#8 – Être un geek comme Abed

Salut les sériephiles,

Comme chaque vendredi, je prends le temps de venir vous poster un article du jour qui s’inscrit dans une saga de l’été sur ces personnages qui me ressemblent pour une raison ou une autre ; à moins que ce ne soit l’inverse. Et comme d’habitude, j’écris ça en coup de vent, parce que je suis pressé… Mais en même temps, avec le personnage du jour, ça s’écrit tout seul ! 

Douze semaines, douze personnages, douze impacts sur ma vie.

Rien que ça. C’est un vaste programme, je sais. Et je n’ai pas réussi à choisir un ordre ; alors on fera selon l’inspiration du moment. Pour aujourd’hui, il va être question d’Abed Nadir de Community. C’est un personnage que je désigne assez régulièrement comme l’un de mes personnages préférés, mais aussi comme l’un de ceux qui me ressemblent le plus. Il est possible que ça dise quelque chose de mon narcissisme maintenant que je prends le temps d’y passer… On ne se refait pas, en tout cas, alors c’est parti !

Qui est-ce ? Abed, c’est un étudiant qui nous permet tout de suite de nous familiariser avec Greendale, car c’est à lui que le pilot confie la tâche de prendre par la main Jeff pour qu’il monte le study group. Sans Abed, rien n’aurait été possible – et Jeff aurait peut-être réussi à draguer Britta plus rapidement. Assez rapidement, on comprend qu’Abed sera un personnage central du petit monde de la série, parce qu’il est celui qui développe le plus vite les catchphrases (Cool. Cool, cool, cool.), parce qu’il est drôle et parce que son amitié avec Troy est géniale.

Tout cela ne ferait pas tout, c’est sûr, mais peu à peu, on apprend aussi à le connaître. Geek de jour comme de nuit, il voit toute la vie à travers des références à des films ou des séries, il refuse de mûrir trop vite et il sait que LOST est le vrai sens de Noël. Ou quelque chose comme ça, comme ça se traduit mal !

Abed est l’ami observateur toujours là pour les autres quand ils ont besoin de lui, mais c’est aussi l’ami qui n’a pas sa langue dans sa poche et dit à voix haute ce que certains voudraient voir rester secret, parce qu’il ne se rend pas forcément compte que ça doit rester secret. Son sens de l’observation est à la fois un atout et un défaut pour tout le monde, mais une chose est sûre, il permet l’humour !

Qu’est-ce qu’Abed a bien pu nous apprendre ? Qu’il est beaucoup trop cool de rapper en espagnol, je crois ! Cool, cool, cool.

Plus sérieusement, il est difficile de répondre à cette question, je trouve, parce qu’Abed est un personnage qu’on a vu évoluer sur six saisons (and a movie ?). Alors certes, il n’a jamais vraiment évolué et est resté lui-même, mais en cours de route, il nous a appris tout un tas de choses sur les relations amicales, sur l’importance de laisser ses amis s’éloigner pour grandir, sur les galères sentimentales et sur les innombrables films qu’il a regardé.

Franchement, je trouve qu’il a surtout permis de comprendre qu’il est possible de vivre sa vie avec toujours beaucoup de recul sur ce qu’il se passe… grâce à un filtre geek à appliquer sur la vie. Il suffit de tout voir par le prisme des films et des séries pour que la vie puisse être un tout petit plus douce à vivre et que les moments graves soient un peu moins graves.

Je crois que c’est vraiment ça qu’Abed fait passer tout au long de la série, même s’il ne le fait certainement pas volontairement. C’est un geek et il n’a pas à s’excuser de l’être, car il a trouvé un groupe qui l’accepte pour ce qu’il est. Et même, qui en redemande !

Quel impact sur moi ? Si vous lisez cet article, il est probable que vous me connaissiez déjà – soit dans la vie, soit à travers l’écran et mes innombrables articles. Par conséquent, je trouve ça difficile de répondre à la question sans être hyper redondant et prévisible.

Concrètement, je me suis très rapidement reconnu en Abed. Au départ, je le trouvais bizarre et décalé, parfois trop… et avec le temps, plus les épisodes passaient, plus j’ai compris qu’il était moi. Du look qui ne se prend pas la tête (sauf la veste, je l’ai déjà dit par ici) qui est celui que j’adore à ses références constantes à la fiction pour analyser la vie, en passant par les blagues lourdes et les jeux de mots répétitifs, je me reconnais en Abed. Franchement, les articles « sept clichés sur », ils ne sortent pas de nulle part et ne font pas autre chose. Idem quand j’ai vécu un tremblement de terre et que ma première pensée fut pour un épisode de Charmed, d’ailleurs.

Abed, c’est un personnage que j’aime parce qu’il me fait énormément rire : il a le même humour que moi. Je ne suis certes pas aussi dingue que lui, mais il m’a fait passer le message que l’on pouvait tout à fait être accepté en étant nous-mêmes, y compris à l’âge adulte, y compris en étant un brin trop geek, bizarre, marginal. Il suffit de savoir s’entourer des bons amis, ceux qui ne vous jugeront pas pour ça, ceux qui vous comprendront, ceux qui seront comme ça. Et ça se trouve en grandissant, heureusement.

Une fois de plus, c’est un peu bateau, je sais. M’enfin voilà, Abed, c’est tout ça, c’est un personnage que j’adore et puis c’est tout.

PS : Ces personnages de séries qui me ressemblent.

C’était qu’une panne de série ou un new normal ?

Salut les sériephiles,

Meilleurs GIFs Loki | GfycatVous avez dû le remarquer, j’enchaîne les épisodes cette semaine et je suis en train de vivre mon meilleur mois de mai en plein juillet. Station 19, Grey’s, Debris, Loki… Autant de saisons que je voulais terminer depuis quelques semaines sans en avoir le temps, et paf, c’est désormais fait. Après deux mois à ne voir qu’une poignée d’épisodes, j’ai aussi pu me mettre à jour dans In the Dark et Evil, et comme la semaine n’est pas encore tout à fait terminée, la franchise 9-1-1 et mes quatre épisodes de retard dedans vont normalement avoir l’honneur d’y passer elle aussi d’ici demain.

Pin on charactersOui, ça fait beaucoup d’épisodes d’un coup, mais je l’avais prévu depuis le départ. Par contre, non, ça ne règle toujours pas l’ensemble de mes retards. On s’en approche, comme toujours, mais c’est une tâche interminable, je le sais bien. Je n’oublie pas mes zombies préférés (et après tant d’épisodes, j’ai parfois l’impression de ressembler à Alicia ci-contre quand je vais me coucher), je n’oublie pas les conteurs de minuit (surtout que la saison commençait super bien pour de l’horreur), je n’oublie pas les séries estivales, y compris celles qui ont (re)commencé pendant ma panne de séries, mais… je ne sais pas si je les regarderai tout de suite pour autant.

Cette semaine, j’avais du temps pour moi – en partie malgré moi, en partie car je l’ai dégagé pour le ménage, pour bosser un peu et pour les séries. Normalement, ce ne sera plus le cas ce week-end et la semaine qui suit. Il y aura moins de critiques et d’articles, même si je vais essayer de ne pas faire un arrêt total quand même, parce que maintenant que je me suis relancé, j’ai envie d’en voir plus. cry baby; — Amelia Shepherd; the strongest person I know.Une vraie drogue.

Franchement, mon gros rattrapage de cette semaine, ça me montre que les séries restent vraiment quelque chose auquel je suis accro. Une fois lancé, il est difficile de m’arrêter, que ce soit pour des soirées avec la même ou des créations de petits rituels à courte échelle. D’ailleurs, pour ça, j’adore la diffusion à la semaine, bien sûr… mais enchaîner les épisodes, j’aime aussi. C’est d’ailleurs encore plus visible quand la qualité de la série n’est pas dingue : Plus Belle la Vie, je n’en pouvais plus de l’intrigue dans laquelle on était bloqué, mais là que j’ai pu en voir plein d’un coup, ça passe mieux. Parce que oui, j’ai aussi vu pas mal d’épisodes en parallèle de mon rangement de tous les cours et papiers de l’année 😉

Sci Fi Mystery GIF by NBC – Lab GifsBref, avec cette saison de séries qui se termine un brin en décalé pour moi, je me rends compte que j’ai changé aussi dans mon approche des séries. Et c’est paradoxal, alors accrochez-vous.

D’un côté, je trouve que je suis mille fois plus sensible qu’avant face à certaines intrigues. Cette saison, j’ai eu l’impression de verser plus de larmes que d’habitude alors que bon, ce n’était pas forcément beaucoup plus triste. C’est peut-être le miroir tendu par la crise sanitaire reflétée dans un certain nombre de séries qui en est responsable, mais je ne crois pas que ça explique tout. Je m’investis mille fois plus dans certains personnages et certaines intrigues – alors que le reste va me lasser. Fox – Just One More EpisodeEt les questions de représentations me tiennent de plus en plus à cœur, preuve s’il en faut encore que c’est super important (et que la vie privée doit jouer dans mes critiques). Inévitablement, ça provoque quelques déséquilibres dans mes articles, et je me sens d’un avis plus tranché et de moins en moins neutre avec le temps. Les notes restent beaucoup trop élevées par contre, on ne se refait pas.

À l’inverse, d’un autre côté, j’ai l’impression de multiplier les séries sans plus jamais parvenir à retrouver des séries qui me donnent envie de m’investir à fond comme d’autres ont pu le faire avant – Orphan Black, Agents of S.H.I.E.L.D, The 100, The Magicians ou Community pour les plus récentes ; Buffy, Charmed ou LOST pour les moins récentes, sans oublier Fringe ou How I met your mother évidemment. Et la saison qui arrive semble vraiment manquer de sel, en plus, en tout cas sur les networks.

https://media.melty.fr/article-4363005-raw/media.gifBien sûr, cette année, j’ai aimé les séries Marvel, et particulièrement WandaVision… mais il s’agissait d’une mini-série, c’est déjà terminé. J’attends la série qui me redonnera le grain de folie que j’ai pu avoir à regarder des épisodes à 4h du matin malgré la fatigue, juste parce que je voulais les voir ; ou la série que j’aurai envie de commenter non-stop, quitte à en parler des heures ou pouvoir la regarder autrement que seul. Après, c’est peut-être ça de devenir adulte, au fond, je me suis empêché un gros nombre de fois de voir des épisodes un peu trop tardivement cette année et on galère à trouver des moments pour les séries entre amis.

Et parfois, il faut bien le dire, j’ai juste eu la flemme de lancer un épisode en sachant que ça allait devoir s’accompagner d’une critique. don't pretend to be dead, it's bad manners — veronica-lodge: “Magic brought me to Fillory but...J’adore écrire, mais c’est fatigant parfois, on ne va pas se mentir. M’enfin, tout de même, je me rends compte avec cette semaine que j’en tire vraiment du plaisir et des émotions fortes : l’écriture comme les séries sont indissociables de ma personnalité… mais depuis trois ans que j’ai commencé à bosser, ma personnalité change un peu aussi. Je ne me reconnais pas toujours dans d’anciennes critiques ou d’anciens articles datant d’avant mes années en tant que prof (par contre, dans les blagues pourries, si, toujours !).

C’est encore plus vrai depuis un an et demi, d’ailleurs ! Un vrai journal intime, ce blog, pour ceux qui savent (ou peuvent) lire entre les lignes. rupert giles GIFs - Primo GIF - Latest Animated GIFsEt comme je n’arrive plus depuis quelques mois à me contenter uniquement de séries et d’écriture, d’où la diversité des sujets évoqués parfois sur le blog, je m’aperçois que je n’ai plus autant besoin des séries qu’avant dans mon équilibre. Promis, elles restent une partie de moi quand même. Il y en a juste une autre qui se développe.

Bref, pour répondre au titre que je viens seulement d’ajouter car je n’avais aucune idée de comment nommer cet article, ce n’était qu’une panne de séries, mais ça ne veut pas dire non plus que ce n’était pas un new normal. Laissez-moi le temps de trouver comment ajuster tout ça… en septembre.

À quoi bon le faire avant, de toute manière, je rechange d’établissement et d’emploi du temps dans un peu plus d’un mois (quoi, déjà ?).

Annette, ce film… étrange (#25)

Salut les sériephiles,

Difficile de ne pas faire de politique du tout en ce moment, y compris quand on veut juste parler de cinéma. Le week-end dernier, je suis donc allé voir Annette. La salle faisant moins de 50 places, on ne m’a pas demandé de pass sanitaire. J’ai mes deux doses de vaccin, parce que je considère mon boulot comme trop à risque pour ne pas le faire. Cette introduction étant faite, je peux maintenant vous parler davantage de ce film.

Annette - film 2021 - AlloCinéCommençons par le commencement, à savoir le synopsis du film : nous suivons l’histoire d’amour d’un couple formé par Henry (Adam Driver), un comique qui propose un one-man show à succès chaque soir, et Ann (Marion Cotillard), une cantatrice que tout le monde adore. Le synopsis officiel part ensuite en vrille dans sa formulation et nous spoile un peu trop le film à mon goût, alors je suis content de ne pas l’avoir lu avant… et je ne m’en ferai pas l’écho.

Je suis allé voir ce film en compagnie d’une amie bien plus cinéphile que moi qui avait déjà eu l’occasion de le voir directement au Festival de Cannes (c’est faux, je ne suis pas du tout jaloux) et qui m’a dit, avant que le film commence, « tu vas voir, c’est assez étrange ». Et effectivement, étrange est vraiment le bon mot concernant ce film qui, je ne le savais même pas, est un film musical. Toute l’histoire se déroule donc en chanson et si je ne vous mens pas, j’ai eu peur pendant un bon moment de ne pas avoir d’histoire tellement ça chantait sans faire de lien.

ANNETTE • Explication de Film
Ca a du être confortable à tourner niveau costume après Star Wars par contre !

Et puis, peu à peu, une histoire émerge. Heureusement, d’ailleurs, parce que le film dure 2h20 ! Enfin, je dis ça, mais même si le film est long (et il a vraiment des longueurs), je ne peux pas dire que je me sois ennuyé. Les acteurs sont captivants, les chansons entêtantes (oui, il y en a une que j’ai encore en tête aujourd’hui sans l’avoir réécoutée) et les techniques filmiques utilisées très souvent bluffantes. On le sait dès le début du film avec un plan séquence déjà pas mal incroyable pour nous mettre dans l’ambiance… même si c’est là aussi déroutant comme plan-séquence car ce n’est pas vraiment dans l’histoire du film.

Il y a énormément à analyser avec le film, et je suis sûr qu’il gagne à être revu. Je ne le reverrai pas tout de suite, par contre, parce que je veux aussi le temps de le digérer. C’est une expérience cinématographique, on va dire, et ça m’a offert la possibilité de redécouvrir le groupe Sparks qui est derrière les morceaux musicaux utilisés dans le film. Là-dessus, pas de doute, j’ai adoré.

annette 2021 | Explore Tumblr Posts and Blogs | TumgirUne mention spéciale à Simon Helberg qui parvient à voler le film, littéralement, en quelques scènes seulement. Il joue le rôle d’un chef d’orchestre, mais je l’ai trouvé incroyable de justesse dans ses scènes. J’ai toujours plus de mal quand il s’agit de Marion Cotillard (je l’ai trop vue dans des rôles similaires, je crois) ; j’ai toujours un avis partagé sur Adam Driver, entre fascination et gros sentiment de « mouais ».

Annette ? J’ai trouvé ça bien trop creepy honnêtement, mais je vous laisse découvrir le film sans vous en spoiler toute la saveur – et toute l’analyse qu’il y a à en faire. Une chose est sûre, en tout cas, c’est un film que je ne regrette pas d’avoir vu au cinéma, car je ne l’aurais peut-être pas tenu de la même manière dans mon canapé. C’est… particulier. Il faut s’immerger dedans, donc, et en même temps, je sens qu’il va me rester en tête un moment.

We love each other so much…

MARION COTILLARD Tumblr posts - Tumbral.com

Annette GIFs - Get the best GIF on GIPHYJe ne parle pas que des chansons quand je dis ça, il y a des moments vraiment marquants… quand bien même le scénario est finalement assez convenu ? C’est étrange, franchement, il n’y a pas meilleur mot pour qualifier le film (dont j’ai aimé beaucoup les derniers actes). Dites-moi ce que vous en pensez si vous l’avez vu ou si vous allez le voir suite à cet article, parce que c’est le genre de films dont il faut parler avec ceux qui l’ont regardé, je crois.

🖤 — Moments from the new 'Annette' trailer starring...

Evil – S02E06

Épisode 6 – C is for Cop – 19/20
Un léger problème de rythme sur une des intrigues m’empêche de monter à 20/20, mais c’était un formidable épisode qui a trouvé le moyen de me faire réfléchir à un sujet sensible en l’attaquant sous un angle nouveau. Et au-delà de ça, l’ambiance de la série réussit toujours à fournir quelques frissons, tout est écrit de manière hyper efficace et, ouais, je suis rassuré car j’ai retrouvé avec cet épisode le niveau que j’attends de la série, pas comme lors du précédent. Bien content de savoir qu’il y aura une saison 3 !

Spoilers

Le trio se retrouve bien malgré lui à devoir essayer de prouver qu’un policier était possédé quand il a tué une femme noire qui n’avait rien fait.

I need you not so say anything.

Je vais regretter de voir cet épisode déjà, parce que l’attente avant le prochain sera longue… mais au moins, je serai à jour dans la série. Et puis, j’ai vu des tweets positifs et après la catastrophe de l’épisode vu hier, je me dis que ça ne me fera pas de mal de l’attendre avec une note positive. La première scène m’a déjà largement mis dans le bain, avec un épisode qui traite de plein fouet l’actualité : un policier blanc (eh Eric Monreaux de Filthy Rich, encore une saison que je n’ai pas terminée !) tue une femme noire de quatre balles quand il la voit prendre un flingue sur le siège passager.

Le problème, c’est qu’elle prenait un portable, pas un flingue. Et quel rapport avec la série ? Eh bien, là, surprise, un représentant du syndicat de police demande à notre équipe d’enquêter sur cette affaire, parce que le policier est croyant et affirme avoir vu un pistolet. C’est… osé. Il affirme avoir été possédé et, bon, comment dire ?

Ce n’est pas bien crédible tout ça, et ça laisse toute notre équipe sans voix. Bon, il faut dire aussi que le prêtre avec eux leur a demandé de ne rien dire de tout l’entretien pour limiter leur réaction. Et il a bien fait : ils ne croient pas une seule seconde que le type pourrait vraiment avoir été possédé. Ils ne voient en lui qu’un raciste. J’imagine que la série va vouloir nous instiller le doute désormais et je ne sais pas si c’est une bonne idée. Ils en sont capables, en revanche.

Déjà, le flic reconnaît Kristen, parce qu’il connaît ses quatre filles – elle est repérable lors des sorties en famille. Par contre, le flic est un beau gosse au sourire permanent, c’est dur de croire sincèrement ses regrets. Il paraît toutefois honnête avec notre équipe, puisqu’il reconnaît qu’il n’aurait peut-être pas tiré si la femme face à lui n’avait pas été afro-américaine.

Humph. Le prêtre au-dessus de David veut tout de même que l’enquête soit menée, et ça laisse notre équipe vraiment perplexe. Cela dit, Kristen est un peu forcée de se ranger de son côté quand elle retrouve sa pote flic et que celle-ci lui fait un laïus assez incroyable sur un moment où elle a failli un tuer un homme avec son fils dans les bras car elle a confondu une serpillère et une mitraillette. Ah.

Je crois que c’est la première fois que je vois ce genre d’intrigue traitée ainsi et, sans rien justifier des erreurs commises par les policiers, je dois dire que c’est assez hallucinant comment c’est bien défendu. Disons qu’on comprend un peu mieux certaines erreurs quand elles sont présentées dans un contexte d’épuisement, d’habitude, d’entraînement, de peur… Cela ne justifie rien, mais ça fait froid dans le dos. Vraiment.

Kristen s’en remet toutefois, parce qu’elle n’a pas trop le choix et parce que sa policière de pote continue d’enquêter sur le meurtre de Leroux, soupçonnant à nouveau sa femme. Elle a un alibi, oui, mais son nouveau copain n’en a pas. C’est gênant… mais ça ne dure pas longtemps. Le lendemain, la pote flic revient donc chez Kristen pour l’interroger parce qu’elle a trouvé l’alibi du copain.

Cette fois, Kristen se sent un peu plus cernée que d’habitude quand sa pote, Mira si j’ai bien entendu, lui pose des questions et vérifie ses couteaux, pour le principe. Humph. Kristen est hyper grillée à regarder en permanence dans la direction de l’arme du crime, mais heureusement, la pote ne voit rien. Par contre, Kristen lui ment aussi en affirmant être rentrée chez elle après l’exorcisme et avoir vu Lexie encore réveillée.

Du coup, elle se rend auprès de sa fille pour… vérifier son propre alibi. Magique. Elle demande donc plus ou moins à sa fille de mentir pour elle et, vraiment, chaque fois qu’on voit une des gamines seules, ça va beaucoup mieux que quand elles sont à quatre. Il n’y a pas photo. En tout cas, Lexie accepte ce que lui dit sa mère, avant de lui faire remarquer que Ben avait mis en place une alarme qui aurait de toute manière empêchée Kristen de sortir. En théorie. En pratique, elle se souvient d’avoir tué Leroux…

En tout cas, tout ça fait douter Lexie qui s’en confie logiquement à sa grand-mère. Le problème, c’est que la grand-mère est en train de partir en vrille elle aussi.

Déjà, le début d’épisode nous révèle que c’est elle qui utilise le fameux livre indiquant les titres des épisodes. Je ne pense pas que ce soit un hasard dans cette série, surtout que ça nous révèle que le livre est dans la chambre des filles. Après ça, on la voit ensuite avec un étrange autel et une divinité nouvelle, Eddy. Et elle demande à son autel d’aider Lexie à toujours dire la vérité, ce qu’elle fera face aux flics. Humph.

De son côté, Ben est de nouveau torturé par sa démone qui, pendant qu’il dort, lui plante quelques couteaux dans le bras. Flippant, ma foi. En tout cas, il est peu réveillé le lendemain au moment de regarder la caméra que portait le policier, Jimmy, sur lui au moment de l’accident où il a tué une femme de sang-froid, pensant qu’elle le menaçait. Il ferait pourtant bien de le faire, parce que David remarque au poignet de Jimmy un tatouage.

Ce tatouage correspond une fois de plus aux symboles trouvés en saison 1, et ça pose un tas de questions sur une possible possession, questions que personne ne veut vraiment se poser dans la série. Kristen se renseigne auprès de sa pote flic qu’elle n’arrête pas de voir dans l’épisode parce que David se souvient très bien avoir vu ce même tatouage au poignet d’un autre flic. Et il en a une preuve vidéo : au cours de l’année qui précède l’épisode, il s’est fait contrôler cinq fois, et l’un des flics avait ce tatouage.

La série aborde au passage un vrai problème de contrôle au faciès quand Kristen remarque qu’aucun flic ne l’arrête jamais alors que David y a eu droit cinq fois en un an, au point d’avoir une application sur son téléphone pour enregistrer tout ce qu’il se passe. Flippant. Et d’autant plus gênant à voir en tant que blanc qu’on sait très bien que les scénaristes n’iraient pas jouer avec ça si ce n’était pas vraiment ce qu’il se passait dans la réalité.

Bref, revenons-en au tatouage : il semble prouver l’appartenance de Jimmy à un gang nommé « Les Protecteurs ». Plutôt qu’une possession, ce serait donc un gang, et ça fait peur. Par contre, quand notre équipe en parle au prêtre au-dessus d’eux, celui-ci essaie de leur faire changer d’avis et de passer au cas suivant. C’est mal connaître David : autant il ne voulait pas de cette affaire, autant une fois lancé, il ne veut plus s’arrêter.

L’enquête les mène sur le tournage d’une série télévisée qui inspire le gang des Protecteurs, parce qu’il vient de là. Le producteur n’est pas franchement un exemple de vertu, avec un racisme qui pointe sous la surface, ça fait peur. Hollywood. Au secours. Et ce n’est que le début : le grand jury décide d’innocenter Jimmy et l’affaire s’arrête aussitôt. Pour l’Eglise.

David, lui, n’aime pas trop la protection accordée aux flics entre eux, ni la manière dont le producteur hollywoodien l’a traité. Et alors que Kristen, David et Ben sont envoyés dans un monastère où ils ne pourront plus parler le lendemain, voilà que David et Ben sont tous les deux harcelés par des flics qui leur font un contrôle en voiture, pour le principe. Charmant.

L’épisode continue aussi l’intrigue des terreurs nocturnes de Ben, évidemment. La démone l’interroge sur un ancien emploi qu’il a laissé tomber alors qu’il n’aurait pas dû, car ça aurait pu sauver quelques bébés au passage. Soit.

En tout cas, Ben ne fait plus l’erreur de garder ses cauchemars pour lui. Cette fois, il en parle à Kristen qui est légèrement devenue experte en la matière au cours de la saison 1. Elle lui file donc un bracelet bleu pour qu’il puisse faire fréquemment des tests de réalité avec. Un test de réalité consiste à vérifier qu’on est encore en réveillé en se créant une habitude (ici une fois par heure, vérifier que le bracelet est à son bras) qui ne se reproduira pas une fois endormi (le bracelet ne sera plus là).

Kristen est plutôt douée pour le coup, elle donne de bons conseils, notamment l’alarme en phase de sommeil profond uniquement pour désactiver la terreur nocturne. On note quand même que Ben arrive à s’endormir assez facilement malgré tout ce qui lui arrive quand il dort et malgré de nombreuses sessions de jeux en réalité virtuelle.

L’avantage, c’est que tout ça lui permet effectivement de prendre le contrôle de son rêve quand la démone revient le torturer. Et là, contre toute attente, Ben prend le dessus mais se retrouve aussi à se battre contre la démone avec David, qui lui affirme avoir toujours été là. Il n’en faut pas plus pour que Ben se décide à rendre une visite nocturne à David, afin de mieux comprendre ce qui lui arrive. Il en profite pour le questionner sur des grandes questions morales et, si je suis 100% honnête, j’ai un peu décroché de la scène, par fatigue. Pourtant, c’était sacrément intéressant et ça mène Ben à demander à ce qu’on le pardonne.

La fin d’épisode repart sur autre chose, totalement autre chose, avec Kristen qui pense entendre ou voir quelqu’un dans son jardin. Elle enchaîne alors les erreurs : plutôt que d’appeler le 911 (elle compose pourtant le numéro pour le Bingo), elle décide de contacter Mira… avant de sortir dans le jardin avec l’arme du crime. Et dans le jardin, elle voit… Leroux.

C’est hyper problématique. Déjà, l’épisode devrait être terminé, parce que ça fait quarante minutes. Et ensuite, ses filles ne l’entendent pas ? Et ensuite, elle est dans le jardin où Mira va arriver avec l’arme de son crime ? Et elle est pleine de culpabilité ? Elle voit l’homme qu’elle a tué ? C’est hyper gênant. Rien ne va.

La scène n’avait rien de flippant, mais l’ambiance l’était, parce qu’on voyait bien où ça allait mener. Et ça ne manque pas : Mira et sa coéquipière débarquent super vite, et elles ne mettent pas longtemps à apercevoir l’arme du crime, que Kristen avait saisi d’instinct plus tôt pour se protéger. C’est si con.

Comme elles ont eu le temps d’interroger Lexie, Mira et Anya comprennent vite que Kristen est coupable du meurtre. Kristen elle-même finit par le dire… Seulement voilà, Mira décide de protéger son amie, parce que c’est son amie, que Leroux était un serial-killer et qu’il méritait de mourir. Elle a déjà dit à son supérieur qu’il fallait lâcher l’affaire car on ne saurait jamais le coupable ; et elle s’en va donc en affirmant à Kristen qu’elles affirmeront avoir fait fuir un homme noir de son jardin.

Oh bordel. Oh ce racisme ! Oh, je voulais tellement croire Mira quand elle se disait une bonne flic en début d’épisode. J’ai laissé son discours me ternir mon jugement, mais pas du tout en fait ? Voilà, cet épisode est violent pour ça, parce qu’il ne dit rien, il nous laisse juge de ce qu’il se passe et ne revient même pas à Jimmy. Doit-on vraiment croire que ça peut être une erreur de jugement dans la précipitation et le stress quand c’est un problème bien plus important ? C’était osé.

Et dans le même genre, le prochain épisode, dans un mois !!, promet aussi d’être osé, car il sera en grande partie silencieux apparemment. Le cliffhanger voit nos héros arriver dans un monastère où ils doivent confirmer un miracle – un cadavre miraculeusement confirmé dans un monastère, donc – mais sans prononcer le moindre mot, car c’est la règle à observer là-bas. Hâte de voir ça ! Et joli parallèle à la fin d’avoir ce moine qui leur fait signe de silence quand la police vient de décider de taire un meurtre…

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