Le Whedongate, 2021

Salut les sériephiles,

Je sais. Je sais qu’il y a deux jours à peine, j’ai tweeté pour dire que j’avais fait le tour de ce que j’avais à dire sur Joss Whedon il y a trois ans déjà. L’article, simplement nommé Whedongate est toujours en ligne. Qu’est-ce qui a changé depuis son écriture alors ? Ben, déjà, je devais encore parler aujourd’hui des comics Buffy, et je ne me voyais pas le faire sans parler de ce qu’il s’est passé avant avec les déclarations de Charisma Carpenter. Je me suis alors retrouvé à écrire cet interminable article et, après réflexion, je le publie, tel quel, à chaud et sans relecture, sans mise en page particulière, sans gif. Le sujet est sérieux, après tout.

Voir aussi : Le Whedongate, 2017

Par où commencer ? Déjà, Charisma Carpenter a éclairci beaucoup les choses concernant sa grossesse. Très sincèrement, n’importe qui ayant vu la saison 4 d’Angel sait parfaitement qu’il y a eu un problème durant le tournage la concernant. Sa grossesse est maltraitée scénaristiquement du début à la fin, et le personnage est sacrifié et jeté à la poubelle après quasiment sept années d’évolution vraiment géniales. Tout ça, c’est encore sans compter la carrière de l’actrice qui a eu du mal à s’en remettre après.

Le point de vue de Charisma Carpenter ne fait que confirmer les nombreuses théories et rumeurs, tout en y ajoutant quelques éléments qui restent de l’ordre du point de vue : elle affirme ainsi que Joss Whedon a ignoré les appels de son agent lorsque celui-ci voulait prévenir de la grossesse de l’actrice ; et je suis sûr que Joss Whedon dirait probablement autre chose, mais à ce stade… Je m’en fiche pas mal.

De toute manière, je vois mal comment il pourrait s’en défendre autrement que « parole contre parole », et clairement, ce n’est pas celle de Joss Whedon en laquelle je crois le plus : il a refusé de simplifier le tournage pour l’actrice, au point de la faire venir tourner de nuit – alors certes c’est une série de vampires et il se passe plein de choses la nuit, mais beaucoup de scènes se déroulaient à l’intérieur tout de même ; et certaines scènes extérieures sont bien inutiles dans cette saison (ou auraient pu être tournées différemment).

D’après elle, Charisma Carpenter a donc vécu une grossesse difficile, y compris d’un point de vue médical, avec beaucoup de stress, un symptôme physique dont elle souffre encore et de multiples moqueries et remarques sarcastiques de Whedon, notamment sur ses croyances religieuses. Bon. On parle de Joss Whedon : ça ne fait absolument aucun doute, évidemment que ce qu’elle dit est vraie. Il suffit d’écouter quelques interviews du producteur – ou les commentaires audio des épisodes – pour savoir que c’est vrai qu’il a un humour grinçant (faisant aussi le succès de ses séries, c’est ça le pire), et pour l’imaginer assez facilement.

Je l’avais déjà dit la dernière fois : je n’ai jamais vraiment aimé ce que je voyais de Whedon en tant que personne. Il a l’air d’être un type triste, frustré, offensif avec les mots, qui veut tout contrôler et qui fait de l’humour avec tout, sans réfléchir vraiment aux personnes à qui il s’adresse. Eh, moi aussi je fais de l’humour avec tout… mais j’ai vite appris qu’on ne pouvait pas faire ça avec tout le monde non plus. Et clairement, tu ne peux pas te le permettre avec des gens qui bossent pour toi, purée.

Voir aussi : Comment Buffy a façonné mon blog (et ma vie) ?

Sa réputation a toujours été la même : il a une vision artistique sacralisée (par ses fans, certes, son équipe, aussi, mais surtout par lui-même) et une certitude qu’il fait qu’il refuse la critique ; voulant que le script soit réalisé à la virgule près. Souvenons-nous qu’Halle Berry et lui se détestent à cause d’une simple réplique qu’elle n’aimait pas et qu’il n’a jamais voulu changer, menant à la blague la plus désastreuse de X-Men parce qu’elle ne l’a pas dit sur le bon ton (et on connaît assez le ton whedonien pour voir ce que ça aurait dû donner cette blague du crapaud qui dit aïe comme tout le monde)…

Ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’on est en 2021 et que cette attitude qui pouvait passer en 2000 ne trompe plus : son autoritarisme en fait une mauvaise caricature de dictateur ridicule, et le féminisme de ses œuvres est en train d’être sacrément taché par ce qu’il est, un homme blanc hétéro pas si ouvert d’esprit que ça. En même temps, là encore, difficile d’y trouver une surprise quand on connaît le traitement des personnages de couleur dans ses séries (ils sont vraiment peu nombreux, et à part Gina Torres, ou à la rigueur J. August Richards, faut voir comment ils finissent en général…).

Le vrai problème qui me fait écrire cet article n’est cependant toujours pas là : tout ça, je l’ai déjà évoqué sur le blog, il n’y a pas de changement. Ce qui me pose problème, c’est la déclaration de Michelle Trachtenberg (Dawn dans Buffy) qui a suivi… Que tout le casting parle d’une mauvaise ambiance sur le plateau de tournage, ce n’est pas trop nouveau – on sait déjà que Sarah Michelle Gellar s’isolait souvent (et on comprend mieux pourquoi maintenant ?) et que Whedon avait ses favoris (toujours tristement silencieux dans l’affaire pour la plupart, alors que je les adore, à commencer par Alexis Denisof et Amy Acker). Qu’elle aille dire qu’il y avait une règle interdisant Joss Whedon de se retrouver seul avec elle – une adolescente ! – dans une pièce ? Ça craint.

Voir aussi, entre autres sur l’ambiance de tournage : Ma 1e convention, Buffy Once More With Feeling 3

On ne saura probablement pas ce qu’il en est, et on n’a pas vraiment besoin de savoir non plus, mais ça dépasse le cadre de la mauvaise ambiance, de toute évidence. On a souvent mis sur le dos de Sarah Michelle Gellar la fin de Buffy, mais peut-être qu’elle en avait marre aussi – elle savait de toute évidence ce qu’il s’est passé, quand d’autres nient être au courant, comme Anthony Head, que j’ai envie de croire, parce que je vois mal un type comme Joss Whedon oser faire quoique ce soit devant lui. C’est dire comme je vois Joss Whedon.

Il est assez connu parmi les fans, de plus, que Sarah Michelle Gellar n’était pas d’accord avec toutes les décisions de Whedon lors de la dernière saison – il va jusqu’à dire qu’elle n’a rien compris à la dernière scène entre Buffy et Spike, mais qu’elle a quand même joué ce qu’il voulait, et il en semble heureux et fier d’avoir réussi à la forcer à le faire dans le commentaire audio du DVD… Malaise ? Sa vision artistique avant le reste, comme lorsqu’il la force aussi à rire dans la saison 6 alors qu’elle déteste ça. Bon. Le métier d’acteur, c’est aussi ça, je sais bien, mais sans dialogue aucun sur le scénario et sur ce qui est accepté… Encore une fois, question d’époque, et personne ne trouvait rien à y redire en 2000, j’imagine.

Le reste du casting ? On voit mal David Boreanaz ou Nicholas Brendon (Angel et Xander/Alex, respectivement) intervenir après avoir été au cœur de leurs propres affaires de harcèlement. Beaucoup apportent du soutien, surtout du côté des femmes. Côté hommes, c’est sans trop de surprise que J. August Richards a été un des premiers à apporter son soutien à Charisma Carpenter, en soulignant qu’il savait ce que c’était d’avoir du mal à évoquer un tel secret (il a fait son coming out public il y a un an seulement), quand les autres ont eu du mal à s’y mettre.

Enfin, les favoris de Whedon se taisent… à l’exception d’Eliza Dushku. Pourtant, après avoir été dans trois de ses séries, et après avoir eu une série écrite rien que pour elle où il s’est empressé de la mettre en tenue de cuir et dominatrice, elle ne peut pas ne pas savoir, surtout après avoir été elle-même victime de harcèlement plusieurs fois (elle a arrêté sa carrière après Bull à cause de ça) ? Je suis perplexe, mais Whedon semble avoir une telle personnalité qui attise la fascination, peut-être qu’on peut bel et bien être aveuglé par ce qu’il fait grâce au charisme qu’il dégage ?

Voir aussi : Ma rencontre avec Eliza Dushku au Comic Con Paris 2017

Et puis, quand on est dans ses bonnes grâces… ? Je reste surpris – dérangé ? – par le silence de certains face à cette affaire, tout de même (Nathan Fillion ? Felicia Day ?). Personne ne peut nier qu’il avait ses favoris et que ça ne peut que créer des ambiances de travail toxique ? Tout ça me rend heureux qu’il ne soit finalement jamais revenu sur Agents of S.H.I.E.L.D, et je comprends mieux pourquoi avec l’ouverture d’esprit de son frère et de Maurissa Tancharoen. Il doit y avoir des tensions dans les réunions de famille !

Voir aussi : Ma rencontre avec Felicia Day (en 2014)

Quant à la cancel culture qui rôde autour de tout ça… Humph. C’est compliqué. Certains comparent à Rowling, mais c’est bien différent de Rowling en ce qui me concerne – Rowling est juste une femme qui ne change pas à la même vitesse que le monde, qui est plus vieille que sa fanbase et qui s’entête dans des idées passées. Harry Potter a mal vieilli, les livres n’auraient pas le même succès aujourd’hui parce que pas assez inclusif… mais pour leur époque, ils restent étonnamment ouverts d’esprit dans le message ; et ils fonctionnent encore pour des lecteurs aujourd’hui grâce à la magie qu’ils apportent et à la plume incroyable de Rowling, qu’on ne pourra pas lui retirer, même si elle écrivait les pires messages du monde.

Voir aussi : The Ickabog, Un nouveau conte signé JK Rowling

Les œuvres de Joss Whedon ? Sa plume m’a moins plu ces dernières années, précisément parce que je ne le trouvais plus si ouvert d’esprit non plus, à se comporter en enfant après la défaite des démocrates face à Trump… J’ai quand même très envie de découvrir The Nevers, parce que j’adore le concept de base de la série. C’est frustrant.

C’est un être humain détestable. Pour l’instant, il n’est que ça, il n’a pas commis de crime, il est juste un connard qui vire les jeunes mamans et se comporte mal en présence d’adolescentes, ce qui est déjà beaucoup trop, mais j’ai déjà écrit que je n’aimerais pas le rencontrer car on voit bien qu’il est gênant. Je pense – j’espère – qu’il s’est contenté de réflexions salaces en présence de (et possiblement à propos de) Michelle Trachtenberg ; comme il en a fait de toute manière dans les commentaires audio des DVD aussi.

Si, si, il se permet des commentaires sur le fait que Dawn soit sexy dans un épisode qu’il commentait avec Nicholas Brendon, vraiment, c’était déjà dérangeant à entendre quand j’étais ado : de mémoire, mais je n’ai pas mes DVDs avec moi pour vérifier (tout se perd), c’est à propos d’une scène de la fin de saison 7 où Xander embarque Dawn de force en voiture avec lui.  Les blagues qu’ils font à ce moment-là ? Suffisamment dérangeantes pour que ça me revienne à la rédaction de cet article. Elle avait à peine 18 ans.

Je m’égare : comprenez-bien que si ça m’a dérangé en tant qu’ado il y a dix ans (plus, même), c’est qu’il y a clairement un problème, surtout maintenant que les standards ont évolué. J’aime la plume de Whedon, j’aime les mondes qu’il met en place, la structure narrative qu’il a donné à la télévision et les répliques grandioses de ses personnages qui évoluent toujours. Ces œuvres ne sont pas le fruit de son unique travail, mais d’une collaboration avec de nombreux artistes, tant devant la caméra (tant d’acteurs !) que derrière, avec une équipe de scénaristes dingues qui continuent aujourd’hui d’écrire des choses merveilleuses.

Je ne vais pas les renier. Je vais rester fan, parce que, et là ça rejoint Harry Potter, ça m’a forgé en tant qu’adolescent et jeune adulte, ça m’accompagne depuis des années et j’ai trouvé de la force grâce à ces œuvres.

En revanche, ce qui est permis par la fiction, notamment dans l’humour, ne l’est pas forcément dans la réalité. En revanche, je continue de penser que derrière le génie artistique se cache un type qui manipule tout le monde et se prend pour un dieu. En revanche, j’ai désormais la certitude que ce qui a permis la création d’un monde aussi parfait était finalement hyper toxique… C’est toutefois le cas de bien des choses dans ce monde, et il faut l’accepter.

Difficile de séparer l’artiste de l’œuvre, donc, comme toujours. Je vais continuer de penser bien du mal de la personne, mais d’adorer ce qu’il a écrit et créé, en me rappelant que ça a débouché sur des projets – et pas que les siens ! – où des artistes ont pu s’épanouir, où une forme de féminisme (mise à mal aujourd’hui sur plein de points, à commencer par Xander qui est l’archétype du nice guy à qui, en plus, on pardonne tout) a pu exister dans une culture qui ne lui laissait aucune place et où des fans ont pu grandir.

Et surtout, surtout, je vais espérer que Joss Whedon sorte de l’hypocrisie malsaine dans laquelle il est vis-à-vis du message de ses œuvres. Clairement, il s’en sert – et des œuvres, et des fans ! – pour s’excuser en permanence de ce qu’il fait et est, en assurant qu’il est un type bien parce que les mots le prouvent. Ce n’est pas le cas. Il a fourni de jolies histoires de rédemption à travers les années… Espérons qu’il puisse en vivre une lui aussi, reconnaître ses torts et avancer pour devenir plus fréquentable. Malheureusement, je doute de sa capacité à y parvenir, parce que je l’ai toujours vu comme un type profondément détestable, contrairement à ceux dont il s’entoure. Une aura, un charisme. C’est terrible.

Je l’ai lu sur Twitter, et je n’ai pas meilleure conclusion : Do better, Joss.

Felicia Day déborde toujours d’idées, c’est parti pour WomenR

Salut les sériephiles,

Kollok 1991 Ep 6 by Hyper RPG | GIPHYJe suis un tout petit peu à court d’idée d’articles en cette fin de mois, mais c’est peut-être aussi parce qu’il faudrait que je prenne un peu plus de temps pour regarder des séries, pas vrai ? Par chance pour moi, je peux toujours compter sur l’actualité de Felicia Day pour trouver de quoi combler un article du jour en 500 mots… Et le mieux, c’est que non seulement ça comble, mais en plus c’est super intéressant parce qu’elle déborde toujours d’idées géniales, elle.

 

Voir aussi Felicitations : un podcast signé Felicia Day

Il faudrait que je me remette à écouter son podcast, mais en attendant, je préfère vous parler de son dernier projet en date, sur Twitch. On ne l’arrête plus et les changements de plateforme, c’est sa spécialité. Cela fait un moment qu’elle squatte Twitch de toute manière – et bien plus que je n’en avais l’impression, puisqu’en cherchant un peu, j’ai (re)découvert que ça faisait déjà six ans ! Dire que j’étais là lors de sa toute première semaine sur Twitch. Gloups.

Felicia day GIF - Find on GIFER

En tout cas, le confinement actuel est vraiment une bonne chose du point de vue de l’activité de Felicia Day et c’est particulièrement visible sur son compte Twitch. Elle n’arrête plus de se faire des parties de jeux vidéos en ligne, notamment avec ses compères de The Guild, et encore plus particulièrement avec Amy Okuda avec qui elle a sa propre série de vidéos. Le tout sans oublier qu’elle a aussi fait du tri dans ses projets passés…

Voir aussi : Southshore Inn, une websérie WoW sortie du passé par Felicia Day

Cela dit, le titre de cet article vous parle encore d’un autre projet qui a commencé hier – enfin à minuit pour nous en vrai – et qui continue de la faire évoluer dans un univers qu’elle adore : les jeux vidéos, certes, mais pas que. Comme elle le dit, elle oscille dans toute sa carrière entre Hollywood et les jeux, mais s’il y a bien un mot qui résume toute sa carrière, c’est la créativité. C’est un peu l’idée de son deuxième livre – bon dieu, il faut que je le continue – et c’est désormais celle de cette nouvelle émission qu’elle anime sur Twitch.

but she's always been very complementary of the squad | Tumblr

Cette émission en huit épisodes (seulement !) mettra en avant chaque semaine des femmes qui font carrière dans l’univers des jeux (et pas que vidéo) : joueuses professionnelles, artistes de comics books, créatrice de jeux de société… L’idée est de mettre en avant un maximum de diversité de manière à, peut-être, créer des vocations. Comme toujours, Felicia Day espère inspirer et être inspirée grâce à ce projet, en faisant découvrir un monde qu’on ne connaît pas forcément. Et elle ne veut pas créer des vocations que chez les femmes, même si l’idée est de bien faire comprendre que ce monde n’est pas que masculin.

Voir aussi : Ma rencontre avec Felicia Day (en 2014)

Il n’y a pas à dire, c’est typiquement le genre de projet qui peut être naze ou particulièrement fascinant. L’avantage, c’est que comme c’est mené par Felicia Day, je sais d’avance que ça va être particulièrement fascinant. Quand je vais me remettre à prendre le train, je pourrais donc rattraper tout ça : comme l’émission est menée par mon actrice préférée, je sais que ce ne sera pas une perte de temps. En plus, elle a toujours les meilleures questions et on sent la passion déborder dans chacune de ses interventions. Autrement dit, je ne peux que vous conseiller de suivre ça avec attention, parce que le sujet est à la fois original et passionnant. Il me paraît sacrément inédit dans la forme, tout de même, ça valait bien un article ! J’ajoute d’ailleurs qu’elle en profite aussi pour reverser quelques dons à des associations via sa chaîne, comme toujours. Parce que pourquoi pas quand on a une audience de plus de 15 000 personnes en 24h.

Et si le premier épisode vous tente, il est dispo sur sa chaîne, par là.
Peut-être même que je suis en train de le regarder déjà, parce que eh, ce n’est jamais qu’une heure après tout.

 

 

 

Le retour d’Une Nounou d’Enfer

Salut les sériephiles confinés,

Je ne sais pas si ça pourra consoler ceux d’entre vous qui vivent mal l’isolation et le confinement, mais vous n’êtes pas les seuls coincés chez vous : non, tout Hollywood l’est aussi. Après, c’est sûr qu’on n’est probablement pas logés à la même enseigne que nos acteurs préférés, confinés dans leurs immenses villas et demeures de Los Angeles. Cela dit, ils redécouvrent probablement le ménage et doivent regretter la taille de leur habitation…

mine the nanny fran fine 2.14 Maggie Sheffield the-tvblog •
Le confinement dans les années 90 ?

Une fois le ménage terminé, il n’empêche que les acteurs doivent s’ennuyer. Et contrairement aux scénaristes et d’autres professions pour qui je ne doute pas que le confinement sera l’opportunité de mettre sur pied des projets qui dormaient depuis un moment – 2021 sera une année juteuse du côté de la production, j’espère !, les acteurs sont coincés sans avoir la possibilité de mener à bien leur travail.

Depuis quelques semaines, on voit donc prospérer tout un tas de projets plus ou moins intéressants pour occuper le confinement. J’ai déjà parlé samedi dernier de Felicia Day qui s’occupe pas mal avec des sessions live de jeux vidéos et d’anciennes vidéos, je peux aussi mentionner le duo mythique de Scrubs qui s’est lancé dans un rewatch de la série sous le format podcast, proposant ainsi un commentaire audio de chaque épisode. Une autre proposition hollywoodienne qui a fait beaucoup de bruit au cours de la semaine est celle du casting de The Nanny – plus connu en France sous le nom d’Une Nounou d’Enfer – qui a décidé de se réunir pour un petit live stream, eux aussi.

the nanny Archives | Watchama
TA TALALA TALALAAA ♫

Le rendez-vous s’est fait la semaine dernière, après avoir été teasé depuis un moment par l’actrice principale, pour être diffusé il y a trois jours sur Hulu et sur Youtube. Cela tombe vraiment bien pour nous autres français : tous ces projets ne sont certes pas sous-titrés, mais ils sont libres et faciles d’accès. Ni une, ni deux, j’ai dégagé une petite demi-heure pour regarder cette réunion pleine de nostalgie.

The Nanny // Une nounou d'enfer - Sitcom - Le forum de SeriesAddictSi certains acteurs ont une actualité qui permet encore de savoir ce qu’ils font ces derniers temps – Fran Drescher ou Madeline Zima en tête me concernant – d’autres étaient retombés dans l’oubli. Pourtant, ils ont tous accepté de se connecter au même moment pour faire une lecture en ligne du tout premier épisode de la série. La nostalgie est au rendez-vous, le coup de vieux aussi : ils ont tous pris un paquet d’années puisqu’on est désormais en 2020 et que la série a accompagné toute mon enfance à coup de rediffusions perpétuelles à 20h sur M6. En revanche, le script, lui, est toujours aussi efficace après 26 ans – le calcul est simple, c’est l’année de ma naissance, avec des blagues qui parviennent toujours à faire mouche. Vraiment, j’ai bien ri, entre les souvenirs de l’époque et les blagues oubliées.

Pour les non anglophones, j’espère que des sous-titres seront proposés un jour, parce que ça vaut le détour pour tous les fans, surtout qu’il y a des gags sur l’âge encore plus drôles avec des acteurs plus vieux… Le confinement est l’occasion d’une bonne tranche de nostalgie de toute manière, et c’est aussi pour ça que le défi #Sériesnement du jour est de se faire un rewatch… Merci Disney+ de proposer l’intégrale des cinq premières saisons d’Agents of S.H.I.E.L.D (ou Netflix et Community, ou Prime Video et Desperate Housewives, pas de jaloux).

Bref, je m’égare, merci à Sony Pictures d’avoir organisé tout ça – probablement même avant le confinement (mais j’imagine que l’idée était de filmer une réunion avec lecture du pilot, à l’origine, ce qu’on ne saura probablement jamais.

Southshore Inn, une websérie WoW sortie du passé par Felicia Day

Salut les sériephiles confinés,

Southshore Inn: Episode 1 - YouTube

Finalement, je n’ai pas lu de BD cette semaine, alors je laisse tomber l’idée des BD chaque samedi. On verra bien selon mes envies quand est-ce que j’y reviendrai. Et comme il fallait bien que je compense avec autre chose, je me suis dit que je pouvais bien vous avouer qu’avec ce confinement, j’étais retombé dans fan mania habituelle de Felicia Day. Ce n’est pas la première fois que je vous parle de cette actrice et que je vous dis que je l’adore. Aujourd’hui, je ne change pas de registre et je vous présente un de ces derniers projets, datant de… euh, 2009, en fait.

En effet, c’est au tout début du confinement qu’elle a annoncé mettre en ligne sur sa chaîne Youtube cinq épisodes d’une sitcom qu’elle avait écrite et tournée il y a tout ce temps, en compagnie de Sandeep Parikh, inoubliable Zabou de The Guild. Je sens votre excitation monter comme la mienne alors calmons les ardeurs : il s’agit d’une sitcom dans l’univers de World of Warcraft, tournée intégralement dans le jeu vidéo.

World Of Warcraft: Legion réalise le rêve de graphiques de ...
Eh, ça donne presque envie de se consacrer plus longuement à cet univers.

Franchement, c’était une suite logique pour Felicia Day après The Guild que d’écrire une série comme cela. Concrètement, il s’agissait d’une sitcom de vingt minutes qui suivait la vie d’un gérant d’auberge un peu boulet et n’arrivant pas à payer ses taxes. Et comme on est dans l’univers de WoW, il y a bien sûr plein de références au jeu et à des créatures que je ne connais pas, n’étant pas gamer. Si vous l’êtes, attention à vous, ça vous donnera envie d’y rejouer tout en étant super nostalgique de l’ancien design du jeu, paraît-il.

Cependant, si vous ne l’êtes pas, ne vous inquiétez pas, l’histoire reste assez fluide pour être vraiment prenante – ça ne m’a pas dérangé outre mesure de ne pas connaître tous les éléments dont il était question. Bon, et concrètement, d’où ça sort tout ça ? Dans un live, Felicia Day et Sandeep Parikh ont expliqué que c’était un vieux projet qu’elle avait écrit dans son coin avant d’essayer de le vendre à une chaîne. C’est cette dernière qui avait proposé de découper l’épisode de 20 minutes en plusieurs mini-épisodes (un truc qui revient à la mode avec Quibi, une plateforme de streaming qui ouvrira lundi aux États-Unis et qui propose donc de découper ses épisodes en morceaux de quelques minutes) et financé le tournage (plus compliqué qu’il n’y paraît d’après Sandeep Parikh) avant de se rendre compte que WoW n’était pas du tout intéressé par le projet car ils en avaient déjà un autre en stock.

Felicia Day and Sandeep Parikh at San Diego Comic-Con – ÜberSciFiGeek
N’empêche qu’avant ça, évidemment que Felicia Day a fait appel à ses amis pour la soutenir dans ce projet. C’est comme ça que Sandeep Parikh s’est retrouvé mêlé à tout ça alors même qu’il n’avait jamais joué à WoW.

A la fermeture de cette chaîne de contenu, Felicia Day a récupéré les droits de ces épisodes et c’est uniquement parce que le confinement s’annonçait long qu’elle s’est décidée à rendre le tout disponible en ligne, pour s’occuper. Oh, s’occuper, elle sait le faire en ce moment : concrètement, le confinement, c’est un peu la base de sa vie – ceux qui ont vu The Guild le savent bien puisque Codex est un personnage inspiré de sa vie), alors évidemment qu’elle est comme un poisson dans l’eau à organiser tout plein de directs (notamment un hier, sur le dernier épisode d’Into the Dark auquel elle a participé).

Les 10 ans de The Guild | Just One More Episode
D’ailleurs, The Guild est la parfaite websérie pour le confinement, je crois.

Voir aussi : Les 10 ans de The Guild

En tout cas, Southshore Inn est un bon moment à passer. Ce n’est pas aussi efficace que Dr Horrible pendant la grève des scénaristes, elle l’a sûrement sorti un peu trop tôt aussi (avant la pénurie de séries à venir d’ici deux ou trois semaines), mais c’est très drôle. Dès que le personnage de Felicia Day arrive, on retrouve immédiatement l’humour et la vivacité d’esprit qui caractérise l’actrice, et c’est génial ! Bien évidemment, la fin est ouverte : il s’agit d’un pilot qui n’aura jamais de suite… mais comme il s’agit d’une sitcom, il n’y a pas non plus de grand suspense. Il est vraiment possible de voir ça comme un mini-dessin animé complet. L’ouverture finale est juste frustrante parce que les personnages sont déjà attachants en vingt minutes.

Après, je ne suis pas forcément le plus objectif qui soit, à être aussi fan de Felicia Day… Je vous conseille quand même ces cinq épisodes, c’est trop sympathique et assez court pour se permettre de passer à côté si vous parlez anglais… Perso, ça m’a occupé de 1h à 1h30 une nuit d’insomnie cette semaine, faute d’un peu trop d’activités physiques, merci le confinement.

zaboo | Tumblr