Salut les sériephiles,
Le temps passe vite et je ne sais vraiment pas où passent mes journées en ce moment, mais ce qui est sûr, c’est qu’on est déjà le vendredi soir ! Il est donc temps pour moi de me lancer dans un nouvel article de la saga de l’été, qui devait plutôt être publié la semaine dernière. M’enfin, on fait comme on peut et rien n’empêche de prolonger le mois des Fiertés avec un article de plus, non ?

Douze semaines, douze personnages, douze impacts sur ma vie.
Rien que ça. C’est un vaste programme, je sais. Et je n’ai pas réussi à choisir un ordre ; alors on fera selon l’inspiration du moment. Pour aujourd’hui, il va être question de Connor Walsh. Je ne sais pas trop comment aborder cet article, ni même comment le titrer, mais l’impact étant là et étant évident, il fallait bien en parler dans cette saga. Et tant pis si je n’aime pas en parler. Pfiou, fin de la captation de bienveillance, allons-y !
Qui est-ce ? Connor Walsh, c’est à l’origine un étudiant en droit qui est prêt à sacrifier à peu près tout ce à quoi il tient pour devenir avocat. Il faut dire qu’il ne tient pas à grand-chose quand on le découvre pour la première fois, puisqu’il est du genre à papillonner en amour – si on peut appeler ça de l’amour – et à mettre des couteaux dans le dos en amitié. Si on peut appeler ça de l’amitié.
La saison 1 nous le présente comme un personnage qui est prêt à tout pour réussir, surtout s’il est question d’user de ses charmes. Associer plaisir et utilité, c’est un peu son mantra, et il n’hésitait jamais à le faire. Petit à petit, au cours de la série, le personnage va toutefois changer, et honnêtement, tant mieux. Il valait mieux que le personnage du tombeur, non ?
Après quelques saisons, Connor Walsh est donc devenu quelqu’un de bien plus fiable, à la fois en amitié et en amour. Son ennemie du début, Michaela, est devenue la meilleure amie pour qui il était prêt à tout et son coup d’un soir, Oliver, s’est avéré beaucoup plus qu’un coup d’un soir, parce qu’il a réussi à le faire craquer. Après, ils n’ont pas forcément le mariage le plus kiffant de l’histoire des séries et sont loin d’être mon relationship goal à tous les niveaux (y a des plans à trois qui marquent), mais bon, ils n’en restent pas moins des personnages cultes et un couple LGBT hyper reconnu.
Qu’est-ce que Connor a bien pu nous apprendre ? Si j’étais mauvaise langue, la réponse la plus évidente serait « à coucher pour obtenir ce que l’on veut ». Seulement, la série nous montre bien que le personnage finit par développer quelques remords parfois et ne fait plus usage de ses charmes de la même manière avec le temps. Un sourire craquant aide toujours, mais il sait s’arrêter.
Concrètement, le personnage de Connor nous apprend surtout à s’assumer pour ce que l’on est, et ce à toutes les étapes de son évolution, y compris dans sa dépression. C’est un personnage qui apparemment cachait derrière son armure beaucoup de choses, mais tout au long de la série, c’est aussi celui qui est le plus à découvert.

Pas au sens financier du terme, non. Il est à découvert dans ses sentiments pour Oliver ou pour Michaela ; dans ses intentions à peu près à chaque instant ; dans sa culpabilité de ce qui est arrivé. Il est celui qui souffre le plus des mensonges et secrets qui pèsent sur ses épaules, celui qui est toujours sur le point de craquer. Il faut dire que Connor est un personnage qui vit sa vérité dès qu’on le rencontre : il assume totalement son homosexualité, drague tout ce qui bouge si ça a une queue entre les jambes et profite de tous les avantages que lui apportent son physique.
Pas vraiment un personnage appréciable ? Il faut voir. La série en fait un des plus attachants précisément parce qu’il ne cache jamais ce qu’il pense et fait en sorte d’être le plus honnête avec son entourage. Dans le fond, il nous apprend ainsi une leçon essentielle : celle d’assumer ce qu’on veut et ce qu’on est, et de faire ce qu’il faut pour arriver où l’on veut arriver… tout en respectant ses valeurs – même s’il a des valeurs discutables, je sais.
Quel impact sur moi ? Il ne m’a pas fallu longtemps pour que Connor me perturbe énormément à la sortie de mon adolescence bien calme, parce que c’est un personnage qui était aux antipodes de moi mais dans lequel, bizarrement, je me reconnaissais.

Sans en avoir conscience, j’étais en pleine transition dans ma vie amicale quand j’ai commencé la série, parce que jusque-là, je partais du principe que j’avais des amis pour la vie à qui je devais forcément la fidélité quoiqu’il arrive. Ben en fait, non.
J’ai fini par me projeter dans la liberté qu’avait Connor à assumer tout ce qu’il faisait parce qu’il voulait obtenir certaines choses – surtout qu’en plus, il les obtenait à chaque fois. Je veux dire, ça fait fantasmer d’avoir un personnage qui peut à ce point dire ce qu’il pense et faire ce qu’il veut, non ? Peu importe votre réponse, l’impact a été énorme sur moi.

J’ai compris que s’il obtenait ce qu’il voulait, c’est parce qu’il était honnête à la fois avec lui-même et avec les autres. À l’époque, j’étais encore un peu loin de ça et il m’a ironiquement fallu un personnage de série pour prendre conscience que ce n’était pas tout à fait normal de ne pas assumer tout ce que je pensais juste pour faire plaisir à des gens avec qui j’étais, sur plein de points, en gros désaccord. Je l’ai dit dans un autre article de cette saga, mais ça a fini en bonne grosse rupture amicale, et pfiou, qu’est-ce que ça m’a fait du bien et m’a libéré d’un milliard de trucs.
Alors non, ce n’est pas un personnage de série qui a tout changé à ma vie ; on va y aller mollo quand même, mais il a eu un impact sur ma manière de faire, c’est évident. Ce n’est pas le seul facteur, c’en est un. Plein de fois, j’ai eu envie d’être Connor et de ne pas me prendre la tête comme lui. Je le disais même dès 2017 d’ailleurs.
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Bref, assumer ce que l’on veut et ne pas se prendre la tête comme Connor, voilà ce que je retiens de ce personnage. Ce serait toutefois mentir sur cette saga de l’été de m’arrêter là et de ne pas mentionner que Connor a aussi eu un autre impact non négligeable sur ma vie amoureuse.
Est-ce que le fait qu’il soit en plus joué par un Jake Falahee totalement canon m’a aidé à prendre conscience que je faisais fausse route sur l’aspect romantique de ma vie ? Evidemment que oui, j’ai découvert que je cherchais à l’époque pas forcément uniquement ce qui me plaisait. Après, Connor, je voulais le déshabiller, mais c’était juste pour récupérer ses fringues, hein.
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Plus sérieusement, c’est un personnage qui sait ce qu’il veut. Ce personnage vend du sexe, certes, mais aussi une liberté très jouissive et inspirante. Il sait demander ce qu’il veut et bien que jamais de la vie, je n’irais faire ce qu’il fait et qu’il m’a fallu du temps pour tout assumer aussi, il a eu cet impact de me faire prendre conscience que la norme bien pépère, ce n’était pas tellement pour moi quand même. Il y a un entre deux entre ce que j’étais et Connor Walsh. Heureusement. J’ai appris à être plus ouvert d’esprit dans mes recherches amoureuses (bingo) et surtout à énoncer clairement ce que je voulais et qui me plaisais dans la vie.
Comme quoi, la représentation LGBT télévisuelle peut aider – et pourtant, la représentation de la bisexualité dans cette série était loin d’être idéale à l’origine, pauvre Michaela. Heureusement, ça n’empêche pas de se remettre en question !
En tout cas, merci Connor de m’avoir rendu un peu plus grande gueule qu’avant et d’avoir remis en question plein de choses en très peu de temps ! Ce fut efficace.



En attendant, je vais essayer de ne pas craquer pour m’acheter le même costard qu’Harry en fin de film. Ou sa tenue de milieu de film, d’ailleurs. D’accord, j’ai craqué, j’adore, tout simplement. Et on s’étonne que j’ai aimé le film après… 
Une constante dans les coming-out de cette série ? On a eu un sacré nombre de personnages qui découvrait à l’écran ce qui leur arrivait : Callie et Levi sont les exemples les plus flagrants, je pense, et j’aime la manière dont ça a été fait, parfois de manière très avant-gardiste, parce que c’était un beau reflet de ce que peut être la réalité où l’on se découvre peu à peu. Bien évidemment que ce cliché est VRAI : il est déroutant de faire son coming-out, parce qu’on se redéfinit et qu’on s’autorise à explorer une part de son identité que l’on ne connaissait pas encore bien. Difficile d’oublier le discours de Levi après son premier baiser avec Niko, difficile d’oublier la perfection des scènes de Callie qui se révèle bisexuelle après deux saisons à être hétéro sans que ça ne sonne faux (et cette réplique dans ce gif, bon dieu, OUI). Et bizarrement, le discours d’Hahn sur les feuilles et les lunettes m’est resté également, il a résonné parce qu’il m’a semblé parfaitement abusé. Comme quoi, parfois, les clichés vrais sont FAUX aussi.
Bien sûr, je ne pouvais pas finir autrement que par cette série et par ce point, parce qu’il me tient à cœur. Si Callie est probablement un personnage qui m’a ouvert l’esprit sur ce qu’était la bisexualité, la série en a fait parfois des caisses, parce qu’à l’époque, bien sûr qu’il y avait besoin d’en faire des caisses. Puis aussi, on ne va pas se mentir, ça faisait un bon drama les parents de Callie… Par contre, qu’est-ce que j’ai aimé le coming-out de Clarke à Abby. La sexualité de Clarke est clairement un non-sujet ; ce qui pose problème, c’est plutôt ses choix de partenaires, entre le premier qui pète une durite et tue des gens et la seconde qui est l’ennemie n°1 de tout son peuple. La série a pris le parti de nous montrer un futur où tout le monde s’en fout pas mal de savoir avec qui vous couchez, et c’est clairement le type de coming-out qui résonne le plus avec ma réalité. Honnêtement, on s’en fout, non ? Je préfère largement quand le coming-out peut se faire au détour d’une conversation sans être le sujet incontournable sur lequel il va falloir parler quinze fois. Après, OK, parfois, certains ont besoin d’en faire un sujet central de la conversation pour se sentir accepté. M’enfin, n’oubliez pas que ça peut aussi être un non-sujet ; ça l’est pour moi, je suis concerné, c’est donc VRAI. M’enfin, il faudra peut-être une partie 2 à cet article un jour quand même.