Je n’ai absolument pas le temps pour les séries en ce moment, alors je me tourne logiquement vers le cinéma en ce mercredi pour vous proposer un article. Tout. va. bien.
Recyclez aujourd’hui, économisez demain ?
Je vais être honnête : quand l’annonce d’un remake live-action de Dragons est tombée, j’ai levé les yeux au ciel (et je n’y ai pas vu passer le moindre dragon). Vraiment, ça m’a laissé le sentiment habituel de « À quoi bon ? », l’énervement de voir Hollywood s’empêtrer dans une absence incroyable d’idées originales. Pour le coup, le film d’animation original était ORIGINAL. C’est un chef-d’œuvre, ses suites et la série télévisée ont brillamment enrichi l’univers avec toujours autant de qualité, alors pourquoi remuer le passé ?
Cette tendance des studios à recycler des œuvres qui n’en ont pas besoin est agaçante. Dragons fait partie de ces franchises intemporelles, déjà parfaites dans leur format initial. Pourquoi courir le risque de ternir cette image avec une version qui ne pourra pas rivaliser avec l’original ? Bref, mon premier réflexe a donc été – et est toujours, en fait – de râler contre l’industrie et ses reboots sans fin. Recyclez aujourd’hui, faites de la thune demain. Après tout, ça marche pour Disney, je comprends que Dreamworks tente le coup…
Des bonnes nouvelles tout de même
Pourtant… je suis faible. Certains détails ont attiré mon attention. D’abord, Dean DeBlois, déjà aux commandes de la trilogie animée, est de retour pour diriger cette adaptation. C’est souvent bon signe quand un réalisateur emblématique reste impliqué : cela promet a minima une certaine fidélité à l’œuvre originale. Ensuite, j’ai appris que Gerard Butler reprenait son rôle de Stoïk la Brute. C’est déjà ça, non ? La nostalgie peut commencer à faire son petit effet. Ce genre de décision, c’est au moins celles qu’on a envie de lire, je trouve.
Et puis, bien sûr, il y a eu ce moment. Un premier aperçu, un leak sur Twitter (une fuite calculée ? Mystère !), a fait basculer mon scepticisme. Un peu. Je ne suis pas 100% vendu au concept, mais quand j’ai vu l’œil de Krokmou s’ouvrir en version live-action, mon cœur a fondu. Il n’est pas totalement réaliste – forcément, c’est un dragon, ça se saurait si ça pouvait être réaliste (mais à nouveau : pourquoi faire un live-action bordel ?) – mais il est à… croquer. Le jeu de mot est facile, je sais. En une seule scène, j’ai ressenti toute la tendresse que ce personnage inspire depuis le premier film et j’ai maintenant un peu plus envie d’y croire.
Ca n’a toujours aucun intérêt, je sais, le trailer semble confirmer qu’on va juste avoir droit au même film en live-action, sans le moindre changement ; mais au moins, ça ne me paraît pas raté. Faut dire que y a rien de pire qu’un live-action qui change l’histoire et se plante dans les grandes lignes (coucou Mulan, t’es un bon film, mais t’es pas Mulan de Disney, sérieux).
Du côté du casting, Mason Thames et Nico Parker incarneront Harold et Astrid, et ils ont l’air chouette. Ils ne me paraissent pas être des copies parfaites de la version animée, mais de toute manière, je ne les connaissais pas avant cette bande-annonce (enfin, j’ai vu Black Phone mais je n’ai pas reconnu l’acteur parce que je ne suis pas physionomiste), alors on verra bien. Dans tous les cas, le trailer m’a rassuré sur les intentions du film : rester fidèle à l’esprit de la saga tout en lui offrant un souffle nouveau.
C’est très tôt, une décennie après, pour donner un souffle nouveau, mais bon, il y a du fric à se faire pour eux, je suppose. La sortie du film est prévue pour le 11 juin 2025, et je sais déjà que je serai en salle dès le premier jour, voire même en avant-première si j’en ai l’occasion. En attendant, je reste curieux de voir comment cet univers prendra vie dans un format différent. Les paysages spectaculaires, les dragons majestueux, l’émotion des relations humaines et animales : tout cela promet d’être immersif et magnifique AUSSI en live-action.
C’est fou comme quelques minutes de trailer peuvent changer une perspective.
On s’éloigne à nouveau des séries, mais pas tellement du contenu habituel du blog, puisque je viens vous parler de Nuit Incolore, un artiste que j’écoute de plus en plus souvent. Et que je lis, désormais.
De son vrai nom Théo Marclay, ce jeune chanteur suisse d’origine vietnamienne s’est imposé rapidement dans mes écoutes Spotify depuis qu’il m’a été proposé dans le Radar des sorties. J’avoue que je ne regarde pas trop la télé et que je n’écoute pas la radio, c’est donc toujours via Spotify que je découvre de nouveaux artistes. J’écoute chaque semaine le radar pour voir s’il n’y a pas de quoi se mettre sous la dent.
L’album
Et grand bien m’a fait lorsque je suis tombé sur Nuit Incolore. J’adore tout simplement son album La Loi du Papillon. Non seulement, je l’écoute souvent, mais en plus, c’est un vrai plaisir de le voir (enfin, l’entendre) chanter avec d’autres artistes – Kyo, toute mon enfance, déso pas déso.
La semaine dernière, il a ainsi sorti une réédition de son album. Sobrement intitulé La Note noire, c’est une petite pépite qui pousse encore plus loin l’exploration des tourments intérieurs. Avec huit nouveaux titres inédits et deux bonus, l’album reste fidèle à son style introspectif, où chaque morceau semble une confession mise en musique.
Si vous aimez les ambiances sombres mais poétiques, cet album est une immersion totale dans l’univers de Nuit Incolore – et plus encore que l’ambiance, c’est sa voix que j’adore, toujours bien sublimé par le piano. Faut dire qu’il a reçu une formation classique au piano si j’en crois Google, et je pense que c’est vrai, car ça transparaît dans ses compositions.
Le webtoon
Mais ce qui m’a vraiment surpris la semaine dernière et qui me pousse à faire un article aujourd’hui, c’est son webtoon, également intitulé La Note noire. Présenté lors de la Japan Expo 2024, ce projet est une extension de son univers musical. Oui, oui, en plus d’un album, il sort un webtoon. Je me sens vieux : qu’est-ce que c’est un webtoon même ?
Si vous aussi vous êtes vieux (déso, pas déso, de nouveau) : un webtoon, c’est une BD en ligne. Oui, j’imagine que les puristes du webtoon vont me tuer car je fais l’impasse sur certaines caractéristiques, mais simplifions-nous la vie.
Et ça raconte quoi ? L’histoire d’un jeune artiste qui fait un pacte avec un démon pour atteindre la gloire. Je sais ce que vous allez me dire (à raison) : c’est hyper classique, certes, mais ici, c’est revisité ambiance webtoon avec des thématiques qui résonnent avec le parcours musical de Nuit Incolore… et avec des extraits de ses chansons bien sûr. C’est agréable de lire une BD et d’entendre soudainement les notes de chansons qu’on adore venir nous raconter l’histoire.
L’ambition artistique, les luttes intérieures, et le poids des choix forment le cœur de ce récit, et j’ai bien aimé les trois premiers numéros. Bref, Nuit Incolore est en train de me transformer en lecteur de webtoon, rien que pour la cohérence entre écrit et musique. Vous allez me perdre à force que je me perde moi-même dans tout un tas de trucs, je sais.
Après, c’est pas nouveau que j’aime le transmédia, c’était même un bout de mes études à la fac (par choix, évidemment). Ici, l’album et le webtoon se répondent mutuellement, enrichissant l’expérience : les morceaux deviennent la bande-son idéale pour lire le webtoon, et les images du récit éclairent d’un nouveau jour les paroles des chansons. Cette double démarche montre bien que Nuit Incolore cherche à construire son univers avec ses fans… et clairement, c’est immersif.
Alors oui, l’intrigue du webtoon ne révolutionne pas le genre et est pour l’instant plutôt simple, mais sa profondeur émotionnelle et ses visuels magnifiques compensent. Je ne cherchais pas un truc exceptionnel en plus, l’album, lui, était déjà une bonne petite claque musicale pour ma part.
Il y a sept ans (et donc environ 130 épisodes répartis sur huit saisons), Grey’s Anatomy accueillait un personnage maladroit et attachant, et personne ne se doutait qu’il marquerait la série… et mon propre parcours de sériephile ? Aujourd’hui, j’ai envie de vous en parler. Si vous n’êtes pas à jour de la diffusion américaine (saison 21, épisode 7), fermez vite cette page parce que je compte bien spoiler et dire au revoir à un personnage qui a grandi sous nos yeux et a quitté la série dans l’épisode de vendredi dernier. J’avais beau le savoir, ça m’a dépité et j’ai passé une partie de ma nuit de samedi à dimanche à rédiger ce bien trop long article. J’imagine que ça m’apprendra à vouloir retrouver ma passion pour les séries.
Quand Levi Schmitt est arrivé, c’était en septembre 2017, dans la saison 14, à la suite du départ de Stéphanie Edwards. Et oui. Moi, je rentrais dans ma dernière année d’étude avec mes concours et j’étais encore loin d’être installé, dans ma carrière ou dans ma vie personnelle. Levi, lui, était l’incarnation de la maladresse, un interne un peu gauche, toujours sur la défensive, avec ces fameuses lunettes qui lui ont valu son surnom.
Dans mon article sur ses débuts, je notais à peine sa présence. Comme beaucoup, et peut-être même comme les scénaristes, je l’ai d’abord perçu comme un élément comique, un figurant un peu plus développé. Mais très vite, Levi a prouvé qu’il avait bien plus à offrir, tout comme Grey’s a souvent su le faire avec ses personnages en apparence secondaires.
Très vite, d’accord, mais la première photo de lui sur le blog, c’était pour l’épisode 13 de la saison et… il a un joli dos ?
Un personnage qui a su évoluer
Levi m’a ensuite surpris. Je n’ai pas pu relire tous mes articles, bien sûr, mais pendant longtemps, il est resté cantonné au rang de boulet, interne avec qui Jo a couché, « glasses »…
Et puis, petit à petit, par sa capacité à s’affirmer, à se remettre en question, à s’adapter, il a tracé une évolution naturelle vraiment réussie.
Son coming out dans la saison 15 et toute l’intrigue qui va avec en ont fait un personnage un peu plus étoffé. Je n’ai jamais vraiment aimé Nico, mais faut bien avouer que c’était une intrigue sympa de le voir débarquer et draguer Glasses jusqu’à ce que celui-ci comprenne qu’en fait, il était attiré par lui bien plus que par les femmes – ce qui explique aussi pourquoi sa relation avec Jo a fini en grande amitié plutôt qu’autre chose.
Coming-out
C’est là qu’il a commencé à avoir un nom dans mes critiques – même si je ne savais jamais si c’était Schmitt ou Schmidt. Et c’est cette saison aussi que je me retrouvais à adorer Hellmouth, qui faisait une excellente amie pour lui.
Bien sûr, la saison 15 et le coming-out, c’est surtout un premier baiser raté (que je commente ici). Ce baiser avec Nico Kim a marqué une étape importante pour la série, mais aussi pour Levi, qui lui demandait à apprendre ce qu’était l’homosexualité grâce à lui, lui demandant plus de temps. C’était le début d’une vraie acceptation de soi qui a résonné bien au-delà de l’écran : l’acteur en a profité pour faire son propre coming-out et les scénaristes ont vraiment décidé de jouer à fond la carte de cette intrigue, montrant les débuts de sa relation (franchement chaotique et toxique) autant que le coming-out à répétition qu’il devait faire. Et puis, il y a eu sa première fois dans l’ambulance avec Nico. C’était… un grand moment ? Une belle affirmation, en tout cas.
Ils sont ensuite surpris par Alex qui vient juste d’être nommé chef et leur conseille juste de trouver des salles de l’hôpital avec des verrous. WTF. Qu’importe, voilà Schmitt qui prend confiance en lui et décide peu de temps après d’abandonner ses lunettes (oui, je vous ai retrouvé l’article où j’en parle). Qu’est-ce que j’ai aimé cette évolution où le fait de faire son coming-out l’a fait se sentir mieux dans sa vie pro. Le voir prendre confiance en lui quand même… C’est exactement l’effet que peut faire un coming-out ; cette grande respiration du « ah, c’était ça le problème ? ».
Ce qui est certain, c’est que c’est au cours de la saison 15 que Schmitt a pris de l’importance dans la série, plus que les autres internes de sa génération (Quadri, Rory, même Parker… on les a oubliés, il ne reste vraiment plus que lui et Helm). Pas étonnant qu’il soit finalement celui désigné pour faire le lien avec Station 19. C’était pratique : il pouvait s’absenter d’un épisode de la série-mère pour aller tourner le crossover et acheter des fleurs…
Et oui, oui, toutes ces phrases soulignées en couleur sont bien des liens vers des critiques. J‘aimais vraiment Levi à ce stade de la série et ça n’a pas changé depuis, alors j’ai pris du temps avec cet article, que voulez-vous ?
Contre toute attente, ils finissent pourtant la saison en couple. Vraiment, Nico aura pourri le personnage de Levi.
La traversée du désert
Le temps passe, le covid s’en va, Levi devient un peu plus chirurgien chaque saison – et maintenant, il peut même faire des chirurgies solo ou être le chouchou d’Adison. Côté vie privée, il continue de voir Nico, tout en bossant non stop pour être chef des résidents (menant à un Thanksgiving étrange, par exemple). Et après tout un début de saison où il ne se passe rien, on arrive assez vite au drama qui a fait que le personnage s’est trop éloigné de nos écrans. En une image comme en cent mots :
Certes, cette intrigue permet de développer à nouveau le personnage de Levi sur plusieurs épisodes, mais je trouve que ça a participé à pourrir un peu ce qu’il était moi.
On le renvoie dans ses doutes, c’est bien, mais ça l’a mis de côté pendant un long temps et ça n’a pas apporté beaucoup d’épaisseurs par la suite : il est redevenu ce qu’il était et c’est tout. C’est un drama qui n’a pas franchement laissé de traces (on ne l’a même pas revu lors des flashbacks de départ du personnage, tout de même !). Pourtant, il passe par une grande dépression et retourne même chez sa mère. C’était d’un frustrant ! Il a fallu que Richard aille le chercher plusieurs fois pour qu’il accepte de revenir, en plus – enfin, Richard + sa mère qui critique l’hôpital et a un accident dans les escaliers, le forçant à agir. Nico ? Il ignore totalement Levi à son retour à l’hôpital. On en a enfin fini avec cette histoire !
Et après deux longues saisons d’errance, il est annoncé que Levi va quitter la série en amont de la saison 21. C’est hyper frustrant, surtout que comme toujours avec la série (je n’ai pas oublié qu’ils ont fait pareil avec Lexie ou Stephanie), cela a été synonyme de beaucoup de temps passé avec le personnage dès le début de saison et pour quelques épisodes afin de marquer son départ. Quel dommage que les scénaristes ne se soient pas réveillés avant.
Et tant pis s’il laisse derrière lui une de ses internes dans le coma, hein, fallait rusher son départ avec une double intrigue pro et sentimentale d’un coup.
Un parallèle inattendu
Je me répète un peu, mais quand Levi est apparu pour la première fois, maladroit, avec ses fameuses lunettes et son air un peu gauche, je ne pensais pas qu’il deviendrait l’un des personnages les plus marquants pour moi – et encore moins qu’il serait l’un de mes préférés dans la série. Dansmon premier article sur lui, je ne faisais que l’effleurer, tout comme la série. À cette époque, il n’était qu’un interne parmi d’autres, et les internes dans cette série, on en a connu des générations entières qui ont disparu. Mais rapidement, Levi s’est affirmé. Ce surnom moqueur de « Glasses » a laissé place à un personnage beaucoup plus riche, avec des intrigues qui m’ont souvent touché. Et à mesure qu’il évoluait, je me retrouvais dans ses doutes, ses maladresses, et sa manière de s’accrocher à ce qui compte pour lui, même si ce n’était pas toujours parfait.
Quand Levi débutait comme interne, je terminais mes études. Quand il faisait son coming-out et prenais confiance en lui, ben, ma foi, je m’affirmai davantage dans mon job et je commençais activement à essayer de me mettre en couple. Deux déménagements, quatre établissements, et une pandémie plus tard, je suis maintenant bien installé, dans mon travail comme dans ma vie personnelle. Mon couple fête bientôt cinq ans – et mon blog ses dix ans. Gloups.
Vous vous rendez compte que cet article me fait prendre conscience que je n’ai posté aucune photo sur le blog de l’amitié Jo/Levi ?
C’est con, mais pour moi, c’est ça aussi une série : on grandit avec les personnage. Alors certes, ça fait deux ans que le personnage ne me parle plus autant, mais les trois premières saisons de Levi sont vraiment très importantes pour moi. J’imagine que c’est ça l’importance de la représentation Ce parallèle n’est pas franchement une nouveauté, mais il me frappe d’autant plus aujourd’hui, au moment de lui dire au revoir.
Dans son dernier épisode, « If You Leave », Levi fait un choix qui reflète parfaitement son évolution. Quitter Seattle pour un poste en recherche pédiatrique au Texas, là où, d’ailleurs, Stéphanie Edwards (qu’il remplace plus ou moins dans la série) s’était reconstruite sept ans plus tôt, boucle la boucle de manière émouvante et subtile. Pas de grandes déclarations, pas de larmes exagérées. Juste un départ logique, naturel, à l’image de ce qu’il est devenu.
Salut les sériephiles, Nous revoilà déjà dimanche après-midi (en tout cas au moment où je commence à écrire cet article) et qui dit dimanche après-midi dit aussitôt « Article performance de la semaine », pas vrai ? En plus, cette fois, j’ai réussi à voir un tout petit peu plus d’épisodes que ces dernières semaines, donc ma palette…
Pour moi, ce départ marque plus qu’une étape dans la série. Il symbolise aussi la fin d’une ère que j’ai suivie avec passion. Levi et Carina sont arrivés dans le même épisode et se sont rapidement imposés comme deux de mes personnages préférés de la série – puis du Shondaland – ces sept dernières années. Ils s’en vont à quelques mois d’écart à peine, me laissant un peu sans mes chouchous – et sans représentation digne de ce nom, en plus (surtout que ça semble mal parti pour Jules et Mika aussi et que Teddy, merci, non merci, elle retournera avec Owen quoiqu’il arrive…).
Bref, comment conclure après tout ça ? Ils ne le liront jamais, mais merci aux scénaristes pour Levi Schmitt. Merci Jake Borelli, pour avoir incarné ce personnage avec tant de sincérité. Ce départ me rappelle pourquoi je regarde des séries : pour ces histoires qui résonnent, ces personnages qui grandissent, et ces adieux qui nous rendent tristes et heureux à la fois. Je suis heureux qu’il reste en vie et puisse évoluer et grandir encore hors écran. La série n’aura donc pas foiré tous les départs…
Il y a un gros problème dans cet épisode : il traite en parallèle deux intrigues qui devraient bien plus se croiser que ce qu’elles ne font. C’est un trop gros morceau, donc, il se passe bien trop de choses. En revanche, l’épisode a réussi tout de même à me prendre par surprise sur les émotions. Je pensais être prêt, mais non, les cinq dernières minutes, même si on les voit arriver, frappent comme la série a toujours su le faire. Tss.
Spoilers
Levi quitte l’hôpital, Mika et Chloe sont entre la vie et la mort.
L’épisode commence par un étonnant cours d’histoire de la part de Meredith sur la gratuité des urgences alors que Kwan est en train de se chercher des chaussettes. Ce n’est pas bien rassurant tout ça, parce que ça l’amène dans la chambre de Yasuda qui n’est pas encore rentrée chez elle, et pour cause. L’épisode précédent se terminait sur un cliffhanger bien énervant, avec Mika qui avait un putain d’accident.
Celui-ci ne traîne pas trop à nous donner des nouvelles de Mika et sa sœur. Ce n’est pas rassurant du tout : elles sont toutes les deux très blessées et très inconsciente lorsque les pompiers viennent s’occuper d’elles.
Mika
Très clairement, l’épisode n’arrive pas à me convaincre quand il préfère se concentrer sur Teddy et Owen que Mika au départ. Je sais bien qu’il faut faire monter la tension avant la très longue pause, mais tout de même, je tiens à le redire pour une énième fois : on s’en fout. J’étais content que Teddy soit rapidement accaparée par l’arrivée de Mika et Chloe. C’est ce pauvre Lucas qui est le premier à comprendre que sa pote est dans une des ambulances.
Chloe finit dans les mains de Weber et Ben, tandis que Bailey décide de ne pas rentrer chez elle pour s’occuper de Mika avec Lucas et Teddy. Je crois que c’est l’une des premières fois que je me suis fait la réflexion aussi que, pour une fois, quand l’une et l’autre demandent des nouvelles de leur sœur, ça n’était pas parfaitement insupportable. C’est probablement parce qu’on connaît les deux personnages et qu’on les veut en vie toutes les deux.
Mika fait rapidement un arrêt cardiaque, toutefois. J’admire la capacité de Lucas à passer rapidement à autre chose : il ne reste même pas pour voir si ses collègues parviennent à la ranimer ? Je veux bien que Mika lui demande d’aller s’occuper de Chloe, mais tout de même, il se barre en plein moment critique sans même se retourner. Quand il arrive dans la salle où on s’occupe de Chloe, Richard cherche aussi à le virer, en vain.
Je trouve ça vraiment hypocrite de sa part et je trouve ça bien que Lucas souligne à quel point c’est ridicule. La règle est logique, je ne dis pas, mais tout de même, c’est abusé que ça vienne des médecins qui se sont tous opérés entre eux ! Bailey envoie donc bouler Kwan, Simone et Jules quand ils arrivent – avant de s’occuper d’eux quand Mika est envoyée au bloc.
Les internes doivent donc faire avec, et ça mène étrangement à des bonnes scènes. Jules se retrouve ainsi à culpabiliser d’avoir offert sa chirurgie à Mika et quand Kwan essaie de l’arrêter dans ce guilttrip, Jules finit par s’énerver contre lui. C’est Simone qui se retrouve à la réconforter et découvrir la relation bien compliquée et pas vraiment existante de Mika et Jules. Quel enfer, ça va nous laisser Jules dans un état catastrophique, tout ça. Et puis franchement, avoir Simone pour lui remonter le moral… La pauvre. Elle l’emmène voir les bébés, dans une longue tradition bien oubliée de la série. Jules finit par vraiment se confier à Simone.
Bon, d’accord, Jules reste dans un état moins catastrophique que Yasuda : nos chirurgiens-phare ne savent pas quoi faire de son cas, alors ils décident de temporiser autant que possible. Cela laisse l’occasion à Kwan d’être plus humain que d’habitude : il vient se confier à Mika pour mieux lui reprocher d’avoir mal fait la lessive. Bordel. Je n’ai vraiment pas envie qu’ils la tuent, parce que c’est vraiment la meilleure des internes de cette génération. C’est nul qu’elle quitte la série, franchement.
Les chirurgiens qui ne savent pas quoi faire ? Ecoutez, ça mène les scénaristes à nous proposer une nouvelle idée un peu déconnante : il y a désormais des machines de sport dans l’hôpital ? C’est plutôt logique, mais de là à voir Bailey et Ndugu dessus, il y avait vraiment un fossé que je n’étais pas prêt à franchir. Mais bon, ce qui est fait est fait, je suppose. Cela donne à Bailey une idée de génie, en tout cas : elle propose une idée complètement folle pour la sauver – une chirurgie qui fait froid dans ma propre colonne vertébrale.
Finalement, tout ça mène à une scène où les internes sont tous ensemble à attendre des nouvelles de l’opération. Bailey les informe que tout s’est bien passé mais qu’elle est désormais en salle de réveil. Ce n’est pas gagné, tout ça – mais eh, les scénaristes arrivent à nous faire rire quand Jules finit par révéler un peu malgré elle qu’elle a couché avec Lincoln. C’est si loin, tout ça.
Chloe
Pendant ce temps, Lucas doit vraiment lutter contre Richard qui refuse son aide non-stop. En vrai, il ne connaît pas vraiment Chloe, autant le laisser aider, non ? Cela me semble un beau gâchis d’énergie. Le cas de Chloe, outre le cancer et la chimio, se complique largement avec un gros problème au niveau des jambes à présent. Bordel, elle n’a vraiment pas une vie simple devant elle. En plus, elle a pour chirurgien Teddy ET Owen, c’est vraiment pas glorieux.
Lucas continue de faire tout ce qu’il peut pour elle, restant pour toutes les consultations et pour aider autant qu’il le peut – et c’est compliqué avec Richard qui ne souhaite pas le voir sur le cas. Et bien sûr, Teddy se retrouve à devoir changer d’opération en cours de route juste alors que l’opération de l’impossible commençait pour Mika : Lucas vient la chercher pour tenter de sauver la jambe de Chloe. C’est vraiment une journée de l’impossible pour eux tous franchement. Et après, j’ose me plaindre de mes journées de taf ?
Et quand tout semble terminé et que tout le monde va mieux, voilà Chloe qui se retrouve à faire un arrêt cardiaque sorti de nulle part. Les internes font tout ce qu’ils peuvent pour la sauver parce qu’il n’y a plus personne dans le service – Teddy et Owen étant trop occupés à se réconcilier là, mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? Lucas embarque les autres, bien décidé à tenir sa promesse muette à Mika. C’est malheureusement un échec : un quart d’heure d’arrêt cardiaque, c’est beaucoup. Beaucoup trop.
Voilà donc Chloe qui meure dans les mains de Lucas, forcé de déclarer l’heure du décès, puis dans celle de Jules qui ne voulait pas s’annoncer vaincue non plus après avoir tout observé. Rien d’autre n’aurait pu être fait, mais cette mort bouleverse tout l’ordre établi. Lucas ne va probablement pas se remettre de ne pas avoir su la sauver – ni assumer face à Mika. Et ça semble même compliquer sa relation avec Simone, cheh pour elle.
Si au moment de la mort de Chloe, Jules se barre sans qu’on ne sache ce qu’elle devient, on la retrouve ensuite au chevet de Mika. Le réveil de celle-ci n’est pas garanti, ce qui déprime bien Bailey quand elle découvre qu’en plus sa sœur est morte – par l’intermédiaire de Ben. Je n’aime pas Ben, mais dans cet épisode, j’ai trouvé que c’était un personnage qui fonctionnait sacrément bien. C’est rare.
Mika ? Elle finit par se réveiller, mais après plusieurs jours où tous les médecins de l’hôpital ont pris la peine de se relayer à son chevet (enfin, tous les médecins… juste ceux interprétés par les acteurs payés pour cet épisode ; ça commence à se voir vraiment qu’ils ne sont pas tous présents toutes les semaines dans ces épisodes où il se passe des choses importantes). On ne sait pas exactement combien de temps s’est écoulé lorsqu’elle se réveille enfin et que Bailey lui apprend la mort de sa sœur. C’était une manière horriblement dure de finir l’épisode, franchement – et incroyablement bien joué par les deux actrices, bordel.
Au revoir, Levi
De son côté, Levi est prêt pour sa mutation apparemment. C’est arrivé bien plus vite que je ne l’imaginais : il est déjà prêt pour sa dernière journée de travail. Je suis plutôt content qu’on le retrouve dans les bras de James, cependant, j’imaginais déjà le vieux twist à la George où on apprenait que c’était lui qui était impliqué dans l’accident avec Mika.
La série ne nous dit finalement pas qui était dans l’accident à part elle et sa sœur. À la place, Levi peut envisager sa relation longue distance et en papoter avec Jo, avant d’apprendre pour Mika au pire moment possible : quand le bébé dont il s’occupe tourne bleu. Super, un épisode des Schtroumphs, ce n’est pas ce dont j’avais besoin.
Tout finit par bien se passer pour ce bébé, parce qu’il faut bien quelques bonnes nouvelles dans l’épisode. Il n’est qu’un prétexte à de jolies scènes entre Jo et Levi : j’ai aimé les voir bosser ensemble à nouveau. D’ailleurs, j’ai aussi aimé que la série nous souligne une fois de plus que Levi était à l’époque un boulet qui faisait tomber ses lunettes dans les patients. C’était sûr que ça allait revenir dans la série pour son départ et c’est fait d’une belle manière, avec une Jo vraiment fière de lui.
Elle est sûre qu’il aura tout ce qu’il veut dans la vie, et elle lui conseille même de tenter le coup de la longue distance si c’est ce qu’il veut : elle sait qu’il y arrivera. Il se rend compte tout de même que c’est une idée de merde en en parlant avec elle ; il propose donc à James de déménager avec lui parce qu’il est en train de tomber amoureux. Roh, Levi, c’est bien trop tôt pour tomber amoureux. Et comment tu peux penser à ton avenir comme ça quand ton élève est entre la vie et la mort ?
Les scènes en parallèle ne sont pas franchement bien foutues. On le voit à la fois s’inquiéter pour Mika avec Jules, Simone et Kwan… et parler avec Jo qui lui propose d’être le parrain des jumeaux parce que eh, quand même, Levi est son nouveau meilleur ami maintenant qu’elle couche avec Levi. C’est une belle scène pour mettre fin à leur amitié la plus étrange, je ne dis pas, mais son timing est étrange. Cela permet toutefois de dire adieu à Levi de la meilleure des manières : il a conclu son amitié avec Helm la semaine dernière, voilà la conclusion avec Jo à présent. J’espère sincèrement qu’on ne le reverra pas la semaine prochaine. J’adore ce personnage, mais cette fois ses intrigues sont terminées pour de bon.
Il s’en va donc de l’hôpital après un dernier jour mouvementé, accompagné d’un James qui démissionne pour partir avec lui. Joli happy end, ponctué de flashbacks des quoi, dix dernières années ? Qu’est-ce que j’ai aimé suivre ce personnage, qu’est-ce que j’ai aimé le voir grandir, s’assumer, faire son coming-out, prendre confiance, survivre à cette tempête de merde dont j’avais oublié l’existence avant de revoir la scène. Ce montage m’a beaucoup trop fait mal – plus que la mort de Chloe à vrai dire. On vieillit avec Grey’s, l’air de rien. J’adorais Schmitt à ses débuts. On a clairement perdu Levi depuis deux ou trois saisons et il ne faisait plus rien de passionnant, mais c’était vraiment un de mes préférés à son arrivée.
Oh, je sais que Grey’s sans lui continuera d’être Grey’s, hein, il y a eu trop de départs pour que je pense sincèrement qu’il me manquera plus d’une saison. N’empêche que ! C’était une belle représentation, et la représentation, ça compte. Les happy end aussi. Et rien que pour ça, je suis content d’avoir eu un montage sur toute l’évolution de son personnage. Plein d’autres personnages le mériteraient, mais j’ai trouvé ça très raccord avec ce qu’il représente et le caractère qu’il avait. Et puis, ça me fout un énorme coup de me dire qu’il est resté aussi longtemps (ou presque) que Mark, plus longtemps que George, Izzie ou même… Lexie. Non, je ne pardonnerai jamais aux scénaristes Lexie, même s’ils me laissent Levi en vie avec une porte ouverte pour un retour un jour – si la série continue ad vitam eternam.