Les 5 morts les plus jouissives dans une série

Salut les sériephiles,

On se retrouve en cette fin de semaine pour un article TFSA qui doit être, possiblement, l’article le plus méchant et le plus bâtard jamais publié sur ce blog ! En effet, Tequi nous propose cette semaine de choisir les personnages dont la mort nous a procuré le plus de plaisir… Autant dire que ce n’est pas vraiment super sympa pour les persos concernés et que ça m’a donc posé une colle sur le moment. Et puis, en y réfléchissant bien, on finit toujours par trouver des noms, ce qui est possiblement le plus dingue quand on y pense bien !

En revanche, cette semaine, grosse alerte spoilers, je vais donc vous parler des séries suivantes, ne poursuivez que si vous êtes à jour dans : Alias (S03), Charmed (S05), Agents of S.H.I.E.L.D (S04), Lost (S04) et The 100 (S03). Je ne mets pas de gifs pour éviter des accidents malencontreux, mais à vos risques et périls.

  1. Charmed : Cole Turner

Ne vous méprenez pas : comme tout le monde, j’adorais le personnage de Cole en saison 3. Et puis, Paige est arrivée, il est devenu la Source, personne n’a voulu croire Paige qui était de loin mon personnage préféré quelques épisodes seulement après sa première apparition et Cole a commencé à devenir ce personnage dont les scénaristes ne savaient plus quoi faire. C’est particulièrement évident en saison 5 où je ne sais pas trop ce qu’il est venu faire. Sa mort est l’une des plus nazes toutes séries confondues puisqu’il n’y a finalement que Paige qui s’en souvient et que Phoebe vient juste de tourner la page de leur relation et n’en a rien à carrer de la perte de son ex-mari. C’est toutefois un souvenir jouissif dans le sens où l’on se débarrassait enfin de ce personnage qui ne servait plus à rien d’autre que tourner en rond à fond dans la même intrigue. Il aurait fallu que les scénaristes lui donnent un happy end avec Phoebe d’une manière ou d’une autre, mais comme ce n’était pas la décision qu’ils voulaient prendre, rien ne fonctionnait pour lui. Goodbye Cole comme dirait l’autre !

  1. Alias : Lauren Reed

Voilà une série dont je ne parle jamais assez dans les TFSA ! Il faut dire qu’elle commence à vieillir, mais je me rattrape cette semaine en vous parlant du personnage de Lauren. Je l’adorais cette méchante, parce que j’ai toujours un faible pour les méchantes qui trahissent tout le monde. En tout cas, ce « I hate you but I love Sydney more, that’s the only reason you’re not dying tonight » de Vaughn en milieu d’épisode est culte et ça rend d’autant plus jouissif le moment où il est finalement forcé de lui tirer dessus. Comme en plus, Lauren s’en va en lâchant une bombe dans la vie (familiale) de Sydney, c’est inoubliable et particulièrement jouissif, même si elle m’a un peu manqué par la suite…

  1. The 100 : Pike

AHA ! Voilà un personnage sur lequel une majorité de fans semble être d’accord. Véritable empêcheur de tourner en rond pendant des épisodes et des épisodes, il est à The 100 ce qu’un parti d’extrême droite est dans la réalité. Je ne fais pas souvent de la politique ici, mais honnêtement, dans cette série sa peur chronique des étrangers (les Grounders) et son envie de tuer tout ce qui ne vient pas de l’espace était imblairable, surtout quand il a converti Bellamy. Il nous a tué Lincoln dans le rebondissement le plus dégueulasse de l’histoire de la série après Lexa (un épisode plus tôt à peine) alors on espérait tous qu’il allait mourir. Le voir en pleine rédemption en fin de saison 3 était peu appréciable alors qu’est-ce que j’étais heureux de voir Octavia surgir de nulle part et changer d’avis pour le tuer sans préavis. C’était une excellente surprise, même si ça a amorcé la descente d’O vers les enfers sans que personne ne réagisse. Définitivement une mort hyper satisfaisante !

  1. LOST : Michael Dawson

Arf, il mériterait presque d’être à la première place, mais ce n’est pas à lui que j’ai pensé en premier. Michael est pourtant un personnage que je n’ai jamais aimé, tout simplement. Dès le départ, son intrigue de père débordé par son imblairable gamin m’a soulé. Sa romance avec Sun n’a jamais eu beaucoup de sens à mes yeux et le seul bienfait de Michael est finalement d’avoir apporté Vince dans l’avion, hein. Après, c’est sûr que je n’ai jamais pu lui pardonner non plus sa trahison. Qu’il tue Ana-Lucia, ça me soulait déjà, mais qu’il tue Libby, c’était impardonnable et dégueulasse. Du coup, ça a mis bien longtemps à arriver, mais qu’est-ce que j’ai adoré le voir se faire sauter la gueule en saison 4. C’était un moment particulièrement jouissif et ça mène à l’horreur la plus totale de Sun dans son hélicoptère voyant le bateau exploser alors que Jin est encore là. J’en ai des frissons rien que d’y repenser !

  1. Agents of S.H.I.E.L.D : Agent Ward

Quand j’ai découvert le thème de la semaine, il y a une scène qui m’est immédiatement venue à l’esprit et c’est celle de la saison 3 où Coulson se retrouve à étrangler le personnage de Ward. Cette scène est l’une des plus dingues que j’ai pu voir et ça reste à mon sens l’un des plus gros moments de la série. Quand Coulson met Ward à terre et commence à l’étrangler, je suis surpris à crier de joie. Quelques secondes plus tard, une fois Ward mort, je me suis retrouvé à être super triste et hurler « non, ce n’est pas possible ? ». Et pourtant, si. Certes, l’acteur revient dans un nouveau rôle dès la fin de l’épisode, mais en attendant, la scène de la mort de Ward a été l’une des plus dévastatrices de mon existence de sériephile : la jouissance de les voir enfin se débarrasser de ce traître, et comme ça en plus !!, n’a eu d’égal que l’angoisse et la tristesse d’avoir perdu un personnage que j’adorais en saison 1 et qu’ils ont finalement fait rester trop longtemps.

Voilà, le choix fut rude est force est de constater que cet article recoupe un peu celui sur les pires trahisons finalement. En tout cas, c’est réglé pour moi, voilà les personnages dont j’étais le plus heureux de la mort. J’espère que je n’aurai choqué personne !

Les meilleures intrigues d’amnésie

Salut les sériephiles,

Comme je vous le disais hier, j’ai totalement oublié d’écrire cet article, donc un peu comme l’article 500 mots d’hier aussi (décidément), cet article a été rédigé à la va-vite et je sens que je vais regretter d’avoir oublié plus d’un personnage quand j’y repenserai… Après, s’il y a bien un thème de TFSA où je peux me permettre d’oublier un personnage, c’est celui-ci.

Entre le titre de l’article et cette intro très centrée sur l’oubli, je crois que vous avez tous compris qu’on allait parler de personnages amnésiques dans les séries. Franchement, ça m’a paru une bonne idée de thème à demander à Tequi tellement c’est une intrigue fréquente dans les séries – ça paraît rien le plus souvent, parfois ça ne dure que quelques épisodes et si je suis totalement honnête, c’est aussi un cliché de soap hyper repris en France. Bref, j’avais plein d’idées quand j’ai proposé le thème, je me souviens bien, mais maintenant que je suis devant, je le trouve plus compliqué que prévu. Allez, faisons comme si, c’est parti pour cinq personnages avec des spoilers sur Wrecked, Dollhouse, Alias, Buffy et LOST. Vous êtes prévenus !

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  1. Claire Littleton

Bon, c’est un peu simple de commencer par là, je sais, mais c’est une amnésie qui a marqué mon adolescence après tout : LOST est une super série qui ne pouvait pas éviter au cliché du personnage amnésique quand Claire réapparaît mystérieusement après avoir disparu un bon moment. Elle doit tout réapprendre alors que les autres survivants du crash se demandent ce qui lui est arrivé. C’est une intrigue qui s’étend sur quelques épisodes et qui apportent quelques réponses sur le mystère des Autres ; alors c’est inoubliable, j’imagine.

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  1. Jess Kato

D’une série à sa parodie, il n’y a qu’un pas. Il n’était absolument pas étonnant de voir Wrecked jouer la carte de l’amnésie et, à vrai dire, je me souviens m’être demandé durant la saison 2 si Emma n’allait pas finir par revenir amnésique comme Claire. Malheureusement, le sort en aura décidé autrement, mais heureusement, c’est tombé sur Jess qui a littéralement déchiré dans cette saison 3. C’est de loin le meilleur personnage de cette saison : elle l’a portée sur les épaules tout du long. Et c’est tant mieux, parce que ça m’a permis de me rendre compte que je l’adorais encore plus que prévu !

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  1. Tara Maclay

Une autre intrigue d’amnésie qui m’a permis d’être encore plus fan d’un personnage ? La fin de saison 5 de Buffy, évidemment. J’aurais pu choisir la facilité de l’épisode Tabula Rasa en saison 6, mais c’est bien l’intrigue de cette saison 5 où Glory bouffe une bonne partie de l’énergie de Tara qui m’est revenue en tête. Pire qu’une amnésie, Tara perd l’esprit : elle ne se souvient de rien ou presque, mais elle a encore la possibilité d’indiquer où est la clé. Et tout ça nous détruit Willow à petit feu, puisqu’elle exploite de plus en plus sa magie à des fins de revanche. On sait où ça la mène plus tard, ce désir de revanche, mais en attendant, il y a tout un arc où Tara est amnésique, et c’était bien foutu. Vraiment.

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  1. Sydney Bristow

Deux ans et une fausse identité, Julia Thorne, voilà tout ce que perd Sydney entre les saisons 2 et 3. C’est par là que j’ai commencé la série, avec le triangle Sydney/Vaughn/Lauren, et c’est forcément une intrigue que j’ai adoré puisque je suis resté jusqu’à la fin de la saison 5, en rattrapant aussi le début. La 3 reste l’une des meilleures saisons pour moi, et c’est en grande partie parce que Sydney part à la recherche de ses souvenirs. Rien que d’en parler, je me dis que ça fait longtemps (très longtemps) que je n’ai pas revu un épisode et j’ai envie de m’y mettre. Rien ne va plus.

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  1. Caroline Farrell

Evidemment, si je me mets à chercher un personnage amnésique, je suis obligé de parler de cette série où le postulat de départ est que tous les personnages sont amnésiques. L’histoire de Caroline n’est pas forcément ma préférée (j’adore celle de November qui est bien plus touchante), c’est vrai, mais c’est la plus présente dans la série ; et la plus nécessaire pour le développement général de la série. C’était bien mené, c’était réussi, et c’était sacrément cool de voir Echo se débrouiller pour récupérer peu à peu ses souvenirs. En plus, Caroline finit par devenir Echo, et Echo finit par devenir Caroline, et ça c’était sacrément chouette. Entre temps, elle sera passée par bien des étapes la Caroline ! Tant mieux : je déteste le personnage de Caroline alors que j’adore celui d’Echo.

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Ouep, je sais, encore un top 100% féminin… mais si je suis honnête, je n’ai pas trop de souvenir de mecs amnésiques dans mes séries, à part peut-être un épisode de Smallville où Clark perd la mémoire. Il doit pourtant y en avoir d’autres (Cole dans Charmed ? Je ne sais plus ! Il perd ses pouvoirs, pas la mémoire, si ?), mais je voulais aussi des intrigues qui durent plus d’un épisode… Après, il y a Veronica Mars, sauf que je suis en train de me les refaire donc… je ne voulais pas me respoiler ce que j’ai oublié (la logique, le type en est là dans l’anti-spoil !).

Côté personnages féminins, j’en ai d’autres en stock, avec la saison 5 de Brothers and Sisters (mais j’ai détesté cette intrigue) ou avec Ava en saison 2 de Grey’s Anatomy. Je ne sais pas, il doit y avoir un truc avec les nanas perdant la mémoire dans les séries. Je vais parcourir les articles des autres participants voir s’ils ont été plus inspirés que moi ! Je me dis que dans toutes ses saisons, Supernatural a bien dû proposer quelque chose aussi, c’est courant pour une série fantastique ! Ah ! John Doe, Kyle XY et Blindspot, sinon, mais ça ne mérite pas de détrôner les personnages de ce top ! Et j’ai hésité également avec un certain arc de la saison 4 d’Agents of S.H.I.E.L.D, mais ce n’était pas exactement une amnésie, même si ça revenait au même dans les effets.

C’est tout pour aujourd’hui, j’espère que ça vous aura plu, je sais que ce n’est pas un thème qui inspirait grand-monde, mais j’espère vous avoir montré qu’il y a plein de personnages que ça concerne ! Bonne journée.

Ce que c’est qu’un fil rouge

Salut les sériephiles,

Nouvel article explicatif sur les techniques narratives de nos séries aujourd’hui. Je recommence à manquer d’idées pour ces articles, n’hésitez pas à demander s’il y a des termes que vous voulez voir passer à la moulinette du lexique. Je vous rassure, j’ai encore de quoi tenir quelques semaines avec les upfronts qui arrivent (pour savoir ce que c’est que cette bête-là, il faudra repasser sur le blog d’ici deux semaines).

Je m’égare et commence déjà le hors sujet avant même d’avoir expliqué ce dont on va parler aujourd’hui, c’est n’importe quoi, surtout que le fil rouge est un concept que j’utilise dans 90% de mes critiques sans l’avoir jamais expliqué vraiment. Oups, il y a urgence.

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Ouais, je sais faut que j’arrête les transitions foireuses avec gif, mais ça me fait rire.

Alors c’est quoi exactement un fil rouge ? Comme vous l’aurez deviné à force de lire mes articles si vous ne le saviez pas déjà, le fil rouge est le fil conducteur d’une histoire : en ce qui concerne les séries, il s’agit d’une intrigue qui parcourt l’ensemble de la saison. L’expression désigne ainsi un élément récurrent dans un récit (mais aussi dans une présentation ou dans un article – et le fil rouge de cet article est donc « fil rouge » : malgré mes nombreuses digressions et parenthèses, j’y reviens toujours).

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Le plus souvent dans les séries, c’est une intrigue introduite dès le premier épisode et qui court jusqu’à la fin ; mais parfois les séries procèdent autrement. On a déjà parlé des pods d’Agents of S.H.I.E.L.D dans ces articles par exemple et d’autres sont encore plus surprenantes en changeant d’intrigue principale sans crier gare (je pense surtout à Notorious, qui l’avait fait pour tenter de regagner de l’audience).

Bref, le fil rouge est un guide, une trame à suivre. D’ailleurs, l’idée de trame est vraiment la même, parce que le mot désignent aussi bien une intrigue nouée que le fil passant entre les fils tendus d’un métier à tisser… mais bon, je ne suis pas un expert en tissage (et pourtant, dieu sait que je sais broder dans mes articles !).

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Quelle origine ? Mystère et boule de gomme les amis ! Elle fait partie de ces expressions qu’on emploie sans trop savoir d’où ça vient. La première trace d’un « fil rouge » en littérature vient de Goethe en 1809 dans Les affinités sélectives. Il dresse alors une métaphore tout en expliquant l’idée de fil rouge comme étant un élément permettant de repérer l’appartenance à un cordage mais dont l’absence rendrait inutilisable ce cordage. Bref, sans fil rouge, une série serait inutilisable ? Dans vos dents les séries procédurales sans fil rouge !

C’est quoi ce nom ? Ben… Je me rends compte que cette fois, j’en ai fait le tour avec l’origine. On notera donc simplement qu’en anglais, ça devrait se dire « red thread » mais que ça ne s’emploie pas vraiment. Par contre, les américains adorent les « red wire » à désactiver pour rendre inutilisable une bombe. Je ne suis pas spécialement sûr que ce soit lié, mais c’est assez marrant pour que je le relève, et puis ça a tendance à faire retomber la pression quand on voit une bombe.

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On sait qu’on a le temps pour une petite tasse de thé.

Sinon, ils se prennent moins la tête que nous et parlent de « main theme » ou « common theme » (thème principal/commun). Même idée, pas de prise de tête.

Dans les critiques des sites américains, il est donc question de main plot (intrigue principale) et parfois de subplot (intrigue secondaire), et basta. Sachant que pour rendre le tout encore plus compliqué, le « fil rouge » est souvent traité par la critique comme un… subplot, parce que l’épisode a une intrigue principale (rendant l’épisode unique) et une intrigue secondaire (qui parcourt la saison). Pff. Ils font toujours tout à l’envers ces anglophones !

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OK, parfois l’astuce du fil rouge suffit pas !

Et aujourd’hui ? C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes et la majorité des séries l’a bien compris. Ces dernières années, on a vu se multiplier le nombre de fils rouges par série (coucou Quantico, qui revient aujourd’hui d’ailleurs) pour concurrencer les séries du câble s’étendant sur un nombre plus faible d’épisodes et pour s’adapter à la pratique de plus en plus répandue du binge-watching. C’est soit ça…. Soit la forme du procédural qui se distingue principalement par son absence de fil rouge !

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, franchement ?

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No, you’re not Quantico. Trop de complexité dans le fil rouge et rebondissements n’est pas une bonne chose.

Ce que c’est que la mythologie d’une série

Salut les sériephiles !

S’il y a bien un terme qui parcourt une grande partie de mes critiques, c’est celui de « mythologie ». C’est un peu honteux que je n’ai jamais pensé plus tôt à écrire cet article du coup, parce que bien évidemment, il y a énormément de choses à dire. Comme je suis sûr de faire encore beaucoup plus de 500 mots, je vous propose de passer directement au cœur du sujet. L’article a une forme (et un ordre surtout) un peu différente de d’habitude, pour la clarté des choses et avec des exemples assez cool (‘fin je pense) à la fin.

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Non, je ne regarde pas Vikings, mais j’ai tapé mythologie sur Google… et je me sens prêt à partir au combat moi aussi !

C’est quoi ce nom ? Si on s’en fie à Google, une mythologie c’est un ensemble de mythes (ah ben merci bien) et de légendes propres à un peuple, une civilisation, une religion. Un mythe ? Un « récit fabuleux, souvent d’origine populaire, qui met en scène des êtres symbolisant des énergies, des puissances, des aspects de la condition humaine ». Ou alors une « chose imaginaire ». Merci Google, on avance à grande vitesse là (ou pas). Je pensais que Google avait une réponse précise à tout, mais ce n’était qu’un mythe !

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Je ne me lasserais jamais de ce gif, non.

Abandonnons la facilité et concentrons-nous plutôt sur ce qu’en dit Roland Barthes (et donc l’acception du sens plus large qu’on lui donne aujourd’hui) : un mythe est à la fois « un mode de signification et la forme », un « jeu de cache-cache incessant entre sens et forme », un « système de communication ». Mais qu’est-ce qu’il raconte lui encore ? Simplifions : le mythe est un message qui se suffit à lui-même et qui évoque quelque chose (la même chose) à un groupe de personnes. Genre, vous savez tous ce que c’est qu’un Dom Juan, même si vous n’avez jamais lu Molière (et vous devriez pourtant). Ce n’est pas une idéologie ni un concept, il peut être écrit, verbal ou pas du tout, et se distingue par la manière dont il se propage. Lui il s’en sert surtout pour analyser la pub et la mode, et c’est passionnant.

Bon. C’est passionnant, ça me fait réviser et simplifier grossièrement (il y aurait beaucoup à préciser et redire), mais ça nous éloigne du sujet de base.

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J’arrête de me prendre pour un prof, on repasse aux séries !

Alors c’est quoi exactement la « mythologie d’une série » ? Facile. Chaque série met en place sa propre mythologie : les personnages ont leur manière propre de communiquer et d’évoluer dans l’univers de la série, qui est lui-même régi par un ensemble de règles plus ou moins bien définies et immuables (pour le plus, regardez Buffy, pour le moins, regardez Charmed à partir de la saison 5).

La mythologie d’une série, c’est ce qui permet de ne pas être surpris de voir un cadavre se relever dans The Walking Dead quand ça n’aurait aucun sens dans The Last Man on Earth (quoique) ou qui permet à LOST de tout se permettre en se fondant toujours sur la science, la philosophie ou la croyance quand Younger n’est pas là pour nous prendre la tête. La mythologie assure donc les règles de l’univers, régit les relations entre les personnages, la chronologie. C’est tout ce qui fait le fond de la série et c’est souvent ce qui permet de faire la distinction entre les séries impeccablement gérées (LOST, toujours, mais aussi Wrecked par exemple) et les autres (OUAT, qui est incapable d’assurer la moindre cohérence chronologique dans le passé des trois quarts de son casting).

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Si seulement ils écoutaient leurs propres lignes de dialogue !

Quelle origine ? Comme beaucoup de choses quand il s’agit de raconter une histoire, il faut remonter à l’Antiquité et aux mythologies gréco-romaines, tout simplement. Les divinités grecques, les divinités romaines, ça formait quand même un ensemble sacrément cohérent ! Donc voilà, depuis toujours, les hommes racontent des histoires en se fixant des règles (oh la mauvaise introduction de copie d’élèves) et les scénaristes copient l’idée, tout simplement.

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Et aujourd’hui ? Forcément, toutes les séries ont une mythologie, mais celle-ci est plus ou moins complexe : elle peut s’appuyer sur des éléments mythologiques venus d’ailleurs (non, pas de l’espace, mais d’autres séries, films, livres, récits d’Antiquité, etc.), se contenter du grand minimum (les séries procédurales, bien souvent) ou viser quelque chose de plus complexe (allez, je ne résiste pas : Here & Now !… mais aussi Agents of S.H.I.E.L.D ou même Shadowhunters).

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Et pour gérer toute cette mythologie, comment on fait ? On écrit ce qu’on appelle la Bible de la série. C’est un document plus ou moins volumineux avec tout l’ADN de la série : le concept, la structure narrative (avec les arcs s’il y en a), le ton, les thématiques et l’atmosphère, les lieux de tournage, la biographie des personnages, les résumés des épisodes, etc. Bref, tout est réuni dans un énorme livre qui permet à chaque scénariste et à n’importe qui bossant sur la série de savoir dans quel univers il met les pieds… même quand les personnages ne le savent pas eux-mêmes.

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Comme rien ne vaut l’exemple, voici pour les anglophones parmi vous, un extrait de celle de la saison 1 de Grey’s, de celle – juste passionnante car très personnelle – de LOST (avec les auteurs avouant que c’est la première fois qu’ils font ça et surtout mentant outrageusement en promettant que la série sera facile à suivre grâce à une… mythologie simple, et même plus simple que celle d’Alias et Rambaldi, qui se fait tacler au passage !) et de celle plus romancée de Stranger Things.

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Tout ça donnerait envie d’une publication systématique des Bibles de séries franchement, mais bon. Je n’ai pas le temps de tout traduire, mais même si vous ne comprenez pas l’anglais, je pense que ça reste intéressant à parcourir car on voit quand même comment tout s’est construit à l’origine…

Et ça, c’est passionnant à découvrir !