qui aura vraiment besoin d’être développé à un moment, pour sortir du stéréotype, justement.

Alice se connecte alors, ce qui nous permet de savoir que Jasmine inquiète tous ses amis à avoir disparu au début de la crise. Reste à savoir qui elle est. En attendant, Alice, elle, est inquiète par l’annulation de son tournoi sportif. Bon. Admettons, ce sera donc ça son cliché. A peine introduite, Alice laisse le spotlight à Garret, qui se déconnecte tout aussi vite. Il était là pour Jasmine, qui n’est pas encore arrivée, et il s’inquiète de la cuisson de son repas. C’est l’occasion pour nous de découvrir qu’ils mangeaient ensemble chaque dimanche jusque-là.

Ben se déconnecte car il reçoit un autre coup de fil et on apprend enfin de quoi il retourne entre Annie et Ben : Annie veut en fait demander à Ben de venir vivre chez elle. Ils sont amis depuis quatre ans, elle espère un jour pouvoir être plus avec lui et elle trouve que cette quarantaine est l’occasion rêvée de voir s’ils peuvent s’entendre. Soit. Alice semble penser que c’est une manière intense de commencer une relation ? Ouais, mais bon, ça peut fonctionner, le confinement en début de couple, croyez-moi !

Ben se reconnecte alors et leur annonce que son ex veut revenir vivre avec lui. Oups. Au moins, ça donne une raison de rester, et il était temps, parce que je n’accrochais pas encore aux personnages avant ça. Je dirais que ça a mis un peu trop de temps à arriver, alors que clairement l’introduction des personnages les uns après les autres aide bien à rester scotché devant normalement.

Pradeep et Alice font tout ce qu’ils peuvent pour décourager Ben de se remettre avec son ex, parce que c’est ce qu’il y a derrière sa proposition, tout le monde le sait bien. On découvre que l’on ne connaît  pas encore tout le monde, puisque c’est le moment que Rufus choisit pour se connecter. Bon, le problème, c’est que Rufus, c’était le nom d’un chien dans mon épisode de Fear the Walking Dead aujourd’hui.

Face à lui qui est persuadé qu’il faut mettre un masque H24, Annie hésite alors à se mettre un masque à l’intérieur. On se marre bien dis-donc… Concrètement, la série a autant de personnages que de caricatures possibles de réactions face au confinement, j’ai l’impression. Ainsi, Rufus assure avoir des amis hauts placés et il est clairement du genre complotiste, ce qui est plutôt sympathique quand Pradeep le souligne face à tout le monde.

Un autre couple débarque alors, et j’ai mis un peu de temps à reconnaître Garret. Cette fois, il est avec Michele, sa femme, qui est aussi la sœur de Ben. Bien, les personnages et les relations commencent à se dessiner un peu plus précisément, le tout autour de conversations portant sur la bouffe. Annie aussi a sa recette à partager, même si elle n’a pas encore testé de se faire à manger. Rapidement, il est assez évidemment que Michele et Garret vivent leur meilleure vie, c’est génial à voir. Disons qu’ils apportent un peu de positif à la quarantaine et que ça nous permet de nous rappeler que cet enfer a aussi réussi à rapprocher des gens.

Jasmine débarque à son tour, enfin ! Elle casse rapidement l’ambiance et nous fournit l’ascenseur émotionnel totalement inattendu de l’épisode. Alors que la comédie semblait vouloir jouer juste des stéréotypes humoristiques, voilà qu’elle flirte d’un coup avec le drame, de manière super abrupte ; Jasmine est donc à New-York en pleine crise et on sent bien qu’elle est en galère. Ce qui est terrible, c’est que je découvre que les américains ont les mêmes affiches que nous.

Non, pardon, ce qui est terrible, c’est ce qu’elle raconte. Jasmine nous donne une petite douche froide à être au bord des larmes avec ses vrais problèmes et souffrances : elle est médecin et doit faire de vrais choix difficiles. On est loin du meilleur des confinements ; et la connexion de Jasmine se fait au pire moment possible puisque Michele et Garret étaient heureux d’être en quarantaine.

Finalement, la série ne rebondit pas trop mal avec le personnage de Jasmine elle-même qui décide de sortir de son quotidien horrible à devoir choisir quel patient recevra son respirateur – pour qu’aucun n’en reçoive – pour mieux faire des blagues et forcer Rufus à retirer son masque.

Jasmine balance également à Annie de balancer à Ben ses sentiments, alors que Ben est supposé être en ligne. Evidemment, sa connexion a bugué pile au bon moment et il revient pile au pire moment, quand Annie parlait de lui, forcément. Annie me fait bien rire à reprendre à chaque fois avec des chansons, et je vois que la série instaure ses running gag de manière intelligente, avec les connexions et déconnexions des personnages.

La quarantaine n’est pas si facile à vivre, et Annie finit par remarquer que tout le monde lui manque et qu’elle a bien envie de les voir au plus vite. Et voilà, la soirée peut se terminer avec tout le monde qui rit… Hmm. Je m’attendais à une vraie fin, et ça manque. On a juste un générique de fin avec tout le monde mort de rire. Un générique de fin qui donne l’impression, en fait, que l’on manque le meilleur de la conversation. Comment est-il possible que la conversation continue sur des sujets qui n’ont rien à voir avec les 20 minutes qui viennent de s’écouler ?

Au fond, tout ce qu’a fait cet épisode… est de me donner envie de rappeler mes potes pour faire un autre apéro virtuel. Je ne sais pas si j’espère que la série reprendra la semaine prochaine avec la même soirée ou si j’ai envie d’avoir différentes dates de la quarantaine… Le problème auquel on va vite être confrontés en tant que français, c’est que nos dates de confinement ne sont pas les mêmes. On ne connaît pas vraiment le calendrier américain et les rappels en début d’épisode n’étaient pas trop suffisants.

Bon. Je pense que je regarderai la suite, vous l’aurez compris. Il y a de bons gags et des personnages clichés qui méritent d’être développés. La bonne surprise vient de Jasmine qui a montré que la série pouvait être aussi drôle que dramatique. A vrai dire, elle a même été plus dramatique que drôle pour l’instant. Peut-être que ces gens deviendront une bonne bande d’amis avec qui passer le temps avec le temps. Sur un malentendu, on ne sait jamais !

> Saison 1

Bref, je suis cas contact Covid19

Salut les sériephiles,

La lutte contre le pandémie Covid-19 – CNDH DjiboutiOn se retrouve aujourd’hui pour un article blabla parce que vous aurez compris à force, depuis ce week-end, que le Covid me poursuit depuis un moment. Figurez-vous donc que je suis cas contact, a minima, et asymptomatique (ou presque), probablement. Ca valait bien un article plus long pour développer tout ça, parce que j’en ai parlé longuement sur Twitter sans tout dire et parce que, franchement, je n’ai pas eu le temps de lire mes comics donc ça n’aurait pas grand-intérêt de faire un bilan de parcours du Mois de la BD.

Comment donc me retrouver cas contact alors que je prône les gestes barrières et le port du masque depuis six mois ? Ben, en allant au boulot, duh, je suis prof et je mange en salle des profs, parce que c’est toujours mieux que la cantine. Pas de bol pour moi, j’ai mangé avec un collègue qui s’est avéré positif avec masse de symptômes juste après. Joie.

Yes No Maybe GIFs | TenorEst-ce que j’ai été isolé pour autant ? Non ! Pensez bien : on m’a laissé dans l’ignorance heureuse pendant une semaine complète (oh, j’avais bien vu qu’il était absent, mais ça pouvait être pour 150 autres raisons) avant de me dire le vendredi midi suivant que j’étais cas contact. Puis, en fait non, parce qu’il avait eu des symptômes plus de 48h après notre dernier contact (à vue de nez, 52h). Puis, en fait, dimanche soir, si.

Seulement qui répond à un numéro en 09 qui vous appelle un dimanche à 17h ? Pas moi, je peux vous l’assurer. Déjà que je ne réponds pas au téléphone, tout court. J’ai donc été informé le lundi matin que j’étais cas contact, que je devais me faire tester et rester bien isolé. Dix jours après le dernier contact, donc. Pour un isolement censé durer sept jours après le dernier contact ? Bien.

the 100 1x13 | Tumblr
La première quarantaine de ma vie, yay !

Vous voyez, on parle du bordel des assouplissements de protocole dans les écoles et des mesures restrictives qui pleuvent, mais vous n’avez pas idée à quel point ce sommet de l’iceberg est enviable. Lundi, je me retrouvais donc cas contact et je faisais une croix sur mon jour off, parce que je passais la matinée au téléphone pour apprendre que mon médecin traitant était injoignable (genre, vraiment, je ne l’ai toujours pas eu en ligne, hein, déjà que je ne le portais dans mon cœur), que finalement, je n’étais pas en arrêt mais en télétravail (après trois semaines de « vous devrez être en arrêt »… Là, pour le coup, c’était très cool !) et bon, un tas d’autres détails que je vais vous passer.

Suits - {Harvey ღ Donna} #8: Because she knows what he's thinking even  before he thinks it. - Page 7 - Fan Forum
Je veux bien une Donna avec la patience qu’il faut pour appeler mon docteur !

Mon test PCR ? Ah, la bonne blague. L’ARS me demandait donc de le passer au plus vite, puisque j’étais cas contact depuis dix jours, mais c’était sans compter sur le fait que n’ayant pas de voiture, j’étais censé me contenter des deux labos à côté de chez moi. Huit jours d’attente pour avoir un rendez-vous et dix jours d’attente pour avoir un résultat. 18 jours donc. Plus les dix avant qu’on m’isole. 28 jours ? Ben tu m’étonnes qu’on soit en pandémie.

J’ai donc un super rendez-vous pour mardi prochain, le test va être utile. En vrai, j’ai triché un peu et fini par trouver un labo à proximité (merci la collègue ayant fait son test là-bas et me proposant de m’y emmener parce que, de toute manière, on avait mangé ensemble et qu’on était cas contact ensemble) respectant les consignes – à savoir ne prendre que les personnes cas contact ou à symptômes.

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Et puisque je parle de symptômes, faisons le point sur le sujet. Je me suis cru asymptomatique un bon moment, mais voilà, j’ai un petit fond de mal de gorge qui me gratouille depuis quelques jours. Au moins, l’avantage, c’est que mon test révélera si c’est ça ou pas. Dans dix jours (enfin, neuf, maintenant). Utile. J’en reparlerai sur le blog (et Twitter, donc). J’ai aussi une très légère douleur au thorax et de la fatigue aujourd’hui, mais ça peut tout aussi bien être une posture foireuse cette nuit. En attendant, c’est sans surprise qu’avec mes dix jours à être cas contact sans le savoir, ben j’ai été une deuxième fois cas contact de quelqu’un d’autre le jeudi et que j’ai probablement refilé la patate chaude à une collègue ce même jeudi, parce qu’elle a été malade tout le week-end dernier après avoir mangé avec moi.

Autrement dit, il y a de fortes chances que si mon test revient un jour, il m’annonce sans trop de surprise mon état de positif au Covid19. À peu près sans symptôme, cela dit, et ça, c’est cool. Et du coup, être cas contact, ça change quoi ? J’ai des questionnaires à remplir tous les trois jours sur mon état de santé pour savoir si ça se dégrade, j’ai pu récupérer 28 masques gratuits en pharmacie (ça, c’est top), je me retrouve à galérer en télétravail (avec des classes virtuelles à des heures improbables et des mails d’élèves perdus, quand ce ne sont pas ceux des parents pas trop heureux de la situation, mais qu’est-ce que j’y peux, moi ?) et je passe ma vie au téléphone. Forcément.

Paranormal News! 1 December 2017
Allô maman pas bobo

Entre la famille et les amis à qui raconter tout ça, les collègues possiblement cas contact à appeler, la hiérarchie à qui poser un milliard de questions sur une situation administrative floue et l’assurance maladie/ARS qui harcèle pour tout et rien, je suis en train de me faire une cure de vaccination à ma haine du téléphone et des numéros inconnus. Et je vous passe l’ARS qui m’a recontacté aujourd’hui suite à mon appel au secours de lundi pour me dire qu’ils ne m’avaient pas trouvé de rendez-vous dans un labo. Sans déc’, j’ai fait sans vous.

Oh, d’ailleurs, le test ? Pas vraiment douloureux, mais pas agréable non plus : ça frotte contre la paroi nasale, donc vous le sentez passer – ça m’a même filé une petite douleur fantôme de quelques heures – et ça ne doit pas être agréable en cas de nez bouché ou étroit. Comme j’ai un grand nez, c’était plutôt ni vu, ni connu. Par contre, ça aussi, ça occupe bien l’isolation d’aller se faire tester et tout. Bref, c’est un reconfinement, avec encore plus d’emmerdes administratives, yay !

Things That Always Happen on Grey's Anatomy | POPSUGAR Entertainment
Je n’ai pas trouvé meilleure conclusion