Salut les sériephiles,
La semaine dernière, je vous parlais de la saison 2 de The Magicians. Comme j’en étais déjà la quatrième, je peux aujourd’hui venir vous donner mon avis sur la troisième. Tant qu’à faire, autant me tenir aussi à jour que possible dans ces compte-rendus, ça me permettra de les relire avant notre podcast consacré à la série. Oui, parce qu’en 2022, on fera un podcast consacré à la série avec l’équipe de 42 minutes, c’est acté. Il faut juste qu’ils se mettent à regarder les épisodes… et vous aussi, comme ça, ça fera un peu d’interaction dans un épisode qui ne durera pas 42 minutes de toute manière.
Voir aussi : J’;ai revu la saison 2 de The Magicians (et vraiment, c’est génial)
La meilleure saison ?

Entrons dans le vif du sujet : cette saison 3 est en ce qui me concerne la meilleure de la série. Le rewatch ne fait que le confirmer : c’est bien simple, j’ai enchaîné dix des treize épisodes de la saison le même jour, et j’aurais tout vu si j’avais pu, mais bon, je devais aller travailler le lendemain. Alors certes, j’ai laissé tourner la saison en fond sonore par moments, mais il n’y a vraiment pas photo :
elle se dévore vraiment toute seule cette saison.
Elle fonctionne si bien pour plusieurs raisons, et c’est bien évidemment ça dont j’ai envie de parler en premier dans cet article, car j’ai plus de recul ici que lors de l’écriture des critiques à la semaine. Contrairement aux saisons précédentes, et ça je l’avais bien vu déjà à l’époque du premier visionnage, la saison fonctionne vraiment bien parce qu’elle a un enjeu clair dès le début : en fin de saison 2, la magie n’est plus. La saison 3 est consacrée à une quête qui permet de la retrouver.

Le simple fait qu’il existe cette quête pour retrouver sept clés permet de donner une dynamique à la saison : chaque épisode permet d’avancer dans ce fil rouge à sa manière, et ça relie tous les personnages. Comme en saison 2, chaque personnage a sa propre intrigue, mais elle le mène toujours sur cette quête. Comme en plus, ça permet de nous ramener à l’existence de la magie, c’est une excellente chose : jamais la série n’a autant parlé de magie et de ce que provoque son existence pour les personnages. Toute la saison tourne autour de leur manque, de leur addiction à la magie, mais aussi de leur crainte de ce qu’elle peut provoquer.
Voir aussi : The Magicians (S03)
Un approfondissement de la mythologie et des personnages

C’est plutôt intéressant aussi parce que la quête finit par diviser les personnages sur des questions d’idéologie ou de géopolitique. La saison donne parfois l’impression de partir dans tous les sens, mais comme d’habitude, elle reste centrée sur ses personnages et sur son intrigue. Et il y a de quoi faire cette saison. Le plus frustrant et choquant est sans doute ce qui arrive à Penny, puisqu’il nous faut faire le deuil du personnage… sans qu’on ne prenne vraiment le temps de le faire comme personne ne le vit vraiment. Et pourtant, le dilemme qui se pose avec son corps est hyper marquant.
![The Magicians "Six Short Stories About Magic" Was a Television Masterpiece - We Have All The Resources [S3E8 Review] - The Game of Nerds](https://i0.wp.com/thegameofnerds.com/wp-content/uploads/2018/03/34a08f3d-8d9c-47e1-8239-93da71b689ca1.gif?fit=500%2C200&ssl=1)
Bien sûr, tout ce qui arrive à Penny permet surtout de développer davantage la Bibliothèque. C’est l’un des buts de cette saison 3 de toute manière, et c’est particulièrement marquant vers la fin de saison où le personnage d’Elsa finit par être l’un des plus touchants. Après, pour une saison sans magie, c’est tout le monde magique qui finit par être développé, et les règles nous apparaissent plus clairement.
On suit les personnages avec plus de simplicité, peut-être aussi parce qu’on connaît mieux les règles, mais surtout parce que je pense qu’elles sont davantage explicitées.
Chaque fois qu’un personnage se rend quelque part, la série nous explique où il débarque. De plus, Julia est bien plus intégrée au groupe cette saison, parce qu’elle est la seule à posséder encore de la magie quand tout reprend. Elle connaît l’évolution la plus intéressante de la saison, jusqu’à devenir une déesse qui répare le mal qu’elle a fait à Fillory.
Bien sûr, dire ça de Julia n’empêche pas l’évolution fascinante aussi de Margo et Eliott, comme d’habitude.
Fillory est vraiment la meilleure partie de la série. J’adore le fait que dans une saison sans magie, la présence des fées soit aussi importante. Nous sommes loin des fées à la fée Clochette, en plus, parce que l’on apprend ici à connaître des personnages inquiétants. En ce qui concerne les fées, la série révèle aussi sa complexité : elles sont horribles à Fillory et posent de nombreux problèmes à Margo qui a tout de même perdu un œil, mais elles sont esclaves sur Terre. Bref, la série se lance sur une sorte de géopolitique qui fonctionne bien, avec un approfondissement sur les deux planètes.
Et à chaque fois, tout est lié à la magie ; et au besoin de la retrouver, évidemment.
Des scénaristes qui jouent avec leur format
Par contre, avec cette saison, on s’éloigne vraiment des livres. Si la quête des clés est de loin ce que je préfère dans la série, elle est très anecdotique dans les romans. Les scénaristes parviennent à développer sur une saison cette affaire, et c’est une bonne chose, de même que j’aime les voir jouer avec les différentes timelines.
Ce qui rend brillante la série dans cette saison 3, c’est aussi qu’elle prend plus de libertés avec sa forme. Cette saison est marquée par les meilleures décisions artistiques : le montage des épisodes est la première chose qui vienne à l’esprit, avec des coupes qui paraissent brutales et inattendues. Il y a des épisodes que l’on retient grâce à ça, d’ailleurs, avec un « what the f » magistral de Penny.

Puisqu’on parle de lui, difficile de ne pas signaler aussi les épisodes spéciaux, qui sont légion dans cette saison. On a cet épisode merveilleux où Penny est dans le monde astral et passe d’un personnage à l’autre de manière vraiment marrante. L’écriture est toujours très réfléchie, pour que ça colle au maximum aux personnages.
Et tant mieux, puisque ça permet le méta, et dès le premier épisode de la saison. Franchement, meilleure scène de 2018 le dialogue entre Margo et Eliott.
Parmi les moments marquants de la saison, il y a aussi l’épisode musical avec un Under Pressure génial, ou l’épisode nous offrant le point de vue de la fille d’Elsa, malentendante. C’est de plus en plus courant de voir ce genre de scènes – je pense à The Walking Dead ou The Eternals – mais ça ne l’était vraiment pas à l’époque. De là à dire que la série est précurseur, il n’y a qu’un pas.
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Là où ils ne sont pas précurseur, en revanche, c’est dans le gay bait. Dommage de tomber là-dedans pour une série qui réalise autrement un faux pas sur plein de sujets…
mais en même temps, l’épisode 3×05 est vraiment magique. Peaches & plums, proof of concept et tant de scènes incroyables dans cet épisode où les personnages vivent une vie complète. Normal.
Voir aussi : Ce que c’est que le queerbaiting
Et je n’ai pas encore parlé du casting
J’ai bien envie de franchir ce pas, mais on risque de m’accuser d’être bien trop fanatique. Quoiqu’il en soi, une chose est sûre : c’est la meilleure saison. Et pas seulement parce qu’il y a Felicia Day, même si ça aide. J’aime bien Poppy dans les livres, je l’adore dans la série ; mais eh, je l’ai gardée pour la fin.
J’aurais aimé une meilleure conclusion à son arc, m’enfin, elle n’est pas si importante dans la série.
Voir aussi : Ma rencontre avec Felicia Day (en 2014)
Le plus important, c’est que cette saison se termine par un nouveau renversement de situation assez improbable. Alice, dont l’évolution est de moins en moins plaisante, prend la décision de trahir tout le monde et de détruire définitivement la magie, persuadée que celle-ci n’apporte que le malheur à ses amis. Le pire, c’est qu’elle a un peu raison tout de même. Le problème, c’est qu’elle fait perdre du temps à tout le monde pour rien, parce que Julia abandonne ses pouvoirs de déesse pour ramener la magie, le tout pour se faire doubler une fois de plus par les bibliothécaires. Et par la famille McCallister, ou le peu qu’il en reste après le massacre des fées, une autre scène bien marquante de cette fin de saison.

Bref, une saison qui se dévore avec des intrigues liées les unes aux autres, que l’on découvre à un rythme fou et bien plaisant. Que demander de plus ? Ah oui, je sais : rencontrer les acteurs. C’est cette année que ça m’est arrivé, d’ailleurs. Pfiou, cette série !
Voir aussi : Ma rencontre avec les acteurs de The Magicians (Olivia Taylor Dudley & Arjun Gupta)


En saison 1, on nous plantait le décor et on nous introduisait à des personnages sans vraiment nous annoncer toutes les règles qui régissait cet univers. Le temps passait vite et les magiciens devenaient pros avant même qu’on ne sache comment. La saison 2 est très différente.
Je revois un peu mon opinion avec ce revisionnage : maintenant que je connais vraiment bien l’univers, je trouve que ça marche. En revanche, une fois de plus, je trouve que l’épisode 3 de cette saison marque un tournant bien plus important avec ce qui arrive à Alice. La voir devenir un Niffin, ça lance vraiment la saison vers autre chose – la Bête n’est plus, Alice est perdue, Penny doit récupérer ses mains, ça change – et ça aurait fait une meilleure fin de saison.
Là-dessus, je continue de ne pas accrocher plus que ça au couple Alice/Quentin, mais également de penser que leur meilleure période est définitivement celle où ils partagent un même corps. C’est pourtant une partie qui n’est pas dans les livres… et pourtant ! La série prouve à quel point elle sait adapter le matériel d’origine pour le compléter et pour le rendre encore plus prenant. C’est très visible quand tout le monde veut s’entretuer à cause des trônes ou se met à chanter Les Misérables, forcément.
Pourtant, j’adore les livres, hein, et je n’ai pas envie d’y modifier quoique ce soit. Ce qui fonctionne dans la série n’aurait pas forcément fonctionné dans les livres. C’est justement ce qui rend la série intéressante à mes yeux. Cette saison 2 s’éloigne beaucoup de ce qui est écrit, mais elle sait toujours l’adapter avec intelligence. Des éléments des livres sont développés en quête complète, d’autres sont supprimés ou à peine évoqués ; la série ajoute ses propres couches aux personnages, et ça donne quelque chose de sacrément cool.
Je me suis rendu compte que lors de mon premier visionnage, j’étais passé à côté de moments importants.
Ce qu’il est important de souligner aussi, c’est que la série trouve le moyen d’explorer des thèmes classiques de séries TV – ici, le passage à l’âge adulte, pour de vrai – de manière originale. Voir Elliot et Margo régner sur Fillory en est le meilleur exemple : eux qui n’étaient des personnages comiques très inconséquents se retrouvent avec énormément de responsabilité sur les épaules… et des mariages forcés à gérer. Le coup des golems est terrifiant, en plus, la conception du bébé d’Eliot et Fen, c’est tout de même quelque chose.
Oui, la série s’éclate dans le méta… au point qu’on en oublie le fil rouge. Au premier visionnage, je disais que son rythme infernal me perdait faute d’un fil rouge clair, mais maintenant, je comprends mieux l’avancement général de la série – et la manière dont elle tisse sa toile.
Tant pis, le résumé de la série en fin de saison est tellement génial !
Je pensais que la série partait dans tous les sens, je découvre en la revoyant que ce n’est pas le cas du tout : elle écoute ses personnages et les laisse aller dans la direction qu’ils veulent.

















