Salut les sériephiles,
Exercice périlleux aujourd’hui : j’ai vu hier soir en avant-première Matrix Resurrections sans avoir revu récemment les précédents et j’aimerais vous en parler sans spoiler. C’est quasi-mission impossible, honnêtement. Il n’y a pas forcément besoin de revoir les films avant de voir le 4, si vous êtes là parce que vous vous posez la question. Revoir un résumé, et il y en a des vraiment bien et rapides sur Youtube, peut suffire pour se remettre quelques éléments en tête et, au pire, le film le fait pour vous.
Est-ce que j’ai aimé ce que j’ai vu hier soir ? On entre déjà dans le spoiler car il est complexe de donner un avis sans entrer dans la révélation de certains éléments. Comme je l’ai écrit sur Twitter, je peux déjà en dire que la salle de l’avant-première était loin d’être pleine et que quatre personnes sont parties avant la fin. Si je l’écris autrement, ce n’était pas vraiment du Matrix dans les images hier soir, et c’est super frustrant.
OK, on entre dans la critique qui ne spoile pas l’intrigue mais la réalisation : les scènes d’action qui font le culte de la trilogie sont clairement un souvenir lointain pour la réalisatrice de ce film qui est passé depuis à une autre phase de sa carrière, notamment avec Sense8. Clairement, les fans de la série retrouveront avec plaisir des acteurs et des clins d’œil aux techniques peaufinés par la série, mais c’est loin d’être les plans parfaits des films. Tout est aseptisé, en plus, ça va jusqu’à jouer du flou pour les personnages qui ne se sentent pas bien. Rien de ce qu’était Matrix avant, donc.
Même les maquillages sont loin d’être suffisants pour une telle production, avec des vieillissements qui font parfois mal aux yeux sur un grand écran. Les costumes aussi peuvent faire mal aux yeux tant les couleurs sont vives, mais j’ai aimé les looks de la plupart des personnages – moins de cuir qu’avant, certes, et ce n’est pas plus mal. Les acteurs sauvent souvent l’ensemble, heureusement. Outre le duo de tête que l’on retrouve avec un plaisir non dissimulé, il y a de très bonnes additions au casting, à commencer par une Jessica Henwick omniprésente, du fan service Sense8, une Priyanka Chopra (Jonas) que j’aime toujours et un Neil Patrick Harris qui sauve clairement certaines scènes aux effets spéciaux approximatifs. Oui, ça fait mal d’écrire ça pour du Matrix, mais vraiment, c’est le sentiment que j’en ai eu.
Voir aussi : Tous en scène 1 et 2 (#54)
Spoilers
Côté intrigue ? J’entre encore plus dans le spoiler, donc continuez à vos risques et périls, mais j’ai envie d’en dire deux choses très opposées l’une de l’autre. D’un côté, ça m’a semblé hyper convenu à bien des égards, à enfoncer les portes ouvertes du fan-service à de nombreuses reprises, parfois à bon escient, parfois alors que ce n’était vraiment ni nécessaire, ni bienvenue. Les mots en français dans ce scénario, vraiment, c’est une part de l’intrigue qui semblait juste être là pour ajouter un peu de fracas…
D’un autre côté, difficile de parler de fan-service quand toute la première partie du film cherche à volontairement nous déstabiliser en tant que spectateurs. En grand fan de tout ce qui touche de près ou loin à la métaréflexion, métalittérature et métatoutcourt, j’étais ravi par le début du film… Très clairement, le film se fait plaisir à souligner à quel point il n’était pas nécessaire de faire un Matrix 4 : le studio est d’ailleurs plutôt beau joueur de laisser certaines scènes se dérouler, parce qu’on nous donne l’impression qu’ils ont vraiment forcé la main de la réalisatrice pour cette suite. Malheureusement, ça ne fait pas tout et, concrètement, ça ne justifie pas tout : ça va deux minutes de nous dire que le film n’est pas génial et qu’il en a conscience et qu’en fait c’est le but, mais quand la scène post-générique est finalement le gag le plus efficace du film, c’est peut-être qu’il y a un problème.

D’ailleurs, tout au long du film, on sent bien que l’équilibre peine aussi à être trouvé du côté du ton du film : il y a beaucoup de gag, beaucoup de sérieux, beaucoup de prise de tête, et l’équilibre est compliqué à maintenir. La prise de tête ? Eh, c’est du Matrix, donc c’est attendu… mais là aussi, j’ai eu peine à retrouver la profondeur du premier film. Là où c’était révolutionnaire il y a vingt ans, on se contente d’effleurer la surface aujourd’hui. Plutôt que de prolonger la réflexion à l’ère des réseaux sociaux, alors que le scénario méta l’aurait permis !, on nous indique les pistes qu’il faut parcourir et on nous tend des perches qu’on peut saisir, ou qu’on peut ignorer si on le préfère.
Bref, c’est un film qui n’arrive pas à tenir ses promesses à mon sens. Pourtant, je n’en attendais rien en y allant : je me doutais que c’était une mauvaise idée après la mort de Neo et Trinity. Il y a certes une bonne idée pour justifier leur retour à la vie sur le plan scénaristique… mais nous balancer du jargon scientifique n’est pas tellement suffisant pour nous faire gober n’importe quoi sur les capacités des machines ? Enfin remarque, c’est exactement le but du film : il faut gober pilule bleue sur pilule bleue, et puis c’est tout.
J’ai peiné à me réveiller et à voir où était la pilule rouge dans tout ça, même si certains prolongements pouvaient être intéressants. J’ai surtout l’impression que le film passe souvent à côté de ce qu’il aurait pu être – ou alors c’est moi qui passe à côté du film. Je suis resté jusqu’au bout, et jusqu’à la scène post-générique, parce que les acteurs sont bons et que j’aime aller au bout des histoires qu’on me propose, mais vraiment, le dernier plan, quelle plaie en plus.
On a beau me dire que Lana Wachowski fait ici sa psychanalyse et ressuscite ses parents à travers Neo et Trinity, on a beau me dire que c’est un film qui commente les recettes des blockbusters, on a beau me dire qu’elle cherche à faire réfléchir et que c’est spectaculaire, la réalité, c’est que j’ai du mal à trouver ça brillant : ça ne dépasse assez, en tout cas pour moi, ce que ça critique. C’est bien de dire « regardez, je fais ce que je critique », mais ce n’est pas le dépasser efficacement que de le faire ? Et pourtant, je connais un peu l’œuvre des Wachowski, mais là, vraiment, je passe à côté. Eh, ça m’a rappelé Tenet parfois, même délire de « je fais mieux que les autres car j’ai conscience de ce que je fais » alors que finalement, non, ce n’est pas mieux que les autres…

Est-ce que j’ai aimé ? Vous aurez compris que la réponse est plutôt non… mais si je n’arrive pas à me concentrer sur autre chose que le négatif dans cette critique, c’est aussi parce que je laisse la déception parler. Il y a assurément de bons moments et des instants qui devraient ravir les fans de la trilogie. Certaines répliques badass sont tombées à plat dans ma salle, mais je suis sûr qu’il y aura des salles où ça applaudira. À vrai dire, après Spider-man No Way Home, ça m’a un peu manqué, c’est peut-être ça qui joue sur ma réception du film aussi.
Voir aussi : Mon avis à chaud sur Spider-man No Way Home (#52)



Pourquoi ? Pour tout dire, je ne suis pas sûr que j’aurais pensé à cette actrice après avoir vu le film de conclusion de la série si j’avais eu d’autres épisodes marquants vus cette semaine… Mais comme ce n’est pas le cas, je trouve ça bien normal de lui consacrer un article. Après tout, elle a géré son rôle de Maggie durant deux saisons et un film. Ce n’est pas un rôle forcément évident, pourtant. Il faut savoir s’effacer correctement quand on incarne la mère de l’héroïne de la série et la femme d’un homme mourant, c’est-à-dire quand on incarne un personnage qui a le potentiel de finir par être le moins mémorable d’un casting. Et pourtant, Maggie est passionnante : les scénaristes ont fait le choix de nous montrer son évolution en tant que personnage à travers le deuil qu’elle vivait, mais aussi à travers sa profession et son rôle de mère.
C’est donc un personnage complet que Mary Steenburgen avait l’occasion de jouer à l’écran. Et elle en a bien profité. Certes, elle n’était pas non plus une chanteuse née, ni une danseuse née, mais elle s’est donnée à fond dans tous les numéros qu’on lui proposait. Les chorégraphies étaient souvent bizarres ou décomposées, m’enfin, elle a donné tout ce qu’elle pouvait, et ça marchait bien. Pour le film de cette semaine, sa version de Call me maybe est toute personnelle : plus lente, plus hachée peut-être, certes, mais plus personnelle et donc plus prenante. C’est crédible et touchant comme tout de voir l’actrice devoir se relancer dans la vie après une perte horrible. Et elle était touchante comme tout dans la scène au cimetière aussi. Bref, c’était une belle saga qu’elle a pu jouer avec cette série !
Vue aussi dans : Dans
’info en + : La question qui a brûlé les lèvres de pas mal de fans suite à ce film de conclusion qui nous a tous fait danser est désormais de savoir si une saison 3 et/ou un autre film pourront voir le jour. Ce n’est pas tout à fait gagné, mais ce n’est pas infaisable non plus. Si je n’en veux pas particulièrement, finalement, ce n’est évidemment pas moi qui ai le moindre rôle à jouer dans cette affaire, vous vous en douter. Concrètement, le film a vu le jour grâce à un petit miracle de Noël quand Roku a racheté la série pour la diffuser gratuitement sur sa plateforme. C’est plutôt un geste malin de leur part : ils récupèrent une partie de la fanbase de la série et se font bien voir, tout en s’assurant que les gens qui découvriront la série sur leur plateforme obtiennent bien une conclusion. D’une pierre deux coups. Pour une suite, il va donc falloir de sacrées audiences capables de convaincre Roku que c’est une bonne idée de donner suite à la série. Mais en fait, c’est quoi Roku ? C’est l’acquéreur de Quibi à la débâcle de celui-ci, mais aussi un service qui propose de capter sur sa télévision différents services de streaming, en plus du sien. Le catalogue est tellement énorme que je ne suis pas convaincu que grand monde y regardera Zoey, mais c’est une affaire à suivre, j’imagine ! Attendons avant de sortir le champagne… 
Concrètement, ce film est à peu près exactement ce que j’en attendais. Je n’imaginais pas un début comme celui-ci après avoir vu des extraits auparavant, mais à part ce petit détail, vraiment, c’était ce que j’en imaginais : des apprentis chanteurs se retrouvent pour un concours de chant qui va révéler des talents, mais surtout des amitiés construites sur un rêve commun. Et le rêve commun, ce n’est pas l’argent prévu pour le vainqueur du concours, mais bien une vie de chant.